Le blogue d'ND

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vendredi 29 juin 2007

Sondages... encore et toujours...

En cette journée de protestation des Autochtones, une série d'articles paraissent dans les divers quotidiens. Celui-ci parle d'un sondage auprès de la population québécoise. Et encore une fois, je tiens à répéter que je DÉTESTE les sondages. Je les ai en horreur. Même les plus objectifs sont toujours orientés. Au lieu de perdre de l'argent dans des firmes de sondage, on devrait investir tout ça dans des programmes d'éducation de la population. Voilà. Pas nécessairement dans des écoles. Des documentaires à la télé, des téléfictions avec discussion après, des films qui sensibilisent... les gens ne lisent pas, se foutent de ce que disent les profs, mais TOUT LE MONDE a une télé à la maison. Même mes parents sont abonnés au câble et regardent les nouvelles de TQS comme s'il s'agissait d'un bon match de foot. Ce qui n'est pas peu dire.

Bon, pour en revenir à nos moutons, dans ledit sondage, il ressort quand même quelques évidences (c'est juste que c'est poche de payer des gens à faire état d'évidences)... par exemple :

« On note toutefois une vision très différente des problématiques autochtones selon l'âge ou le niveau de scolarité. Par exemple, le sondage démontre que plus les personnes sondées sont scolarisées, plus elles sont ouvertes aux problématiques autochtones et plus elles considèrent que les revendications sont pour la plupart fondées. »

« Il en va de même pour l'âge. La moitié des Québécois de 65 ans et plus (51%) pensent que les revendications des autochtones sont exagérées. Chez les plus jeunes, moins du quart (24%) le croient aussi. »

« En outre, ceux qui gagnent moins de 25 000$ par année sont les plus intransigeants à l'égard des problématiques autochtones. »

« Chez les détenteurs d'un diplôme universitaire, 70% des gens considèrent la situation des femmes autochtones comme assez ou très mauvaise. Mais dans l'ensemble de la population, 44% perçoivent que leur situation est bonne. En 2006, Statistique Canada estimait toutefois que les femmes autochtones étaient trois fois plus nombreuses à être victimes de violence conjugale que les non-autochtones. »

Bon, personnellement, je fais partie des statistiques. Bien que le terme "jeune" ne soit pas défini, je pense que je suis considérée comme "jeune" (après tout, il me reste encore un bon, quoi, 8 mois, dans la vingtaine?). J'ai un diplôme universitaire, et le salaire qui vient avec.

Mais je dois aussi dire que j'ai une certaine formation en criminologie. J'ai traduit des centaines de textes sur les problèmes des Autochtones dans le système correctionnel fédéral (ils sont surreprésentés en prison, et sous-représentés en liberté sous condition...) Dans le tout premier texte que j'ai traduit, en 2001, je me souviens très clairement de ces chiffres (ouais, j'ai une excellente mémoire). Les Autochtones formaient de 3 à 4% de la population totale au Canada. Les Autochtones formaient 18% de la population carcérale sous responsabilité fédérale. Quelqu'un d'autre que moi voit un problème?!? Mais ce n'est pas tout. J'ai aussi suivi un cours de criminologie qui portait exclusivement sur les femmes. Une grande partie du cours portait sur les Autochtones, sur les raisons, les causes, les lois, l'histoire... tout ce qui fait que leur situation est comme elle est. Et j'ai honte, même si je n'ai rien à y voir. Tout comme j'ai honte de ces centaines d'enfants québécois qui vont se coucher sans avoir pu avaler de souper.

