Le blogue d'ND

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vendredi 18 août 2006

C'est les vacances!!!

Mes premières vraies vacances. Je veux dire, mes vacances payées. Pas parce que je suis en congé de maternité. Pas parce que j'ai besoin de me reposer après un GN. Pas parce que j'ai besoin de préparer autre chose et que j'ai déjà utilisé ma journée de bénévolat. Des vraies vacances. Pas d'obligation (ok, y'a le p'tit et la famille, quand même... mais aucun projet défini à court terme). Pas malade. Et c'est prévu en plus. Il ne reste plus qu'une petite demi-heure avant de quitter le bureau, mais je ne peux rien commencer de nouveau : tous les textes sont pour lundi ou mardi... certains pour mercredi... mais ces jours-là, je vais être en CONGÉ!!!

Bien entendu, c'est stressant un peu. Vais-je avoir le temps de ne rien faire? Parce que ce n'est pas évident de rien faire. J'ai une pile de projets de couture, soit déjà entamés, soit en tête. J'ai un p'tit garçon tout mignon auquel je donne volontier toute mon attention. Mon mec aussi est en congé : difficile de ne rien faire à deux, ou à trois. De jeudi à mardi, on est sur la route, à Chicoutimi, à Alma, peut-être à Québec. Rien faire, en voyage, c'est impossible. Je dois me reposer un peu aussi... mais le repos, même si ça se rapproche de "ne rien faire", ce n'est pas "rien". Ah, et il y a les projets quisont dans l'air, comme celui d'un GN pour l'an prochain, qui en est déjà à l'étape de la coscénarisation (avec une équipe d'enfer, dans le bon sens de l'expression!) Nah, je doute que je sois capable de ne "rien faire"... Ben, peut-être quelques heures... Si je me lève très tôt un matin, et que je m'enfonce dans un divan, café à la main, télé éteinte, mecs endormis, livres fermés, avec pour seule distraction les grillons et les oiseaux, ou les chevaux du voisin d'en face... ou même le bruit de la pluie qui tombe doucement sur les carreaux...

Des vraies vacances... La dernière fois que c'est arrivé je n'était même pas au 21e siècle encore... Et je n'étais pas payée!

Avis à tous : je ne promets qu'une chose, c'est de ne rien promettre pendant deux semaines!!!

jeudi 17 août 2006

Kale

Je reçois des légumes chaque semaine. Pour 15$, j'ai un sac rempli de légumes biologiques, d'un agriculteur de la région.

Mais je ne décide pas de ce que j'aurai chaque semaine. Ça me force à essayer de nouveaux trucs qui sont... excellents!!!

Premièrement, Estéban trippe sur les carottes. Personnellement, je n'en achète pas, puisque je suis allergique. Quand je les épluche, je dois mettre des gants de latex ou souffrir toute la soirée. Oui, c'est à ce point. Comme, en général, c'est moi qui mets les légumes dans les plats (WeightWatchers oblige), si moi, je ne prépare pas les carottes, elles restent au fond du tiroir et doivent être jetées au compost avant longtemps. Mais comme on en a dans les paniers bios, Gaétan s'en fait cuire à la vapeur et Estéban en mange en trempette. Bon, ok, y'en reste, je crois que je vais devoir enfiler des gants de latex en fin de semaine, râper les carottes et faire des muffins à congeler pour le lunch de mon mec...

Catherine a raison, les bettraves tièdes, c'est EXCELLENT!

La semaine dernière, j'ai reçu un chou-rave. Je ne l'ai pas encore préparé... mais ça a l'air intéressant comme légume...

Mais ma découverte, mon coup de coeur, c'est le kale. Wow. Un légume plein de bonnes choses... Ce sont de longues feuilles d'un beau vert foncé, et c'est de la famille des choux (donc faut faire attention à bien laver et enlever tous les vers... mais bon, c'est comme ça pour tous les légumes de la famille des choux...). Hans (mon agriculteur) m'a conseillé soit de cuire les feuilles à la vapeur, de les déposer dans l'assiette et de servir le repas dessus, ou encore de les trancher sur la largeur, de les faire revenir dans la poêle avec un peu de beurre et d'oignons pour servir en accompagnement.

