Le blogue d'ND

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vendredi 29 décembre 2006

PVVJA

C'est demain. Le Party de la Veille de la Veille du Jour de l'An.

Qu'est-ce que c'est?

C'est un monstre. Oui, on a créé un monstre. Un vrai.

Ça devient lentement une tradition chez nous. Ça a commencé en 2003, alors que Gaétan et moi vivions avec Isabelle, dans un petit jumelé à trois chambres, affectueusement baptisé "Semi-Demi", à Hull. On voulait faire un party entre amis pendant le temps des fêtes. Impossible de trouver une date qui convienne à tous. Impossible? Non. C'est mal nous connaître...

En fait, on s'est rendu compte que le 30 décembre, c'est la date idéale pour faire une activité entre amis. Le réveillon de Noël, Noël, le réveillon du Jour de l'An, le Jour de l'An, c'est pour la famille. Mais le 30... c'est généralement libre. Même que ce n'est pas férié et que si ça tombe un mercredi ou un jeudi, y'a pas de Nez-Rouge qui passe.

Alors, on a convenu d'inviter tous nos amis communs. Tous. Même ceux avec lesquels je m'entendais moins bien. C'est le temps de fêter, pas de bouder.

On a organisé un potluck, un échange de cadeaux (à la demande générale). Hugo a offert d'apporter son bar (un gros coffre rempli de toutes sortes de boissons par sa gang). Il demande 1,50 par consommation, peu importe la recette, question de pouvoir renouveler son stock. Succès.

Il y avait du monde partout. Absolument partout. Une bonne cinquantaine de gens, dans le salon, la cuisine, les escaliers, le corridor en haut, la toute petite salle de bain, ou encore à fumer sur le balcon...

Le lendemain matin, on a servi à déjeuner pour ceux qui sont restés. La plupart ont aidé à ranger (mais les fêtards étaient très respectueux, rien de cassé!)

On m'en a reparlé toute l'année. L'année suivante, on a ajouté la machine karaoké. Il y avait encore plus de monde (et l'endroit ne s'était pas agrandi!!!).

C'est devenu une tradition maintenant. L'an dernier, je n'avais pas trop envie de faire le PVVJA, mais Gaétan a insisté (comme la plupart de mes amis aussi...), alors on l'a fait. C'était l'fun!

Cette année, le premier qui m'a parlé de l'édition 2006 l'a fait en août (bonjour, Ti-Pat!). Et puis ça a déboulé. Selon mon petit calcul rapide pas scientifique du tout, environ 40 personnes ont confirmé y être... et d'expérience, il faut toujours ajouter environ 25 % à cause de ceux qui ne confirment pas, mais qui se pointent quand même!

Donc, demain, mes parents gardent Estéban. Ses jouets iront dans notre chambre. Nous déplacerons les divans pour créer plus de place, nous brancherons la machine karaoké, et le ménage sera fait. Party toute la nuit.

On encourage les fêtards à rester dormir chez nous. Chaque année. Pas question que les gens repartent saouls. Au pire, il y a Nez Rouge. On offre toujours le déjeuner le lendemain matin : oeufs, bacon, saucisses, jambon, fruits frais, rôties, etc. Une nouveauté cette année : expresso aussi! Ça nous fait des esclaves pour ranger, faire la vaisselle et puis pour rire des anecdotes de la veille.

Ow... grosse fin de semaine en perspective!

Les hauts et les bas des vêtements de maternité

J'avais congé le 26. J'en ai profité pour ressortir mes vêtements de maternité, pour les essayer, et pour rigoler.

Ouais, parce que j'avais pour près de 1000$ de vêtements de maternité. Beaucoup de superbes morceaux. Des chemises pour travailler, des pantalons, des shorts (j'ai accouché en juillet), des pulls, des jupes, des t-shirts… Là-dessus, il n’y a que deux chandails et un short qui me font. Le reste est trop grand. Parce que je pèse environ 30 lbs. de moins qu’au début de ma première grossesse. Je flotte dans tout. Absolument tout. Ouais, je vais grossir, mais pas assez pour remplir tous ces beaux vêtements. Impossible. Je peux rétrécir quelques morceaux… mais certains sont tellement grands que ça dénaturerait le vêtement. Vous connaissez quelqu’un à qui ça ferait?

