Le blogue d'ND

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jeudi 2 juillet 2009

23 heures

Si j'étais supersticieuse, je dirais que ma maison est hantée de 22h30 à 23h30.

Jusqu'à environ trois ans, Estéban a pleuré à 23 heures. Plus ou moins 30 minutes. Il ne se réveillait pas. Il ne faisait que pleurer, ou plutôt, chialer. Parfois, juste parler ou faire "ayayaya-ayayaya". Une minute ou deux. Qu'on aille le voir ou pas, il arrêtait de lui-même sans s'être éveillé.

Depuis quelques mois, c'est le tour de Marilise. Elle fait la même chose. Une minute ou deux, entre 22h30 et 23h30. Dernièrement, ça la réveille un peu. Quand on va la voir, on la rassure, puis elle pointe son lit. "Là là!" On la recouche. "Oui, ma belle, fais dodo. Il est tard." Elle suce son pouce, se retourne et se rendort, comme si rien ne s'était passé.

Je ne crois pas aux fantômes. J'aimerais y croire. J'ai l'impression que les injustices paraîtraient moins injustes. Mais non. Il doit y avoir une explication beaucoup plus logique (et beaucoup moins intéressante) que l'option « esprit réveilleur de bébé qui dort aka emmerdeur de parents qui aimeraient dormir ». Pourquoi toujours à la même heure? Probablement que ça a un lien avec l'heure du repas. Ou un truc banal du même genre.

Tu sais que t'as besoin de vacances quand...

... Quand tu penses aux vacances, tu penses au nombre de mots qu'il te reste à traduire et tu capotes parce qu'il ne reste plus que X jours avant l'échéance.

J'ai recommencé à traduire dans mon sommeil. J'ai besoin d'une pause mentale. Non mais, tsé, j'suis pas payée quand je dors!

En plus, ce matin, à la radio, un intervenant (je ne sais pas qui, j'ai manqué le début de l'entrevue) parlait de la fermeture des fermes pénitentiaires... Je me suis encore fâchée. Et j'ai pensé au travail. Argh. J'en ai vu, des textes, là-dessus. Parfois, j'aimerais pouvoir ne pas savoir ce qui se passe.

Comme le personnage dans Matrix (le premier, là, le vrai film, le bon film) qui trahit tout le monde parce qu'il préfère vivre dans un monde illusoire pendant qu'une machine se nourrit de son énergie plutôt que de vivre libre, mais conscient de toutes les imperfections, de tous les problèmes du monde. Il veut pouvoir goûter un steak sans penser à ce qu'il y a derrière le steak — la configuration du steak. Moi, parfois, en février, j'aimerais pouvoir acheter des raisins « frais » du Chili et les déguster sans penser aux conséquences environnementales et sociales. Parfois, j'aimerais pouvoir juste traduire des mots sans penser que ces mots-là, ce sont des décisions officielles qui auront des conséquences sur la société. J'aimerais être innocente.

Bien sûr, c'est passager. Je préfère, et de loin, avoir les outils nécessaires pour faire des choix éclairés. Sauf que parfois, la petite fille en moi, celle qui jouait avec des pouliches en plastique made in Taiwan et peut-être contaminées au plomb, elle, elle me boude...

Et puis, pendant que je me fâchais dans ma tête au volant en écoutant la radio, mes enfants, sur le siège arrière, mangeaient les sandwichs maison : pain que j'ai fait hier, beurre d'arachides bio, confiture de fraises cueillies samedi et transformées dimanche. Ils étaient habillés de beaux vêtements usagés ou faits par maman. Ils rigolaient, se faisaient des blagues.

J'ai vraiment besoin de vacances. Avec ma famille.

mercredi 1 juillet 2009

Gugusses

Je viens de voir ça. En anglais seulement (désolée).

Ce n'est pas la première fois que je vois quelque chose du genre. Mais ça aide, parfois, de se remettre en contexte.