Donc, hier soir, seule avec Estéban, je prépare le souper dans une poêle. Je prends une autre poêle, j'y mets un peu d'huile de canola, j'écrase une gousse d'ail du panier bio, je sors quelques feuilles de kale que je lave comme il le faut, que je tranche avec mon super couteau de cuisine et que j'ajoute à l'huile et à l'ail... J'ai laissé cuire à feu moyen-élevé, en mélangeant une fois de temps en temps... C'est EXCELLENT!!!

Un lien pour des recettes avec du kale et quelques informations utiles sur ce légume.

Le jardin chez mon beau-père produit pas mal de concombres, les tomates commencent à rougir aussi... Nos brocolis ont fait patate, par contre... C'est le deuxième potager qu'on fait, et la deuxième fois qu'on rate les brocolis. On aura de l'ail aussi. Ah, et les oignos sortent tout seul de terre... Bizarre, hein? Avec les plans de tomates, j'ai planté du basilic. Brushettas ce soir! Avec le concombre, j'ai planté de l'aneth aussi (j'adore l'aneth)...

Quelqu'un aurait une bonne recette pour faire des conserves de concombre et d'aneth? Y'a plein de sites Web qui en parlent, mais les recettes varient tellement...

mercredi 16 août 2006

Malbouffe

Oui, encore de la politique. Honnêtement, je me demande s'il n'y aurait pas lieu d'élire des spécialistes plutôt que des politiciens... Vous me direz que les spécialistes du domaine font rarement de bons gestionnaires. Peut-être. Mais ça ne ferait pas de tort aux gestionnaires d'au moins prendre l'avis des spécialistes, une fois de temps en temps...

Vu sur Cyberpresse ce matin.

Même moi, qui ne suis ni éducatrice, ni nutritionniste, ni politicienne, je flaire les problèmes de l’attitude du ministre, même s’il est à 5 heures de route de chez moi.

Bon, la PIRE de ses déclarations dans cet article :

«Ça ne donnerait rien d'interdire la malbouffe dans les écoles. Le jeune va sortir de la polyvalente pour aller en manger au premier restaurant venu.»

Non, monsieur Couillard. Je n’aime pas dire qu’un raisonnement est imbécile, mais je l’ai presque écrit… Ça donne quelque chose d’interdire la malbouffe dans les écoles. Premièrement, ça donne plus de choix santé dans l’école. Deuxièmement, pour manger de la malbouffe, vous l’avez dit, le jeune doit SORTIR de la polyvalente. Il n’y a pas de stand à patate au coin de chaque polyvalente. « Dans mon temps », c’était plus long et plus d’efforts de se rendre au resto du coin qu’à la cafétéria de l’école. Sans compter que la bouffe est moins chère à l’école qu’en resto… Ce que vous vouliez peut-être dire, c’est que vous craignez que ça vous coûte trop cher d’interdire la malbouffe dans les écoles. En plus, c’est plus de travail : faut embaucher des nutritionnistes, faut établir des comités d’experts pour définir la malbouffe, faut faire des listes avec plein d’exceptions, faut s’entendre sur le guide alimentaire à suivre… C’est beaucoup d’efforts à mettre dans des écoles où vous, vous ne mettez jamais les pieds.

L’article dit : « Pour le ministre, le combat contre la malbouffe passe par l'enseignement des aspects positifs d'une saine alimentation sur la qualité de vie. »

Autrement dit, faites ce que je dis, faites pas ce que je fais, mais faites-le bénévolement parce que je n’ai pas chiffré le coût de cet enseignement, et je n’ai pas prévu de former des profs à l’école pour ça. Ça fait des années que je crois qu’au lieu d’avoir des cours « d’économie familiale » ou même des milliers d’heures de français (ou de maths), on devrait avoir des cours de nutrition. Je ne dis pas que le français est moins important à l’école. Je dis qu’on peut très bien apprendre à bien écrire avec quelques heures de moins par semaine. Surtout si on doit faire tous les autres cours en français. De plus, le fait de mal accorder quelques participes passés ne nous tuera pas. Une crise cardiaque, par contre… C’est comme les cours de premiers soins : pourquoi y’en a pas à l’école?!? On donne le cours en français, on fait une dissertation à ce sujet par la suite, et hop, on a plus d’élèves qui savent quoi faire en cas d’urgence, et les parents sont contents parce que leurs enfants ont des devoirs à faire et qu’ils « font du français ».