Imaginez un peu : vous vivez sur une grande terre. La terre de vos ancêtres. Vous avez votre façon de faire, qui n'est pas parfaite, mais qui vous convient. Vous avez des valeurs, des croyances, vous vivez bien. Un jour, un homme, plus grand et plus fort que vous vous demande de pouvoir camper sur votre terre. Il vous donne des cadeaux en échange de services. Des trucs que vous n'avez jamais vus. Cet homme a des valeurs différentes des vôtres. Pour lui, la terre doit appartenir à quelqu'un. Mais pour vous, c'est simplement la terre sur laquelle vous vivez. Alors cet homme remplit des papiers. S'approprie "légalement" vos terrains. Selon ses lois à lui, pas les vôtres. Selon ses valeurs, son argent, ses trucs. Vous n'y comprenez pas grand-chose, mais il est plus fort que vous, difficile d'argumenter. Ensuite, il commence à vous dire que vous élevez mal vos enfants, et que pour leur bien, on va devoir vous les enlever. Aussi, vos femmes parlent trop fort, on va devoir les interner pour leur montrer à vivre. Pendant ce temps, on vous montrera comment, vous, vous DEVEZ traiter les femmes. Comme des hommes grands et forts, pas comme des égaux qui partagent les tâches. On vous montre que l'argent, c'est mieux que les traditions. Et puis, on vous laisse un petit espace de camping sur ce qui, autrefois, était vos terres.

Et ça dure durant des générations. Des dizaines de générations plus tard, tout le monde a raison. Les "grands et forts" (les blancs) ne sont plus des colonisateurs. Ce sont leurs descendants. Ils sont nés sur ces terres, ils n'ont pas d'autre "chez-eux". Pas question de retourner en France ou en Angleterre : ce n'est plus leur pays. Ce n'est plus leur réalité. On veut bien redonner les terres que nos ancêtres ont si habilement prises, mais bon, où va-t-on aller? Et c'est bien beau les excuses pour ne pas avoir respecté la culture d'autrui, mais ce bel esprit de multiculturalisme, il est encore nouveau. Et des excuses, ça ne règle pas les vies brisées.

D'un autre côté, vous avez tout perdu il y a des siècles. Vous êtes envahi d'un grand sentiment d'injustice, et vous avez raison de l'être. Si tous ces "blancs", ces grands hommes forts, avaient seulement pris le temps de vous respecter au départ, on n'en serait pas là. Maintenant, vous êtes dans une impasse : personne ne vous écoute. Seule l'élite vous regarde avec une compassion qui frise l'insulte. Sans rien faire. On vous offre encore des bonbons, des cadeaux, de l'électricité gratuite, des excuses, des programmes d'intégration, un maigre financement, des cabanes au bord des lacs pollués... et vous êtes censés dire "merci, vous êtes trop gentils"?!? Vous êtes devenus dépendants des blancs parce qu'ils vous ont littéralement enfirouapés, par la ruse ET par la force. Leur réalité était plus forte que la vôtre, et maintenant, même si certains s'en veulent, la masse est juste tannée de vous entendre chialer, balaient vos problèmes du revers de la main comme s'ils n'avaient rien à y voir. Alors vous vous fâchez. Et on vous met en prison. Dans LEURS prisons. Selon LEURS lois fondées sur LEURS valeurs. On vous entre dans LEUR système.

Et on vous dit que vous chialez pour rien. On vous dit de passer à la télé, mais de ne pas déranger le trafic. « Ok, ok, vous avez raison, on va dire au gouvernement de faire quelque chose quand les listes d'attente en santé seront réduites... mais en attendant, ne bloquez surtout pas nos ponts, on doit aller au travail, au chalet, en vacances sur super lacs et les superbes rivières ou dans les belles forêts pas encore rasées... ça se fait de plus en plus rare... »

Mettez-vous à leur place un instant. Juste un instant. Et ensuite, imaginez que c'est comme ça toute votre vie. On est moins fier, là, hein?

jeudi 28 juin 2007

Rien à dire

On sait que c'est l'été quand on n'a rien d'autre à faire que de se plaindre de la chaleur.

Plus rien à la télé.

Plus rien aux nouvelles...

Tellement plus rien aux nouvelles, que messieurs Dumont et Charest tapent sur Marois pour passer le temps. Même chose au fédéral, ça s'envoit une ou deux taloches une fois de temps en temps, pour montrer qu'on est encore vivant. Comme pour se désennuyer. Même si ça ne sert à rien. On joue à "tes fautes sont plus graves que les miennes", comme quand on était petits et qu'on disait que "mon père est plus fort que l'tiens". Et puis ça a toujours le même impact : patate. Vraiment, un sport extrême. Cardiaques, s'abstenir.

