Le blogue d'ND

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jeudi 28 septembre 2006

"Hear no Evil, See no Evil"

Le CRTC blâme la SRC d'avoir diffusé les propos offensants du Doc Mailloux.

http://www.cyberpresse.ca/article/20060928/CPARTS/60928098/5032/CPACTUALITES

Ben oui. En empêchant les gens de dire des âneries à la télé (âneries qui pourraient donner lieu à une réaction d'information de la part des gens instruits qui expliqueraient pourquoi ce ne sont que des âneries), c'est certain que les gens vont arrêter de penser comme des épais...

mardi 26 septembre 2006

Magasinage

Hier, j'ai profité de l'heure du dîner pour "magasiner une machine à coudre" en ligne. La mienne fonctionne encore, mais elle commence à être plus que fatiguée, j’ai déjà fait réparer les disques de tension deux fois, la courroie une fois (et elle semble vouloir lâcher à nouveau…), et malgré les nettoyages et l’huile (pas trop fréquente pour ne pas la ralentir, mais quand même…), elle commence à avoir de la difficulté, de dois parfois la partir à la main en tournant le cadran… Elle me fait penser à un asthmatique : elle donne un bel effort quelques minutes, puis elle ralentit considérablement pour respirer quelques minutes, puis elle repart assez vite, puis elle retombe en crise d’asthme… je la soupçonne de vouloir me lâcher sous peu.

Chercher un de ces outils, c'est un peu comme chercher une voiture. En fait, c'est exactement comme ça. Et je déteste magasiner une voiture. Si on veut du neuf (et c’est ce que je veux), on doit aller chez le concessionnaire. Janome, Singer, Brother, Kenmore… elles ont toutes leurs dépositaires attitrés. Près de chez moi, il y a un comptoir Janome. C’est par là que j’ai commencé. Ensuite, sur Internet, je suis allée sur le site de Costco (Singer), Walmart (Brother) et Sears (Kenmore) pour voir ce qui est offert dans mon coin. Je n’achèterai pas ma machine chez Walmart, mais je voulais comparer les prix des Brothers aux autres (Walmart.ca indique des prix, pas les dépositaires officiels qui invitent à venir voir en magasin… sauf que quand le magasin est à 20 kilomètres de chez moi…). Finalement, Singer semble mieux dans les modèles abordables : plus d’accessoires (j’utilise les accessoires), un peu moins d’options mais une meilleure garantie. Seuls Janome et Kenmore semblent avoir des modèles (pas très intéressants, et de base seulement) que je peux intégrer dans mon meuble. Mais bon, tant pis, de toute façon, ma machine est toujours sortie, je l’utilise trop souvent pour la garder rangée dans le meuble…

Ah, et il ne faut pas oublier, tout comme pour les voiture, il faut voir ce qui se trouve sous le capot. Il faut aussi effectuer un essai routier. Une fois achetée, il faut en faire l’entretien assez souvent.

Comme je fais beaucoup de couture (tous les vêtements d’Estéban, mes vêtements, et quelques trucs pour Gaétan, en plus de nos costumes, de cadeaux, des draps, couvertures, rideaux, recouvrement de chaises…), je dois investir un peu plus dans la qualité : je ne veux pas le modèle de base. Mais bon, je ne veux pas payer une fortune non plus pour un truc informatisé que je n’utiliserai pas. Je veux un truc qui fait de belles boutonnières, qui rend la pose de fermetures-éclair facile et qui permet les points invisibles, droits et doubles… (juste là, j’ai besoin de 4 pieds différents! Mais j’en ai déjà avec mon ancienne machine, au moins, je sais les utiliser).

Pour l’instant, avec les descriptions Web, celles qui me tentent le plus sont les Singer… Le modèle 7442 (électronique) et 2639 (mécanique). Celle que j’ai en ce moment est aussi une Singer, et elle était bonne avant d’avoir un coup de vieux. Mais bon, j’irai fouiner davantage en fin de semaine, qui sait, peut-être adopterai-je un nouvel outil avant lundi?

jeudi 21 septembre 2006

Supermaman

Pas de nouvelles : belle grosse semaine.