Aujourd'hui, c'est le premier juillet. Presque tout le monde a congé. Les supermarchés sont ouverts, contrairement au 24 juin où, là, tout était fermé. Nous n'avions plus de lait. J'ai fait un mini-marché avec les petits, sachant que demain, je vais chercher ma commande de produits locaux du marché de la solidarité, comme tous les deux jeudis.

Pour me rendre au supermarché, j'ai passé devant deux magasins à grande surface. À chacun, des gens essayaient d'ouvrir les portes et semblaient fâchés de les voir fermées. Personne à l'intérieur. Congé. Triste. Tout le monde a congé. Pourquoi ne pas en profiter et passer du temps avec ce monde-là? Je m'ennuie du temps où tout était fermé le dimanche.

"Oui, mais tu fais quoi, si t'as besoin de quelque chose le dimanche?"

"Ben, tu l'achètes le samedi."

"Mais si t'as pas le temps le samedi? Ou si t'oublies?"

"T'en mourras pas, pis la semaine suivante, t'auras appris et tu l'achètera le samedi."

Sérieux, ici, tout est fermé à compter de 17 ou 21h. 22h pour certains supermarchés. Les gens de Montréal et de Québec n'en reviennent pas. C'est quand même la région de la capitale nationale. Moi, je me demande qui a absolument besoin d'aller faire son marché à trois heures du matin.

Deuxième chose qui m'a frappée : Estéban. Il aura cinq ans bientôt. Et il ne pense qu'à une chose : avoir de nouveaux jouets. Il en a plein, des jouets. Partout. Dans chaque pièce de la maison. Mais il suffit qu'il sache que je vais au supermarché pour qu'il insiste pour avoir un jouet. Il a droit à une gâterie, habituellement. Avant, il prenait un bonbon, ou un gâteau. Là, il veut des jouets. Il n'est même pas encore dans la voiture qu'il me casse les oreilles avec le Dollarama. Et il a le culot d'argumenter, en plus. "Oui mais..." Je sais que je suis à blâmer pour ça. Après tout, c'est moi qui lui a permis d'acheter une gâterie qui ne se mangeait pas, un jour. Et j'ai beau lui expliquer les conséquences de la surconsommation... il aura cinq ans dans trois semaines. Les conséquences, si elles ne sont pas visibles et immédiates, elles n'existent pas dans son monde. Pas encore.

Mais bon, la culture de la consommation, on en a tous entendu parler. Tout ça, ce n'est rien de nouveau. Mais ça aide de se résoudre à en faire un peu plus. De s'arrêter et de profiter de la vie au lieu de profiter des magasins...

jeudi 18 juin 2009

Le retour des astronautes

Dans la voiture, en revenant de chez la gardienne :

Estéban : "Maman, j'aimerais ça, un autre bébé dans la maison."

Moi : "Euh, quoi? Tu commences à peine à pouvoir jouer avec ta petite soeur, un bébé, ça joue pas tant que ça..."

Estéban : "Oui, mais moi, z'aime ça, les bébés... Tu pourrais en avoir un autre."

Moi : "Tu demanderas à ton père." (tentative subtile de refiler la conversation à plus tard/un autre)

Estéban : "Il travaille tard, ce soir?"

Moi : "Oui, il va revenir quand tu seras couché."

Estéban : "Oh... ben tu lui demanderas, ok?"

Moi : "Comment ça s'est passé ta journée, aujourd'hui?" (tentative subtile de changer de sujet)

Estéban : "Tu sais, mes amis astronautes invisibles, ils m'ont donné une nouvelle recette de dessert."

Moi : "Ah oui?"

Estéban : "Oui. C'est une recette de dessert pour l'espace. C'est très bon. Je vais en faire tantôt"

Moi (finalement, peut-être que parler de bébé c'est mieux...) : "Et qu'est-ce qu'il y a dans la recette?"

Estéban : "Dans un bol, on met du sucre. Pis... euh... de l'eau..."

Il a passé tout le reste du trajet à m'énumérer des ingrédients : sucre, farine, oeufs, lait, encore des oeufs...