Je suis à environ 7 semaines d’aménorrhée (5 semaines de grossesse réelle), et j’ai déjà l’air enceinte. C’en est presque effrayant, la plupart des gens de mon entourage ont déjà prononcé le mot « jumeaux ». Mes hanches ont déjà élargi : je marche comme une femme enceinte si je ne fais pas attention à ma posture, et puis un seul de mes jeans me fait encore. Mon ventre est déjà rond. Mes soutien-gorge ne me font plus du tout, j’ai pris au moins une taille de bonnet. Mais j’ai à peine pris deux livres. Génétiquement parlant, je ne suis pas du tout prédisposée à une grossesse gémellaire : il n’y en a pas dans ma famille, je ne suis pas de descendance africaine et je suis petite/courte. Il faut se rendre à l’évidence, à moins d’un hasard extrême, c’est simplement que mon utérus sait déjà ce qu’il a à faire, et mon corps est en mode production de bébé.

J’ai ressorti mes patrons de vêtement de maternité. Je n’avais que du Simplicity et du Vogue. Première constatation : les photos sur les patrons ne sont pas très nettes. Oui, elles sont nettes, mais c’est le choix de tissu utilisé (sombre, ou avec de petits motifs répétés) qui fait qu’on voit mal les coutures. On voit comment ça tombe sur le modèle, mais, même si on a un poids santé, on ressemble rarement aux modèles. Deuxième constatation : la plupart des patrons sont presque identiques. Il n’y a pas vraiment de variété. De plus, Vogue classe les vêtements de maternité dans la catégorie des pyjamas, tout comme Butterick et McCall’s. Simplicity a sa catégorie, mais elle est très mince.

J’ai fait un saut au Fabricville mercredi soir (pour autre chose), et je me suis arrêtée devant les livres de patrons. J’ai constaté que les patrons de maternité de Simplicity, de Vogue, de McCalls et de Butterick n’ont pas vraiment évolué… Puis, j’ai consulté les patrons Burda. Wow. Première différence : pas de tissus foncés ou agressants qui empêchent de voir la coupe. Belle originalité aussi, dans les patrons. Belle sélection : plus jeune, moins vieux-jeu que les autres. Les patrons ressemblent plus à ce qu’on retrouve en magasin. J’en ai acheté une demi-douzaine. Deuxième différence : chez Burda, les patrons de maternité sont classés avec les patrons « taille plus ». Pourtant, il existe des différences fondamentales entre un vêtement de maternité et un vêtement « taille plus », notamment, les proportions de celles qui vont porter le vêtement.

J’ai terminé un chandail hier soir… petite déception : même si j’ai pris une taille de moins que ce que les mesures m’indiquaient (je commence à savoir qu’ils surestiment les tailles) le chandail est encore trop grand. Au moins, la prochaine fois, je saurai que je dois faire du 4 tailles plus petit… Mais ce n’est pas perdu, au moins, je sais à quoi m’en tenir maintenant!

vendredi 22 décembre 2006

Perles

Une perle, dans le jargon de la communication, c'est une erreur grossière, absurde et ridicule (définition d'Antidote). Ce qui est bien avec les perles, c'est que la plupart sont très marrantes, puisque l'erreur fait en sorte que la phrase a un sens complètement différent. Voici des perles de la police belge, que j'ai tirées de ce site : http://www.dhnet.be/dhinfos/article.phtml?id=158093

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mardi 19 décembre 2006

Dans jeune, il y a jeu

On m’a souvent demandé pourquoi je voulais des enfants si jeune, si tôt. À ça, je réponds que j’ai accouché d’Estéban à 26 ans. Et que ça fait plus de deux ans de ça. Je n’ai rien d’une fille-mère! Ça en surprend pas mal. On dirait que je suis plus jeune. Je suis toute petite, je mesure à peine 1m58 et je pèse moins de 57 kilos. Je souris beaucoup, naturellement, facilement. Même si je suis chialeuse, je crois à la bonté des gens, à la beauté des choses. Et puis, j’ai de nombreux intérêts dignes des meilleurs « vieux-ados », les jeux de rôles, les jeux de table, les jeux tout court… Je crois qu’il ne faut jamais arrêter de jouer. Par jouer, j’entends jouer, pas gagner. C’est sûr que gagner, c’est l’fun, mais l’important, c’est le jeu comme tel, pas son issue. Jouer, c’est une façon de se détendre, mais aussi d’apprendre, de changer de contexte pour remettre ses pensées en ordre, de réveiller certaines parties du cerveau qui ne demandent qu’à nous aider.

