Le blogue d'ND

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 28 février 2007

Pour Pat...

Il y a longtemps que je n'ai pas parlé JdR... Avertissement, ce billet est très long, même s'il s'agit d'un résumé! Un samedi sur trois (parfois sur 2, parfois sur 4), je me réunis avec des amis pour jouer à Donjons et Dragons (3.5). Cette partie dure depuis... quoi... un an? deux ans? Je ne sais plus trop... Toujours est-il que j'adore cette partie. Pat est un excellent DM toujours très bien préparé, et les autres joueurs sont vraiment l'fun (même si nous sommes beaucoup et que c'est parfois très... euh... chaotique?) Voici donc un bref résumé du monde et des personnages... mais il y a beaucoup plus à dire... un jour, j'écrirai peut-être quelque chose sur l'histoire, qui devient de plus en plus compliquée (exactement comme je les aime!) Donc, avertissement : c'est très long et très geek...

Lire la suite

mardi 27 février 2007

Mauvaises habitudes

Je travaille au dernier étage. Le 11e. Annie, elle, travaille au 10e.

Chaque matin, je prends l'ascenceur pour le 11e. Deux matins par semaine, Annie le prend avec moi, jusqu'au 10e.

Aujourd'hui, elle m'envoit un petit courriel. Constat : même frustration. C'est fascinant de voir à quel point les gens peuvent être paresseux!

Ici, on ne tire pas la chasse d'eau, ça se fait tout seul (parfois, même quand on n'a pas fini d'évacuer...). Il n'y a pas de robinets non plus dans la salle de toilettes : c'est automatique dès qu'on met les mains sous le robinet... enfin, en principe. En pratique, il faut "niaiser" un peu pour que le bidule remarque que nos mains sont là. Déjà, la personne qui a pensé à ça et celle qui a investi des milliers de dollars pour ce système doit être moyennement paresseuse... mais riche...

Pour se rendre aux toilettes, il y a une plaque pour handicapés. Les gens handicapés peuvent peser dessus et la porte ouvre toute seule. Annie me faisait remarquer aujourd'hui qu'il faut croire qu'il y a pas mal d'handicapés au 10e et au 11e étage, parce que beaucoup de personnes utilisent ce gros bouton démesuré pour ouvrir la porte. Comme si elles n'étaient pas capables d'utiliser la poignée. Pourtant, y'a personne en fauteuil ou en béquilles...

Bah, c'est là, pourquoi ne pas l'utiliser, hein? Mais ça se corse : y'a beaucoup de gens qui marchent très bien jusqu'à l'ascenceur pour descendre d'un étage. Pas même pour monter (ce qui signifie un effort plus important) : pour descendre. Genre, les gens qui travaillent au 2e et qui vont se chercher un café au rez-de-chaussée. Ça me fait grincer des dents chaque fois... Et je ne sais pas vraiment pourquoi ça me fâche puisque ça ne m'enlève que quelques secondes par jour... En fait, ce n'est pas vraiment mon problème si les gens préfèrent attrophier leurs muscles. Ou s'ils ont des problèmes de genoux. C'est juste fatigant. Un peu comme une piqûre de moustique. Ça ne dérange pas vraiment, mais ça "bogue".

Vous me direz que je chiale pour rien. Que moi aussi, j'ai certaines habitudes de paresseuse. Qu'il y a des problèmes bien plus graves dans la vie. Oui. C'est vrai. Mais ça ne m'empêche pas de me sentir un tout petit peu agressée par certaines petites habitudes anodines qu'ont les autres...

lundi 26 février 2007

Tague

J'avais été taguée, il y a un mois, par Marc-André. Si je n'ai pas répondu tout de suite, c'est que sur le coup, je n'avais pas vraiment su quoi répondre, et qu'en suite, avec tout ce qui a déboulé, ça m'a complètement sorti de la tête.

Donc, je dois révéler 5 choses qu'on ne sait pas de moi. Difficile, parce que je suis un moulin à parole et que je suis l'un de mes sujets de conversation préférés (ouais, j'suis fatigante à ce point là...)

1- Quand je suis seule en voiture, je crinque le volume et je chante à tue-tête, avec beaucoup d'expression.

2- Le gâteau au fromage, c'est dégueulasse. Point. Ça goûte dégueu, ça sent dégueu, pis la texture est dégueu. J'ai beau tout essayer, j'suis pas capable.