Hier soir, alors qu'Estéban était dans son lit à m'appeler sous toutes sortes de prétextes parce qu'il ne voulait pas dormir et que Gaétan n'était pas encore revenu du travail, je me suis écrasée sur le sofa et j'ai regardé au tour de moi. Sourire satisfait.

Grosse semaine au travail. La saison des GN qui durent toute la fin de semaine est terminée pour moi, c'est le temps de retrousser mes manches et d'atteindre mes objectifs. Et d'après mon encadreure... c'est pour très bientôt. D'ici là, je mets les bouchées doubles, pas question de me relâcher. La vie professionnelle se concrétise, autant pour moi que pour Gaétan.

Côté argent, je n'ai que de bonnes nouvelles cette semaine. Deux chèques de rétroaction en moins d'une semaine. Ils sont déjà dépensés, mais bon, ça fait du bien de savoir que je vais payer moins d'intérêts que prévus sur ma carte de crédit les prochains mois! Hier, j'ai reçu une lettre de la banque qui tient notre hypothèque : on payait trop cher de taxes. À compter du premier décembre, je vais payer environ 90$ de moins par MOIS! Encore des intérêts de crédit de moins! En plus du prix de l'essence qui a descendu (j'ai beau être contre la baisse du prix de l'essence, ça fait du bien de payer un peu moins à la pompe une fois de temps en temps...). Si je croyais à l'astrologie, je suis certaine que le bélier ascendant cancer aurait les finances et le travail au beau fixe (même si bon, j'suis pas riche et j'suis pas cadre, j'suis quand même un peu moins tendue).

Côté maison, je me rends compte que je joue à la supermaman depuis mon retour de vacances. Je n'arrête pour m'écraser qu'une fois le petit au lit... et encore, pas longtemps. Planification des repas (utilisation de ma mijoteuse, mon chili était divin hier soir), jeux "éducatifs" avec Estéban (éducatif, c'est un mot que les parents utilisent pour se déculpabiliser... j'étais à faire des casse-tête et à enfoncer un bras dans le front de monsieur Patate au lieu de faire la vaisselle... mais c'est correct, parce que c'est "éducatif"!), préparation du lunch du lendemain, ramasse dans le salon, épingle le patron et découpe le tissu pour le costume d'Halloween d'Estéban, remplit le lave-vaisselle, séance de chamaillage sur le sofa, puis ce sont les dents. Ensuite, j'ai coupé les cheveux d'Estéban (erreur, j'aurais dû attendre... sont trop courts. Mais c'est tout doux... juste trop court...) ensuite c'est l'heure du dodo de monsieur (record : il n'a hurlé que quelques minutes, et il s'est vite mis au lit pour que je lui lise ses histoires habituelles).

C'est ensuite que je me suis écrasée sur le sofa, que j'ai allumé la télé, et que je me suis dit "ouais, c'est cool d'être une supermaman..." il reste encore de la vaisselle sur le comptoir, je n'ai pas rangé la base de la mijoteuse, le plancher réclamme l'aspirateur et la serpillère, et idéalement, je devrais aller vider la poubelle (que je vide de moins en moins souvent : tout se réutilise, se recycle ou se composte, ou presque!), ranger le laptop, faire une brassée de lavage... mais j'suis bien. Je ferai ça une autre fois. Parce que j'suis loin d'être une maman parfaite, et je n'aspire pas à le devenir. Je suis une supermaman, et ça me suffit.

mardi 19 septembre 2006

Deux heures du matin...

Gaétan : "Pourquoi t'as apporté le petit dans le lit?"

Andréanne : "Je pensais que c'était toi..."

Gaétan : "... il est venu tout seul?"

Andréanne : "on dirait bien! Mais là, il prend de la place! Il dort?"

Gaétan : "on dirait, oui... je vais aller le reporter dans son lit."

Ce matin, j'ai un côté qui me fait mal... Ça donne des coups de pied en dormant, ces p'tites bêtes! Il fait moins de la moitié de la taille de son père, mais il prend le double de la place!

Je sens que la journée va être loooooongue...

jeudi 14 septembre 2006

Violence

Je ne voulais pas en parler.

