Le blogue d'ND

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samedi 27 janvier 2007

C'est comme ça.

Il y a des trucs qui sont plus facile à dire si on se borne aux détails. Alors, les détails, les voici.

Jeudi soir, à 16h, je m'installe, vessie pleine, dans la petite salle d'échographie du 4, Taschereau pour ce qu'ils appellent un "dating", c'est-à-dire pour savoir où j'en suis rendue dans le début de grossesse. J'évalue que je suis à 10 ou 12 semaines.

La technicienne a du mal à voir... c'est trop petit pour 12 semaines. Trop petit pour 10... En fait, le foetus a 8semaines et 4 jours. Je le vois. Je souris. Mais la technicienne, elle, ne sourit pas.

"À ce stade, on devrait voir le coeur battre. On devrait aussi l'entendre. Et il devrait y avoir de la couleur..."

Je ne comprends pas. Pourtant, il y a bien un foetus là. Je le vois. Je peux discerner la tête, le dos..

"Il n'y a pas de bonne façon d'annoncer ça.. Il a arrêté de croître à 8 semaines... je suis tellement désolée..."

Voilà. Je voulais qu'elle revérifie. Qu'elle appuie plus fort. Quoi? Peut-être qu'en pesant plus fort, elle verrait mieux? Peut-être que ça raviverait le minuscule coeur?

Puis, les larmes sont venues. Gaétan me serrait la main. Estéban demande où est le bébé. Je m'entends répondre qu'il n'y a plus de bébé...

La technicienne me remet un rapport préliminaire à remettre à mon médecin. Comme il voit les gens sans rendez-vous le jeudi soir, on s'enligne pour la clinique. Mais avant, comme mon cellulaire a rendu l'âme, on passe par mon bureau, qui est juste à côté. Je m'arrange avec les texes que je dois remettre... on en reporte certains.. mes collègues sont à terre. Comme moi. Elles me serrent fort dans leurs bras. J'ai vraiment de bonnes collègues. Gaétan appelle ma mère. Je suis incapable de parler de ça sans m'étrangler. Maman prendra Estéban pour la nuit. Elle viendra le chercher pendant qu'on attend à la clinique.

À la clinique, on n'attend qu'environ une heure. Tout le long, je me demande pourquoi je n'ai pas eu d'autres signes. Pourquoi je n'ai pas saigné. Pourquoi le foetus, bien que mort depuis une ou deux semaines, reste accroché. Mon corps avait remarqué qu'il ne grossissait plus... j'avais plus d'énergie. Je ne m'endormais plus partout. Je croyais que c'était normal... que c'était une phase... non. C'était parce que bébé ne mangeait plus.

Le médecin m'a donné deux options. Soit on attend que la nature suive son cours, soit on l'aide à accélérer le processus. J'opte pour la deuxième option. On m'avertit. "Tu passeras deux très très mauvais jours. Prends des Gravol pour les maux de coeur. Si tu saignes trop, n'hésites pas à aller à l'urgence"...

Il était 19h. On avait faim. Gaétan et moi sommes allés au resto. Fuck la vaisselle. On a assez de problèmes comme ça.

On arrive à la maison un peu avant 21h. Gaétan part un feu dans le foyer. J'appelle mon père pour donner des nouvelles. Encore une fois, c'est difficile de parler sans m'étrangler.

Puis, j'ai pris les comprimés. De petites crampes ont commencé, pas longtemps après. Mais c'est le lendemain que ça a sorti...

Je ne me sens pas coupable. Mais je suis vraiment, vraiment très triste. Déçue.

Ce n'est pas notre faute. Ce n'est la faute de personne. On se reprendra dans deux mois, c'est tout. Mais en attendant, je vis un deuil pour un être que je n'ai même pas rencontré. Un être que j'aimais déjà, même s'il n'était pas destiné à vivre.

Les gens sont tellement fins... mes collègues m'ont envoyé de superbes fleurs avec un petit mot "nous pensons à toi". Mes parents ont pris soin de mon fils pendant que je passais les pires moments.

Moi, j'ai fait beaucoup de ménage. Mes comptoirs sont propres. Ma cuisine, ma salle à manger, mon salon.. j'ai même fait un pyjama pour Estéban. Merci, Isabelle, de nous avoir prêté la première saison de Grey's Anatomy, je l'ai dévorée et ça a fait du bien.

Hier soir, c'est d'épuisement que je me suis endormie. Une minute, je faisais du ménage, l'autre, j'étais incapable d'ouvrir l'oeil.