3- Il m'arrive de prendre un café qui n'est pas certifié équitable. Et j'ai honte chaque fois.

4- Je déteste perdre. Mais j'aime tellement jouer, que j'ai appris à ne plus m'en faire lorsque je perds, tant que je m'amuse lorsque je joue. (On parle de jeux de société, jeux de table, jeux de rôles là. Pas du jeu d'argent.)

5- Il ne faut pas se fier aux apparences. Je ne suis pas douée dans la plupart des trucs qui m'intéressent. Je ne suis pas douée en cuisine, ni en sports, ni même dans les langues. Par contre, je suis déterminée, j'ai une confiance en moi en béton et je suis prête à faire les efforts supplémentaires parce que ça m'intéresse. Et ça me rend d'autant plus fière : la réussite ne me vient pas naturellement, alors quand je réussis, je sais que c'est grâce à mes efforts.

Matin sans tracas

Vendredi, j'appelais. Samedi, nous visitions. Dimanche, nous signions. Ce matin, j'ai emmené le petit chez sa nouvelle gardienne!

Samedi et dimanche, il ne voulait plus partir. C'est qu'elle a d'énormes camions, deux petits ateliers pour enfants avec des outils, une tente-igloo... Le petit trippait ben raide.

La gardienne est aussi courte que moi, elle a une voix douce et un sourire accueillant. Elle a un petit accent arabe, mais parle vraiment très bien français. Elle a deux jeunes enfants, une fille qui va à la prématernelle et un garçon au primaire. Estéban aura quatre nouveaux amis aujourd'hui, dont un petit garçon de quatre ans. Il y a aussi une fillette de 20 mois, et deux poupons. J'ai un bon feeling.

Ce n'est pas à côté de chez moi. Mais c'est en chemin vers le travail. Plus de détour à faire.

Pas de crise de larme non plus ce matin. Estéban a été un peu confus quand il a vu que je n'entrais pas avec lui, mais quand je lui ai dit que j'allais travailler, il a fait "ah, ben oui! ok! Bye bye mamant! bonne journée!" Il m'a donné un bisou est s'est enfui auprès des camions et des outils. Petit bonhomme.

Je croise les doigts pour que la lune de miel dure!!!

vendredi 23 février 2007

Silence sur les élections

Les élections provinciales sont déclarées depuis deux jours (soit une éternité) et je n'en ai pas encore parlé. Pourquoi? Bof.

Bof, parce qu'on est en mode préélectoral depuis 5 ans, tantôt au provincial, tantôt au fédéral, tantôt aux deux endroits. Je crois que je commence une écoeurantite.

Pas que la politique ne m'intéresse pas. Au contraire, ça m'intéresse beaucoup, et je fais partie des gens qui croient qu'il est essentiel de s'y intéresser.

En général, toute la stratégie préélectorale me fascine. Mais pas cette fois.

On pouvait avoir un peu de contenu sur les partis en lisant entre les lignes. Mais pas là. Le contenu, il est partout pareil. "Les autres sont pires que nous". Voilà. Blablabla environnement, blablabla santé blablabla urgences blablabla scandales blablabla éducation (à peu-près dans cet ordre). Est-ce que c'est juste moi ou ça sonne de plus en plus creux?

C'est normal que dernièrement, je trouve les discours des chefs terriblement irritants? Blablabla insulte blablabla mots vides blablabla environnement blablabla insulte blablabla livrer la marchandise blablablablablablablablablablabla.

C'est alarmant. Ce n'est pas normal qu'on n'ait le choix qu'entre trois partis : les séparatistes, les fédéralistes et les autres. Chacun sub-divisés par thème : les anciens partis, les nouveaux partis, les autres partis. Mais sur les questions qui ne touchent pas le fédéralisme... les programmes sont du pareil au même. On n'ose pas proposer quelque chose de nouveau. Enfin, pas selon les petites capsules à la télé ou à la radio. Pas selon les médias.

En fait, oui, on propose ce qui est sécuritairement nouveau, sans changer le fond. On change la couleur de la maison, mais les plans restent le même. On reste fidèle à notre ancien parti pour faire perdre l'autre gros parti, ou encore, on essaye un nouveau, juste pour ne pas voter pour ceux qui nous ont déçus cette année ou en 1980... Ou on ne va pas voter, ce qui est catastrophique pour une nation dite démocratique.