La fillette en moi, celle qui s’émerveille devant tout, ne s’est jamais vraiment endormie. Je ne l’ai pas perdue. Je ne l’ai pas oubliée. Oui, j’ai des responsabilités. Oui, le bien-être de mon fils passe avant le mien. Oui, j’ai une hypothèque à payer. La fillette en moi prend moins de place. Et c’est normal. Mais elle est toujours active et me permet de voir le bon côté des choses, même quand l’hypothèque passe une journée avant la paye dans mon compte, même quand mes mecs sont grippés.

Avez-vous déjà remarqué les yeux des gens qui sont fascinés par un intérêt particulier? Même si on se fout de ce qu’ils racontent, leurs yeux brillent, s’élargissent, ils sourient naturellement. Demandez à un rôliste de vous parler de son personnage préféré. Demandez à un fan de Days of Wonder de vous décrire le dernier coup qu’il a fait à Mémoire 44. Demandez à un collectionneur de vous parler de sa dernière acquisition. Demandez à un joueur de soccer de vous conter sa dernière partie. L’enfant se réveille tout de suite. Et il est heureux qu’on le reconnaisse, qu’on lui laisse sa place.

Nous vivons à un rythme effréné. Un adulte doit rester un adulte : il a de lourdes responsabilités dont il doit absolument s’acquitter. Mais il doit aussi trouver un certain équilibre pour ne pas perdre le nord. Et c’est le gamin ou la fillette en soi qui nous permet de le faire.

lundi 18 décembre 2006

Sisco avant Janeway

Dans son billet de ce matin, sur son blogue de Cyberpresse, Richard Hétu rapporte que les Américains seraient plus portés à élire un noir avant une femme. Je déteste les sondages, j'ai en horreur les démarches boiteuses, les affirmations mal appuyées, les manipulations de chiffres... mais celui-là m'a fait sourire.

C'est que j'ai tout de suite pensé à StarTrek. Vous n'avez pas besoin d'être trekkie pour faire le lien entre ce sondage et la série culte. Les producteurs ont jugé bon de mettre un capitaine (homme) noir à la tête de Deep Space Nine avant de mettre un capitaine femme à la tête de Voyager. Bon, Sisco (DS9) n'était pas vraiment capitaine au début, il était commandant, il a obtenu le grade plus tard, mais reste que c'est lui qui menait la station spatiale.

Intéressant parallèle, non?

vendredi 15 décembre 2006

Simplicité difficile

Bien manger, c’est difficile. C’est simple, mais c’est difficile. Il y a les contraintes liées à notre mode de vie, à notre budget, à ce que nous ignorons. Et ça, c’est sans compter tous les messages contradictoires qu’on reçoit à la télé, à la radio, sur Internet, dans les journaux, dans les revues, dans les conversations avec nos pairs, avec nos proches…

Et c’est quand on a le plus besoin de bien se nourrir que les obstacles à la bonne alimentation se multiplient, n’est-ce pas? Quand on a un surplus de poids, c’est plus dur. On a besoin de plus de nourriture, d’une part, mais pas trop. On doit gérer la pression sociale (à un point où on a peur de manger en public).

La grossesse est un autre point critique. Tout ce que je mange, et tout ce que je ne mange pas, aura des conséquence sur le bébé, d’abord, puis sur mon corps. Parce que si fœtus se sert en premier, maman aura de sévères carences si elle ne fait pas attention. Et puis le cachet multivitaminé n’a rien d’une panacée : leurs vitamines et minéraux ne sont pas aussi bien absorbés que ceux qui sont présents dans la nourriture, la vraie.

Comment s’y retrouver? La dernière fois, j’ai pris plus de 50 livres. Je mangeais à peu-près. Du bacon, surtout. Ah, et des frites. En général, je mangeais assez bien… mais en PLUS de bien manger, je mangeais trop et souvent trop vite. Je l’ai dit, c’est quand on a le plus besoin de bien manger que c’est le plus dur. Le pire ennemi, c’est la fatigue. Si j’ai le choix entre dormir deux heures et souper, je choisis le sommeil sans hésiter. Je me réveille affamée et je dévalise le réfrigérateur…

Cette fois, par contre, j’ai plus d’outils de mon côté. J’ai un plan. Je ne veux pas taxer mon corps comme je l’ai fait la dernière fois. C’est mauvais pour ma santé. Je veux voir mes petits-enfants. Je maintiens un poids santé et d’excellentes habitudes depuis plus d’un an : je n’ai pas d’excuse. Je sais ce que je dois faire, il ne me reste plus qu’à le faire!

Pour commencer, je cible l’essentiel : les nutriments et l’apport énergétique.