Ah, tiens, un sondage... Pas d'élection en vue, mais on veut quand même savoir qui serait en avance au cas où hypothétiquement un semblant d'élection se pointait. Tiens, on va sonder le monde sur les vêtements de plage... palpitant, hein?

Le début de saison est d'un ennui total... Et c'est tant mieux. Mes vacances commencent demain soir, je vais pouvoir les prendre l'esprit tranquile! Déjà que je traîne un rhume depuis plus d'une semaine, et que je recommence à avoir des crampes, j'suis plus que dûe pour un repos, tant physique que psychologique!

lundi 25 juin 2007

Les bienfaits de l'oxygène

Quand j'étais enfant, je m'amusais à croire que respirer était optionnel. Non, je ne retenais pas mon souffle. Seulement, chaque fois que j'avais conscience de respirer, c'était quand je pensais à ma respiration. Qu'est-ce qui me dit que, quand je n'y pense pas, je respire toujours?

Aujourd'hui, j'ai l'impression que même si je respire, l'oxygène n'entre pas. Je suis au travail le lendemain de la St-Jean. En heure supplémentaires. On est une équipe réduite : deux employées de soutien, trois traductrices sur le plancher, plus deux traductrices en télétravail. D'autres équipes sont dans notre situation à l'étage : clients à Ottawa, nous au Québec, faut répondre aux urgences.

Oui mais voilà : c'est férié. Pas la peine de faire fonctionner le système de ventilation. Il fait très chaud (d'habitude, on gèle!), et on a mal à la tête. Toutes. On a du mal à respirer, et ça ne sent pas très bon (les tapis sentent l'humidité, on dirait).

Respirer, ce n'est pas optionnel. Encore faut-il qu'il y ait de l'air à respirer... Comment je vais tenir jusqu'à 15h? J'sais pas encore... Avoir su, je me serais au moins attaché les cheveux ce matin...

La fourmilière

Je coorganise un GN, qui aura lieu dans moins de trois semaines. En fin de semaine, je devais aller sur le terrain pour voir l'état du stock qui y est resté, mais mal de gorge, mal de tête et fatigue (pas paresse) de grossesse obligent, je n'ai pas osé me déplacer. Surtout que mes parents ont été assez gentils pour garder Estéban vendredi soir alors que j'allais consulter le doc (question de vérifier que c'était bel et bien juste un virus très douloureux, et rien qui aurait pu affecter le foetus... ça aurait été bête de me pousser encore plus alors que j'avais besoin de repos). J'ai préféré en faire le plus possible à la maison, quitte à prendre des pauses quand je me sentirais faiblir. Donc, j'ai travaillé, une tâche à la fois.

Quand je regarde ce que j'ai accompli, je me dis que j'aurais pu aller sur le terrain, finalement... Je n'ai pas arrêté! J'ai fait le ménage du stock utilisé par les organisateurs du dernier GN, tout est maintenant soigneusement classé. J'ai fait un ménage dans les boîtes de maquillage, j'en ai fait l'inventaire... J'ai aussi retiré les pièces de bronze et d'or dont la peinture s'effrite. J'ai lavé, réparé/reprisé, étiqueté et plié tous les costumes des derniers GN, il ne me reste qu'à les apporter au terrain la semaine prochaine (pendant ma semaine de vacances). J'ai terminé une cape ornée de plumes noires (en feutrine... plus facile à laver que les vraies plumes, et puis, c'est un costume, pas une réplique) et j'ai fait, au complet, une toge noire (il ne m'en reste plus que 3 à faire... Avec la surjeteuse, ça va très bien, c'est 1 heure de coupe et 1 heure d'assemblage/finition par toge). J'ai aussi terminé le pantalon que Geneviève m'a commandé (je devrai le prendre en photo, il est vraiment beau! le tissu, que j'ai obtenu à un prix ridicule pour la qualité, est d'une superbe couleur, à la fois soyeux et velouté...). Il en reste encore pas mal à faire, mais ce me semble bien plus que réalisable.