J'ai soif de quelque chose d'autre. Je rêve d'un député solide, intègre, qui a une bonne voix pour se faire entendre, mais qui n'a pas d'autre chef que les gens qui l'ont élu. Parce que c'est ça, un vrai politicien. Quelqu'un qui a du vécu, quelqu'un qui écoute les gens qui l'ont élu, quelqu'un qui ne représente pas seulement une idéologie, mais aussi des gens. Quelqu'un qui vient de son comté, quelqu'un qui vit dans son comté, quelqu'un qui connaît son comté. Quelqu'un qui acceptera de rencontrer les manifestants pour ou contre tel ou tel projet de loi pour discuter, pour connaître leur point de vue, pour prendre une décision qui tiendra compte de tous les facteurs. On peut tenir compte d'un facteur mais pencher pour d'autres facteurs. Ce que je demande, ce n'est pas une personne qui va céder à toutes les demandes. Ce que je demande, c'est quelqu'un qui va vraiment tenir compte de toutes les demandes lorsqu'il prendra la décision de les accepter ou de les refuser.

L'environnement me tient à coeur, mais les discours actuels des politiciens sur l'environnement me donnent la nausée. C'est flagrant : on en parle parce que ça gagne des votes, pas parce que c'est important. Il y a quatre ans, c'était la santé, le sujet à la mode.

Je ne veux rien savoir des sondages. Vous savez quoi? Le PQ va sûrement gagner. Ou on aura un parlement minoritaire. Les Québécois ne donneront pas un 3e mandat à un même parti, et les Québécois n'aiment pas les nouveaux partis. 2 ans bleu, 2 ans rouge, 2 ans bleu, 2 ans rouge...

La solution, ce n'est pas d'annuler son vote. La solution, c'est d'exiger. Exiger un parti qui écoute. C'est donc voter pour autre chose que les châteaux forts. Les châteaux forts n'ont que faire de ce qu'on a à dire s'ils croient que notre vote leur est acquis. Exiger un député qui comprend. Un député qui vit chez nous, qui connaît et qui comprend notre réalité. Exiger que tous ceux qui n'y croient plus, aux partis principaux, votent pour autre chose. Mais votent. On s'en fout pour qui, tant que c'est pour quelqu'un en qui ils croient. Tant que ce n'est pas un mur de briques. Si la moitié des gens qui ne votent pas habituellement votaient pour un candidat indépendant, ben c'est ce quandidat qui l'emporterait. Et de loin.

À quand un parti qui pratique l'écoute active?

Pour qui je vais voter? V'ous l'dirai pas. De toute façon, je ne sais pas encore pour qui. Ce que je peux vous dire, c'est que je ne suis ni séparatiste ni fédéraliste.

Propre comme... une mouche?

Je suis tombée sur ce site Web.

http://www.flylady.com

C'est en anglais, mais c'est vraiment bien fait. Ok, la présentation est surchargée, mais ça évite pas mal de clics inutiles.

C'est un site qui s'adresse aux personnes comme moi : celles qui ont du mal à conserver une routine pour le ménage de la maison. Non seulement le site donne des trucs, des astuces et des leçons sur le ménage (et sur l'organisation à la maison en général), il offre aussi un service par courriel qui envoit de petits rappels tout au long de la journée. "N'oubliez pas de prévoir ce que vous allez manger ce soir!" "C'est l'heure de bougez, dès que vous le pouvez, faites un petit 15 minutes d'exercice" ou encore "une brassée de lavage par jour vous évite le chaos (Can't Have Anyone Over Syndrome)". On peut aussi consulter tous les rappels de la journée sur une page Web, mais comme le site favorise une approche par "baby steps" (petites étapes), mieux vaut recevoir les rappels un à la fois par courriel.

Je n'ai pas exploré tout le site, mais j'ai vu quelques concepts intéressants en passant, comme la routine du soir (maximum 20 minutes), celle du matin, ou encore les concepts de "hot spots" (points chauds : l'endroit où les trucs à faire s'empilent). La Fly Lady divise la maison en différentes zones. Il y a une routine générale pour tous les jours, mais en plus, chaque semaine, il y a une zone particulière à nettoyer durant la semaine...

Qu'en pensez-vous?

mercredi 21 février 2007

Réseau

Moi : "T'as des problèmes avec Outlook?"

Supercollègue : "Euh... j'sais pas... mais je ne peux pas entrer dans Termicom, et Termium lag... ah, tiens, non, Termium ne marche pas."

