Je n'ai pas encore lu les commentaires postés sur le babillard de l'AJJRO. J'étais trop épuisée hier pour le faire.
J'ai eu du fun en fin de semaine. J'avais un groupe intéressant. J'étais l'esclave-Hobbitt des Avaris (des Elfes noirs reconnus pour leur cruauté). Moi, une esclave? Oui. Et j'ai adoré. En fait, c'est que j'ai choisi mon personnage avec la logique : pourquoi un groupe apporterait une bouche de plus à nourrir avec eux si cette bouche est inutile? J'étais donc la seule du groupe à pouvoir repousser les morts-vivants, à bénir les armes, à guérir les blessures en quelques secondes, et à faire un sort qui accélérait les réparations du forgeron et la création de potions de notre alchimiste. Mettons que je valais cher. J'exécutais les ordres, mais en échange, j'avais la protection de dix hommes en tout temps, ou presque.
Annecdote : samedi après-midi. Sur le terrain, en haut d'une montagne (ok, une colline à pic), il y a un livre qu'on ne peut déplacer et qui est rempli de pages cryptées. Comme nous, on n'a pas eu l'info sur les quêtes que l'on devait faire (on ne l'a su qu'en fin de journée le samedi qu'on devait recruter des PNJ pour la partie suivante), c'était la seule quête qui semblait un tant soit peu utile. Un peu tannée de ne rien faire parce qu'on manque d'infos, je demande à mon "maître en chef" la permission d'aller décrypter d'autres pages du livre, pendant qu'il fait encore clair. Permission accordée. Je monte, et je me mets au travail, sans être dérangée pendant au moins une bonne demi-heure.
Mais bon, fallait bien qu'on vienne me déranger. Je vois un prêtre de Khorandor (le dieu de la liberté... rien que ça...) qui monte pour me parler. Comme de raison, je ne parle pas aux étrangers. Puis, ses amis rappliquent. Quand je vois qu'ils ne sont pas agressifs envers moi, je me détends un peu et je continue à travailler... mais quelques minutes plus tard, ce sont des morts-vivants qui grimpent la face à pic! Je ferme tout, cache mon travail dans mon sac, range mon crayon, j'avance un peu vers les morts-vivants pour leur faire "Vade Retro 4!" (le seul truc efficace que je puisse faire contre eux... ça les repousse à quatre mètres... la face qu'ils ont fait quand ils se sont rendus compte qu'ils avaient grimpé toute la façade pour rien!) et je hurle "MAÎTRES!!!!! MAAAAAAAÎTTTTTTRES! J'AI PEUR, C'EST PLEIN DE MORTS-VIVANTS QUI ARRIVENT!"(en bas, il y a le village... où mes maîtres sont situés). Puis, derrière moi, d'autres hostiles... "MAAAAÎTTRES!" Je fais d'autres Vade Retro.
J'ai eu l'impression qu'ils s'étaient téléportés tellement ils étaient allés vite. Personne ne m'a touchée.
Bon, maintenant, la critique...
C'est très difficile d'organiser un GN. Nous étions une centaine sur le terrain. Pas facile à gérer. Et on a tous un concept différent de ce qu'on aime d'un GN. Le grand danger qui hante les organisateurs, c'est la mauvaise communication et les déséquilibres.
L'introduction de quatre nouvelles races (les quatre races de morts-vivants) pour les joueurs a causé beaucoup de hors-jeu, beaucoup de frustrations, beaucoup d'incompréhension. Il faut savoir qu'à l'AJJRO, toutes les races ont droit aux mêmes compétences, aux mêmes caractéristiques, sauf quelques rares exceptions comme la vision nocturne pour les Elfes Noirs et pour les Ulins, par exemple. L'homme-lézard a les mêmes caractéristiques statistiques que l'humain ou l'Elfe. Pour les quatre races de morts-vivants, c'était différent. Les morts-vivants avaient accès à des compétences complètement différentes, auxquelles les autres races de joueurs n'ont pas accès, et puis devaient payer plus cher pour avoir d'autres compétences que les races de joueurs pouvaient se payer sans problème. Mon vade retro marchait une fois sur deux sur les mêmes personnes, parce qu'elles n'étaient pas certaines si ça les repoussait ou non (même si, logiquement, ces personnes auraient dû dépenser 20 PP pour être immunisées à mon vade retro, elles auraient donc dû savoir si elles étaient repoussées ou pas!). Mettons qu'il n'y aura pas de morts-vivants joueurs dans mon GN (de toute façon, ça ne marcherait pas avec notre contexte). En fait, l'idée d'avoir des morts-vivants joueurs n'est pas bête... mais il faudrait que ces morts-vivants soient assujettis aux mêmes règles et aux mêmes caractéristiques que les autres races, ce qui n'était pas le cas. De toute façon, j'aurais du mal à voir la logique dans ça... un mort-vivant qui a cinq vies... c'est assez spécial...) C'était un élément de complexité non nécessaire. Peut-être aurait-il mieux vallu opposer des races déjà présentes dans les règles au lieu d'en introduire de nouvelles d'un coup, à froid.
On a appris par "accident" qu'on devait recruter les créatures du terrain, et ce, le samedi soir. Ok, peut-être que ce devait être appris en jeu. Mais quand on l'a appris, on s'est fait dire que non, c'était sensé être dit au briefing du début. C'était sensé faire partie de nos quêtes officielles. Ok, mais si nous, on ne le savait pas, sûrement que les autres groupes non plus et que ça s'est équilibré comme ça (les plus fûtés l'ont figurés par eux-mêmes sans avoir un PNJ qui le leur dit...) Les Renois n'avaient pas de PNJ qui les accompagnaient pour les guider dans les quêtes. Pour les mener vers les lieux de cérémonies. Comme c'était le cas pour la Horde (Arius) ou pour la Faille (Pierre-Jean). Nos ennemis avaient donc cette information par leurs PNJ "accompagnateurs". Dès le vendredi soir.
Enfin, j'avais l'impression d'être dans un jeu vidéo de style RPG. Tu te promènes, tu rencontres la créature X, tu dois lui dire la phrase 1, 2 ou 3 ou encore l'attaquer. La suite dépend du choix effectué.
Mais je me suis bien amusée. J'ai eu du fun. J'ai aimé joué une esclave de valeur aussi. Et puis, ça m'a permis de penser des modifications pour notre GN, question d'éviter que les gens fassent les quêtes juste parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire, au lieu de faire les quêtes parce qu'elles leur tiennent à coeur.