En plus, comme Gaétan travaillait samedi soir et que Gnon était au terrain, je suis allée souper seule avec un Estéban grognon chez mon beau-père (Estéban voulait aller jusqu'à St-André pour voir son Gnon... la crise a duré près d'une heure, on-and-off). Dimanche, j'ai laissé Gaétan faire la grasse matinée (le pauvre, il a fini de travailler à 2h du matin... le temps de se rendre à la maison... On remercie TéléQuébec d'avoir une bonne programmation matinale pour les enfants!!! Estéban est fasciné par Diego et Dora : pendant ce temps, je peux faire la vaisselle et mon mec peut se reposer). Quand Gaétan s'est levé, il a fait un gâteau avec Estéban pour la fête de grand-papa Jean (pendant que je vidais toutes les poubelles de la maison, que je rangeais le recyclage et que je compostais le reste). Ensuite, on est allé aux fraises avec les frères de Gaétan : Gnon et Zean-Ma'c (mais ce n'était pas aussi fantastique que l'an dernier, on cherchait les fraises, mettons... quoi que la saison semble une semaine en retard, on utilisera ce qu'on a cueilli pour faire des confitures, et on y retournera la semaine prochaine pour ce qu'on congèlera). Ensuite, Estéban dormait profondément... on a décoré le gâteau, on a fait une sieste nous aussi, puis on est allé manger un exellent souper cuisiné par Gnon chez mon beau-père (c'est drôle, tout le monde est sur le party quand c'est sa fête! :o) )

On dira ce qu'on voudra, mais j'aurais peut-être dû en faire un peu moins... j'étais épuisée hier soir. Dodo à 22h. Travail (à temps et demi) ce matin, en grignotant des fraises... Deuxième panier bio demain, et on n'a même pas encore mangé la moitié de celui de la semaine passée... on va devoir s'y mettre!!!

jeudi 21 juin 2007

Allergies, je ne suis pas seule!!!

Certains diront que j'ai des allergies bizarres. Je suis allergique aux carottes et au céleri. Je réagis aussi très fort à l'aloe vera, qui se retrouve dans la plupart des produits hypoalergènes pour la peau.

Hein? Les CAROTTES et le CÉLERI? Oui. Bon, appelez ça une intolérance, si vous préférez : je n'en suis pas morte. Parfois, les traces de carottes ou le sel de céleri ne me fait pas réagir. Tant mieux. Mais quand je réagis, ça pique partout où il y a eu contact. Et ça enfle un peu (encore une fois, juste aux lieux de contact). Quand j'étais petite, je pouvais manger ces légumes, à condition qu'ils soient cuits. Maintenant, même cuit, je réagis. Et non, ce ne sont pas les pesticides. Même les trucs bios me font réagir.

Dans notre panier de cette semaine, on a reçu du celeri-rave. Ça aussi, ça me fait réagir. Alors, j'ai cherché une utilisation que Gaétan pourrait en faire. Après tout, Estéban adore les carottes, et n'eut été de nos panier de l'an dernier, on ne le saurait pas (je n'en achète plus, parce que je ne les cuisine pas et que ça finit par pourir dans le frigo... mettons que pour manipuler des carottes, je dois mettre des gants et ça ressemble plus à une opération chirurgicale qu'à de la cuisine...). Donc, si je trouve des recettes pour Gaétan, il pourra en faire l'essai avec fiston.

Bref, je cherchais, et je suis tombée sur cette page, dont voici une citation : Particulièrement en Europe, la consommation de céleri-rave induit fréquemment des symptômes d’allergie chez les gens déjà allergiques au pollen, entre autres à ceux du bouleau et de l’armoise. L’allergène majeur du pollen de bouleau amorcerait la sensibilisation de l’allergène majeur du céleri, d’où la possible réaction croisée. Des auteurs ont constaté que ces réactions croisées avec d’autres sources allergènes peuvent survenir ou non, cela étant variable selon les individus. De plus, certains allergènes du céleri-rave sont résistants à la chaleur. Il faut donc se rappeler que la cuisson de ce légume ne lui enlève pas complètement ses propriétés allergènes.

Je serais donc allergique au pollen de bouleau? Ah bon!

Que disent-ils de la carotte?