Moi : "Ah, tiens, l'Archivage aussi est down... ah ben... C'est pire qu'hier. Au moins, on a encore Internet..."

Supercollèuge (qui était en formation hier) : "Le réseau a planté hier?"

Moi : "Ouais, une histoire de fusibles qui ont explosé dans notre ancien immeuble... y'a une malédiction sur cette place-là, j'en suis certaine!"

Supercollègue : "Tu sais ce que ça veut dire... ça veut dire qu'on travaille trop fort!"

Moi : "Et ça veut dire qu'on va encore devoir travailler fort ce soir pour faire nos recherches... si c'est rétabli d'ici-là..."

Esclaves de la technologie? Pas vraiment. On peut faire notre travail quand même. C'est juste que la technologie accélère la production (surtout les recherches), et que quand on n'a plus le soutien technologique adéquat, on se rend compte à quel point les outils technos accélèrent les choses...

Soupe-repas

À Gatineau-Hull, sur St-Joseph, tout près du rond-point à la hauteur de St-Laurent, il y a un petit restaurant qui s'appelle "Deli-Santé". L'affiche dit qu'on y fait de la nourriture asiatique santé. C'est ouvert pour dîner, et c'est surtout de la nourriture pour emporter.

Chaque jour, il y a de nouveaux plats. On ne sait jamais vraiment ce qu'on nous proposera. Mais il y a toujours un choix intéressant : la soupe-repas. Je l'ai goûtée une fois... j'y suis restée accrochée.

Il s'agit d'une très grosse soupe, dans laquelle il y a de grosses crevettes (et ils sont généreux sur les crevettes!), des lanières de poulet, des dumplings style wonton, du brocoli, de la laitue (ou est-ce du bokchoy? ça goûte la laitue...), tout ça dans un bouillon de boeuf ou de légumes avec des oignons verts et un parfum d'arachides (ce doit être dans l'huile...)

J'ai essayé de la reproduire à la maison... ce n'était pas aussi bon qu'au resto, mais tout de même... c'était bon!

Tout d'abord, j'ai préparé moi-même des dumplings. Ça m'a pris une heure, et j'ai suivi une recette prise dans un ancien numéro du magasine WeightWatchers... De mémoire :

Dumplings au poulet

1 1/2 tasse de chou haché en petits morceaux 1/2 lb. de poulet cuit 1 gousse d'ail 1 oignon vert coupé en petits morceaux 1 c. à table de sauce soja 1 c. à table d'huile de sésame (j'ai pris de l'huile de canola...)

J'ai à peu près doublé la recette...

Faire bouillir 2 ou 3 tasses d'eau. Placer le chou dans une passoire, et au dessus de l'évier, verser l'eau bouillante sur le chou. À l'aide d'une cuillère, presser le maximum de liquide possible pour sécher le chou. Mettre tous les ingrédients dans un robot culinaire et réduire en un genre de truc homogène.

Ensuite, ça prend des feuilles de pâte à wonton... celles que j'ai trouvées étaient carrées. Suivre les directives sur le paquet pour mettre la garniture sur les pâtes avant de les refermer.

Pour les faire cuire, il faut vaporiser un poêlon avec de l'huile, puis placer les dumplings, 12 à la fois. Faire cuire à feu moyen-élevé pendant 2-3 minutes (le temps que le bas des dumplings soit brun), puis ajouter 1/2 tasse d'eau et couvrir environ 5-6 minutes, le temps que la pâte gonfle et soit complètement cuite.

C'est super bon tout seul, pas dans la soupe. On peut les tremper dans une petite sauce faite avec de la sauce soja, un peu de vinaigre et, si on veut, du sucre. Si ma mémoire est bonne, ça donne environ 1 point pour 2 dumplings et un peu de sauce.

Pour le reste de la soupe.. j'ai fait cuire de grosses crevettes. Puis, j'ai fait chauffer du bouillon (de poulet), avec un peu d'ail et des oignons verts tranchés en diagonale (pour le look). J'ai ajouté des épinards, du brocoli, puis les crevettes. J'ai ajouté les dumplings trop vite : j'aurais dû attendre à la toute fin pour les mettre dans la soupe... parce qu'ils gonflent pas mal. Je n'avais plus de place pour mettre du poulet, mais avec les crevettes et les dumplings, je me suis dit qu'il y avait assez de protéines!

mardi 20 février 2007

Poissons

Gaétan : "Il faut que tu écrives un billet là-dessus."