Et ne me dites pas que c’est la job des parents de montrer aux enfants comment manger. Oui, c’est la job des parents. Mais les parents, eux, n’ont pas appris à bien manger eux-mêmes. Vous connaissez beaucoup de personnes qui cuisinent tous leurs repas? Pas moi. On vit dans la culture du « pas le temps ». Pas le temps de cuisiner. Pas le temps de prévoir l’épicerie. Pas le temps d’élever ses enfants. Résultat : les enfants de maintenant ont des parents, et même des grands-parents, qui passent chercher du prêt-à-manger au moins 3 fois par semaine. Ça, c’est quand ils mangent en famille, et non pas dans des plats surgelés devant la télé sans se parler. Comment voulez-vous qu’ils apprennent à bien manger?!? L’école n’est pas là pour remplacer les parents. Mais c’est ce qu’elle fait. Tant qu’à y être, aussi bien leur montrer des choses qui vont leur sauver la vie : comme bien manger, faire de l’exercice, des techniques de premiers soins et de réanimation cardio-vasculaire…

Alors oui, Monsieur Couillard, il faut faire de l’éducation. Mais il faut aussi MONTRER L’EXEMPLE dans les écoles et dans les pubs. C’est complètement stupide de faire une émission de 22 minutes sur les vertus de la saine alimentation et de coller 8 minutes de pubs de Harvey’s et de MacDo en plein milieu. Ou pire : des pubs où on dit que Subway, c’est la façon de bien manger sans se casser la tête. C’est aussi consternant de voir que vous voulez montrer aux jeunes à bien manger en théorie, mais que vous, vous continuez à leur servir de la merde pour dîner, et à accepter que des boissons gazeuses sucrées soient distribuées au même prix que l’eau dans les écoles. On sait tous que « faites ce que je dis, faites pas ce que je fais », ben ça marche pas. À moins que la personne qui parle fait une crise cardiaque et traumatise ses enfants.

"Cette éducation, on l'a faite contre le tabagisme», a expliqué M. Couillard en soulignant que l'État n'avait pas l'intention d'être aussi sans pitié dans sa lutte contre la malbouffe qu'il l'a été

contre les produits du tabac"

Ouais, ben ça n’a pas fonctionné, cette éducation, comme vous le dites si bien. La preuve : y’a fallu interdire. Et encore. Si vous voulez que les gens arrêtent de consommer un produit X, faut arrêter de le leur vendre, point à la ligne. Je ne dis pas d’interdire la malbouffe. Je dis d’arrêter d’en vendre dans les écoles. C’est pas la place. Si on en vend dans les écoles, on envoie le message suivant aux jeunes : la malbouffe est une option de repas. Si on cesse d’en vendre à côté du brocoli dans les écoles, on envoie plutôt le message suivant : la malbouffe n’est pas un repas. Si vous en avez vraiment envie, allez en chercher ailleurs. Du coup, le burger ou le hotdog auront plus la valeur « d’exception » ou de « gâterie ». Et c’est vraiment ce qu’on veut faire comprendre aux jeunes : c’est correct de manger un Bigmac une fois de temps en temps, mais c’est pas correct d’en faire une habitude.

mercredi 9 août 2006

En stéréo

L'heure du dîner était pénible aujourd'hui. Je crois que je vais commencer à dîner à 13h, question d'éviter les conversations à sens unique d'une collègue sur l'heure du dîner.

J'ai beau essayer, j'suis pu capable. Pourtant, je suis patiente avec ce genre de personne, en général. Ce midi, je lui ai presque dit qu'elle n'était qu'une chialeuse et que si elle n'avait rien de bon à dire, elle était aussi bien de se la fermer. Celle qui me fatiguait avant n'est RIEN à comparer à elle. Même qu'elle s'est calmée, elle ne me dérange plus du tout pendant que je travaille (à condition que je ne me retourne pas lorsqu'elle passe). Mais l'autre... L'autre ne me dérange pas non plus quand je travaille. Mais j'suis pu capable sur l'heure du dîner. Vraiment pu capable.

