Le blogue d'ND

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jeudi 27 septembre 2007

Miaou...

En général, j'adore les patrons Simplicity. Les explications sont claires, les découpes sont simples (pas de détour pour rien), et les modèles sont intelligents, bien conçus, bien adaptés.

Mais là... À QUOI ONT-ILS PENSÉ?!? Sérieusement, qu'est-ce qui est passé dans la tête du designer qui a pondu cette horreur???

mercredi 26 septembre 2007

Les maudits sondages

Je me tue à le répéter : les sondages, c'est de la merde.

Hier soir, 19h55, le téléphone sonne. Juste quand on doit aller coucher le petit. Une voix avec un fort accent m'aborde.

X : "Bonjour madame! Je m'appelle X et..."

Moi : "Bon, qu'est-ce que vous voulez me vendre?"

X (rit un peu) : "Je ne vends rien, madame, je veux votre opinion sur..."

Moi : "Ah, c'est un sondage. Je suis vraiment désolée, monsieur, je ne réponds jamais aux sondages."

X (déchante un peu) : "Mais ce ne sera pas très long, et ça porte sur..."

Moi (décidée à ne pas l'envoyer promener, après tout, il fait son travail... mais résolue à ne pas répondre) : "Monsieur, je ne réponds PAS aux sondages, peu importe le sondage. Je crois que le sondage est un outil de manipulation des masses, et je ne veux pas y participer."

X : "Mais voyons, madame, ça porte sur les chaussures et les vêtements que portent les femmes, je suis certain que vous vous amuserez"

Moi (ok, le gars ne comprend pas que c'est une question de principe, et que je ne vais pas piler sur mes principes pour faire plaisir à quelqu'un) : "Vous ne comprenez pas. Je sais que vous avez un quota à remplir ce soir. Mais je n'en ferai pas partie. Enlevez mon numéro de téléphone de votre liste d'appel, pour éviter que d'autres perdent leur temps à m'appeler pour rien."

X (un tantinet désespéré) : "Madame, vous portez des chaussures, non? Allez..."

Moi : "Écoutez, enlevez mon nom de sur votre liste, je ne participerai pas à votre étude de marché."

X : (dit quelque chose, mais je ne comprends pas trop... Estéban chante à tue-tête à côté de moi, signe qu'il est fatigué et qu'il doit se coucher au plus vite)

Moi : "C'est ça, désolée, mais bonne soirée quand même".

Je lui ai raccroché au nez. Malgré ce que mes collègues croient, je suis loin d'être la personne la plus patiente au monde (ouais, je dois être très différente au boulot : ils ont tous du mal à m'imaginer agressive ou impatiente... la première fois que j'ai sacré contre mon ordinateur qui a planté et qui m'a fait perdre des heures de travail, vous auriez du voir la tête de mes voisines...)

Pauvre gars. Je sais à quel point les entreprises mettent la pression sur les sondeurs : j'ai déjà fait le même travail. Je respecte le préposé, c'est le système au complet que je déplore. Je n'ai donc pas fait perdre de temps au gars en le mettant faussement en attente ou en lui demandant de rappeler, prétextant que c'est toujours un mauvais moment.

Ce matin, j'ai un nouveau commentaire sur cet ancien billet. Je ne suis pas d'accord avec le commentaire (j'y répondrai un peu plus tard). En gros, je crois qu'un permis de voter est contraire à la démocratie. Je crois que si un pays est peuplé par des tatas, il mérite de se faire diriger par des gens qui sont à l'écoute des problèmes des tatas et qui proposent des solutions aux tatas. Si, selon les statistiques, les tatas ne peuvent pas voter, les élus ne tiendront pas compte de leurs préoccupations ni de leurs besoins et les tatas auront beau chialer, rien ne sera fait pour eux. Maintenant, ça ne veut pas dire que les élus doivent encourager les tatas qui votent. Les élus se doivent de rester intègres et de considérer tous les facteurs présentés. C'est juste qu'un facteur relatif à des gens qui ne votent pas pèse pas mal moins lourd dans la balance qu'un facteur relatif aux gens qui votent. Mais j'aime croire que les gens sont moins tatas qu'on aime le penser.