En principe, c’est simple. Mais en pratique, c’est difficile. Oui, difficile. Mais pas impossible. Au contraire.

On a besoin d’énergie pour tout faire. On en a davantage besoin quand on est enceinte (environ 150 calories de plus par jour au premier trimestre (l’équivalent d’un verre de lait de plus, je crois?), et 350 pendant les autres (des céréales dans le lait)). Les sources varient sur ces chiffres, par contre. Et beaucoup de facteurs vont modifier le calcul (nombre de fœtus dans l’utérus, activité de la mère… car elle bouge moins puisqu’elle est plus fatiguée, etc.). C’est important, par contre, de réaliser que plus, c’est pas « beaucoup plus ». Une demi-poitrine de poulet, sans peau, par jour. C’est juste ça que ça prend au début.

L’idée, c’est de pouvoir se fier à sa faim. Mais ça aussi, c’est truqué. Truqué parce qu’on a des dégoûts, des nausées, des rages… Parce qu’on a moins de place dans l’estomac, mais qu’il se vide plus vite… Mais il y a de l’espoir! Et cet espoir est directement lié aux nutriments nécessaires.

Il est recommandé de manger une variété de différents produits. Grossesse ou pas. Pendant la grossesse, c’est d’autant plus nécessaire. De plus, ça prend au moins une portion de produits laitiers et de bonnes huiles de plus par jour. Un peu plus de céréales aussi, et pas mal de vitamines et minéraux (fruits et légumes, qui apportent aussi des fibres pour combattre la constipation).

Donc, chaque jour, je mange AU MOINS trois légumes, deux fruits, deux huiles santé (d’olive, de lin, de canola…) et trois produits laitiers. Ce que je trouve le plus difficile, ce sont les légumes, surtout en hiver… En fait, ce sont quelques règles de base de WeightWatchers que j'ai adaptées. Je ne compte pas les points. Mais je suis le reste.

Quand j’ai faim, je me questionne à savoir si j’ai mangé assez de légumes, de fruits ou de produits laitiers. Si oui, je me permets pas mal n’importe quoi. Mais d’habitude, c’est non. Alors je prends la portion qui me manque AVANT de prendre autre chose. J’ai faim pour des chips? Ok. Mais avant, je bois ce grand verre de lait ou trois quarts de tasse de yogourt. Je mangerais une rôtie avec beaucoup de beurre? Pas de problème, mais avant, je dois manger une pomme, ou encore un poivron. Si j’ai encore faim après, on verra!

Le principe, c’est que je dois avoir tous mes nutriments par des sources saines. Prévoir des repas de poisson (sans panure…), de poulet, de tofu, des omelettes, avec des légumes (et oui, je compte la patate comme un légume). Avoir plusieurs légumes différents dans une même journée. Prendre du yogourt ou des fruits comme dessert, avant le gâteau ou le biscuit. Manger pâtes aux grains entiers. Utiliser une vinaigrette à base de vinaigre et d’huile d’olive. Bref, se concentrer sur ce qu’on DOIT manger avant de penser à ce qu’on ne devrait pas manger. Ensuite, on fera ce qu’on veut… s’il reste de la place! Parce qu’après tout ça, ce n’est pas garanti qu’il en reste.

Quoi? Un exemple? Voici mon menu d’aujourd’hui…

Déjeuner : une tasse de fraises (cueillies nous-mêmes cet été) décongelées dans une tasse de yogourt faible en gras et un quart de tasse de müseli (ajouté à la dernière minute). --> en plus d'être excellent pour la santé, c'est VRAIMENT bon!!! Collation 1 : un poivron vert, coupé en lanières, avec un quart de tasse de baba ganouj que j’ai fait moi-même (purée d’aubergine et de pois chiches avec de l’huile d’olive et de l’ail). Collation 2 : clémentine Dîner : ragoût de bœuf maigre et de légumes (qui a mijoté cette nuit), un petit concombre et une pomme. Collation 3 : clémentine Collation 4 : verre de lait Souper : cette recette de pâtes sautées aux épinards et au féta. Dessert mystère (pas besoin d’être bon pour la santé!) Collation : un verre de kéfir à la fraise.

Total : 3 fruits (je ne compte la clémentine qu’une fois, puisque ça en prend deux pour faire une portion), 4 légumes, 3 produits laitiers (le kéfir, c’est du lait fermenté), 2 huiles (pâtes et baba ganouj).

J’ai aussi remplacé mon café-réconfort de l’après-midi par un décaféiné. Mais le matin, je reste à la caféine… tant que je le peux encore!