C'est la négativité incarnée. Rien de moins. Je déteste ça. J'ai beau essayer de faire dévier la conversation vers quelque chose de plus agréable, de plus positif, elle trouve le moyen de saboter mes efforts. Je n'en peux plus. Je comprends que c'est difficile, les premiers temps, qu'on fait des contre-sens et des faux-sens parce qu'on connaît mal le domaine dans lequel on travaille. Mais je n'ai pas envie d'en entendre parler pendant qu'on mange. J'suis en pause. Je sais, elle est plus vieille que moi, elle croit donc avoir plus de vécu... *ahem*... zéro compatibilité. Elle n'a ni enfant, ni conjoint, ni charisme, ni loisirs... elle trippe sur son chat. Moi, parler de chat, c'est mignon pendant 2 minutes, ensuite... c'est plate. Je préfère parler des dernières trouvailles de mon fils, ou encore de mes activités de loisir, ou même de l'actualité ou de culture générale... sans nécessairement tout tourner au drame...

En général, quand je vois que j'ai zéro réaction quand je parle, je le prend comme un signe qu'il est temps de la fermer. Au pire, je blogue ce que je pense : je me serai exprimée et j'aurai écoeuré personne avec ça. Pourquoi est-ce qu'elle ne comprend pas? Ce midi, elle a fait fuir mes seuls espoirs de conversation intelligente. Si j'ai choisi de travailler dans un bureau, avec d'autres personnes, plutôt que dans ma maison, bien installée devant ma superbe vue panoramique sur les chevaux d'en face, c'est parce que je veux parler à des adultes.

Je disais tout à l'heure que mes piles sociales sont à plat.. Elles sont plus qu'à plat maintenant : même au bureau, c'est nul. Trop de gens en vacances, et trop de fatiguantes qui chassent les collègues intéressants. J'ai l'impression d'être un personnage du jeu "les Sims", qui doivent avoir un certain niveau d'interaction avec d'autres gens pour se sentir bien. J'peux faire avec le manque de sommeil, mais pas avec le manque d'interactions sociales.

Elle m'ÉNERVE!!!!!!!!!!!!!!!

À plat

J'ai les piles à plat.

Totalement.

Le dernier GN m'a complètement vidée. Méchante combinaison de facteurs : je courais chaque fois que je voyais un monstre (et y'en avait beaucoup), j'ai passé beaucoup de temps accroupie à préparer des potions ou à chercher des plantes (maudites framboises, le pire, c'est qu'il y en avait juste à côté de mon camp...), j'ai marché tout le terrain une bonne centaine de fois, et puis j'ai dû dormir un bon 7h... en tout... 4 h la première nuit et 3 la deuxième...

J'avais prévu le coup. J'avais le lundi de congé. Mais tout de même, on dirait que je récupère de moins en moins vite. Je vieillis, on dirait. Je n'ai plus un métabolisme de croissance... Je dois faire attention à ce que je mange pour ne pas prendre de poids (avant, ça se faisait tout seul... ok, je ne faisais pas attention et j'avais quelques livres en trop, mais tout de même, je restais dans mon poids santé assez facilement). Je n'avais pas un petit rayon de soleil qui venait me réveiller le matin. J'avais le temps de récupérer aussi... J'me sens vieille... Au moins, je ne suis plus du tout courbaturée (lundi, je croyais que mes cuisses me feraient mal pour le reste de ma vie...)

Mes piles se rechargent peu à peu... lentement, mais sûrement. J'en suis à ma troisième tasse de café, et il n'est pas encore 10h30.

L'aikido fait relâche pendant le mois d'août (avis aux intéressés : ça recommence en septembre). J'aurais cruellement besoin de cet exercice tant physique que psychologique... Mais bon, il fait très beau et très bon dehors, le temps idéal pour courir (ce que je ne manquerai pas de faire). C'est bizarre, quand on est fatigué, la dernière chose qu'on veut faire, c'est bouger. Étrangement, si on se lève du divan et qu'on bouge, on a plus d'énergie... Quelques kilomètres ce soir, ne feront pas de tort...