À la maison, il a joué un peu dehors avec sa soeur, puis au moment de préparer le souper, il a déclaré qu'il devait absolument faire la recette de dessert de ses amis astronautes...

Il y a mis (dans l'ordre, mais je n'ai aucune idée des quantités) du sucre, de la farine, un oeuf, du lait, une banane à moitié écrasée, une pincée de sel, du blanc d'oeuf, un autre oeuf, des pépites de chocolat noir. On a versé le tout dans un petit moule, et on a garni de pépites de chocolat noir. C'est lui qui a tout fait. J'ai mis au four... et c'était bon! Ok, pour la texture, on repassera : pas de levure, pas assez de sucre et pas assez de farine pour une bonne réaction chimique, mais bon, c'était quand même comestible.

"Maman, maintenant, je veux faire l'autre recette de dessert que mes amis astronautes viennent de me dire..."

"Demain, coco. Demain. Un dessert à la fois."

mercredi 27 mai 2009

Merci Jean

"Estéban, on a une mauvaise nouvelle à t'annoncer. Tu sais, grand-papa était très malade hier? Il était à l'hôpital? Ben... il était trop malade, les médecins n'ont pas réussi à le guérir."

"Il est mort?"

"Oui, mon amour. Il est décédé."

Les faits, parce que les faits sont plus faciles à conter que les sentiments, c'est que Jean, le père de mon mec, souffrait de sclérose en plaques depuis longtemps. Il ne pouvait plus se déplacer, il ne pouvait plus manger seul, et les mots prenaient du temps à se former dans sa bouche. Mais il avait toute sa tête. Il a signé un papier indiquant qu'il désirait qu'on évite toute mesure de réanimation qui ferait en sorte que son état soit pire qu'avant. Pas d'intubation permanente. Pas de coma artificiel.

Au début du mois, il a obtenu une place en résidence. Il avait besoin d'aide en tout temps, pour se replacer dans le lit, pour manger, pour boire, pour faire sa toilette. Bien que les préposés en or du CLSC venaient à domicile au moins quatre fois par jour, c'était insuffisant. Il avait une plaie de lit au dos. Les préposés l'aimaient bien, par contre — Jean a toujours eu le sens de l'humour et la capacité de tout prendre avec un grain de sel.

À peine était-il entré en résidence qu'on le transférait d'urgence à l'hôpital. Infection urinaire. Antibiotiques. Résistance aux antibiotiques. Ajustement du médicament. Après trois semaines, vendredi dernier, il était assez bien pour revenir "chez lui". Samedi, on est passés le voir avec les enfants, et le frère aîné de mon mec nous a rejoints. On a mangé du St-Hubert. Tous ensemble. C'était une superbe journée. Dimanche, une autre superbe journée, cette fois, c'est le frère et la belle-soeur de mon mec qui ont passé du temps avec lui. Lundi, il a commencé à faire de la fièvre. Assez solide. À cause de sa maladie, la fièvre l'affaiblit beaucoup. Re-transfert à l'hôpital. Re-médication. Mon mec a passé toute la soirée auprès de son père, à le replacer. Il n'allait pas bien. L'infection avait repris et semblait s'être propagée dans le sang. Mais lorsque mon mec est reparti, vers 20h30, il allait un peu mieux.

Hier matin, mardi, mon mec est allé porter les petits chez la gardienne, puis est retourné voir son père. Il était mal en point. Il pouvait à peine parler par hochements de tête. Le médecin lui a mis plus de soluté, et il a tout de suite repris du mieux. Il pouvait parler, poser des questions : il allait mieux. Mon mec est reparti à la maison pour régler des trucs du travail — envoyer des courriels. Son frère l'a appelé, ils ont jasé. Se sont donné des nouvelles. Tout semblait bien aller. Puis, les urgences ont appelé mon beau-frère, qui a rappelé mon mec. Ça n'allait pas bien. L'état de leur père s'était détérioré, pire que le matin.