Mettez-vous à la place des politiciens qui savent que : 1- les pauvres ne votent pas, 2- les jeunes ne votent pas 3- les riches votent 4- les vieux votent. Ils savent donc que ceux qui les ont portés au pouvoir sont les classes plus riches et les gens plus âgés. Résultat? Plus de politiques en leur faveur, puisque leur voix compte plus aux élections. Plus d'argent dans la santé (pour les personnes âgées qui en ont plus besoin que les jeunes). Hausse des frais de scolarité, retour au bulletin chiffré (les parents sont de plus en plus vieux que les profs), coupures dans les programmes sociaux (pas juste le BS là : les subventions aux organismes communautaires aussi... demandez à un directeur de maison de jeunes ou de centres pour femmes battues ce qu'il pense du dernier budget Harper, juste pour voir...). Je suis persuadée que si tout le monde votait, ce serait différent. Pas nécessairement mieux. Mais plus représentatif de la vraie société, pas juste de la société qui vote maintenant. Sans les statistiques pour dire qui vote et qui ne vote pas, les politiciens pourraient faire leur travail. Écouter tous les intervenants et agir selon leur conscience, pas selon les sondages, pas selon les chiffres : selon les faits et selon leurs valeurs... valeurs pour lesquelles nous, on vote.

C'est pour cette raison que j'ai proposé un petit jeu à un de mes copains. J'aimerais proposer ce jeu à d'autres, si ça les intéresse. Voilà les règles :

Dès le déclenchement des prochaines élections fédérales ou provinciales (du Québec) - ce qui ne devrait pas tarder, gouvernements minoritaires obligent - on pige un parti au hasard. Pas nécessairement celui pour lequel on va voter (de toute façon, je ne peux pas prendre parti officiellement puisque je suis employée de la Couronne). Un parti au hasard. Ensuite, on épluche la version intégrale des sondages qui sortent tous les jours (si c'est possible?). Puis, on doit "interpréter" les données en faveur du parti tiré au hasard. La seule règle : on ne doit pas modifier les chiffres. Mais on a le droit d'en omettre volontairement ou de n'en mettre que quelques-uns en valeur.

Ça vous intéresse?

mardi 25 septembre 2007

Des génies? Non merci!

Mon fils est un génie. Mais bon, je suis sa mère. Je m'émerveille chaque fois qu'il fait quelque chose. Bonjour l'objectivité.

En fait, mon fils est normal. Il a trois ans. Il aime certains trucs, il n'aime pas d'autres choses. Il trouve certaines activités faciles, d'autres difficiles. Il sait se faire comprendre, fait des phrases complètes, a de la difficulté à prononcer certains sons, mais bon, ça viendra. Il est loin du petit bébé qui ne faisait que pleurer, téter, dormir et digérer (avec tout ce que la digestion comporte), mais qui était tellement mignon qu'on lui sacrifiait volontiers nos heures de sommeil. Maintenant, il est toujours mignon, bien entendu. Mais ce n'est plus un bébé, nous pouvons avoir des exigences à son endroit.

Mais là, quand je vois des articles comme celui-là, je capote. Faire subir Mozart à des enfants pour qu'ils deviennent plus intelligents? C'est comme donner des cours d'éveil musical à des poupons de 15 mois dans des garderies "éducatives" privées, ou encore, inscrire un enfant de 2-3-4 ans à des cours de 3 différentes langues. Un enfant, c'est un enfant, et ce doit être un enfant le temps de l'enfance pour que ça devienne un bon adulte. Voilà. Pis en plus, ça ne fonctionne même pas. Oui, la musique aide à la concentration, mais c'est vrai pour tous les types de musique qu'on aime, et pour certaines activités et certaines personnes seulement. Quand je veux me concentrer au travail (et faire savoir à mes collègues que je suis occupée et qu'il ne faut pas venir me déranger pour autre chose que du travail), j'utilise mon lecteur MP3 et j'écoute ma playlist de travail.

J'ai déjà dit que je n'aime pas Dora, parce que ça se dit "éducatif" alors que c'est de la poudre aux yeux. Si je voulais vraiment que mon fils apprenne l'anglais, je règlerais ses DVD en anglais, voilà. Pas besoin de lui marteler que "ouvert c'est open" (surtout, pas besoin de prononcer "open" à la française...)