Mes piles sociales sont vides aussi. Dès que mes piles d'énergie seront revenues à leur niveau normal, je vais voir Bon Cop Bad Cop, et je sors...

mardi 8 août 2006

Bettraves

Nous recevons des bettraves dans notre panier bio. Je n'ai jamais cuisiné de bettraves, sauf pour un bortsch (prononcer borchtch), et celles qu'on achetait à l'épicerie venaient sans les feuilles...

Voilà que je navigue sur Internet pour trouver des trucs à faire avec les bettraves reçues. Je tombe sur le site de Châtelaine, qui dit que les feuilles se mangent aussi! Lavées, hachées et sautées dans du beurre à l'ail!

Avoir su, je n'aurais pas jeté mes feuilles au compost aussi vite pour que les bettraves prennent moins de place en attendant d'être mangées...

vendredi 4 août 2006

Météo

Fin de semaine grandeur-nature oblige, je suis rivée sur le site Web de Météomédia depuis la semaine dernière. Je sais, je ne devrais pas. La semaine dernière, j'aurais pu tout aussi bien ressortir mes cartes de Tarot (bien poussiéreuses, mais ça fait plus authentique comme ça), et j'aurais eu une réponse tout aussi claire et définitive...

Toujours est-il qu'avec le temps de chien qu'on a eu aux deux premiers GN, l'espoir est revenu au dernier, et que, peut-être par naïveté, je me suis dit que la météo pourrait être clémente avec nous... Alors j'ai regardé. Juste un peu. Puis, un peu plus. Puis, plus souvent...

Un jour, quelqu'un va devoir m'expliquer ce qu'est un ciel variable. Un jour, on va aussi devoir m'expliquer pourquoi on indique 40% de possibilités de précipitations, avec orages en PM, mais avec moins de 1mm de précipitations prévues dans les 24 heures... Je suis meilleure au Tarot qu'à la météo...

Si je me fie à ce que j'ai pu déchiffrer des prévisions, on va avoir un temps superbe à compter de ce soir (après quelques coups de tonnerre). Mais il va faire chaud et humide (yay : j'ai mon nez de latex et mon maquillage à l'huile... en plus des verres de contact jaunes, de la tiare et de tout le reste... au moins, j'ai eu le temps d'alléger le costume un peu.) Conclusion : trois bouteilles supplémentaires pour l'eau. Non, quatre. Juste pour être certaine...

Bonne fin de semaine!

mercredi 2 août 2006

Week-end

La France et leurs voisins francophones ont colonisé pas mal de pays sur tous les continents (je dois vérifier pour l'Océanie, mais bon, ils sont allés pas mal partout). Maintenant, le français se parle partout. La beauté de la chose, c'est qu'au fil du temps, il a pris une couleur bien locale, si bien qu'en écoutant des francophones de différents pays, on a l'impression d'écouter différentes musiques propres à la culture et à la réalité de l'endroit.

Les Canadiens francophones (oui, pas seulement les Québécois) ne font pas exception. Bien entendu, le français canadien n'est pas uniforme, et on distingue facilement à l'oreille une personne qui vient de l'Outaouais d'une personne qui vient de Québec ou du Saguenay, ou encore du Nouveau-Brunswick. Les oreilles plus attentives peuvent même reconnaître l'accent de Sherbrooke et celui de Montréal.

La France n'a pas gardé le Canada très longtemps. C'est vite l'Angleterre qui a pris la relève. Les colons anglais ont laissé aux colons français leur liberté de religion, se disant qu'ils seraient bien vite assimilés. Mais les colons français n'avaient pas dit leur dernier mot. Ils ont tenu bon (en grande partie grâce à leur religion et à leur Église), et ils ont continué à parler français.

C'était avant Internet.