Moi : "Sur quoi?"

Gaétan : "J'en ai encore reçu cette semaine!"

Moi : "Quoi ça?"

Gaétan : "Tu sais, ces courriels qui prennent les gens pour des poissons? Du genre qu'un prince marocain en exil aurait besoin d'argent pour te rendre riche?"

Moi : "Oui?"

Gaétan : "J'peux pas croire que y'a des gens qui se font prendre! En plus, j'en ai reçu à l'adresse courriel de la Maison des Jeunes! J'sais pas du tout où ils prennent leurs infos, je ne suis pas sur les listes..."

Alors voilà. Un billet là-dessus. C'est tellement rare que j'ai une telle demande spéciale, je ne vais pas passer à côté! Quoi que si je m'écoutais, je prendrais des heures à faire des recherches plus poussées sur le phénomène pour écrire quelque chose de complet... Allez voir sur Wikipédia et sur Cyberpresse... je suis certaine qu'il y a des tas de dossiers là-dessus...

Beaucoup de gens sont prêts à cliquer ou à signer n'importe où si un fraudeur est assez convaincant pour faire croire que ça va rendre riche sans avoir de gros efforts à faire. Y'a qu'à voir tous les trucs postpyramidaux (on vend des produits, alors on n'est pas une pyramide, on ne peut donc pas faire de prison! signe ici.. c'est 250$ pour commencer, mais t'as 0,5% des ventes si tu vends pour plus de 100$ par mois...).

Internet est un milieu qui regorge de possibilités pour les fraudeurs. Le potentiel est gigantesquement international et le risque est très faible. D'un simple click de souris, on peut rejoindre des millions d'internautes distribués partout dans le monde, dans des pays où les lois sont différentes, ce qui handicape les forces de l'ordre. Si je suis au Québec, et que je me fais frauder par une personne qui est physiquement au Mexique, mais qui passe par un serveur français et un serveur hollandais... Au moment du crime, la victime est au Canada, le criminel est au Mexique et le crime a lieu en Europe!

La fraude, ou plutôt, la tentative de fraude, par Internet est appelée "hameçonnage" ou "phishing" en anglais. En fait, on parle d'hameçonnage lorsque la tentative vise à usurper l'identité d'une personne. Comme ces courriels qui semblent provenir d'une institution financière et qui renvoient à une page Web factice, une copie conforme du site Web de votre institution financière, où on vous demande d'entrer votre code et vos renseignements personnels. Par la suite, ces renseignements sont utilisés pour commettre toutes sortes de fraudes. On peut vider votre compte, miner votre crédit, ouvrir des marges de crédit et les vider, par exemple. On n'a pas besoin de beaucoup pour obtenir une marge de crédit en votre nom... votre nom, date de naissance et numéro d'assurance sociale suffisent.

Ces techniques d'hameçonnages sont vieilles comme le monde. On met les gens en confiance, on s'habille bien, puis on leur demande de donner de l'argent, ou des renseignements, en promettant que plus d'argent viendra, ou que des problèmes seront évités. On nous a même déjà fait miroiter, en personne, qu'après avoir convaincu assez de monde, on pourrait devenir riches sans avoir à lever le petit doigt... à condition de payer des frais d'adhésion et de faire payer tous nos amis. Ce n'est donc pas récent. L'humain reste un animal qui veut devenir le plus efficace possible, c'est-à-dire accumuler le plus possible en fournissant le minimum d'efforts.

On peut aussi appeler des gens au téléphone. Une émission de La Facture relatait l'histoire d'une femme qui s'était fait prendre par un fraudeur sur un autre continent, qui lui avait dit qu'elle avait un héritage d'un parent éloigné, et qu'elle devait débourser les frais d'avocats ou de quelque chose du genre, pour avoir accès aux millions. Elle a perdu beaucoup comme ça. Il arrive aussi qu'on se fasse passer pour le préposé d'une institution financière et qu'on vous demande carrément, au téléphone, vos coordonnées pour "vérifier votre identité".