Je suis d'accord avec Marie Ekyel sur ce point : tout est éducatif pour un enfant. Les enfants sont de véritables éponges. Notre rôle, comme adulte, c'est de s'assurer qu'ils absorbent, en passant, les bonnes manières, les bonnes valeurs et pas trop de faussetés. Pas de dépenser une fortune en "Bébé Einstein" et en "livres pour apprendre". Les enfants apprennent dans tous les livres. Ils retiennent beaucoup plus que ce que l'on croit. Ce ne sont pas des androïdes programmables : ils réfléchissent... avec la logique d'un enfant.

Un exemple d'apprentissage? Tous les efforts qu'on doit faire pour ne pas dire n'importe quoi devant eux... C'est l'heure de l'anecdote...

J'ai déjà parlé du "gros chien con"? C'est un genre de labrador croisé avec je ne sais quoi. Il est beige et il passe tous les jours nous dire "bonjour" et marquer son territoire près du BBQ ou d'une chaise de parterre. C'est un toutou qui cherche de l'affection. Quand il voit une femme adulte, il se couche devant elle et exige des caresses. Je ne mens pas. Moi qui suis allergique, je ne touche pas aux chiens (ou, si je le fais, je dois me laver les mains immédiatement après). Lui, il me pousse jusqu'à ce que je m'en aille ou que je le flatte. Son grand regard vide lui a valu le nom de "gros chien con" (gracieuseté de mon mec). Dimanche matin, il faisait frais, et Estéban a décidé qu'il voulait aller jouer dehors. Je laisse la porte patio entre-ouverte, pour pouvoir faire du ménage à l'intérieur tout en entendant mon fils manipuler les planches de bois, sa scie de plastique, ses pinces et son petit marteau. Monsieur bâtissait une maison. Ah bon. Après une demi-heure, j'entends : "Gros chien CON! Allo gros chien CON! Non, viens ici! Gros chien con!!!! GROS CHIEN CON!!!!" Le chien ne s'intéresse pas trop aux enfants, il était venu me voir moi, puis comme je l'ignorais, il a marqué son territoire près du BBQ et est parti. Estéban criait comme un bon pour le forcer à revenir... Mettons que j'étais contente que les voisins n'étaient pas encore dehors...

Plus tard, dans la journée, on va en ville. Estéban voit quelqu'un qui promène un labrador noir. Tout de suite, il crie : "Bonjour, gros chien con!". Gaétan le regarde. "C'est un gros chien noir, pas un gros chien con!" Le petit secoue la tête. "Non, c'est son nom, con. C'est gros chien con."

On n'a pas montré à Estéban à appeler le chien comme ça. Il nous a entendus, il a déduit que le nom du chien était "con", alors il l'appelle comme ça. Il voit un chien de la même race, mais pas de la même couleur, et il l'appelle aussi comme ça, parce que c'est le nom des chiens qui ressemblent à ça. On n'a pas besoin de tout expliquer, dans la vie, il comprend. Il fait ses propres liens. Bon, ok, l'exemple n'est peut-être pas à tout casser, mais avouez qu'il est rigolo. Et ce qui compte, c'est le principe : les enfants observent tout, pas juste ce qui est pseudoéducatif. Tout est éducatif pour un enfant.

Pas besoin subir du Mozart ou du Dora...

Et de toute façon, pourquoi voudrait-on que son enfant soit un génie? On veut qu'il soit heureux, non? Pourquoi lui mettre autant de pression pour qu'il soit "au top"? C'est complètement dément! On veut que notre enfant connaisse le sentiment d'accomplissement, oui, mais l'accomplissement, c'est par rapport à soi, à ses propres exigences, pas par rapport aux exigences des parents, de l'école, de la société! On doit leur montrer la persévérance, on doit leur montrer à tenir bon quand c'est moins facile, mais ça n'a rien à voir avec les stéroïdes intellectuels!

vendredi 21 septembre 2007

C'est vendredi!

Et je viens de remettre ma demande de congé de maternité. Le congé de maternité, à proprement parler, commencera le 10 janvier (bébé prévu pour le 12). Mais grâce à tous les congés que j'ai pu accumuler depuis mon dernier congé parental, ma dernière journée de travail serait le 30 novembre, dans un tout petit peu plus de deux mois! Plus que 10 semaines de travail! Ça passe vite!

Sur ce, bonne fin de semaine tout le monde! On annonce un temps superbe ici, profitez-en!

jeudi 20 septembre 2007

Des achats Net

Certains sites vendent du tissu par Internet. Du TISSU. Je ne parle pas du coton bio équitable qu'on ne peut se commander que sur Internet ou acheter dans certaines boutiques de Montréal (et faire deux heures et demie de route pour ça... nah.) Je parle de trucs de mode. Des mètres de tissu mode ou déco, sur Internet.