Ça fonctionne très bien jusqu’à maintenant. On verra s’il s’agit de vœux pieux.

jeudi 14 décembre 2006

Quelques nouvelles...

Comme vous l'avez sans nul doute déjà vu sur le plus beau blogue du monde, je suis enceinte. C'est tout récent!

La vie n'a rien de juste. Certains essaient, en vain, d'avoir des enfants pendant des années et ne réussissent pas. D'autres oublient une pilule, une fois, et parlent "d'accident" au lieu de parler de "grossesse". Des centaines de femmes se font avorter, alors que des centaines d'autres brûlent des lampions dans l'espoir de concevoir.

Quand on a voulu faire Estéban, ça a fonctionné tout de suite. On a arrêté tous les contraceptifs, et un mois plus tard, il y avait deux petites barres sur le bâtonnet.

Cette fois-ci, même chose. J'ai fait enlever mon stérilet Mirena (avec une hormone... je me disais que l'hormone resterait dans mon utérus, et que ça prendrait plus de temps pour concevoir) le 8 novembre. On a eu un mois d'enfer en plus, avec l'accident, Estéban qui tombe malade et qui refile ses virus à ses parents, et puis qui est en plein dans sa crise d'affirmation, au grand dam de ses éducatrices... Tout de même, le 9 décembre au matin, il y avait un petit + sur le bâtonnet. On espère que c'est un bon +, bien entendu.

Mais je dois avouer que dès le 22 novembre, je savais que j'étais enceinte. Enfin, je n'osais pas trop y croire, mais les symptômes étaient déjà tous là. Crampes, poitrine sensible, fatigue, gonflements... et tout allait en crescendo, jour après jour. C'était trop tôt pour un résultat positif, par contre. Je le sais parce que si Gaétan ne m'en avait pas empêchée, j'aurais fait un test par jour. À ce point-là.

Parlant de signes et de symptômes, voici ce dont on ne parle presque pas dans les livres.

Le symptôme le plus connu de la grossesse, c'est la nausée. Mais il faut savoir qu'elle n'est pas automatique. En fait, enceinte d'Estéban, je n'ai régurgité que deux fois, je crois. J'ai eu une "semaine verte", sans plus. Je dois aussi dire qu'Estéban était idéal dès sa conception : j'ai eu une superbe grossesse, j'ai passé toutes les étapes comme dans les livres, et j'ai même accouché à ma date prévue. Mais je m'éloigne. Les vomissements ne sont pas le lot de toutes. Tout comme l'arrêt des vomissements. Certaines sont malades tout au long de la grossesse. D'autres pas du tout. Comme j'ai dit, la vie n'est pas juste. Elle est juste là.

On parle des goûts qui changent. Des goûts bizarres. En fait, c'est un peu plus complexe que ça. La plupart des femmes enceintes ne diront pas qu'elles ont des "goûts". Elles parleront plutôt de "dégoûts". C'est ma deuxième grossesse, et c'est aussi la deuxième fois que ce qui est trop sucré me dégoûte. Moi qui ai toujours eu la dent TRÈS sucrée! Je boufferais du salé pour déjeuner. Des frites du McDo, pour être précise. Pas parce que c'est un goût bizarre. Mais parce que je sens que ça me ferait du bien. Mais bon, une rôtie au beurre d'arachide sans sucre ajouté, c'est ben correct aussi!

Certains savent aussi que les femmes enceintes sont plus fatiguées. Ce n'est pas tout à fait ça. En fait, les femmes enceintes ne pensent qu'à dormir. C'est effrayant. Même après une nuit de douze heures, même si on se tient en forme, on manque d'énergie. On m'a dit que c'est parce que le corps demande plus d'énergie pour produire le petit, qu'il doit produire plus de sang, et que la majorité du fer s'en va au foetus, causant un peu d'anémie. Je ne sais pas si c'est vrai, mais ce qui est vraiment vrai, c'est que les piles se vident très rapidement. Ça se replace quelque part au deuxième trimestre, mais bon, ça ne reviendra vraiment que lorsque ma p'tite crevette commencera à faire ses nuits...

Ce qui est moins connu maintenant : les douleurs aux seins. Ce n'est pas mêlant, j'ai envie de brûler tous mes soutiens-gorge à compter de 14 h tous les jours. Mais pas question de me promener sans soutien, ça fait trop mal. Avis aux gars qui pensent pouvoir profiter de l'augmentation mammaire temporaire de leur blonde : oubliez ça. Enfin, si votre blonde est comme moi. Oui, les seins prennent du volume. Mais ça fait mal. Même la deuxième fois. Et une fois que le petit est là? Pendant l'allaitement? Oh, non, ça ne fait plus mal. Mais ça coule. Tout seul. Alors à moins d'aimer ce genre de fuites, les seins ne redeviendront pour des coussins ou des jouets que lorsqu'ils auront repris leur taille normale. Désolée.