De la fusillade à Montréal.

Tout est dit sur Internet et à la télé déjà. Pas besoin d'en rajouter. C'est horrible, et je ne peux même pas commencer à imaginer comment les gens qui ont vécu ça, ou qui le vivent encore, peuvent se sentir.

Sauf que là, je dois me prononcer.

Je suis tannée qu'on dise que la violence augmente.

Vraiment écoeurée.

C'est vrai : on est tous des violents (sauf soi-même, bien entendu, pardessus le marché!). On veut tous prendre des armes et tuer tout le monde (sauf soi-même, encore une fois). Parce qu'un maniaque tue des innocents aux quinze ans, "le monde" devient de plus en plus violent.

Ouch.

La plupart des gens sont indignés. On parle du registre des armes à feu. On parle de l'escalade de la violence dans le monde...

Même si le monde n'est ni plus, ni moins sûr qu'avant. Il n'est ni plus, ni moins violent qu'avant. Tant qu'on sera des êtres humains, on sera capable de violence, de destruction et d'horreur.

Tant qu'on sera des êtres humains, on sera aussi capable d'altruisme, de bonté et de générosité.

Psy à coudre

Est-ce que j'ai déjà mentionné qu'au travail, je suis très organisée? Chaque fichier, chaque dossier, chaque texte, même chaque référence a sa place.

Mon espace-disque est géré de la même façon. Un répertoire pour l'année en cours (intitulé 2006), dans lequel il y a un répertoire pour chaque mois (numéro du mois-2006). Dans chaque répertoire mois, il y a un répertoire par numéro de demande. Si le client a fourni de la référence, ou s'il y a plusieurs fichiers dans la même demande, je crée un sous-répertoire pour la référence, un pour les versions anglaises et un autre pour les versions françaises. Besoin d'un texte livré il y a cinq mois? clique clique clique double-clique et c'est là.

Ce matin, j'entre un nouveau répertoire sous 09-2006 et ça m'a frappée. On est déjà en septembre! Bon, vous allez me dire qu'il commence à être temps que je m'en rende compte... Mais voilà :

Il ne reste que deux semaines avant le prochain GNH!!! Il ne reste qu'un mois et demi avant l'Halloween!!! Il reste à peine plus de 3 mois avant Noël!!!

En plus, très bientôt, Estéban sera mûr pour l'entraînement au petit pot. Il va avoir besoin de beaucoup de vêtements pour se changer après les accidents de parcours (n'allez surtout pas croire que je m'en plains, au contraire, je me cherche toujours des excuse pour lui faire d'autres vêtements!!!)

Ma machine à coudre est sur le bord du burn-out. Hier soir encore, elle protestait après le pyjama "cagnon" d'Estéban, et elle hésitait à entreprendre son pentalon-survêtement de nylon... La couturière est partie folle : elle a plein de projets en tête, elle en fait presque tous les soirs et elle n'est pas tannée...

Quelqu'un connait un bon psychiatre pour moulin à coudre?

mercredi 13 septembre 2006

Rater sa vie

Nathalie, une de mes copines traductrices, m'a fait découvrir ce petit bijou :



Comment rater complètement sa vie en onze leçons, de Dominique Noguez (ISBN 2743611588)

Je l'ai fait commander chez Archambault et je l'ai reçu hier. C'est excellent! Voici le résumé au dos du livre :

Les gens qui réussissent leur vie nous courent sur le haricot. Comme disait Léautaud, "quelquefois, ceux qui ratent la leur sont plus intéressants". Surtout s'ils savent la rater complètement. Cela demande du travail, de la persévérance, de l'entraînement.

D'où ce livre où, pour la première fois, est proposée une méthode rigoureuse : quarante-trois principes de base pour rater tout ce que l'on entreprend.

L'effort de théorisation philosophique y est utilement complété par des données mathématiques destinées à introduire l'exactitude scientifique dans ce qu'il faudra peut-être appeler la ratologie.