C'est poche de faire partie des statistiques, comme ils disent. Faire une fausse-couche, c'est relativement banal. Mais c'est tellement plus que ça. C'est perdre beaucoup d'espoirs. C'est très dur. Je ne souhaite ça à personne, même si je sais que nous sommes des milliers à vivre ça. C'est quelque chose qu'on ne peut pas comprendre, tant qu'on ne le vit pas. Oh, bien entendu, on peut l'imaginer. Je l'avais déjà imaginé. Mais de là à le vivre, il y a tout un monde de différence.

La vie n'est pas juste. La vie, est juste là. C'est comme ça.

jeudi 25 janvier 2007

Inspiration

Ce n'est pas une pub pour WeightWatcher's. Je suis déjà convertie, et puis il est possible de prendre sa santé en main de toutes sortes de façons différentes. Pour moi, c'était WW. Pour d'autres, c'est Santé Canada. La méthode en soi n'est pas importante. C'est la santé qui l'est.

C'est en lisant des histoires comme celle-là qu'on a des poussées d'énergie...

Les fameux fauteuils de cinéma trop étroits... Les vêtements qu'on voudrait acheter en cachette... Les sourires que l'on force... L'incompréhension dans le regard des autres...

... Et la détermination de devenir soi-même.

Admirable.

Utopie

J'écoutais Tout le monde en parle dimanche, à moitié endormie sur le sofa, et je me suis mise à rêvasser.

Stephen Harper veut faire du Canada une superpuissante énergétique... ça va être désastreux pour l'environnement... on va produire 5 fois plus de pétrole sale...

Et l'imagination s'est mise à fonctionner.

Et si?

Et si le Canada honorait son entente avec les États-Unis, mais adoptait une politique intérieure différente? On taxe les compagnies qui polluent dans le nord de l'Alberta, pour financer un mégaprojet de superpuissance énergétique...

Et si, au Canada, demain matin, on investissait un ou deux milliards, pas dans l'environnement, mais dans le remplacement de toutes les voitures au Canada. Première année : un demi-milliard pour concevoir une voiture électrique (si la rumeur est fondée, les plans sont déjà là, quelque part). La deuxième, un milliard pour modifier les stations à essence en stations à électricité. La troisième, on interdit la vente des voitures qui roulent seulement à l'essence et on offre aux consommateurs de remplacer à peu de frais leurs moteurs pour des moteurs hybrides ou électriques. La quatrième, la voiture électrique ou encore la voiture à l'hydrogène est prête. On en subventionne la vente pour qu'elles coûtent moins cher mais qu'elles soient aussi performantes que les voitures hybrides. Quelques années plus tard, on bannit les voitures qui fonctionnent à l'essence... et les infrastructures sont en place (parce que, ne l'oublions pas, on en a fait une priorité).

Ensuite, on exporte 100% du pétrole produit... On crée une dépendance chez nos voisins du sud... alors on nationalise. Vous ne voulez pas acheter de notre pétrole nationalisé? Fine. On n'a qu'à ne plus en produire, parce que de toute façon, nous, on n'en a plus besoin. Au fait, on a des plans pour des voitures qui consomment de l'électricité nationalisée... ou de l'hydrogène... ou de la bouse de vache folle d'Alberta... vous les voulez?

Je sais, je sais, y'a plein de problèmes qui seraient causés par une telle politique, et que ça relève carrément de l'utopie... mais tout de même, j'aimerais bien voir la face du (ou de la) président(e) américain(e) se faire dire qu'on nationalise notre pétrole, mais qu'on offre aussi de l'électricité et des plans pour rouler selon nos normes...

On a bien le droit de rêver un peu...

mardi 23 janvier 2007

Solidarité régionale

Je suis tombée sur ce reportage de l'émission l'Épicerie, sur Radio Canada, il y a deux semaines. J'ai été fascinée. Les AmiEs de la Terre est un regroupement en Estrie. Un peu loin de chez moi, même par Internet. Comment faire, alors, pour avoir quelque chose de semblable dans ma région? Je me suis alors rendue sur le site Web de l'organisation. Je leur ai posé la question. Voici leur réponse, que j'ai reçue hier. (P.S. allez lire l'article du reportage avant de lire la suite...)

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vendredi 19 janvier 2007

Où sont les femmes?

J'attendais patiemment mon tour chez les doc hier soir, en lisant l'édition "Mother and Baby" de "Fit Pregnancy".

Je suis tombée sur un tout petit article qui disait que dans les films pour enfant, il y a trois personnages masculins pour un personnage féminin. Rien que ça. On aurait visionné 101 films pour enfants, et c'est la constatation qu'on en a tiré.

