mardi 7 septembre 2010
Whoooooosh!
Par Andreanne, mardi 7 septembre 2010 à 11:18 :: General
Je n'ai jamais été très sportive. Je me disais que je n'étais pas fait pour le sport, puisque je ne suis pas vraiment compétitive. Mes soeurs étaient sportives. Plus actives que moi. Mais moi, je préférais la musique, ou les loisirs plus calmes.
Et puis, j'ai eu 20 ans. J'étais en Europe, où tout le monde bouge, sans nécessairement y penser à deux fois. Je me suis mise à aller au gym. J'ai appris que je pouvais acquérir de l'endurance et de la force si j'étais déterminée. Je me suis ouverte à la possibilité de devenir plus sportive.
Toutefois, la compétition m'énerve. Alors, j'ai opté pour des sports qui me conviennent : l'aïkido, qui demande beaucoup d'efforts et de concentration, mais qui se pratique en collaboration avec les autres. La course à pied, qui se pratique seul et dont la seule personne à battre est soi-même. Au début, comme tout le monde, j'étais poche. Puis, petit à petit, je me suis améliorée. J'ai passé des ceintures. J'ai fait des courses...
Tout ça pour dire que dimanche, j'étais au marathon de Montréal. Non, je n'ai pas couru 42.2 kilomètres. J'étais inscrite à la course de 10 kilomètres. Estéban a couru le mini-marathon, lui, tout un kilomètre, avec son papa. Il a beaucoup aimé et a bien hâte au marathon d'Ottawa en mai prochain pour courir les deux kilomètres de la course familiale.
J'ai adoré mon expérience. Si j'avais su que les grosses courses du genre étaient si extraordinaires, j'aurais commencé bien avant. Oui, c'est difficile de commencer à courir. C'est simple, mais difficile. Il faut éteindre la télé ou l'ordinateur, chausser des espadrilles et mettre un pied devant l'autre. Même (et surtout!) s'il ne fait pas beau dehors. Simple. Mais très dur. J'ai même appris que je faisais de l'asthme cette année (je ne pouvais plus respirer pendant les entraînements, c'était pénible... maintenant, au moins, je peux traiter les symptômes et ça ne m'empêche pas d'avancer!). Au début, on a du mal à courir une minute ici et là. Puis, on s'habitue. On peut courir deux minutes. Puis cinq. Puis dix. Puis quinze. Puis, avant qu'on ne s'en rende compte, on court depuis une demi-heure et on est déçu d'être déjà revenu à notre point de départ, on veut continuer. C'est si facile de se laisser abattre à chaque difficulté, et des difficultés, il y en a beaucoup : mauvais temps, mal de tête, journée trop remplie, douleurs, maladie... Mais il faut passer au travers des premiers mois. Dès que j'ai pu courir plus d'une demi-heure à la fois, trois fois par semaine, je suis devenue complètement accro. Si, pour une raison ou pour une autre, je passe trois jours sans chausser mes espadrilles ou revêtir mon gi, c'est mon mec qui me jette dehors à grands coups de pieds au derrière : je deviens irritable, fatiguée, fatigante, je ne me supporte plus et tout m'énerve. C'est une drogue. Pire que le café. Mais meilleure que le café, en même temps.
Or, donc, dimanche, j'ai couru 10 kilomètres. C'était extraordinaire. Durant les grands événements du genre, l'atmosphère est indescriptible, mais je vais essayer :
Tout le monde se sent bien d'être là, et ça se sent. Personne ne court contre les autres, tout le monde court contre le chronomètre. Ou contre la distance. J'étais nerveuse : c'était ma deuxième grosse course depuis le 5K d'Ottawa, en mai dernier. Cette fois, j'étais seule, mais entourée de beaucoup de gens. J'étais surtout nerveuse parce que je ne suis pas certaine d'avoir déjà couru une telle distance (je ne porte pas de GPS, je m'entraîne à peu près, plus pour me sentir bien que pour les statistiques). Mais le parcours est relativement plat, et moi, je suis habituée à courir dans les pentes très accentuées. Ma tête sait que tout ira bien, mais je suis nerveuse quand même. Il fait froid, mais au départ, on est bien, entouré de chaleur humaine. Puis, c'est le départ. Whoooooosh. Je fais partie d'une grosse masse de gens. Les rues de Montréal sont désertes, ce qui leur confère une atmosphère particulière : enlevez les voitures à Montréal, et la métropole devient soudainement sereine, magnifique. À environ chaque kilomètre, un petit groupe de musique est installé sur le bord du parcours pour encourager les gens. Il y a trois points d'eau sur le parcours aussi. Au quatrième kilomètre, on voit le mat du stade olympique, la destination, surgir. J'arrête ma musique : tout ce que j'entends, c'est les milliers de pas qui m'entourent, et les personnes en bordure du parcours qui encouragent les coureurs. C'est fascinant. Au neuvième kilomètre, je me félicite. Neuf kilomètres à la course, sans ralentir, sauf pour prendre de l'eau.... Puis je sens une petite nausée... La fin est proche, et la nervosité revient... Puis c'est l'entrée au stade. Ça descend : facile de prendre de la vitesse. Tout le monde prend de la vitesse. Whooooosh. Mon fils et mon mec sont sur le bord du parcours, à la fin, mon fils portant fièrement sa médaille. Je les salue, forte de les savoir là. Puis, je passe la ligne d'arrivée...
C'est tout simplement extraordinaire. Honnêtement, si votre médecin vous donne la permission de courir, faites-le. C'est très dur, mais ça en vaut vraiment la peine.
Mon temps final : 56.8 minutes. Moi qui avais peur de ne pas réussir cette distance en moins d'une heure, je suis encore plus fière de moi!
Pour ma part, je m'inscris au marathon d'Ottawa, qui aura lieu à la fin mai 2011. Dix kilomètres, encore. Si je m'y mets tout de suite, je crois pouvoir courir ça en moins de 50 minutes. J'ai hâte!!!