Le blogue d'ND

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lundi 27 novembre 2006

Douleur

Sur le tableau du dojo, il y a une citation de M. Kathleen Casey "La douleur est inévitable. Mais la souffrance est optionnelle".

Mes bras sont recouverts de bleus. J'ai encore les pouces endoloris. J'ai de la difficulté à tourner ma tête à cause d'une raideur à la base de la nuque. Ça, c'est en plus des courbatures dans les cuisses et du craquement occasionnel des articulations qui se replacent.

J’ai mal. Mais je ne souffre pas. En fait, je me sens plutôt bien!

Samedi soir, c'était ma première clinique (sic) d'aïkido. Quatre heures d’entraînement sous la direction de Patrick Augé Shinan. La salle de combat du Collège de l’Outaouais était bondée. Il y avait des gens de Gatineau, bien entendu, mais aussi d’Ottawa, de Montréal et de Granby. Des ceintures de toutes les couleurs y étaient. J’ai travaillé presque exclusivement avec des inconnus. Il fallait faire très attention de ne pas tomber sur les autres et de ne pas projeter n’importe où : l’espace était restreint. Belle atmosphère : respect, ouverture, concentration… Ça valait bien tous les inconforts temporaires.

La technique qu’on a pratiquée est extrêmement douloureuse lorsqu’on la subit. Si l’aïkidoka la maîtrise bien, on a l’impression que tous les os de l’avant-bras explosent en morceaux sur le coup. Mais la sensation disparaît vite une fois qu’on est projeté sur le sol. Si l’aïkidoka maîtrise mal cette technique, alors l’atterrissage fait mal (d’où la raideur dans mon cou). Heureusement, tout le monde est là pour apprendre et la plupart acceptent volontiers d’être corrigés : personne ne veut blesser qui que ce soit.

Le plus impressionnant, ça a été de pratiquer cette technique en randori, mais les yeux fermés. Tout à fait exceptionnel. Lorsqu’on perd les balises visuelles, on se sent tout de suite angoissé. Mais l’angoisse passe vite, on s’habitue à travailler sans les yeux. Et on apprécie plus la valeur de ses yeux dès qu’on les ouvre à nouveau.

Après l’entraînement, maître Augé Shinan nous a parlé de la résolution de problème. C’était fascinant. Il faut dire que c’est l’un des fondements de l’enseignement du Yoseikan (l’école d’aïkido qu’il perpétue par ses enseignements). Il faut être assez souple pour s’adapter aux problèmes, mais assez ferme pour appliquer les solutions efficacement. D’un point de vue technique, ça veut dire qu’on doit pouvoir adapter les techniques apprises à la situation. Par exemple, il faut s’adapter au gabarit du partenaire, à sa souplesse, mais aussi à la façon dont il attaque ou dont il contre la riposte. D’un point de vue plus idéologique, il s’agit de s’adapter aux situations difficiles de façon constructive. Pour ce faire, il est très important de ne pas jouer à la victime. Nous, et nous seuls, sommes maîtres de nos actes. Si on commet une erreur, il faut l’accepter et ne pas la justifier. Il faut la réparer. Il faut penser à ce qu’on doit faire, pas à ce qu’on n’aurait pas dû faire. C’est ça, la pensée constructive : voir ce qu’on doit faire, pas ce qu’on n’aurait pas dû faire.

Puis, dimanche matin, je me suis levée, bloquée, courbaturée, meurtrie. J’ai déjeuné, j’ai enfilé mon gi et je me suis rendue au dojo pour les examens de passage de grade. Autre expérience fascinante. Ça a duré trois heures, en tout. La pièce, beaucoup plus petite que la salle de combat du Cégep, était plus remplie que tout ce que j’aurais pu imaginer… En avant-midi, seules les ceintures blanches et jaunes passaient l’examen. Les ceintures plus avancées passaient en après-midi. Une ceinture brune a dirigé le réchauffement, puis on a fait la seiza (petite méditation et salutation avant la pratique). Nous avons ensuite été divisés en deux groupes : les ceintures jaunes d’un côté, et les blanches de l’autre. Quelques instructions supplémentaires. On nous appelle pour que nous nous placions en ordre. Je suis la sixième sur quoi… vingt? Cette idée, aussi, d’arriver tôt pour m’inscrire tôt… Nouvelles directives. J’ose poser une question. Puis, ça commence. Nous sommes tous à genoux, à observer les autres démontrer ce que nous devons nous même démontrer devant tout le monde. Une ronde de roulade arrière. J’observe attentivement les cinq personnes qui passent devant moi. Puis je démontre. Je n’oublie pas d’accrocher mes orteils, j’y vais doucement pour bien saisir le mouvement… mais je m’aide de ma main pour me relever… est-ce correct? Trop tard, c’est fait. Puis j’observe les autres passer après moi. Tiens, d’autres s’aident de leur main pour se relever… Ah, et quelques uns n’ont pas tout à fait saisi le mouvement. Par contre, certains sont tellement gracieux que je devrai m’inspirer d’eux les prochaines fois!