Quand mon mec est arrivé à l'hôpital, 20 minutes plus tard... c'était fini. Jean avait eu du mal à respirer, le personnel a fait tout ce qu'il pouvait pour le réanimer, mais comme Jean ne voulait pas être intubé ou comateux de façon permanente, ils n'ont pas pu le sauver. Il est décédé un peu avant midi. Comme ça.

C'est fou comme il n'y a rien à dire d'intelligent quand quelqu'un décède. Mon mec et moi n'avons presque pas parlé. Une fois les faits établis, les larmes sont les seules à pouvoir exprimer ce qu'on ressent. Les mots sont cons. Certains y trouvent du réconfort. Mais il est impossible d'exprimer la complexité des sentiments avec de petites phrases. Tous les bons mots sont bienvenus, bien entendu. Mais au-delà des sympathies et des condoléances... que reste-t-il à ajouter?

Ben, il reste à dire merci. Merci à Jean. Merci pour tes trois superbes fils, qui sont devenus, grâce à toi, de bonnes personnes. Merci de leur avoir donné la capacité d'aimer. Merci de leur avoir transmis de bonnes valeurs solides qui leur permettent maintenant de s'épanouir dans leur travail, dans leur couple, dans leur famille.

Merci d'être le grand-papa Zean de mes enfants. Merci de les avoir aimés.

Merci de m'avoir montré que, malgré tout, on peut garder le sens de l'humour. On peut garder le moral. Qu'il y a toujours du bon dans tout.

Merci, Jean.

Tu me manques.

lundi 18 mai 2009

Recentrage

La semaine dernière j'ai eu "la switch à bitch" au travail. Trop de travail, trop de collègues brûlées, et quelques autres facteurs dont je n'ai vraiment pas envie de parler.

Vendredi soir, après avoir laissé mes deux petits trésors chez mes parents, j'ai pris la direction de St-André Avellin avec mon mec, et je me suis transformée en une autre personne jusqu'à dimanche midi. Pas de travail. Pas d'enfants. Pas de moi. Juste la forêt, et plein de personnages qui n'existent pas.

Oh, il a fait froid. Mais ma cape était chaude, je n'en ai pas souffert. Il a plu, mais j'ai pu rester au sec à l'auberge.

J'ai mangé du mechoui de cochon. J'ai prêché pour ma paroisse. J'ai écouté et conseillé des personnages qui n'existent pas qui ont des problèmes qui n'existent pas. Je me suis même ennuyée d'un autre personnage. J'ai assisté à un mariage fictif. À un procès fictif. J'ai traité des problèmes tout à fait fictifs. J'ai même fait de la politique fictive.

Et vous savez quoi? Maintenant, ma tête est libre. Complètement. Je repense au travail, et aux problèmes de la semaine dernière, et je me dis que demain, quand je rentrerai au bureau, je serai contente d'allumer mon ordinateur et de traduire la montagne de textes urgents qui m'attend. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai été aussi zen.

C'est fou comme ça fait du bien de décrocher!

lundi 11 mai 2009

Priorités

J'essaie de réorganiser mes priorités. Je n'ai pas le choix, je n'ai plus d'énergie pour tout faire. Ou plutôt, oui, j'ai l'énergie pour tout faire, mais je finis par tout faire tout croche. Alors, je dois recaler certaines activités.

Mais voilà, quand j'en recale une, ce n’est pas juste l'activité que je laisse tomber. Ce sont des gens.

Si je refuse de faire des heures supplémentaires, c'est un autre collègue qui devra se les taper. Si je ne réponds pas au courriel du gars qui cherche tel accessoire de GN, il ne le trouvera pas. Si je ne répare pas le pantalon de mon mec, ou si je ne fais pas la brassée de lavage, on n'a pas de vêtements. Si j'oublie de prendre 3 minutes pour faire le pain le soir, il n'y en a pas le lendemain matin. Si je manque un entraînement d'aïkido, c'est ma santé (physique ET mentale) qui en prend un coup... et si j'suis malade, j'suis pas plus efficace.