Au départ, je me suis dit "ben voyons! dans les films pour les filles, y'a autant de filles que de gars..." Mais après y avoir réfléchi, j'aurais tendance à donner raison à l'article. Prenez un dessin animé pour enfant au hasard. N'importe lequel. Tiens, on va prendre les Citées d'Or... Du côté des filles, on a Zia. Du côté des gars, y'a Esteban, Tao, Mendosa, Pedro, Sancho, etc. Bon, vous allez dire que c'est représentatif d'une époque?

Ok. On y va pour le récent. Over the Hedge (Nos voisins les hommes). Du côté filles, on a la moufette, la maman porc-épique et la jeune opossum, puis la méchante humaine. Du côté gars? Le raton-laveur, la tortue, le papa porc-épique et ses trois fils, l'écureuil, le papa opossum, l'ours, le chasseur de bibittes...

Bon, ok, on va prendre un film pour les filles... La Petite Sirène de Walt Disney, tiens... Parmi les personnages principaux, il y a, du côté fille, Ariel et la méchante sorcière. On voit un peu les soeurs d'Ariel. Du côté gars, y'a l'écrevisse, le poisson de compagnie, le roi-père, le prince, le valet du prince, le cuisinier...

Et je ne parle même pas de Cars, y'a des dizaines de voitures mâles qui ont plus de trois lignes de texte, mais juste trois voitures femelles.

Je suis certaine que les concepteurs et les scénaristes ne le font pas exprès. Quand on écrit, quand on crée un personnage, on ne se dit pas "tiens, je vais faire 20 personnages masculins et 7 personnages féminins". Non. On y va à l'instinct. "Je verrais le personnage principal comme un coureur automobile... forcément, on va penser à un homme. On pensera aussi à l'italien qui vend des pneus, pas à l'italienne.

Même si les femmes forment 50% de la population, elles sont encore sous-représentées dans les films pour enfants (et pour adultes aussi, à mon avis...quoi que cette fois, je n'ai pas les données concrètes). Pourquoi? Est-ce que c'est parce qu'il y a moins d'archétypes féminins?

L'article dans la revue se termine sur une belle note, par contre. On dit qu'un simple commentaire désapprobateur des parents de l'enfant sur le contenu de l'émission a pour effet de contrer l'influence négative et sexiste de la télé. Comme quoi, les enfants nous font confiance, à nous, les vraies personnes.

jeudi 18 janvier 2007

Soirée de jeux

Dernier billet aujourd'hui... Promis.

Qui est pour une soirée de jeux? On est dûs, là.

Et on vient de me proposer Battlelore version Overlord... Rien que ça! Mais faut être au moins huit...

Sur deux personnes, pour l'instant, c'est le 26 (un vendredi) vers 21h (après une réunion à l'AJJRO et après que j'aie couché Estéban), chez moi (pour pouvoir coucher Estéban sans trop de problèmes...)

Des intéressés?

Entre deux relectures...

On m'a refilé ce questionnaire... Je dirai pas ça vient de qui, mais vous vous reconnaissez...

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Paniers bios

L'an dernier, Gaétan et moi avons participé à l'initiative des Partenaires en agriculture soutenue par la collectivité. J'en ai d'abord parlé dans ce billet.

C'était bien. Des pour et des contres. On a appris a cuisiner de la bettrave, du kale, du celleri-rave, plusieurs types de courge, de l'ail (eh oui! on en met partout maitnenant!). Estéban et Gaétan ont mangé des carottes (je n'en achète pas parce que je suis allergique).

Pour des légumes bios, c'est pas cher. À condition de ne pas sauter une semaine. Les légumes (et même certains fruits! On a eu des pommes!) sont frais. Ils sont locaux aussi.

Les moins : on ne choisit pas nécessairement ce qui se trouve dans notre panier (certains permettent des substitutions...), et on doit se déplacer à date fixe et à endroit fixe pour aller chercher le panier. On doit aussi fournir nos sacs.

Cette année, je m'y prends plus tôt. Allez voir sur le site d'Equiterre, ou encore informez-vous auprès de gens qui ont fait affaire avec des agriculteurs de votre région. Je regarde auprès des fermes qui affichent complet aussi... au cas où une place se libérerait (question de diversité).

La ferme avec laquelle j'avais fait affaire n'offrait qu'une taille de panier (ou encore un panier double). D'autres offrent différentes tailles. Certains ont même des points de vente à la ferme même.

