Une autre campagne électorale fédérale. La dernière fois, j'étais bien contente. J'étais enceinte jusqu'aux oreilles et j'étais prise d'un besoin viscéral de chialer. Ok, je chiale beaucoup d'habitude, mais là, c'était pire. C'était pressant, tout m'énervait, et j'avais besoin de faire sortir l'agressivité. Alors, la campagne électorale 2004 est arrivée juste à temps, parce que les gens qui m'entourent sont tellement merveilleux que je manquais de sujets de chialage.
Cette fois, je n'ai pas envie de chialer. Je n'ai pas envie de dire à qui veut l'entendre que tel candidat a des points de vue dangereux, ou dépassés, ou que son coiffeur travaille plus que ses scripteurs, que les médias portent plus d'attention aux niaiseries qu'aux vrais enjeux, etc. Je n'ai pas envie de voir les sondages pour savoir d'avance qui est plus susceptible de signer mes chèques de paye en 2006. Les sondages, c'est comme la météo, à plus de 3 jours de prévisions d'avance, ça tient carrément de la clairvoyance.
Et puis là, je viens de recevoir un rappel par courriel. En tant que fonctionnaire fédérale, je ne dois pas me prononcer. Je vais voter, et je ferme ma gueule. C'est tout. Et ça me va. Je laisse le soin aux experts de décortiquer la campagne, les plans, les livres des partis. Je laisse le soin aux médias de ternir la réputation de ceux qui ne possèdent pas de parts dans leur entreprise multimédia. Et je laisse le soin aux électeurs de s'informer comme bon leur semblera.
Gros défi en perspective : ne pas parler de la campagne électorale durant le temps des fêtes! Mais bon, j'aime bien les défis...