Faire participer plus mon fils et mon mec au ménage? Je n’ai pas l'énergie pour ça. C'est plus fatigant de demander que de le faire moi-même. J'suis tannée. Et puis, mon mec, il est encore plus fatigué que moi. Et on a pas mal d'obligations familiales, dernièrement.

Bref, j'ai beau réorganiser mes priorités, celles qui sont au top entrent déjà en conflit l'une avec l'autre... La famille, le travail, la santé, la maison... Tout ça prend déjà toute la place, parce qu'il y a beaucoup de choses à faire, juste dans tout ça. Si, en plus, je veux rester saine d'esprit, j'ai besoin d'activités.. qui prennent aussi du temps. Couper dans le sommeil? Peux pas.

Je crois que c'est le surplus de travail qui commence à me taxer...

Vivement vendredi, mon premier GN de l'année... mais j'suis pas dedans... on dirait que je vois juste ce qu'il y a à faire, pas ce que ça donne de le faire. Ça va me faire du bien de prendre un break mental de ma vie, de décrocher pendant 40 heures...

dimanche 10 mai 2009

Bonne fête des mères!

C'est la fête des mères, alors à toutes les mamans : profitez-en!

Pour ma part, j'ai travaillé hier (ouaip, un samedi... et je n'étais pas seule au bureau, on était quatre). L'été s'annonce pénible pour notre équipe... Alors que les TCA manquent de boulot, nous, on en a trop... Jamais contents, vous dites?

Alors, donc, j'ai travaillé hier, un bon 6 heures. Avant ça, j'ai travaillé dans mes plates-bandes, je me suis battue avec 8 kilos de carcasses de poulet congelées pour les faire dégeler et les transformer en bouillon et puis, juste pour être certaine de ne pas m'ennuyer, j'ai fait un peu de ménage. Toute seule avec mon bébé, parce que mes hommes travaillaient chez mon beau-père... On n'a pas veillé ben tard hier soir, mettons.

Ensuite, ce matin, mes hommes sont retournés aider mon beau-frère à déménager. On est restées entre filles. Encore du ménage, j'ai empoté le bouillon de poulet, j'ai fait des pommes de terre au citron en conserves, aussi, et puis là, il est 14h, et j'suis vidée... Mais je voudrais faire de la couture, mais mes fesses restent bien collées sur la chaise devant l'ordinateur. Mon cerveau ne roule plus.

"Marilise, tu veux aller faire un petit dodo?"

Et Marilise de répondre avec un grand sourire réveillé "Tiens!" En me tendant son chapeau, son manteau et ses souliers... Awwwwww... Ok, on va aller jouer dehors...

lundi 4 mai 2009

Photos

C'est fou comme ma fille me ressemble... Mais ce n'est que quand je vois les photos que ça me frappe!

Étrange comme le miroir ne me renvoit pas la même image que les photos...

lundi 27 avril 2009

Toute une semaine!

À peine remise de mon ulcère, j'ai l'impression d'avoir été aspirée dans un tourbillon d'activités toutes plus intéressantes les unes que les autres. Résultat : je suis pleine d'énergie, mais je suis aussi très occupée...

Boulot

Je suis maintenant officiellement urgentologue. Pas mal, pour une traductrice, non? Bon, ok, je suis loin des hôpitaux.

Quand un client demande un texte trop long pour un délai trop court, on facture le tarif d'urgence. La traduction est plus chère, plus rapide, et elle doit être de bonne qualité malgré le délai serré. Notre principal client en a beaucoup, des urgences de ce type, si bien que quelques traducteurs ne font pratiquement que des urgences. On les a gentiment appelés « urgentologues ».

Moi, j'aime ces conditions. Pour différentes raisons, c'est même l'idéal, dans mon cas. C'est une très bonne nouvelle, même si j'entrevois que l'été sera dur. Et que le temps que je passe devant mes écrans est très intense, ce qui fait que je suis beaucoup moins présente sur le Web.