Je dirais que ça vaut vraiment la peine. Allez-y, ça vaut la peine!

mercredi 17 janvier 2007

Le sac de Jack Bauer

La chaîne Fox pose cette question-sondage à ses auditeurs cette semaine :

"What does Jack Bauer need in his "pack"? Cell phone charger, GPS navigation, Map of Los Angeles, Bullets."

(Traduction : De quoi Jack Bauer a-t-il besoin dans son sac? Un chargeur pour son cellulaire, un système GPS, une carte de Los Angeles ou des munitions?")

La réponse est simple à mon avis. Aucune de ces réponses.

Jack peut TOUT faire avec son cellulaire. C'est un GPS, une carte et au pire, il peut l'utiliser pour faire exploser des bombes. Et le chargeur? Nah, on s'en fout, tant que la pile puisse durer 24h ou tant qu'il puisse en voler un dans la voiture d'un terroriste quand ça lui adonne...

Blague à part, je suis complètement accroc... Tellement que j'ai rêvé de l'explosion nucléaire...

Ça prouve ci, ça prouve ça...

Moins ving-huit degrés celcius enregistrés à l'aéroport de Gatineau ce matin. Moins vingt-quatre à Ottawa. C'est en dessous des moyennes saisonnières. Bien en dessous.

En entendant ça ce matin, je n'ai pu réprimer un sourire.

Il y a deux semaines, on criait au réchauffement climatique et on disait que "la vague de chaleur" et que "l'absence de neige" en était "la preuve", ou, du moins, un "signe indubitable."

La preuve qu'on doit voir la chose dans son ensemble. Une vague de froid, alors, ça prouve que "la preuve" était fausse?

Je ne nie pas qu'il y a un réchauffement climatique. Au contraire. J'accepte ça d'emblée. La température des océans diminue parce que les glaciers fondent. La température enregistrée sur la terre ferme, elle, augmente de dizièmes de degrés chaque année (ça varie selon les sources et les endroits où on enregistre les hausses). Les spécialistes s'entendent généralement (je dis généralement, parce qu'en général, les spécialistes de l'environnement ne s'entendent pas uniformément, que ce soit sur la température ambiante, sur les prévisions climatiques ou sur les effets de tel ou tel changement) pour dire que la situation est critique. Critique, oui. Mais que la catastrophe ultime n'est pas pour demain matin. Enfin, pas pour l'ensemble de la planète.

Ce n'est pas une vague de chaleur qui devrait nous mettre la puce à l'oreil. Cependant, c'est ce qui a énervé tout le monde. Ceux-là qui disaient que la vague de chaleur des dernières semaines était "la preuve" qu'on s'enlignait vers un réchauffement climatique... qu'ont-ils pensé ce matin? Ce matin, où il faisait -28 chez moi, et où la Californie a vu le gel détruire ses récoltes? Ont-ils cessé de croire au réchauffement? "Ça y est, notre planète est sauvée, on a de la neige!"

Faire la part des choses, c'est la moindre des choses. Non?

Ce sont les événements spectaculaires qui nous font réagir. Mais il faut faire très attention : le spectacle, ça se monte. Ça s'organise. Ça se triche. Ça peut alimenter les croyances non fondées (ou fondées sur le spectacle). Les événements spectaculaires peuvent monopoliser notre champ de vision, si on n'y prend pas garde. Et pendant qu'on regarde le "show", on oublie de fouiller. De réfléchir. D'évaluer. De faire la part des choses.

Oui, il y a un réchauffement climatique. Mais c'est juste une des parties du problème. Et une seule vague, ce n'est pas nécessairement l'océan. Attention aux jugements du genre "il fait plus chaud que d'habitude, donc, c'est la fin du monde." parce que la semaine suivante, on pourrait se dire "il fait plus froid que d'habitude, donc il n'y aura jamais de fin du monde"...

jeudi 11 janvier 2007

Escalade

J'ai besoin de ventiler, là.

Mon fils déteste sa garderie. Il pleure chaque matin, il ne veut plus y aller. Il ne se fait plus prier pour revenir à la maison le soir. Au moins une fois par semaine, sinon deux, les gardiennes m'appellent pour me dire qu'il "ne fonctionne pas".