Puis, démonstration de la roulade avant. Pas génial, mon affaire. Mais je n’ai PAS oublié d’accrocher mes orteils, et mes mouvements étaient précis. Enfin, je crois! La prochaine fois, j’alternerai droite-gauche malgré la pression…

J’entends une petite voix tousser derrière moi pendant que j’observe les dernières roulades avant. C’est Estéban qui est entré tellement tranquillement avec Gaétan que je ne les ai même pas entendus! Je me retourne, et Gaétan chuchote « regardes, c’est maman! » Estéban chuchote à son tour « ‘é maman »…

Puis, nouvelles directives. Nous devons démontrer les Tae Sabaki (dégagements de mains), Ils nous jumellent avec des gens de différents dojos. Le jeune garçon avec lequel je suis jumelée fait à peu près ma taille et il est très attentif, il exécute les mouvements avec précision et je suis très contente. Je crois que j’ai bien fait aussi. Mais j’ai hâte d’avoir les commentaires des examinateurs…

Pause. Je montre Estéban à tous les gens de mon dojo. L’un d’eux m’annonce qu’il vient d’apprendre qu’il sera grand-père en juillet. Un autre dit que le petit a le sourire de sa mère…

Puis, je remets Estéban à Gaétan, qui sort pour aller chez « Gnon ». Nous, on se rassoit de nouveau pour la partie la plus difficile du test, à mon avis. Le randori. En groupe de quatre, nous avons démontré quatre techniques chacun, avec différentes saisies. J’ai dû recommencer l’une des techniques deux fois, complètement bloquée quant à comment je devais la commencer. Mais c’était très formateur.

Oui, formateur. Au Yoseikan, les examens sont un exercice de formation. On est examiné, jugé, évalué, mais on n’étudie pas expressément pour l’examen. Oh, bien entendu, on y est préparé, mais on y est préparé par l’enseignement normal des techniques. La couleur de la ceinture obtenue sert simplement à indiquer jusqu’où on peut aller compte tenu des compétences déjà acquises. Elle sert à indiquer ce qu’on est prêt à apprendre à ce moment-là. Et ce qu’on doit corriger pour atteindre un degré supérieur.

Je ne sais pas si j’ai passé. En fait, je ne le saurai que plus tard. Mais ce n’est pas grave. Malgré les bleus, malgré la raideur, malgré la fatigue, je sors grandie de ma fin de semaine. Et je le referais demain matin, si je le pouvais! Ok, peut-être pas demain… mais dans deux ou trois jours?

vendredi 24 novembre 2006

Obsession bidon

On ne le répétera pas assez souvent : la bouffe, ça sert à se nourrir. Pas à se cacher. Pas à se désennuyer. Pas à se récompenser. Pas à se punir. Ça sert JUSTE à se nourrir. C'est dur de s'entrer ça dans la tête. Parce que même si la bouffe sert d'alimentation, nos traditions ne sont pas du même avis. On célèbre des anniversaires avec du gâteau. On sert des sandiwchs aux enterrements. On prive les enfants de dessert s'ils ne se comportent pas bien. La nourriture devient un appât, une célébration, une punition, une récompense, un réconfort, une béquille...

Oh, et on ne veut pas gaspiller. Faut pas jeter la nourriture. Je suis bien d'accord. Mais alors, faut soit en faire moins, soit congeler les restes, composter ce qui se composte... Que ce soit perdu dans la poubelle ou perdu dans un estomac déjà trop rempli, y'a AUCUNE différence. Sauf que la poubelle, elle ne risque pas de faire de crise cardiaque au cours des dix prochaines années.

Et là, c'est le temps des fêtes qui arrive. Il y aura beaucoup de nourriture. De la bouffe qui nous rappelle de bons souvenirs. Des trucs gras, salés, sucrés... des chips sans gras trans à côté d'une trempette au fromage. Du Pepsi Diète, du vin, un apéritif, un digestif.

Tous les magazines dits "de femmes" donnent des trucs, des plans, des guides, des recettes, des étapes, des substituts, pour "survivre" au temps des fêtes.

Allo?