Aïkido

Wow. Stage d'aïkido samedi dernier, au Collège de l'Outaouais. J'en ai appris sur les blessures. Par exemple, les gens qui se blessent le plus gravement sont, d'abord, les gens qui sont inactifs, puis, ceux qui ne s'entraînent pas avec régularité, et ensuite, ceux qui sont trop fatigués pour être concentrés. Lorsque l'on se blesse, il faut éviter d'avoir l'attitude « tout ou rien » — si on ignore la douleur, on risque d'empirer les choses, mais si on cesse toute activité pour éviter d'avoir mal, on risque aussi de fragiliser notre corps. L'idéal, c'est de continuer l'entraînement, avec de nouvelles limites...

Ensuite, environ deux heures de swari waza. Il s'agit de techniques que l'on fait à genoux : on se déplace sur nos genoux, on attaque sur nos genoux, on utilise nos genoux comme levier, comme soutien... J'en ai des brûlures de tapis sur les deux genoux. Ça fait mal, mais ça fait du bien. La douleur est inévitable, mais je n'en souffre pas pour autant.

J'ai juste un peu peur de ce qu'on fera ce soir... Je crois que je vais remettre de la crème antiseptique et refaire mes pansements, question de ne pas trop grincer des dents...

J'aime beaucoup les stages. Ça me fait toujours un peu peur, parce que je ne sais pas où j'aurai mal après, mais c'est toujours énormément enrichissant. Surtout qu'il y a toujours tout plein de gens avec qui je n'ai jamais pratiqué : on ne sait absolument pas à quoi s'attendre!

Famille

Toute la famille semble rétablie (touche du bois). Nous avons survécu aux vents violents de samedi, puis à la panne de plus de 24 heures qui a suivi. L'électricité a été rétablie vers 20 h hier soir. Le plus étonnant, c'est que ça a à peine dérangé. En fait, le plus embêtant, c'est que notre pompe à eau fonctionne à l'électricité : nous n'avons pas d'eau courante sans électricité. Sinon, on avait des conserves maison en masse, deux brûleurs de camping, le BBQ, des chandelles, un bloc d'alimentation d'urgence... Marilise ne s'est rendu compte de rien, et Estéban était aux oiseaux : il a vu plus de camions de pompiers et de voitures de police avec les gyrophares allumés en une soirée que dans tout le reste de sa vie, puis il a assez de matériel pour alimenter des monologues pour trois semaines. Minimum.

Samedi matin, j'ai joué dehors avec les petits, et j'ai pu prendre de superbes photos — je mettrai le blogue des enfants à jour bientôt... quand j'aurai quelques minutes pour souffler!

Jeux de rôles

Premier vrai GN de l'année dans 3 weekends. Déjà! J'ai une tonne de couture à faire, des détails à peaufiner et tout, mais j'ai quand même très hâte de ressortir Éclipse.

En attendant, jeudi dernier, je me suis rendue dans la classe de 6e année de ma copine Michèle pour un mini-GN qu'elle a organisé avec ses élèves. Comme d'habitude, c'était bien, et les élèves ont eu beaucoup de plaisir. Moi aussi, d'ailleurs! J'ai joué une méchante. Chaque fois que je joue une méchante, je me rappelle à quel point j'aime ça. Pourtant, il paraît qu'en général, j'suis gentille... enfin, c'est ce qu'on m'a dit...

Ouaip, c'est moi. Pas évident à voir quand tout est sombre comme ça. En plus, mes yeux noirs sont recouverts de verres de contacts bleus, mes cheveux bruns sont peinturés en blanc, ma peau pâle est maquillée en noir et ma robe (qu'on peut aussi voir ici) est aussi très foncée. Disons que c'était vraiment drôle de faire sursauter tout le monde en sortant des coins sombres!

Sur ce, une nouvelle urgence vient de rentrer...

mercredi 15 avril 2009

Les astronautes

"Maman? Il est quelle heure?"

"Il est 6 h 10"

"Oh! Ils vont arriver bientôt!"

"Qui ça?"

"Mes amis astronautes invisibles! Ils vont arriver dans cinq minutes!"

"Vraiment?"

"Oui, leur vaisseau invisible va se stationner sur le gazon en avant de la maison. Tu peux dire à papa de ne pas se stationner sur le gazon?"