Les crampes dans l'abdomen : Yay, on ne sera pas menstruée pendant 9 mois. Mais on aura quand même les crampes. Normal, l'utérus doit gonfler, faire une place pour le foetus et pour le placenta. Même si c'est la deuxième fois. Je me disais qu'Estéban avait déjà aménagé l'endroit, que ce devrait être moins pire cette fois... mais non. Nouveau bébé ne trouve pas l'endroit à son goût, déplace les meubles qu'avait placés son grand frère. C'est très tolérable, par contre. À condition de ne pas porter un jean trop serré.

Le gonflement et la rétention d'eau : Je sais, pour le deuxième, le ventre paraît plus vite. Je sens déjà l'utérus gonflé. J'ai beaucoup d'eau qui est retenue dans mon ventre. J'ai l'impression de redevenir grosse, même si la balance m'indique le contraire. Mes vêtements ne me font déjà plus aussi bien (remarquez, ils me font toujours, mais je n'aurais pas pu cacher la grossesse plus d'un autre mois, je crois...) Pour Estéban, j'avais déjà un surplus de poids avant d'être enceinte. Et puis je mangeais relativement bien... mais pas toujours... Au cours du premier trimestre, j'avais déjà pris trop de poids. À la fin de la grossesse, j'avais pris plus de 50 livres. J'étais énorme... Cette fois, je m'y prends autrement. J'écrirai probablement un billet là-dessus, après trois ou quatre siestes...

Le chialage : Oui. On est plus chialeuses, selon le caractère. Mais c'est normal. Je refuse de croire que c'est lié aux hormones (les hormones ne parlent pas à ma place - j'assume mes paroles et présente des excuses lorsqu'elles dépassent ma pensée). Mais imaginez une personne fatiguée, qui a des nausées, que toute la bonne bouffe écoeure, qui se sent lourde, lente, qui a des crampes, qui a mal aux seins, qui a peur de son pantalon préféré. Dites-lui qu'elle n'a pas le droit de consommer d'alcool, qu'elle doit réduire sa consommation de café, qu'elle doit éviter de manger du bon fromage au lait cru et des sushis. Grossesse ou pas, dites-lui d'arrêter de chialer, juste pour voir.

L'émerveillement : Avoir la vie de quelqu'un d'autre en soi, que ce soit la première ou la dixième fois, c'est merveilleux. Ça n'a rien de confortable, rien d'avantageux physiquement. En fait, à part limiter les risques de cancer du sein si on allaite assez longtemps, la grossesse ne présente pas beaucoup d'avantages physiques pour les futures mères. En fait, les mères en sortent salement amochées. Mais ce n'est pas grave. On voudrait pouvoir sentir les petits pieds nous botter le nombril toute notre vie. La perspective d'un nouvel enfant surpasse tous les désagréments qu'occasionne une grossesse. Pour l'instant, ce n'est qu'un motton de cellules. Mais je l'aime déjà.

vendredi 8 décembre 2006

Tatouages infectieux

Je crois que c'était en novembre 2005 que le gouvernement du Canada annonçait un projet pilote de 700 000 $ pour ouvrir des salons de tatouage sécuritaires dans les pénitenciers du pays. Pour 5$, les détenus pouvaient se faire tatouer en prison. Cette mesure avait été prise dans la foulée des projets visant à faire diminuer le risque de contagion au VIH et à l’hépatite C dans les pénitenciers canadiens, puisque c’est là que la proportion de personnes infectées et la plus forte au pays.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette mesure n’était pas en place pour faire plaisir aux détenus. Elle l'était pour protéger la société. Parce que la majorité des détenus ressortent, soit en liberté sous condition, soit à la fin de leur peine. Et ils ont des familles. Des amis. Des gens avec qui ils partagent leur lit, ou leurs aiguilles.