Il fallait s'y attendre. En fait, je le pressentais depuis que le plus vieux (qui avait quoi, trois ans et demi?) a été mis à la porte parce que la garderie "n'était pas adaptée pour lui". Ça a été évident quand Éléanor (trois ans), qui s'ennuyait, est partie et a été remplacée par un bébé. Lorsqu'Estéban est arrivé là, il était le plus jeune. Tous les autres étaient plus vieux. Maintenant, c'est lui le plus vieux. Oh, il y en a un qui a le même âge, et deux ou trois qui sont à six ou dix mois derrière... mais selon ce que les très indiscrètes gardiennes m'ont dit (grincement de dents), celui qui a le même âge n'est pas au même niveau. Il a de la difficulté à manger seul, à mettre ses souliers... Alors qu'Estéban donne même à manger aux plus petits, s'habille seul (à l'exception des fermetures éclairs, qui sont un peu difficile encore) et a besoin de moins d'aide pour fonctionner. En gros, Estéban est le plus vieux et celui qui aurait le moins besoin qu'on l'aide à faire ceci ou à cela. Résultat : il manque d'attention. Enfin, c'est mon avis. Tout est adapté pour les plus petits. Pas pour les "grands" de deux ans et demi.

Ça c'est ce qui était prévisible. Maintenant, ce qui me frustre beaucoup.

Ça fait six mois que les gardiennes m'affirment qu'elles commenceront l'apprentissage du petit pot "la semaine prochaine". Nous, on a beau faire nos efforts de notre côté, faire porter des sous-vêtements à Estéban le soir et la fin de semaine, si elles ne suivent pas le jour, ça ne donne rien. Et pourtant, il est prêt. Depuis six mois, au moins.

Comme la plupart des milieux familiaux, on paye 9$ par jour. Pas 7. 9. Pour "services supplémentaires". Elles servent le déjeuner et le dîner. Ah, et un cahier où elles notent ce qui s'est passé durant la journée. On aurait la même chose dans un CPE à 7$. Ah, et le CPE à 7$ aurait des heures un peu plus souples... 6h30 à 16h30, ferme, avec 3 possibilités de retard en tout à mon milieu familial à 9$. La plupart des CPE ici ouvrent à la même heure, mais ferment à 18h. Bien entendu, je ne laisserais pas Estéban choir là aussi longtemps. Mais questions services offerts... 2$ par jour, c'est 520$ par année. À la longue, ça s'accumule... Ah, et j'ajouterais aussi qu'on paye même quand c'est fermé. Ben oui.

Chaque fois que quelque chose se produit, qu'il tombe, qu'il se blesse, elles n'ont pas vu ce qui s'était vraiment passé parce qu'elles changeaient des couches. 9 enfants que l'on change 4 fois par jour, c'est beaucoup de couches. Quand ont-elles le temps de faire des activités pour Estéban? La dernière fois, c'était une légère commotion cérébrale sans conséquences à long terme. Ok. Mais la prochaine?

Et ça a des conséquences sur mon travail. Je dois prendre congé à la dernière minute. Pas parce qu'il est malade. Pas parce qu'il est blessé. Parce qu'il est de mauvaises humeur et que les gardiennes (ouais, j'ai dit qu'elles étaient deux?) sont fatiguées de lui. Alors, je dois faire reporter des textes déjà reportés au maximum (j'ai dit qu'on manquait de monde dernièrement? La grippe a été dure pendant le temps des fêtes, y'a pas mal de malades). J'hésite devant chaque texte à faire, "et si elles m'appelaient pour que j'aille chercher Estéban"? Je ramène du boulot à la maison chaque soir, juste au cas. Gaétan aussi, a pris pas mal de congés, mais lui, il n'a pas de convention collective, il doit rattraper toutes ses heures. Papa (grippé) qui ne peut pas prendre congé parce qu'il doit reprendre ses heures. On est épuisés. Ah, et j'ai coupé le café aussi. Enfin, presque. Mais je suis toujours dans le premier trimestre de grossesse. Une chance que je n'ai pas de nausées, parce que juste la fatigue est difficile à vivre... j'imagine si c'était pire...

Pourtant, à la maison, Estéban est tout à fait normal. Il agit comme il l'a toujours fait. Il est timide, mais une fois dégêné, il est charmant. Plein d'énergie. De bonne humeur. Les gardiennes nous raccontent des comportements qu'Estéban n'a JAMAIS eu chez nous. C'est inquiétant.

Chaque matin, je me sens mal d'aller travailler. Je ne veux plus le laisser là. Mais j'ai des textes à remettre, et Gaétan doit reprendre ses heures. En attendant les conclusions de la pédagogue, on appelle des CPE. Celles qui sont près de chez nous, surtout. Sur le chemin pour me rendre au travail, il y en a au moins une dizaine. Et si la pédagogue juge qu'on doit trouver un autre endroit, je crois qu'on aura un coup de pouce de ce côté...