"Euh... ok..."

"Mes amis astronautes invisibles et moi, on va jouer au MacDonald's dans ma chambre. Mais Marilise peut jouer avec nous. Hey, maman, il est quelle heure?"

"Ça fait cinq minutes..."

"Chut! Ah oui, ils arrivent!"

Estéban se met à courir à la porte, l'ouvre, et discute avec ses amis invisibles.

"Maman, ils doivent replacer la navette. Mais ils vont revenir dans quelques minutes."

Ouvre la porte encore, discute.

"Maman, on s'en va jouer dans ma chambre! À tantôt!"

Suivi de plein de blabla très cohérent que je ne répéterai pas. Quand même.

Est-ce que j'avais autant d'imagination à son âge? Hmmmmm...

lundi 13 avril 2009

Effets secondaires

Les médicaments que je dois prendre pour traiter mon ulcère commencent à faire effet... Mais ils semblent avoir plus d'effets secondaires que d'effets sur l'ulcère comme tel!

On aurait dû lire, sur les mises en garde fournies par le pharmacien : Attention! Ce médicament vous transforme en gros tas.

Sérieux, j'ai le ventre aussi gonflé que quand j'étais enceinte de trois mois... au moins, aucun effet sur la poitrine : ce serait bien le boutte. J'ai une bédaine de bière sans pouvoir boire une goutte d'alcool!

Mais ce n'est pas tout. C'est gonflé parce que, j'en suis certaine, ça fermente!!! Hier, en revenant de Montréal, j'ai roté tout le long. Plus le temps d'arrêter pour souper, plus le temps de me coucher... Près de quatre heures de rotage intensif. Un vrai gros colon qui vient de se gaver de roteux à une partie de baseball...

Quand je suis sortie de la voiture, ce n'était plus juste par en haut que ça fermentait. Ça pétait aussi. Vraiment dégueux.

J'avais l'impression de m'être transformée en Homer Simpson. J'avais même le rire épais après une heure : mieux vaut en rire qu'en pleurer...

J'espère que ça va se tasser, ou que mon pharmacien pourra me conseiller quelque chose contre ça, parce que là, je vais vraiment avoir du mal à travailler demain!

samedi 11 avril 2009

Histoire de mémères

J'ai passé une heure trente à l'urgence de Wakefield jeudi. Finalement, j'aurais ce qui ressemble beaucoup à un ulcère d'estomac. Une pilule par jour pour 21 jours. Et des antiacides, le temps que ça fasse effet. Joie. Au moins, le pire de la crise est passé. Et je vais devoir réévaluer mon alimentation. Yé. Fini les 20 oz de café...

Mais pour en revenir à l'urgence. L'hôpital de Wakefield est vraiment bien. C'est joli, le paysage est charmant. Un peu plus loin que Gatineau, pour moi, mais ça vaut la peine de faire la route pour être traité dans un contexte plus détendu et, surtout, plus rapide que dans les autres hôpitaux de la région.

Mais surtout, surtout, il y a les commères. Elles sont vraiment l'attrait principal de cet hôpital. Gentilles comme tout. Elles savent si on est de Wakefield ou si on ne l'est pas. L'une (parfaite inconnue) m'a même déjà dit mon nom de famille avant que j'ouvre la bouche. Elle venait de Buckingham. Duh. « T'es rendue à Wakefield?» « Non, Val-des-Monts... mais c'est presque aussi rapide de se rendre ici qu'à Gatineau, et puis on oublie Hull...»

Bref, j'étais assise sur une chaise du corridor à attendre le triage et à faire des sudokus (ben quoi?) et il y avait un groupe de commères à quelques chaises de moi. Des femmes du coin. L'une accompagnait une vieille dame en fauteuil roulant, l'autre attendait des résultats d'examen et la troisième attendait de passer au triage, elle aussi. Celle-là parlait. Impossible de ne pas l'entendre. Un véritable monologue. À maintes reprises, j'ai forcé mes yeux à rester sur mon sudoku... ce n’est pas possible de dire autant de détails qui n'intéressent personne. En plus, quand t'as mal à l'estomac, t'as pas envie d'entendre parler de certains détails intimes de purs étrangers, mettons.