Suivent, en prime, quelques bons trucs ("comment être vraiment malheureux en amour", "entreprenez une psychanalyse", "devenez fumeur"), l'analyse du ratage dans quelques professions choisies et de nombreux exercices pratiques ("Comment rater une mayonnaise", "un attentat", "un cunnilingus", etc.).

Fouillées, claires et illustrées d'exemples, les rubriques de ce guide constituent un véritable jeu de l'oie de la vie ratée qui passionnera petits et grands.


Vous avouerez que c'est attirant... Pas encore convaincu? Voici donc un extrait des 43 principes de base :

Principe no 1 : Plaignez-vous tout le temps.

Plaignez-vous. Plaignez-vous de tout. Plaignez-vous tout le temps. Vous ferez ainsi d'une pierre deux coups : vous vous rendrez insupportable aux autres, même les mieux disposés à votre égard. Et vous alimenterez votre propre mal-être. Il y a dans la plainte permanente quelque chose de grisant, comme un mouvement qui se nourrit lui-même et s'emballe, une ivresse grandissante comparable à la transe des derviches tourneurs. C'est le petit vaudou quotidien de l'échec, la méthode Coué du malheur. Plaignez-vous pour le principe, avant même la moindre analyse de la situation, la plus mince comparaison, le plus petit calcul de probabilité. Oui, plaignez-vous sans raison - les raisons, vous les trouverez après.

mardi 12 septembre 2006

Vous n'êtes plus une juniore

Je suis petite. Je mesure 1 mètre 58 centimètres et je pèse un peu moins de 57 kilos. De plus, je ne fais pas mon âge. Comme tous les membres de ma famille, d'ailleurs. On est comme ça, chez nous, petits et jeunes. Si mes parents vous révèlent leur âge, vous ne les croirez pas. Vous leur donneriez au moins dix ans de moins. Sans blague.

Au dojo, je ressemble à une petite fille dans pyjama trop grand. Bon, l'uniforme n'est pas trop grand pour moi, c'est moi qui a de petits poignets et de petites chevilles (wah, je n'aurais jamais pu dire ça il y a deux ans!!!). Jusqu'à tout récemment aussi, j'étais la petite nouvelle. Petite et nouvelle. Comme au travail. J'ai longtemps été la petite nouvelle, même pour ceux qui sont arrivés après moi. Petite nouvelle dans ma tête à moi, en tout cas.

Hier, pendant la pratique d'aikido, le sempaï (assistant du senseï, du prof) m'a observé faire une mauvaise chute plaquée et est passé derrière moi pour me dire "Andréanne, vous n'êtes plus une junior. Faites une roulade avant. Tournez vos hanches et roulez. Ça ira mieux comme ça."

Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Loin de là. Oui, la technique est beaucoup plus facile avec une roulade avant pour esquiver la technique. Ça ne fait pas moins mal, mais c'est un peu plus naturel (et pour un observateur extérieur, c'est plus spectaculaire...). Ce qui m'a surtout frappée, ce sont les mots "vous n'êtes plus une junior". Bon, je ne suis pas une experte non plus. Mais quelque chose s'est mis en place.

J'aimais bien être la petite nouvelle. Vous savez, celle qui est perdue et qui a encore plus droit à l'erreur que les autres. On s'attend à ce qu'elle fasse des erreurs. C'est normal : elle est nouvelle. Peut-être que j'aime un peu trop ce rôle, et que c'est ce qui m'empêche de faire des roulades avant droites lors des roulades rencontrées, par exemple. Je suis nouvelle, j'ai droit à l'erreur, pourquoi me concentrer plus? Ces mots "vous n'êtes plus une juniore" ont vraiment remis quelque chose en place. Être nouveau, ça fait un temps. Ensuite, on continue d'apprendre, mais on a la responsabilité de maintenir la base forte. C'est peut-être ça : les nouveaux sont moins "responsables" de leurs gestes, parce qu'ils sont nouveaux, tout est excusable. Mais quand on n'est plus nouveau, on doit chercher à aller plus loin sans relâcher ce qu'on a appris déjà.