La carotte est un aliment incriminé dans le syndrome d’allergie orale. Ce syndrome est une réaction allergique à certaines protéines d’une gamme de fruits, de légumes et de noix. Il touche certaines personnes ayant des allergies aux pollens de l’environnement et est caractérisé par des symptômes à la bouche et à la gorge. Ce syndrome est presque toujours précédé par la fièvre des foins. Lorsque certaines personnes allergiques au pollen (de bouleau et d’armoise) consomment la carotte crue (la cuisson dégrade habituellement les protéines allergènes), une réaction immunologique peut survenir. Des symptômes locaux se limitant à la bouche, aux lèvres et à la gorge tels des démangeaisons et des sensations de brûlures peuvent alors survenir, puis disparaître habituellement quelques minutes après avoir consommé ou touché l’aliment incriminé. En l’absence d’autres symptômes, cette réaction n’est pas grave et la consommation de carotte n’a pas à être évitée de façon systématique. Toutefois, il est recommandé de consulter un allergologue afin de déterminer la cause des réactions aux aliments végétaux. Ce dernier sera en mesure d'évaluer si des précautions spéciales doivent être prises.

Facile à dire, ça "la consommation n'a pas à petre évitée de façon systématique", ça paraît que la personne qui a écrit ça n'est pas atteint! Disparaît après quelques minutes? C'est infernal pendant une heure au moins, quand la carotte est crue. Cuite, ben c'est juste moins long. C'est très désagréable, ça pique au point de faire mal.

Mais bon, maintenant, je sais que je ne suis pas seule!

mardi 19 juin 2007

Comment se magaziner une baffe...

On s'attendrait à ce qu'une traductrice sache un peu manier ses mots et faire preuve d'une certaine délicatesse...

Ben ça a l'air que c'est optionnel. Ok, ok, je ne suis peut-être pas un exemple de douceur ou de bienveillance, mais j'observe certaines limites... du moins, j'essaye... Mais j'ai une collègue qui aurait peut-être avantage à peser ses mots.

C'est cette même collègue qui, il y a quelques mois, faisait le parallèle entre les femmes enceintes et les chiennes, déplorant qu'on puisse dire d'une chienne enceinte qu'elle est "une belle grosse chienne", mais pas d'une femme qu'elle est une "belle grosse femme". Du coup, je n'ai pas pu m'empêcher de lui répondre "Quoi, t'es en train de me traiter de chienne là?!?". Bien entendu, ce n'était pas son intention... elle a vaguement répondu que dans certains cas, c'est un compliment que de se faire traiter de chienne, mais bon, j'ai laissé passer, si je réagissais encore, elle se serait enfoncée encore plus profondément.

Ce midi, je m'assois pour dîner (tard), et on me dit que ça fait longtemps qu'on ne m'a pas vue. Pas le choix, que je réponds, je travaille et je suis fatiguée, et la plupart du temps, je dois remettre mes textes à 13h, à cette heure, il n'y a plus personne à la cuisine, je mange donc seule à mon bureau.

Et qu'a dit ma charmante collègue?

"Ah, tiens, t'es atteinte de la paresse de la femme enceinte!"

Oui oui, mot pour mot. Paresse.

"Hé, ho, ça paraît que t'as jamais été enceinte toi! Ça n'a rien à voir avec de la paresse, c'est de la fatigue, je suis en train de produire un placenta qui engoufre la moitié de mon sang!"

Je pense que je vais manger à mon bureau encore demain. Je suis patiente, en général, mais quand j'ai faim, quand je suis fatiguée et quand je suis en surdose d'estrogène, mieux vaut que je ne me tienne pas trop près des sources de provocation...

Garde-robe de maternité

Vous avez remarqué que la mode pour femmes, cette année, tient plus de la garde-robe de maternité que de celle de la prépubaire? T-shirt longs, tailles empire (avec des plis sous le buste?!?) vêtements amples, robes qui s'attachent à l'arrière sous le buste mais au-dessus du ventre... Dans certains cas, même sur des mannequins anorexiques, ce n'est pas avantageux... Cependant, comme, moi, je suis enceinte, ça me donne plein d'idées pour me refaire une garde-robe.