Ce qui est différent avec Internet, c'est la rapidité avec laquelle on peut rejoindre les gens. Des envois de masse, ça se fait en quelques clics. Pour brouiller les pistes, on peut passer par différents serveurs dans différents pays, où les règles sont les moins strictes. Si un courriel sur 10 000 permet d'attraper quelqu'un, alors imaginez sur un milliard de courriels. Plus le courriel semble authentique, plus on attrape de gens. Si ma mémoire est bonne, on avait estimé que dans le cas des fraudeurs qui se sont fait passé pour la Caisse Populaire, une personne sur mille a répondu au courriel frauduleux. Mettons qu'on met à 1 million le nombre de personnes qui ont été sollicitées... ça fait quoi, 100 000 personnes fraudées? Si on veut être discret, on ne leur prend que 20$ chacun, ça fait 2 millions de $ en quelques mois. Aussi simple que ça. Attraper les gens en personne et au téléphone, ça prend plus d'efforts. Aussi bien se trouver un emploi.

Pourquoi les gens mordent-ils à l'hameçon? Si le courriel semble authentique, comme celui des banques, c'est par manque d'informations, ou par distraction, tout simplement. On fait confiance à une institution bien établie. Si le courriel sent la fraude à des kilomètres à la ronde, par contre... c'est probablement aussi par manque d'informations, et peut-être par espoir de pouvoir obtenir gros sans faire d'effort... Par rêverie...

Les efforts, ils sont nécessaires. Tout ce qui se rapproche de la loterie, c'est du rêve. Il n'y a rien de mal à se payer un peu de rêve. Mais quand on base sa vie sur le rêve, alors là... on se fait hameçonner, entourlouper, enfirouaper, filouter. Solide.

mercredi 14 février 2007

De beaux mots

Je suis tombée sur plusieurs superbe mots en traduisant un texte intéressant cet après-midi. Je crois que ça vaut la peine de les souligner :

Grandiloquence : (n. f.) Éloquence ou style affecté, qui abuse des grands mots et des effets faciles. (Flashbacks de certains discours de politiciens...)

Pathos : (n. m.) 1. Parte de la rhétorique qui traitait des moyens propre à émouvoir l'auditeur. 2. Pathétique déplacé dans un discours, un écrit et par ext. dans le ton, les gestes.

Nouveau cycle

C'est quand même fascinant...

Il y a près de trois semaines, je paniquais. Le monde se dérobait sous mes pieds. Après deux semaines de saignements, puis quelques jours d'attente, après avoir passé du temps avec les gens que j'aime et après avoir tenté de me reposer un peu, à la veille de la fête des amoureux, j'ai reçu la confirmation que le cycle infernal par lequel je venais de passer était terminé. Et qu'un nouveau commençait.

Hier, après le travail, je suis allée passer une échographie pour vérifier que tout était bien terminé, que je ne risquais pas d'infection ni de complications des suites de la fausse-couche. Je me suis installée dans la petite pièce sombre, la technicienne a étendu un lubrifiant chauffé sur mon ventre et a pesé avec sa caméra sur ma vessie pleine, juste à côté de mon utérus vide...

On a discuté. Elle est sympathique. Après quelques minutes, elle m'a demandé à quand remontaient mes dernières règles. En novembre. Le 3 novembre. Juste avant de faire retirer mon Mirena. Elle a souri. « Tu vois, là, c'est ton ovaire gauche. On voit les ovules. Et celui-là, juste là, est redu à maturité. Il devrait s'engager dans la trompe très bientôt. T'es en pleine ovulation, ma belle! »

Ma fausse-couche est officiellement finie. Tout est sorti. Et la vie reprend son cours. Mon médecin nous a dit d'attendre deux mois avant de nous remettre à essayer de faire un bébé, alors il va de soi qu'on ne fécondera pas l'oeuf qui s'engage dans ma trompe gauche pour le moment. Mais je suis sortie de la place avec un beau sourire. Mon corps est passé à autre chose. La nature a repris son cours et je suis en bonne santé. Pour moi, c'est une superbe nouvelle en cette veille de St-Valentin.

mercredi 7 février 2007

Comment ça va?

D'instinct, je réponds "bien, et toi?" C'est plate de répondre autre chose à "Comment vas-tu?".

Ces dernières semaines, j'hésitais à répondre à cette question. Je n'aime pas répondre que je ne vais pas bien. Cette question-là, c'est un peu comme dire : "Bonjour, j'entame ici une discussion de quelques minutes avec toi au lieu de simplement passer." Dans ce genre de discussion, on n'a pas envie de s'éterniser sur ses propres problèmes, ou que l'interlocuteur s'éternise sur ses propres problèmes. Y'a des blogues pour ça.