Ça a travaillé dans ma tête pendant la méditation à la fin du cours, puis tout le long du chemin au retour à la maison. Comme d'habitude, j'ai fais beaucoup de parallèles avec mon travail. J'en suis au même point au travail. J'aimais être la petite nouvelle, mais je ne suis plus la petite nouvelle. Ça paraît beaucoup dans mes textes. Dans les commentaires que je reçois sur ces textes. "Un charme." "Tu as très bien travaillé là-dessus!" "Ça se révise tout seul." "Je crois que la période d'autonomie que tu as dû vivre cet été t'a rendue meilleure. Tu étais sur la bonne voie déjà, mais là, c'est encore mieux."

Même si je suis petite, je suis devenue grande.

mercredi 6 septembre 2006

Encore de l'attitude

Sur le forum de WeightWatchers, comme partout où des gens qui travaillent à perdre du poids se rencontre, il n'est pas rare de voir quelqu'un demander des trucs pour se motiver. J'ai bien quelques trucs. Mais bon, avec le temps, je commence à croire que quand on en est à chercher la force nécessaire pour ne pas mettre la main dans le sac de chips ailleurs qu'en soi, on s'y prend à l'envers.

Le processus de perte de poids est relativement simple : il doit y avoir un déséquilibre entre les calories consommées et les calories dépensées. Donc, faut manger moins et bouger plus. On sait tous que pour le commun des mortels, c'est plus facile à dire qu'à faire. Et comme on est dans un monde où la facilité l'emporte souvent sur le bon sens, les rayons consacrés aux diètes miracles et à la psycho-pop alimentaire sont pleins à craquer. On veut perdre du poids, et le perdre vite pour retourner s'assoire le plus rapidement possible sur notre sofa.

Je radotte, mais bon... ça ne marche pas comme ça. On ne peut pas s'attendre à voir des années de mauvaises habitudes changer du jour au lendemain. Je me méfie de tout ce qui dit "Dans la phase 1, t'as une tonne de restrictions, mais ça revient à la normale à la phase 2". Gageons qu'une fois à la phase 2, tous les voeux pieux s'envoleront après des semaines ou des mois de privation.

Je me méfie aussi de l'attitude : je vais me priver un peu plus pour que ça aille plus vite. Peut-être que ça marche pour certains. Mais je parie que la plupart des gens qui ont cette attitude sont démoralisés à la première faiblesse et on tendance à tout abandonner. Ce n'est donc pas mieux.

Ce que ça prend, c'est une attitude saine. Avec une attitude saine, on aborde les habitudes saines avec une meilleure approche. C'est quoi une attitude saine? C'est complèxe et ça ne vient pas intuitivement. Ça m'a pris plusieurs mois, à moi, avant d'en adopter une...

Premièrement, il faut VRAIMENT réaliser que le poids, c'est un signe. Un symptôme. Une conséquence. On ne s'attaque pas à son poids. On s'attaque à ses habitudes. Le poids suivra. Ça, c'est la clé. Je maintiens mon poids depuis bientôt un an, sans trop d'efforts. Je ne suis plus jamais surprise du chiffre sur la balance : il ne change que lorsque je laisse tomber des habitudes. Dès que je reviens à mes habitudes saines, mon poids revient.

Deuxièmement, il faut prendre conscience de soi. Des habitudes qui nous nuisent. De la façon de les changer pour de bon. Dans mon cas, les repas déjà tout préparés, le "prêt-à-consommer" me faisait beaucoup de tort. Je cuisine plus. Le resto, c'est pour les occasions spéciales. Au travail, j'apporte mes lunchs, ou en dernier recours, des plats surgelés. Je préfère préparer des sandwichs au fromage grillé en quelques minute avec quelques feuilles de salade et des tranches de concombre pour souper plutôt que de commander de la pizza.

Troisièmement... faut éteindre la télé. Surtout si on a tendance à manger ses émotions...

Que faisiez vous, où étiez-vous, et blablabla

Bientôt le 11 septembre. Ça va être le 5e anniversaire des attentats. On parle encore des morts comme des héros (vous vous souvenez, on estimait d'abord le nombre de victimes à 20 000, et maintenant, c'est plus près de 3000)?