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vendredi 15 juin 2007

Le manteau de Marc-Antoine

Il y a longtemps que je n'ai pas garni l'espace créatif du blogue. Ce n'est pas parce que je n'ai rien à y mettre, au contraire! Seulement, à la maison, je passe plus de temps dans ma salle de couture que devant mon ordinateur ou à photographier mes "oeuvres".
En plus de tenter de garnir la garde-robe de mon fils qui grandit plus vite que son ombre, j'ai offert mes services aux gens pour faire des costumes de grandeur-nature... dans le but de me payer une cadillaque... euh... une surjeteuse haut de gamme... Je me la suis finalement offerte! Donc, j'ai pris en photo, avec la permission de mes clients, quelques commandes que j'ai livrées. Voici donc l'une des pièces dont je suis particulièrement fière.

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Tiens tiens...

Les Parisiens se sont-ils inspiré des Québécois?

mardi 12 juin 2007

Quand les enfants endorment les parents...

Épuisée. Hier, j'étais épuisée.

La grossesse va bien, même que les quelques symptômes désagréables me rassurent. C'est signe que l'utérus prend plus de place, qu'il n'a pas cessé de croître, comme la dernière fois. J'en suis à ma 9e semaines. La dernière fois, le foetus avait cessé de vivre à 8 semaines et 4 jours...

J'ai très mal à l'estomac depuis quelques jours. Digestion difficile, brûlements d'estomac... Comme avec Estéban. Je bois beaucoup d'eau, je limite le café (voire : je n'en bois presque plus), je mange moins gras et moins sucré... mais tout de même, reste que j'ai l'estomac fragile quand je suis enceinte. Au moins, je n'ai pas d'énormes nausées! C'est déjà ça!

Je manque d'énergie. Normal, c'est un premier trimestre de grossesse, et en plus, je ne peux pas manger quand je veux ni ce que je veux, sous peine d'avoir très mal à l'estomac. C'est toute une adaptation pour mon corps, qui est habitué à avoir de la bouffe quand il en a besoin. Bref, hier, j'étais complètement lessivée au retour à la maison. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour travailler.

Gaétan avait une réunion hier soir. Il est parti vers 18h. J'ai fait un peu de couture, regardé un peu de télé avec Estéban, puis le p'tit mec a voulu aller jouer dans sa chambre, puisque le camion dont il avait *absolument* besoin s'y trouvait. Ok. Vers 19h, on monte, je me couche dans son lit pendant qu'il joue tranquilement à côté de moi. Je m'endors. Plus profondément que je ne l'aurais voulu!

Une heure plus tard, Gaétan revient. Il entend un peu de bruit pas très fort, alors il présume que je suis à la salle de couture et qu'Estéban est couché. Il commence à monter les escaliers sans bruits, et il entend "ALLO PAPA!!!". Estéban était au salon, assis à sa petite table bleue, à jouer tranquilement avec de la pâte à modeler. Il s'ennuyait près de maman qui dormait, et il préférait jouer à la pâte à modeler au salon! Et comme il n'est pas fou, il a fait très attention de ne pas me réveiller : il savait trop bien que si je me réveillais, c'était lui qui devrait aller au lit!

"Elle est où, maman?"

"Fait dodo en haut!"

Quand Gaétan m'a réveillée, j'étais complètement perdue. "Hein? Estéban était juste là à jouer avec ses camions! Y'est quelle heure?!?"

Disons que je ne me suis relevée que pour manger un petit quelquechose, question de ne pas être malade le lendemain. Puis je me suis recouchée, dans mon lit, cette fois. J'ai dormi toute la nuit comme ça.

Aujourd'hui, ça va beaucoup mieux... espérons que je pourrai quand même être un peu efficace ce soir...

lundi 11 juin 2007

Tague

Depuis environ six mois, je dirais, il y a un genre de mode de la tague sur les blogues. À l'instar du jeu auquel on jouait quand nos parents nous enfermaient dehors sous prétexte qu'il faisait beau et qu'on devait en profiter, la tague des blogues comporte plusieurs variantes, mais le principe demeure. Il faut dire des trucs personnels (anodins ou non), soit de façon structurée (répondre à des questions précises), soit de façon générale (dire X trucs sur soi). À la fin, on doit taguer un nombre X de blogueurs qui doivent continuer la roue.