Seulement, ces dernières semaines, quand on me demande comment ça va, c'est VRAIMENT pour savoir comment je vais. Je ne le dis pas assez souvent que j'ai des collègues et des amis en or... Ce matin, une supercollègue m'a demandé comment j'allais. Elle trouvait que j'avais les traits encore tirés (normal pour moi, à 7h30 le matin...). J'ai pu répondre que j'allais bien. Pour vrai.

Oh, c'est sûr. J'ai encore des saignements. Il reste encore une autre écho à passer pour vérifier que tout va bien. Mais j'ai plus d'énergie. Et le plus important, c'est que Gaétan et moi avons accepté la situation. Je dois faire attention, par contre, à ne pas épuiser ce regain d'énergie. J'ai commencé des cours de baladi le lundi midi, puis d'aikido le lundi et le jeudi soir... On retourne dans la routine prégrossesse, celle où je manquais de temps pour tout, pas par fatigue, mais parce que j'avais ce besoin de dépenser cette énergie en moi.

La séance d'aikido de lundi a fait énormément de bien, à la fois à mon corps et à mon esprit. Tout le monde était content de me voir. Après avoir répondu aux question d'usage (où tu étais? Ah non! T'es pas sérieuse? Comment tu vas maintenant?), on me disait qu'on était content de me revoir. Je me suis beaucoup amusée à me dérouiller sur le tatami. Les nouveaux, ceux arrivés en janvier, étaient surpris de voir que je savais déjà rouler, et que je comprenais vite les mouvements... jusqu'à ce qu'un sempai dise en riant "n'aies pas peur d'être dur avec elle : sa ceinture est blanc pas mal foncé! Elle sait ce qu'il s'en vient, t'inquiètes pas, tu peux lui en donner!" Il faut dire que j'ai encore l'air d'une petite fille dans un pyjama trop grand!

Je n'oublirai jamais le petit être en moi qui ne devait pas vivre. Mais j'ai accepté la situation. J'y ai fait face. Maintenant, mon moral est bon. Je suis motivée. Je mange bien, je bouge, et surtout, je m'entoure de gens qui me font du bien.

Quand on me demande comment je vais, je peux répondre avec franchise que ça va mieux. Que ça va bien.

lundi 5 février 2007

Baladimidi!

Tout près du travail, il y a un studio de danse où on offre des cours de baladi. Pour faire un groupe, il suffit d'être 10 personnes intéressées.

Une de mes collègues a proposé de se faire un groupe entre collègues. Ce midi, c'était mon premier cours (les autres avaient suivi un cours la semaine dernière, mais j'étais trop faible pour les suivre). Comme c'est l'fun!!!

Je suis arrivée, je me suis inscrite, puis on a commencé. Musique entraînante (dont une que j'avais déjà sur CD), bonne prof, mais surtout, plein de collèuges super sympas que j'ai rarement l'occasion de voir ailleurs qu'au bureau.

On a appris quelques mouvement de base, j'ai vite pris le rythme (je triche un peu... comme mes parents, j'ai déjà appris avec des DVD... mais rien ne vaut un vrai cours!). Je me suis risquée à regarder les autres pendant la pratique. Beaucoup de visages sérieux, concentrés. J'ai gardé le sourire tout le long. Moi, ça me faisait du bien. Oui, j'ai les cuisses qui le sentent bien là. Oui, j'avais mal aux hanches qui ne sont pas aussi souples que je le voudrais encore. Mais c'est tellement bon de sentir mon corps bouger à nouveau, se déplier, s'étirer, onduler...

Je recommence l'aikido aussi. Ce soir, si j'en ai l'énergie. J'en ai besoin. Pour mon corps, mais surtout pour mon moral.

vendredi 2 février 2007

Repos

Je suis certaine que vous comprenez pourquoi je suis silencieuse dernièrement. Mais je vais mieux. Beaucoup mieux. Merci de vos commentaires, ils m'ont fait beaucoup de bien.

La dernière échographie montre que je n'ai pas encore fini la fausse-couche. On attend encore quelques jours pour voir si le dernier caillau sortira par lui-même... si on peut éviter une intervention. D'ici-là, pas d'activité brusque. Pas d'aikido. Pas de baladi. Au cas où.