Toutes les émissions matinales, qu'elles soient télédiffusées ou radiodiffusées, en parlent déjà. La semaine dernière, c'était un an après Katrina, et cette semaine, c'est 5 ans après le 11 septembre.

C'est important de se souvenir. Oui, c'est très important.

Mais...

On dit que le "11 septembre" a "haussé l'état d'alerte des gens" et a contribué au "sentiment d'insécurité chez les Américains". Même si la majorité de ces mêmes américains ne se souviennent pas en quelle année a eu lieu le fameux "9-11".

Ouais... ben peut-être que cet état d'alerte était déjà en hausse... On en parlait bien avant 2001. On avait peur des terroristes bien avant qu'ils ne frappent ici (ouais, je dis ici, parce que si une bombe nucléaire tombe sur nos voisins, on va en pâtir, nous aussi). Les tours jumelles sont devenues un symbole...

Au matin du 11 septembre 2001 (un mardi), l'Alliance publique faisait la grève. Moi, j'étais entre deux stages (été à temps plein et automne à temps partiel... à la section des Transports du Bureau de la traduction!). J'avais mon premier cours de troisième année d'université assez tard. Je m'étais levée tôt, et je m'étais rendue au gym. Dès que je suis entrée au gym, le préposé du matin m'avait accueillie en me disant qu'un avion était tombé dans une des tours, à New-York. Je suis montée sur le tapis roulant, juste en face des écrans figés sur les postes de nouvelle, et j'ai commencé à jogger et j'ai vu le second avion s'écraser en direct. C'était irréel. J'ai cru à un montage télé... À la maison, mes colocs avaient déjà allumé à RDI. Pendant 3 jours, on a revu ces images en boucle dans l'espoir d'avoir d'autres informations. On a donné nos commentaires. Fait nos "analyses"... La semaine suivante, j'ai dit à ma mère "Dans quelques années, cinq ou dix, on en fera des films d'Hollywood". Elle ne m'a pas cru. Elle aurait dû!

Je ne croyais pas que ça avait changé ma vie. Ce n'est qu'hier matin que j'ai réalisé que ça avait tout changé. Le 12 ou le 13 septembre 2001, j'ai entendu Gilles Duceppe répéter ce que tous les gens de la gauche disaient : "il faut s'attaquer à la pauvreté". Et voilà. Lentement, je me suis rendue compte qu'on est responsables. On n'a pas causé les attaques terroristes. Mais on fait quand même partie du problème. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas "l'intention" de faire du mal qu'on n'en fait pas. On peut être ignorant et méchant à la fois. Le problème, ce ne sont pas les "Américains". Le problème, c'est la pauvreté, pauvreté à laquelle on contribue en pompant les ressources des autres et en leur donnant une poignée d'espoir en retour.

Très très très graduellement, j'ai changé mes habitudes. Je ne dis pas non à mon confort. Simplement, j'ai commencé à consommer de façon responsable. Oh, je ne suis pas parfaite, et je suis bien consciente que mes efforts ne changeront pas le monde. Mais bon, je m'informe, je m'organise pour que d'autres souffrent moins du fait que moi, je ne souffre pas. Je fais attention à ce que je mange, à ce que ma famille mange, pour ma santé et celle de ma famille (si je favorise des habitudes saines, ça ne garantit pas que je n'aurai jamais besoin d'un hôpital, mais au moins, je n'occasionnerai pas de frais de santé qui auraient pu être évités si j'avais fait plus attention à mon alimentation...). Je sais dans quelle condition sont faits les vêtements que je porte, ou que mon fils porte, parce que c'est moi qui les ai faits. Je mange bio et local quand je le peux (l'été, c'est plus souvent qu'autrement : je suis partenaire en ASC et j'ai un potager). Je vérifie les étiquettes.