Comme je viens d'être "taguée " par Petit Ange, et surtout, comme je suis passablement discrète ces temps-ci, je réponds. Mais à la fin, je ne taguerai personne. Si vous désirez être tagué par moi, ben laissez un commentaire après ce billet pour me dire que vous faites semblant que je vous ai tagué et que vous répondez au questionnaire...

Dans le cas présent, il s'agit d'écrire 7 choses sur soi.

1- Je sais tirer au Tarot. Et je suis bonne. Mais j'suis surtout bonne pour dire aux gens ce qu'ils veulent entendre, alors même si je sais tirer, je ne tire pas. Ça fait plus de deux ans que je n'ai pas touché à mon paquet.

2- Je n'achète que très très très rarement des vêtements pour Estéban. Environ 50 % de ce que mon fils porte, je l'ai fait à la main. Quelques morceaux ont été tricotés à la main par ma mère, environ 35 % a été reçu en cadeau (merci beaucoup!), et j'ai acheté ce qui reste (soit environ 10 % de sa garde-robe).

3- Parlant de tricot : je sais tricoter et crocheter. Mais je déteste ça. C'est trop long. Je n'ai pas le type de patience requise pour faire ça.

4- Il m'arrive assez souvent de me parler toute seule. Mais juste quand je (pense que je) suis vraiment seule, soit devant le miroir, soit au volant. Si je regarde la télé seule, c'est pire. Même si je n'ai aucun interlocuteur, je commente à voix haute, je réponds aux questions rhétoriques... Je sais, j'suis une cause perdue...

5- Je suis un oiseau de nuit. Même si je suis au travail tôt pour des raisons familiales, j'ai toujours préféré travailler le soir et dormir le matin. J'suis comme ça.

6- Je DÉTESTE tout ce qui est gore. Je ne me suis jamais rendue à plus de la moitié de Brain Dead, et puis tous les films dégueu m'écoeurent au plus haut point. J'aime le suspense, mais gore, j'suis pas capable.

7- Je sais que c'est dur à croire pour ceux qui me connaissent depuis moins de deux ans, mais j'ai déjà eu du mal à m'assoir dans un siège au cinéma parce que les accoudoirs étaient "trop étroits"... C'est fou, tous les petits détails auxquels on ne pense pas tant qu'on n'a pas les deux pieds dedans...

vendredi 8 juin 2007

Qu'est-ce que ça change?

J'ai obtenu un Baccalauréat avec spécialisation en traduction de l'anglais vers le français à l'Université d'Ottawa. J'ai suivi toutes sortes de cours en français, en traduction, en stylistique, en révision, en terminologie, en théorie, en pratique, des cours généraux, des cours spécialisés, des cours de grammaire, et j'en passe. En rédaction et en traduction (vers le français), rares étaient les profs qui corrigeaient de la même façon. Certains enlevaient un point par faute, peu importe la faute. D'autres mettaient les fautes en perspective : une faute de transfert (une déformation du message de la langue source) est plus grave qu'une faute d'orthographe, donc un glissement fait perdre deux points alors qu'un mauvais accord n'en fait perdre qu'un... un péché capital comme un contre-sens? trois points. Vlan. Certains s'amusaient même à changer les points selon qui remettait le travail... La même faute pouvait m'enlever deux points alors que ça en enlevait un à mon copain de droite... Bien entendu, il disait que ça avait rapport avec le contexte, les autres fautes au tour de la faute, la construction de la phrase... pas avec nos divergences personnelles...

Toujours est-il que la correction de fautes, c'est très très très subjectif. Le français n'est pas une science exacte. Oui, c'est sûr qu'il y a des règles de grammaire et d'orthographe dont on ne peut déroger. Ça, ce sont les fautes faciles à voir. C'est facile, pour un prof, d'enlever des points pour les mauvais accords. Très facile. Pas d'effort là. Mais la langue, ça ne se limite pas à un paquet de règles. Il y a des tas de zones grises. En fait, même dans ces règles « objectives » et « fixes », il y a des zones optionnelles ou pas tout à fait évidentes... Un exemple? Une longue file de voitures avance ou avancent lentement? Le sujet, c'est la file, ou ce sont les voitures? La file avance. Les voitures aussi avancent. Antidote me dit que c'est la file qui avance, et que le verbe doit donc s'accorder au singulier... mais bon, la logique est plutôt du côté des voitures, non? Comment explique-t-on ça à des élèves de 11 ans?