Je suis rentrée travailler lundi et mardi. Pas le choix. Mais pas génial comme idée. Dès mon retour à la maison, j'ai eu des contractions.

Un jour, quelqu'un devra m'expliquer comment faire pour se reposer. Pour relaxer. Je me souviens, quand j'étais petite, ma mère a dû arrêter de travailler quelques semaines. Elle devait "se reposer". Je la voyais faire du lavage et du ménage sans cesse. J'ai regardé mon père, perplèxe, et je lui ai demandé "pourquoi elle ne se repose pas?" Papa a répondu "Peut-être que c'est sa façon à elle de se reposer."

Et maintenant, c'est moi qui fais du lavage. J'ai aussi fait deux chandails pour moi, un pour Estéban. J'ai écris les quêtes que je devais écrire pour le GN que je coorganise cet été... J'ai revu tous mes personnages que j'aimerais jouer cet été, j'ai les plans pour leurs costumes... Ma vaisselle, oui, celle que je déteste tellement laver, est propre. Les jouets de mon fils sont rangés. Sa chambre est rangée... Et je ne suis pas toute seule, Gaétan a suspendu des cadres aux murs hier. Ouais, ça va bientôt faire deux ans qu'on a acheté la maison, et les cadres n'étaient pas encore aux murs. J'ai l'impression d'avoir besoin de travailler. Sinon, mon esprit s'occupe tout seul. Je planifie les menus pour le mois. Je saute la sieste pour faire des pinces sur une robe. J'ai rangé et classé mes tissus (par couleur et par texture/utilité). Les patrons qui traînaient? rangés ET classés. J'ai réajusté mon mannequin (i.e. Gertrude) à mes nouvelles mesures. Et puis je suis rendue à l'épisode 12 de la 2e saison de Grey's Anatomy.

Le pire dans tout ça? J'ai encore l'impression que c'est le bordel. Et je m'en veux de ne pas dormir plus, d'attendre d'être épuisée pour poser ma tête sur l'oreiller. Si je n'attends pas, ça recommence à tourner. "Et si je commençais ce projet-ci?" "Et si je modifiais ce personnage-là?" "Et si je faisais le ménage de mon bureau?" "Tiens, mon garde-robe a besoin d'être réorganisé... je pourrais peut-être faire çi ou ça pour l'améliorer..."

Au moins, le deuil passe. Je ne me sens plus coupable de penser aux bons côtés. J'ai terriblement peur de ma prochaine grossesse. Parce qu'il y en aura une autre. Il y en aura d'autres jusqu'à ce qu'Estéban ait un petit frère ou une petite soeur en santé. Je sais, je sais. Il faut y aller une étape à la fois. Mais ça n'empêche pas que je sois terrifiée. On connaît tous des gens qui ont vécu une fausse-couche. Moi, j'en connais qui en ont fait 2 ou 3 de suite. Qui ont fini par avoir de beaux enfants ensuite... Mais qui en ont bavé un coup avant.

Je suis en excellente santé. J'étais en excellente santé, et ça n'a rien changé. Je ne fume pas, je ne bois pas (enceinte), mon seul vice est le café, que je limite maintentant à une tasse par jour, je suis en forme, mon taux cholestérol est excellent, ma pression artérielle est géniale, mon poids est sous contrôle. Je peux jeter un homme deux fois ma taille par terre sur un tatami. J'ai un baccalauréat, je connais 7 langues et en parle 4 courramment. J'ai une famille en or, des amis en or, des collègues en or. Mais tout ça, ce n'était pas suffisant. Peu importe ce que je fais, peu importe ce que j'accomplis... je n'ai aucune emprise sur le premier trimestre du foetus. Je ne suis pas maître de la situation. Et ça, ça me fout la trouille. J'ai beau tout faire pour être un des meilleurs "incubateurs" possibles, ce n'est pas moi qui ai le dernier mot. Et ça, ça m'enrage. J'ai toujours essayé de tout faire jusqu'au bout. D'avoir le dernier mot. Mais je me rends compte que le dernier mot... personne ne l'a. Tout ce que j'ai, c'est la certitude que ce n'est pas ma faute. Mais si ce n'est pas ma faute, ça veut aussi dire qu'il n'y a rien que je puisse faire qui garantira que je n'aurai pas à revivre ce cauchemar une autre fois. Je peux dire que je fais tout pour réduire les risques au minimum. Dans la vie, les risques ne sont jamais nuls.