Ça fait du bien de ventiler... Du moins, temporairement...

lundi 8 janvier 2007

Le coeur de maman ébranlé

Mon coeur de maman a été durement éprouvé vendredi. Je crois que ça a été le pire choc à ce jour.

On dirait que quelqu'un a jeté un mauvais sort de malchance sur mon fils. À un point tel que j'ai peur que si quelque chose d'autre lui arrive, ce sera encore plus grave.

Pour ceux qui ne connaissent pas mon fils, Estéban est un enfant très prudent. Il est vraiment très conscient de se qui l'entoure. Il déjoue les parcours semés d'obstacles très facilement. Il ne tombe jamais sur d'autres enfants par accident. Enfin, ça, c'est quand il est en forme. S'il est fatigué, c'est une autre histoire. On sait qu'on doit vite le coucher et qu'il s'endormira tout de suite s'il trébûche. Il est comme ça.

Vendredi, il était à la garderie, comme d'habitude. C'était après le dîner, mais avant la sieste. Il devait donc être midi trente. Pendant que ses gardiennes changeaient des couches, il est tombé sur l'aspirateur. Sur le coup, bien entendu, il a pleuré. Il y avait un peu de sang sur sa lèvre. Alors, les gardiennes ont épongé le tout et il s'est calmé. Heure du dodo, elles l'ont couché.

Une heure plus tard, en faisant une ronde parmi les petits, l'une des gardiennes s'est rendue compte qu'il y avait du sang sur l'oreiller d'Estéban. Qu'il saignait du nez. Elle l'a réveillé, et il s'est mis à vomir. Beaucoup. Elle a dit à l'autre gardienne de nous appeler parce que le petit vomissait. Ce que l'autre a fait. Elle a dit à Gaétan "Tu dois venir chercher ton fils, parce qu'il n'arrête pas de vomir". Gaétan a demandé s'il s'était cogné. "Il est tombé tout à l'heure, mais il n'avait que la lèvre qui saignait un peu, on a fait un rapport d'accident..."

Ok. Gaétan m'appelle pour me dire ça. J'appelle ma mère, qui devait aller le chercher. "Si c'est la gastro, on ne pourra pas le garder comme prévu en fin de semaine, parce que ton père est malade..." "Ok, je rappelle pour savoir si c'est un virus..."

Je rappelle. Celle qui me répond, c'est celle qui a réveillé Estéban.

"Allo, c'est Andréanne. Estéban vomit? Il y a d'autres amis qui ont la gastro?"

"Je te garantis que ce n'est pas un virus. Il s'est frappé à la tête avant la sieste, et maintenant, on voit qu'il a le nez blessé, et sa cicatrice au front saigne, il y a une bosse au dessus. Il tremble, il a peur, son petit coeur bat vite..."

Vous avez déjà eu l'impression que le monde tournait tellement vite au tour de vous et que le temps s'arrête, puis reprend à une vitesse virtigineuse?

"Dis à Gaétan de m'appeler dès qu'il arrive..."

"Ok, je vais lui dire."

Je rappelle chez mes parents, et je résume la situation à Aurélie. Je promets de rappeler plus tard. Raccroche. Impossible de ne pas pleurer. Je vais dire à la réceptionniste que je pars, je ferme mes tâches, et ma voisine de bureau vient me voir pour savoir si elle peut m'aider (on entend tout ce qui se passe d'un bureau à l'autre). Incapable de cesser de pleurer. Je cherche la carte d'assurance maladie d'Estéban au fond de mon sac à main, et je me rends compte que je tremble. Envoit un court message à mon co-voitureur comme quoi je ne pourrai pas le ramener ce soir. Rappelle la garderie. Gaétan vient d'arriver.

"Je te rejoins à l'urgence."

"T'es pas obligée..."

"Parce que tu penses que je peux encore travailler, là? T'es cinglé!"

Je le rejoins à l'hopital de Gatineau. Il est 15h.

Choc total. Il y a beaucoup de monde. Juste le processus de triage prend une éternité. Gaétan est assis sur une chaise, Estéban est accoté sur lui, le regard vide. C'est à peine s'il signale qu'il s'est rendu compte que je suis arrivée. Il a le nez très enflé, qui a saigné un peu. Sa cicatrice a saigné un peu aussi, il y a une goutte de sang séchée dessus. Sa lèvre semble correcte... Mais c'est son attitude, son regard qui m'effraient.

Nouvelle crise de larmes. Je me cache pour pleurer, je vais plus loin, le temps de me calmer. Personne ne devrait avoir à voir son enfant dans cet état.