Non, mais on n'est pas bien! On obsède sur la bouffe. La bouffe qu'on a "le droit" de manger, celle qui nous est "interdite", celle qui nous permet de faire quelque chose parce qu'on n'a rien à dire, celle qu'on devra brûler au gym le lendemain, celle qu'on a mangée en trop, celle qui va nous faire exploser... Alors qu'on ne devrait PAS y penser. On a un estomac qui gérerait ça à notre place si on le laissait travailler comme du monde.

Faut prendre le temps de déposer ses ustensiles entre chaque bouchée. Faut prendre le temps d'écouter ce que les gens ont à dire au tour de la table. Faut prendre des nouvelles. Faut penser à ce que nos voisins de table racontent, pas à la tarte aux pommes de matante unetelle. Sauf si c'est pour la commenter, bien entendu. Faut passer par dessus la bouffe.

Pas capable de résister au sac de chips? Foutaises. Tout le monde est capable. Faut juste penser à autre chose qu'à soi-même et qu'à son rapport avec la bouffe.

Pendant le temps des fêtes, je mangerai à ma faim. Pas plus, pas moins. Je déposerai ma fourchette entre chaque bouchée et j'écouterai les gens parler. Je goûterai au sucre à la crème, à la tourtière, au gâteau, aux amuse-gueule si j'en ai envie. Je prendrai un apéritif et un digestif si j'en ai envie. Sinon, ben je n'en prendrai pas. Si je n'ai pas faim, je ne mangerai pas. C'est aussi simple que ça.

"Tu peux ben parler, t'es toute petite... tu sais pas c'est quoi, avoir un problème de poids." (ouais... on m'a dit ça hier soir...)

Oui, je peux bien parler. Oui, je suis toute petite. Oui, je suis en forme. Je dirais que je suis plutôt jolie aussi. Et oui, j'ai déjà été grosse. Je sais ce que c'est. Et j'ai tellement détesté ça qu'on ne m'y reprendra plus. Juré.

Aujourd'hui, ça fait deux ans que je suis entrée pour la première fois chez WeightWatchers. Aujourd'hui, ça fait un an, jour pour jour, que je suis membre à vie de WeightWatchers. Aujourd'hui, ça fait un an que je maintiens un indice de masse corporelle sain, soit de 23. Aujourd'hui, je suis pas mal fière de moi.

jeudi 23 novembre 2006

Passe-partout

Difficile de passer à côté du sujet, dernièrement, hein?

Comme la grande majorité des Québécois qui s'approchent rapidement de la trentaine, j'ai grandi avec Passe-Partout.

J'en garde un souvenir assez flou. Très flou, même. Comme d'à peu près toute mon enfance.

L'année dernière, pour Noël, Isabelle a donné le CD des 40 succès de Passe-Partout à Estéban. Il était un peu petit pour l'apprécier à ce moment-là. Mais Gaétan et moi, on a tripé. C'est étonnant : je garde un souvenir très flou des heures que j'ai passées devant la télé, mais il suffit d'une ou deux notes pour que je reconnaisse la chanson. Pire : je peux presque toutes les chanter, sans me tromper, à la première écoute. Je dis presque, parce que y'en a que j'aimais moins, alors je les ai enfouies plus profondément...

Cette année, Estéban est plus vieux. Il a deux ans et quart. Dans la voiture, il commence par demander les "Toutou", puis "Brrrra" (le titre qu'il donne à deux chansons de Shilvi). Ensuite, il me demande de changer de CD, il veut "Papatou". Il est très mignon à se dandiner dans son siège "Saute saute saute" ou à mimer le brossage de dents sur "Brosse brosse brosse". L'autre matin, il chantait du Passe-Partout, sans même en avoir écouté ce jour-là. Et moi, je ne peux m'empêcher de chanter avec lui. "Le morceau qui a l'air d'un nua-a-ge..."

Toutes ces discussions sur les guerres de génération, sur l'effet, dévastateur ou bénéfique, des émissions pour enfant, tout ça, je m'en fous un peu. Oui, c'est intéressant, d'un point de vue sociologique, mais bon, quand j'écoute les p'tites tounes, je me sens bien. Je souris. À défaut de me rappeler de bons moments, ou des événements marquants, ces mélodies font jaillir un sentiment. Une émotion. Un état d'esprit. Et ça, c'est cent fois mieux que tout ce qu'on entend sur ce que provoquent les émissions pour enfant.

Cornemuse et Caillou, c'est vraiment excellent. Mais moi, c'est Passe-Partout qui m'a marquée. Est-ce que je suis prise dans la vague nostalgique qui semble déferler sur "ma génération"? Peut-être. Mais qu'est-ce que ça peut faire aux autres si moi, j'aime ce petit rappel chargé d'émotions positives?

mercredi 15 novembre 2006

Torture

Un des moyens de torturer quelqu'un sans laisser de marque apparente, c'est de le priver de sommeil.