Comme tout le monde, j'aime pouvoir payer moins pour en avoir plus. À la longue, je me suis rendue compte que je n'ai pas vraiment besoin de "plus". Je cherche les aubaines, mais pas à n'importe quel prix. C'est facile de se dire que c'est la faute aux autres. Ça nous permet de mieux dormir la nuit. Mais c'est bizarre, moi, je dors mieux depuis que je sais que les autres, c'est aussi moi. Et que moi, j'ai reçu un superbe don à ma naissance : celui du libre choix. Je choisis librement de ne pas utiliser de produits dommageables pour l'environnement. Ça n'empêchera pas l'usine voisine de polluer les lacs environnants. Je choisis librement de ne pas acheter de café qui n'est pas équitable. Ça n'empêche pas les multinationales de maintenir les producteurs de café dans la pauvreté en leur offrant une fraction de ce que devrait valoir leur labeur. Je choisis librement d'acheter mes légumes d'une ferme bio et locale l'été. Ça n'empêche pas les supermarchés d'importer d'autres pays des fruits et des légumes encroutés de pesticides.

Je ne suis pas David contre Goliath. Je suis plutôt une infime partie de Goliath. Un simple globule parcourant les veines du géant. Même si je n'ai pas de pouvoir sur les "grandes" décisions, j'ai quand même un rôle à jouer.

mardi 5 septembre 2006

Retour

Difficile de décrire le retour des vacances.

Ce matin, j'ai dû peser un peu trop sur le bouton de rappel... Difficile de sortir du lit. En vacances, c'était plus facile : Estéban se réveillait, m'appelait, puis venait me balancer ses couvertures et ses peluches pour finalement atterir sur moi et faire du cheval sur ma vessie.

Ce matin, c'était plus doux. Après avoir fait taire la radio une dizaine de fois, je l'ai éteinte, je me suis levée, j'ai fait ma toilette... En vacances, j'ai fait le grand ménage de la garde-robe. Tous mes vêtements étaient propres, bien rangés, faciles à choisir. J'ai changé de tenue deux ou trois fois, rangeant ce qui n'était pas sélectionné pour le lendemain. Je me suis préparé mon café pour la route, puis j'ai passé à l'opération Estéban. C'est la première fois depuis longtemps que je devais le réveiller. J'ai choisi ses vêtements, puis je me suis agenouillée près de lui, à côté de son lit. Il dormait si paisiblement! J'adore le regarder dormir. Il ne se passe pas une soirée sans que j'observe cette quiétude avant d'aller moi-même me coucher. Doucement, je lui ai enfilé ses bas. Puis, je l'ai pris dans mes bras. Il a commencé à jaser, pas tout à fait éveillé. Je l'ai déposé sur la table à langer, et il s'est étiré. Doucement, j'ai changé sa couche. Ça l'a réveillé, mais il ne pleurait pas : il me souriait, heureux de me voir. Je l'ai habillé, il m'a aidé. On est allé dire au-revoir à son père, puis on a descendu l'escalier, on a enfilé nos tenues d'extérieur (manteau, chapeau et souliers), j'ai pris mon café, mon déjeuner, mon diner, mon sac, mes clés et mon petit, et je suis partie pour la journée.

Au travail, on me demande si j'ai passé de belles vacances. J'apprends qu'on aura une réunion demain matin. J'en parlerais bien ici, mais je ne crois pas que j'en aie le droit. Surtout qu'on nous martèle que rien n'est officiel. De toute façon, ce n'est rien de passionnant. J'ai fini de lire mes courriels, j'ai discuté avec mon encadreure (elle aussi de retour de longues vacances), qui a pris le temps de passer en revue tout ce que j'ai livré. Encore là, pas de surprise : je suis sur la bonne voie mais pas tout à fait là. Rien d'étonnant, l'été a été dur : beaucoup d'amis en vacances, ou encore de passage dans la région pour l'été seulement, ou qui partent cet automne... Quand tout le monde (moi la première) a le coeur à la fête, il est difficile de trouver la concentration nécessaire au bureau. C'était pénible. Pas terrible, mais difficile.

Ces vacances m'ont aidé à faire la cission entre l'été et l'automne. Entre la routine et le reste. Je suis en mode travail maintenant, et ça me fait du bien. Ah, et vivement le début de l'aikido jeudi... Ça m'a terriblement manqué.

C'est un bon retour au travail. Comme ma garde-robe, ma tête est en ordre. Mes piles sont rechargées. Je me sens bien, et j'attaque ce nouveau quart d'année avec aplomb.