En général, les fautes faciles à voir ne constituent que la pointe de l'iceberg. Entrons dans la ponctuation. Dans les règles d'usage. Dans les niveaux de langue. Dans la syntaxe. Dans la construction de la phrase. Dans les idées. Jouons avec les nuances, avec les connotations. On s'éloigne des participes passés qui s'accordent ou non (ça, bien entendu, c'est une des facettes qui doivent être évaluées, parce que comme c'est facile à voir, même ceux qui ne savent pas écrire voient ces fautes-là. Donc, pour bien paraître, mieux vaut maîtriser les règles d'accord et d'orthographe.)

On peut écrire un texte illisible exempt de faute. Oui. C'est dur, mais c'est possible. Je dis que c'est dur, parce qu'en général, les gens qui ne font pas de faute (ou pas de fautes? Parce qu'une faute vient rarement seule...) sont attentifs, pensent clairement, se relisent et vérifient qu'on puisse les comprendre. Mais tout de même, j'ai lu des textes écrits par des universitaires totalement incompréhensibles. Ils avaient passé Antidote : zéro faute à la fin. Mais les phrases étaient lourdes, elles passaient du coq à l'âne pour en revenir au chat en moins d'un paragraphe.

Pourquoi ce billet? Parce que les parlementaires de Québec sont cons dernièrement. Ils s'insurgent pour des niaiseries. Qu'on évalue la lisibilité d'un texte au lieu de son illisibilité, c'est du pareil au même. Qu'on compte le nombre de fautes ou l'absence de faute, ça revient aussi au même. Qu'on dise à l'élève :

- Tiens, si tu avais mieux tourné ta phrase, je t'aurais donné un point de plus.

C'est la même chose que de lui dire :

- Tiens, si tu n'avais pas fait une phrase aussi laide, je t'aurais donné un point de plus.

Ou encore :

-Je t'ai donné un C parce que tu n'as bien accordé que la moitié de tes participes passés.

C'est la même chose que :

- Je t'ai donné un C parce que tu as mal accordé la moitié de tes participes passés.

Ça, c'est d'un point de vue strictement linguistique. J'ai des profs qui enlevaient des points pour les fautes. D'autres qui évaluaient les travaux dans leur ensemble et qui soulignaient autant les bons coups que les mauvais coups : les premiers pour montrer aux étudiants ce qu'ils devaient continuer de faire, et les autres pour qu'ils se corrigent. Mais ça reste que le résultat de l'évaluation est le même, on est juste passé par un chemin différent.

D'un point de vue éducatif, pour avoir été sur les bancs d'école pendant 18 ans sur 29, et pour être dans un domaine où la qualité de la langue prime sur presque tout, où la qualité de mon français écrit est continuellement évaluée, je crois pouvoir affirmer que le fait de se faire dire ce qu'on fait de bien est plus efficace que de se concentrer uniquement sur ce qu'on fait de mal. Bien entendu, les fautes sont soulignées dans le processus : pour expliquer ce qu'on doit améliorer. Mais reste que c'est nécessaire de parvenir à un certain équilibre.

Comment voulez-vous qu'on sache ce qui est bon en français quand, tout ce qui est valorisé, c'est l'absence de faute? On finit par savoir ce qui n'est pas mauvais, oui. Mais pour savoir ce qui est bon, comment on fait si personne ne nous l'a enseigné?

Je n'ai pas lu le rapport du pédagogue en question. Mais je comprends un peu l'approche qu'il voulait aborder. Seulement, c'est évident que personne n'aurait adopté une telle approche... Ça aurait exigé bien trop d'efforts... Hey, non seulement faut « tchéquer » les fautes qui sautent aux yeux, mais là, faut donner les bons coups aussi... méchant contrat... là va falloir que les profs de français connaissent le français, pas juste la grammaire et l'orthographe...

Et pendant ce temps-là, les jeunes communiquent de plus en plus par écrit à l'extérieur de l'école. Peut-être qu'eux, à force de communiquer de cette façon, verront la nécessité de valoriser la qualité en plus de l'absence de médiocrité...