Au début de la semaine, Stephen Harper annonçait que son gouvernement minoritaire coupait les vivres à ce programme de salon de tatouage. Je le comprends un peu : il veut avoir la population de son côté. Parce que 700 000 $ pour tatouer des détenus, ça ressemble (à toute première vue) à du gaspillage de fonds publics. En plus, selon « une étude » (dont il n’a pas voulu indiquer les sources, et encore moins la méthodologie), cette mesure serait inefficace. Ça sonne encore mieux auprès de la population qui ira aux urnes un de ces jours. On ajoute à ça la phrase clé « ces fonds doivent servir à des mesures qui protégeront la société », et on aura son siège encore quatre ans.

Mais ce n’est pas si simple.

Premièrement, regardons le mode de contagion des virus qui nous intéressent ici, soient le VIH et l’hépatite C.

VIH La semaine dernière, on a répété que les gens étaient mal informés sur le VIH. Peut-être. Mais reste que lorsque je traduis des textes sur la question, je n’ai jamais de nouvelle information : tout m’avait été expliqué clairement en biologie de secondaire 3 et dans mes cours de formation personnelle et sociale, obligatoires au secondaire. C’est une maladie transmissible par les liquides corporels, dont le sang et le sperme. On peut donc contracter le virus au cours d’une relation sexuelle, mais aussi en utilisant une aiguille souillée pour s’injecter de la drogue ou de l’encre à tatouage. Le virus ne peut survivre très longtemps hors d’un hôte, si ma mémoire est bonne. Le diagnostic prend aussi du temps : même si on teste juste après l’infection, on ne trouvera rien. Ça prend au moins six semaines avant d’obtenir un résultat concluant.

Hépatite C Beaucoup moins bien connue ici, mais beaucoup plus dangereuse, à mon avis. L’hépatite C est un virus qu’on ne peut synthétiser : pas de vaccin, et son diagnostic est particulièrement difficile à poser. Il existe un vaccin pour l’hépatite A et l’hépatite B, mais pas pour la C. L’hépatite C est mortelle : elle bousille le foie. Tout comme dans le cas du VIH, l’hépatite C se transmet par les liquides corporels, mais contrairement au VIH, le virus peut survivre jusqu’à NEUF MOIS hors d’un hôte. Une petite micro tache de sang séché sur le bout d’une aiguille de tatouage peut infecter une personne, même si l’aiguille n’a pas été utilisée depuis neuf mois. L’hépatite C a aussi une longue période sans symptômes : ça peut durer des années.

Voici donc la question à 700 000 $ : comment diable peut-on savoir, en moins d’un an, que le tatouage sécuritaire instauré dans les prisons est inefficace?

Premièrement, pour que la méthodologie soit efficace, il faudrait que TOUS les patients atteints soient diagnostiqués. Ce qui n’est pas le cas. Il faudrait aussi que tous les malades sachent COMMENT ils ont été infectés, ce qui est loin d’être facile, étant donnée la multiplicité des comportements à risques des détenus. On peut aussi y aller avec de la statistique : prendre le nombre de patients qui ont été infectés avant l’instauration de la mesure, par rapport à la proportion qui ont été infectés après… Ah, c’est vrai… on n’a pas de données claires à ce sujet. Y’a un gros roulement de délinquants : entrées et sorties en liberté sous condition, nouvelles condamnations, expiration des mandats, transfèrements… On a de la difficulté à faire suivre leurs effets personnels, comment peut-on aussi suivre la progression de virus? Pour que cette « étude » qu’a citée notre premier ministre soit fiable, elle aurait coûté beaucoup plus, à elle seule, que 700 000 $, elle aurait porté sur un projet qui n’a duré qu’un an, et elle aurait été qualifiée elle-même de gaspillage.

Deuxièmement, cette mesure ne visait pas vraiment les détenus. Elle visait la protection de la population. Les détenus sortiront, un jour. Et ils propageront ce qu’ils ont attrapé en dedans. Vous allez dire : ouais, ok, y’ont qu’à ne pas se tatouer en dedans. Pas si simple. Pour « faire partie de la gang » ou pour « tuer l’ennui », les détenus se tatoueront, qu’ils en aient le droit ou pas. C’est comme la drogue : s’ils en veulent, ils en prendront, même s’ils n’en ont pas le droit. Et après, ils iront coucher avec leur femme lors des visites familiales privées. Si, par une pratique de tatouage sécuritaire, on peut éviter qu’une seule personne soit infectée à l’hépatite C, ce n’est pas seulement la vie d’une personne qu’on sauve. C’est possiblement celle de dizaines de personnes.