Devant l'envahisseur, les colons français ont tout fait pour s'accrocher à leur identité, pour ne pas devenir des Anglais. Ils ont gardé leur religion, mais aussi leur langue, leur culture... Qui a évolué en vase clos pendant, quoi, 300 ans? Un petit village gaulois contre une mer d'Anglais. Notre potion magique? Mis à part notre tête dure, notre militantisme et le Bonhomme Carnaval, on a veillé sur notre langue comme sur une vache sacrée.

Sauf que tout évolue, même si on le protège. Contrairement à ce que certains Français aiment affirmer, nous ne parlons pas le même français qu'au 16e siècle. Nous parlons un français moderne, actuel, bien à nous. Et nous y tenons. Je ne parle pas du joual, ni de l'accent, je parle du français que nous parlons.

Où vient le week-end, là-dedans?

C'est que, voyez-vous, nous avons très peur de perdre notre identité (et ça se comprend). Comme notre langue fait partie de notre identité, nous la protégeons (et c'est bien ainsi). Nous faisons la guerre aux anglicismes. Une guerre qui n'est pas autant ressentie en Europe. Vous voyez où je veux en venir?

En Europe, on dit week-end. Au Canada, on dit fin de semaine. Qui a raison?

Bon, le premier sens que l'on donne au mot « anglicisme », ici, c'est une faute de langue commise à cause de l'anglais. On y accorde une importance telle (et à raison), qu'on a divisé les anglicismes en plusieurs catégories. Les orthographiques, les sémantiques, les syntaxiques, les typographiques, les faux-amis, les calques, les emprunts inutiles...

Oui, les emprunts inutiles. Comme dire « jack » pour « cric ».

Vous souriez, et vous dites « Ah, alors, week-end est un anglicisme, puisque c'est un emprunt inutile! Tout comme e-mail pour courriel! »

Pas si vite.

« Week-end », à la base, c'est un emprunt utile, ou nécessaire. Parce qu'il exprime une réalité qui n'existait pas en français. Durant la révolution industrielle, l'Angleterre a mis sur pied ce fameux concept, celui d'une pause pour les travailleurs. La France a adopté ce système plus tard. Le week-end ne représente pas vraiment la « fin de la semaine ». C'est plutôt un congé de deux jours, qui aurait pu être le mercredi et le mardi. De plus, pour nous, la semaine commence le dimanche! Jetez un oeil à votre calendrier le plus proche, je suis pas mal certaine que la première colonne indique « dimanche ». Jetez un oeil à un calendrier allemand ensuite. Il devrait commencer le lundi (je trouvais ça ben ben mêlant en Allemagne...). Revenons à nos moutons : week-end était un concept anglais, une réalité anglophone qui a été reprise par les Français et pour laquelle les Français n'avaient pas de mot. C'était donc un emprunt justifié. Pas une faute de langue.

« Oui mais, maintenant, on a un mot en français pour ça ». Oui. On dit « fin de semaine ». Mais jetez un oeil à la liste des catégories d'anglicismes (en passant, j'ai pris ceux qui font partie du tableau du Multidictionnaire, différents auteurs donnent différents noms aux catégories...). Il y a la notion de « calque ». En quelque sorte, fin de semaine est un calque de week-end, puisque week veut dire semaine et end veut dire fin. Si on dit que week-end est un anglicisme, il faut avouer que fin de semaine l'est aussi. Surtout que pour nous, la fin de semaine, c'est du samedi au dimanche, alors que notre semaine se termine le samedi et commence le dimanche.

Même chose pour e-mail (pour electronic mail), qui, à la base, est un concept anglo-américain. Nous, on dit « courriel » pour « courrier électronique », ce qui revient au même que fin de semaine pour week-end...

Cela dit, moi, je dis fin de semaine et courriel. En fait, le premier par habitude, le second par préférence personnelle. J'aime bien la vague québéco-informatique, où on utilise de jolies expressions francophones pour exprimer ces nouvelles réalités mondiales : courriel et pourriel, par exemple. Avouez que « courriel » est plus musical et plus joli que « imelle »...

mardi 1 août 2006

Blogue

À tous ceux qui croient qu'avoir un blogue, c'est poche, premièrement, qu'est-ce que vous faites ici?!? Deuxièmement, allez voir ce billet. La Taupe a toujours le mot juste pour exprimer ce genre de choses...