On finit par voir l'infirmière. Estéban n'est pas tout à fait lui-même, mais il est conscient et il ne vomit plus. Bon signe. Huit heures d'attente minimum.

On part. On hésite. L'Hôpital des enfants d'Ottawa ou la clinique sans rendez-vous de son médecin? L'hôpital. Juste au cas où il y aurait des radiographies ou un scan à faire... On ne sait pas trop où c'est, alors on va chez mon beau-père. On consulte Google Map, puis j'appelle mes parents pour donner des nouvelles.

Vers 17h15, on arrive à l'hôpital. Bel endroit. Mieux adapté pour les enfants. Estéban est bien accueilli. Belle salle d'attente. Ma mère arrive une demi-heure plus tard, avec un sac rempli de trucs pour Estéban. On attend. D'autres enfants sont mal en point... Dur de voir des petits transportés sur des civières avec des tubes partout...

Vers 23h, on voit le médecin. Estéban va bien. Il ne doit pas faire d'activités demandantes, mieux vaut rester tranquile à la maison pour la fin de semaine.

Je suis épuisée. Déjà que la grossesse me tire beaucoup d'énergie physiquement, moralement, j'étais à sec.

Ma mère a gentiment offert de prendre Estéban pour la nuit, maintenant que le médecin nous avait complètement rassurés. J'embrasse mon fils, et on file à la maison...

C'était la soirée la plus longue et la plus dure de ma vie. Accoucher, ça avait été dur. Mais voir Estéban dans cet état, c'était pire.

vendredi 5 janvier 2007

Voir les choses dans leur ensemble

Je ne nie pas le réchauffement climatique. Chaque année, les glaciers fondent un peu plus. La terre se réchauffe graduellement. Nous sommes en sursis.

La Terre n'est pas foutue. À moins qu'on fasse exploser 6 bombes H à la fois, elle devrait tenir le coup. Ce sont nous, les humains, qui tiendrons moins bien. La vie ne s'éteindra pas sur la terre par notre faute. Certaines vies, oui. Pas pas toutes. Les coquerelles, par exemple, survivront à tout. Y'a pas mal de bactéries qui sont à l'épreuve de pas mal tout aussi. Les poissons blottis tout au fond de la plus profonde crevasse des océans se contrefichent bien de la fonte des glaciers. La vie ne disparaîtra pas. Nous, par contre... on est pas mal plus fragiles que la vie en général!

Cependant... le pas d'hiver qu'on est en train de vivre est une conséquence indirecte, et non directe, du réchauffement. La terre se réchauffe à un rythme de 0,X degrés par année. Pas X,0 degrés. Hier, Cyberpresse rapportait que le 4 janvier 1950, on avait enregistré à Montréal des températures de 13 degrés celcius. Je parie qu'il y a eu de la neige l'année suivante. En fait, l'an dernier, en janvier, la neige était plus haute qu'Estéban chez moi. Ok, Estéban était plus petit... mais on a pris des photos. La neige le dépassait. Et de pas mal.

Voir le printemps en janvier, ça fait peur. Tant mieux si certains se responsabiliseront. Mais bon, y'a des signes plus épeurants que ça, à mon avis...

Qu'est-ce qu'on peut faire? Pas grand chose. Dans le sens de : on peut en faire beaucoup, mais si on le fait tout seul, ça reste petit comme contribution. Ce n'est pas une raison pour rien faire. Au contraire. Il faut faire notre très petite part, même si ça demande plus d'organisation, et même si ça demande de réfléchir un peu lorsque l'on pose un geste. Parce que tous les gestes comptent très peu. Mais ils s'accumulent. Et les gestes négatifs s'accumulent beaucoup plus facilement que les gestes positifs, à mon sens.

Ça fait longtemps que je recycle. J'ai déjà écrit plusieurs billets sur la réduction des poubelles, du recyclage... On a une boîte de compost (merci, Gaétan! Il l'a faite lui-même!). J'achète des trucs qui ont moins d'emballage. J'achète moins, aussi. Et quand je peux, j'achète local. Cet été, on a fait affaire avec un agriculteur bio de la région (local = moins de transport = moins de gaz à effet de serre = légumes plus frais). On se réinscrira cette année aussi.

Allez voir le site d'Equiterre... ça en vaut la peine.

jeudi 4 janvier 2007

24

Gaétan et moi sommes en plein dans la 5e saison (dont nous regardons un ou deux épisode par soir) de cette excellente série.