Troisièmement, je trouve que 700 000 $ (même pas un million!), c’est vraiment pas beaucoup. Combien ça coûte à l’état, une personne qui a le sida? Une personne qui ne peut travailler/payer d’impôts, qui doit absorber des médicaments aux frais de l’État, et ça, c’est sans compter les difficultés familiales, les séances de psychiatrie… C’est aussi ce que ça coûte pour emprisonner trois ou quatre femmes dans un pénitencier, pendant un an. Ou douze hommes pendant un an. Ah, et la vie d’une personne, mettons, de la femme d’un détenu, ça vaut combien?

La plupart des payeurs de taxes ne se sentent pas concernés par les mesures qu’on prend pour aider les délinquants. Ils sont fâchés qu’on prenne « leur » argent pour régler les problèmes « des autres ». Il faut faire attention à cette attitude, qui est négative pour tous. Il faut aller plus loin que la première impression. Il faut essayer de mettre la colère de côté pour comprendre les vrais enjeux. Je crois que le gouvernement a fait une sale erreur en éliminant ce programme aussi vite avec des arguments aussi creux.

jeudi 7 décembre 2006

Coups durs

Heureusement que les coups durs existent. Ils nous montrent à nous relever. Il nous permettent d'apprécier le reste.

Mais là, ce serait l'fun qu'ils me laissent souffler un peu...

Disons simplement que la vie de parent, c'est merveilleux. Mais ce n'est pas de tout repos. C'est dur, dernièrement.

Premièrement, ce n'est pas de tout repos au bureau. On a déménagé. À mon avis, on est mieux ici. J'ai même pu prendre des covoitureurs. Mais le travail ne ralentit pas.

Deuxièmement, Estéban a deux ans. Depuis juillet. Il a toujours été un enfant docile, charmant, mignon, bref, le chouchou de beaucoup de gens. Mais il s'est habitué à l'attention. Maintenant qu'il a deux ans, il n'hésite pas à se transformer en véritable petit Mister Hyde pour avoir de l'attention, même si cette attention est négative. Il hurle quand on l'amène à la garderie, puis il ne veut plus partir de la garderie. Il hurle pour ne pas manger, puis il crie pour qu'on ne lui retire pas son assiette. Il hurle pour ne pas se coucher alors qu'il a demandé lui-même à aller au lit. Il crie, pleure, rue... Mais quand il est content, c'est le même chouchou qu'avant. Il parle beaucoup, il s'exprime bien, il est souriant, aimable, serviable... En somme, il subit le "terrible two" comme le disent si bien nos voisins. Il apprend à s'affirmer. Mais la gardienne s'inquiète. Je dois prendre mon après-midi en congé d'obligation familiale (la 3e fois en autant de semaines) pour régler ça avec elle.

Troisièmement, il y a le mélange des virus (tant pour Estéban que pour Gaétan et moi), la fatigue, le manque de soleil... Estéban vient de terminer ses antibiotiques. Moi, je prends un truc qui goûte très mauvais pour la toux (efficace, mais mauvais... quoique je dors tout de même très mal). Gaétan doit renouveller ses pompes d'athsme...

Quatrièmement, samedi, Estéban a eu ses premiers points de suture. Accident de glissade lors de la première neige. Front ouvert. Beaucoup de sang. Hôpital. Cinq points. Lui, il s'en remet merveilleusement. Moi, ça me perturbe toujours. On fait enlever les points ce soir. *gloups*.

Cinquièmement, ma voiture n'est toujours pas prête. J'aime bien conduire une manuelle, mais je me sentirai mieux lorsque j'aurai une voiture équipée de pneus d'hiver...

MAIS c'est bien que ça arrive maintenant. Parce que j'apprécie encore plus ce qui va bien!

Regain d'inspiration créatrice. J'ai plusieurs robes en tête, et j'ai bien hâte de leur donner forme.

On passera un samedi en famille, probablement à monter le sapin de Noël, à décorer la maison et à se faire des chatouilles, entre deux quintes de toux. Dimanche aussi : c'est le Brunch du Maire à Val-des-Monts, puis ensuite, Estéban rencontre le Père-Noël (il ne fait que parler de "ponowell" depuis des jours).

Ah, et puis j'ai beau chialer contre le terrible deux : le vocabulaire d'Estéban n'a jamais progressé aussi vite. Il demande la toilette au moins une fois par jour maintenant (il l'a même demandée 2 fois pour des selles!!!). Ça devient de plus en plus intéressant de jouer avec lui : il réfléchit, planifie, imagine, raconte, anticipe, cache, cherche, trouve, adapte, écoute... Même s'il a une tête dure, il sait ce qu'il veut, mais par dessus tout, il sait comment le dire. Juste ça, c'est vraiment trippant.