Et tous les parents confirmeront : après deux ou trois nuits blanches de suite, on est prêt à tout pour quelques heures de sommeil... J'avouerais des crimes que je n'ai jamais commis, juste pour pouvoir me reposer.

ZzzzzzZZzzzzzzzZZzzzzzzz

vendredi 10 novembre 2006

Accident

Quand j'étais petite, je m'amusais à me faire peur lorsqu'on passait sur le pont qui divise Buckingham. Qu'arriverait-il si on avait un accident? Si on tombait dans l'eau? Pourrait-on s'en sortir?

Lorsque je me suis levée, hier matin, je ne m'attendais pas à devoir passer Estéban par la fenêtre passager de la voiture, tombée sur le côté conducteur dans la boue, dans un fossé d'environ 5-6 pieds.

Pas de mal. Pas de blessure. Une raideur au cou parce que j'ai tenté, à tort, d'ouvrir la porte passager au lieu de simplement utiliser la fenêtre tout de suite, ou encore, comme me l'a fait remarquer Gaétan plus tard, le toit ouvrant. Tout le monde est correct. Estéban a eu très peur au début, mais il s'est vite calmé dans mes bras. Il a trouvé très drôle de dire à tout le monde que la voiture de maman était "tombée dans boue".

J'essaie encore de figurer ce qui s'est passé. Que j'aie baissé les yeux pour fermer le support à café à la demande répétitive d'Éstéban, ça, je comprends. Que j'aie dérapé, ça aussi, je comprends. C'est le 180 degrés que je m'explique mal. Le fait que les freins n'ont pas su fonctionner. Tout s'est passé au ralenti, pourtant... La chute, le balancement de la voiture sur le côté. Même les voisins n'ont rien entendu.

C'est impressionnant, de voir le dessous d'une voiture qui est tombée de cette façon. Les gens arrêtaient. M'aidaient. Ils étaient tellement gentils. J'ai refusé les offres d'être reconduite, mais j'ai accepté les cellulaires (le mien était à plat). Un appel à Gaétan. Une dame a appelé la police. J'ai appelé la remorqueuse. Un homme, qui avait un siège pour enfant dans la voiture, a fait demi-tour pour aider la circulation, en attendant le policier.

Ça aurait pu être pire. Bien pire. J'aurais pu frapper une voiture. Un autobus scolaire. Le poteau ou la grosse pierre, tout juste à côté de la voiture. Si j'avais fait un peu de vitesse, j'aurais pu faire des tonneaux. Je suis partie un peu plus tard que d'habitude de la maison, mais un peu plus tôt, à quelques pas de là, y'a une petite fille qui attend l'autobus le matin, d'habitude. J'aurais pu la frapper. Le siège d'Estéban aurait pu faire défaut. On aurait pu être très gravement blessés... ou pire... J'aurais pu être moins en forme et ne pas pouvoir me sortir de là.

On a été chanceux. Très chanceux.

mercredi 8 novembre 2006

Le mois des bonnes nouvelles!


1er novembre : je suis TR-02.

2 novembre : je prends connaissance du plan du bureau lorsque nous serons déménagés... je serai entourée de supercollèuges!

6 novembre : j'apprends que j'ai obtenu une place de stationnement au Crémazie (là où le bureau déménage).

6 novembre : mon sensé m'annonce que je suis sélectionnée pour le passage de grade, qui aura lieu le 26, à Gatineau!

7 novembre : les pubs du St-Hubert ont eu raison de nous : souper au St-Hub... et Estéban a été très très gentil! (même si on a noté le surplus de sucre...)

10 novembre : AGA de l'AJJRO : une responsabilité de moins! Je flaire aussi un superbe renouveau bien mérité au CA...

11 novembre : on célèbre entre filles! Encore mieux, je vient d'apprendre que deux superchicas qui ne pensaient pas pouvoir venir se sont libérées pour faire la fête! Yay!

13 novembre : congé au bureau, mais pas congé à la garderie ni au travail de Gaétan... ça sent la journée pyjama!!!

18 novembre : en avant-midi, j'ai un brunch trimestriel avec les copines rencontrées sur le forum de WeightWatchers, j'ai bien hâte de les revoir!

25-26 novembre : stage et passage de grade en aïkido! On verra si je mérite une ceinture jaune!

29 novembre : troisième paye du mois! be-bye, carte de crédit!

1er décembre : 100$ prélevés en moins dans mon compte - on payait trop de taxes!!!

mercredi 1 novembre 2006

Première journée!

C'est ma première journée à titre de TR-02!!!