Je viens de voir sur le site de Fox que la 6e saison commence le 14 janvier. Spécial de deux heures. Et 2 autres heures le 15. Si vous nous appelez, ne soyez pas surpris si c'est le répondeur qui répond à notre place.

Oui, c'est une excellente série. Mais il y a certains détails qui nous font sourire. Comme le fait qu'on semble pouvoir tout faire avec un téléphone cellulaire. Par exemple, dans l'épisode qu'on a visionné hier soir, un présumé terroriste appelle une employée de la Maison Blanche (qui est dans une voiture avec Wayne Palmer, le frère de celui qui a été président) pour fixer un rendez-vous. Ils attendent l'appel, parce qu'elle a des renseignement et qu'ils ont sa fille. Jack Bower (le héros) est dans une autre voiture.

Voilà où ça devient réellement amusant. Le téléphone cellulaire d'Evelyn sonne. Wayne prend son téléphone et appelle Jack pour lui dire que le cell. sonne. Jack dit "Patch me through it" (je crois qu'avec "You have got to trust me", ce sont les mots qui sont dit le plus souvent dans cette saison). Wayne (qui conduit une voiture en même temps), dit OK, pitonne sur le téléphone, et remet l'appareil à Evelyn qui répond. Ah, tiens, Jack entend toute la conversation avec le présumé terroriste. La magie de la technologie...

Ça, c'est sans compter au début de la série, où Jack est caché dans un conduit de ventilation et prend des photos d'autres terroristes qui eux, sont à quelques mètres plus bas. Il prend la photo de la veste d'un terroriste et envoit tout de suite l'image à Chloe (qui est dans le QG, à des kilomètres de là), et elle est capable de clarifier l'image en quelques secondes, assez pour voir le petit numéro de série sur la veste explosive du terroriste, ce qui leur permet de reprogrammer le cellulaire de Jack à distance, ce qui transforme son cell à télécommande à explosif. Possible. Mais ce qui est difficile à croire, c'est le fait qu'une photo prise par un cellulaire (de quoi, 1,8 mégapixels? Faut pas oublier que Jack commence avec son équipement de base, pas le kit d'espion complet), à quelques mètres au dessus d'un terroriste, soit assez claire pour qu'on puisse distinguer un numéro de série... Mais bon, c'est de la fiction!

Si ce n'est pas déjà fait, regardez les cinq premières saisons de 24 (24 heures chrono, en français). Vous ne vous ennuierez pas!

Pas de résolutions en 2007

En janvier dernier, j'écrivais ce billet.

Pas mal. Mis à part le marathon (j'ai mis la course de côté cette année... malheureusement... je recommencerai avec bébé 2, qui empruntera la Steboumobile de son grand frère). Pour le reste, j'ai repris l'aikido, j'ai obtenu mon TR-02 et je suis enceinte.

Cette année, je ne prends pas de résolution. Je poursuis mes objectifs. C'est tout. Cinq légumes et fruits par jour, trois portions de produits laitiers, deux huiles santé, de bonnes protéines et je bouge une petite demi-heure par jour. Simple, mais pas une résolution du jour de l'An, puisque ça fait bien plus longtemps que ça que j'ai ces habitudes. Mais ça fait du bien de se rappeler ces habitudes, une fois de temps en temps.

Voici quelques autoprédicitons pour 2007. Presque toutes mes fins de semaine du mois de janvier sont bouquées. Attention en février, je relaxe. Mars? En mars, si tout va bien, on saura si Estéban aura une petite soeur ou un petit frère. On devrait planifier la nouvelle chambre de bébé. En avril, j'aurai 29 ans et je ferai pas mal de couture en prévision du nouveau bébé, pour accomoder ma grosse bédaine et pour les GN. En mai, Gaétan aura aussi 29 ans, et la saison des GN commence. Juin, mois de GN, mais aussi mois de fêtes. Juillet, je devrais commencer mon congé de maternité aux environs de la fin juillet, si tout va bien. Août, Estéban rencontrera nouveau bébé. En septembre je dis adieu au sommeil. En octobre l'allaitement devrait aller mieux, et je devrais avoir trouvé un nouveau rythme et je connaîtrai déjà par coeur toute la programmation de Super Écran de 2h à 6h du matin. En novembre, j'aurai retrouvé assez d'énergie pour sortir tous les jours prendre l'air avec bébé pendant qu'Estéban s'amuse avec des enfants de son âge à la garderie. En décembre, malgré toutes mes bonnes intentions de novembre, je serai à la dernière minute pour les cadeaux de Noël!

Bonne année 2007 à tous et à toutes, tous mes voeux de santé, parce que tout passe par la santé.