« Faudrait que je t'amène ma tante. Depuis qu'ils ont changé ses médicaments, c'est pu la même femme. Elle est rendue fine fine fine! On peut l'amener magasiner chez Sears, on peut la sortir dehors, elle est vraiment fine! Elle, c'est son mari qui va mourir avant elle, il s'en occupe tellement bien. Tsé, j'ai eu un bon mari, mais j'pense pas qu'il m'aurait changé de couches. L'autre fois, ben une des femmes dont j'm'occupe a fait un gros dégât, et y'a fallu que je nettoie tout, ben je l'ai conté à ma fille et elle m'a dit que si jamais j'me mettais à chier partout, elle m'a dit qu'elle me placerait. J'la blâme pas! Pis y'a une femme...»

Et j'arrête là, parce qu'après, c'est bien pire.

Et puis, finalement, une infirmière l'a appelée au triage. Les deux autres femmes se sont regardées.

« C'est qui, elle? »

« Euh... ben... c'est la femme d'Eugène Laporte (nom fictif, bien sûr). »

« Quoi? Impossible, sa femme est morte. »

« T'es sûre? »

« Ben... oui... messemble... oui, elle est morte l'année passée. »

« D'abord, j'sais pas c'est qui. »

« C'est pas la fille à Adrien Lebeau (nom fictif)? »

« Non, c'est pas elle... »

« Ah bon. J'sais pas c'est qui non plus, d'abord. »

... Je ne sais pas si c'est drôle ou si c'est triste...

dimanche 5 avril 2009

31 ans

Aujourd'hui, j'ai 31 ans.

Hier soir, un copain me disait qu'il la trouvait dure, la trentaine.

"Ah bon? Pas moi. En fait, je la trouve pas mal mieux que la fin de la vingtaine."

"Comment ça?"

"Vers la fin de la vingtaine, j'ai une tonne de responsabilités qui me sont arrivées. À 25 ans, j'ai obtenu mon bac et j'ai commencé une carrière. À 26 ans, j'ai eu Estéban, une hypothèque et ma première voiture "à moi". Juste quand je commençais à m'y faire, j'ai fait une fausse-couche. Puis, j'ai eu Marilise. À 30 ans, ben j'avais fait la transition vers les responsabilités d'adultes, et je me suis rendue compte que j'aime ça."

"C'est pas bête."

"Ça dépend toujours des gens, mais il faut dire aussi qu'on dirait que tout est fait pour les gens au début de la trentaine. Juste à la télé et au cinéma : on est partout! Au travail, j'ai vraiment beaucoup de collègues de mon âge. Dans ma situation. Pis je trouve que j'ai une belle vie. Ouaip, la trentaine, j'aime bien."

Ouais, bon, mon mec s'est barré le dos et moi, je suis revenue aux petites heures du matin et je trouve le réveil difficile, mais même si tout n'est pas parfait, la vie est quand même belle!

mercredi 1 avril 2009

Boycottons le poisson d'avril!

Je déteste le premier avril. C'est le jour le plus stupide de l'année. Je le boycotte. Je refuse d'être un premier avril. C'est mignon quand ce sont les enfants qui découpent des poissons en papier et qui les collent dans le dos des autres, mais ça s'arrête là. Le reste, ce n'est pas drôle. Pas du tout. C'est malsain.

Mais je ne m'éterniserai pas là-dessus. Je suis mal en point ce matin, j'ai eu du mal à dormir : les allergies. J'ai les sinus bloqués, et les poumons congestionnés. Maudit premier avril de merde.

Au moins, ça a l'avantage que je suis incapable de sentir les crottes dégelées des chiens-pas-attachés-qui-chient-sur-mon-terrain-à-longueur-de-journée. C'est déjà ça.

Je sens que je vais être d'une humeur massacrante aujourd'hui...