Premièrement, le tissu est déjà importé. C'est rare, ce qui est vraiment fait ici. Vous connaissez un cultivateur de coton canadien, vous? Ou une fabrique de polyester? La matière première est importée d'un endroit pour être transformée à un autre. Ensuite, le détaillant reçoit le tout au rouleau. Si, en plus, du détaillant, ça doit faire des miles par la poste...

Deuxièmement, comment peut-on savoir ce qu'on obtiendra?!? Je suis fascinée par les gens qui achètent ça à distance, sans avoir d'abord vu, touché, manipulé. Le choix du tissu, ça fait partie du plaisir de construire le vêtement. C'est comme le choix des lignes, le choix du patron, les ajustements, la finition. Peut-on se fier à la résolution de l'écran pour évaluer la couleur du tissu commandé? Et comment comparer la teinte du tissu extérieur à celle de la doublure?!? J'vous dis, ça me fascine... Comment savoir si la finelle sera assez souple pour le pyjama de fiston? Parce qu'elles ne se valent pas toutes...

Mais bon, on n'a pas tous un Paquette Textiles près de chez soi. J'achète presque tout chez Paquette, un détaillant indépendant sur Maloney. On n'y est pas servi par des filles qui ne savent rien de leur stock et qui y restent en moyenne 3 mois... On y est servi par les mêmes personnes qu'il y a 10 ans, qui savent très bien de quoi elles parlent, qui donnent des conseils judicieux et qui font des suggestions vraiment géniales (vous avez vu mon manteau asiatique? le tissu vient de là. Conseillé par le proprio lui-même. J'suis même contente d'en avoir acheté plus, et le prix était vraiment bon). De plus, le tissu qui sort de là a une odeur particulière. Très agréable. Ok, les grandes surfaces et les franchises, comme Walmart et Fabricville, sont ouvertes le dimanche. Pas Paquette. Internet est toujours ouvert aussi. Ouains pis? Ça ne me tuera pas de prévoir un peu plus mes affaires.

J'adore!

Nouveau mot d'Estéban : j'adore!

On s'ennuyait, lui et moi. On s'était chatouillés, chamaillés, on avait regardé son épisode préféré de Dora, on avait appelé papa au travail... mais là, on s'emmerdait. Il n'avait pas envie de regarder la télé ou de faire de la couture avec moi. Je n'avais pas envie de sortir à peine 30 minutes avant de le coucher (vous avez déjà essayé de le convaincre de rentrer pour dormir? Bonne chance!) ni de jouer aux camions (pardon : de le regarder jouer avec ses camions... il me donne une petite voiture et je n'ai pas le droit de toucher à autre chose pendant qu'il fait rouler ses gros trucs). On n'avait plus faim, et ni lui, ni moi n'avions envie de ranger. Alors, je lui ai proposé de faire des muffins aux pommes.

"OUI!!!!" Il s'est levé du divan, où il s'était écrasé d'ennui, et il a couru jusqu'à la cuisine, s'est tiré une chaise jusqu'au comptoir, et m'a aidée à faire toute la recette, pour la première fois! (D'habitude, il commence à s'ennuyer à l'étape de mélanger les ingrédients humides).

Après quelques minutes, il me dit "Maman, j'adore faire des muffins avec toi!"

Aaaaaawwwww... C'est pour ces moments-là que je suis maman. C'est en pensant à ces moments-là que je suis triste pour les gens qui ne peuvent pas avoir d'enfants. C'est pour ces moments-là que j'accepte de me préparer une autre fois à la torture de l'accouchement et des semaines qui suivent.

Moi aussi, mon petit coco d'amour, j'adore faire des muffins avec toi.

mercredi 19 septembre 2007

Zoologie de la maternité

Parallèle entre les phases de la grossesse et du début de la maternité et les animaux...

Premier trimestre : marmotte. Ai-je besoin de l'expliquer? On s'endort n'importe où. Les hormones jouent à toutes sortes de jeux tout aussi désagréables les uns que les autres. Mais c'est pour une bonne cause, alors on se couche tôt, on se cache pour faire la sieste ou pour hiberner pendant trois mois.

Deuxième trimestre : écureuil. Regain d'énergie. On en profite. On fait des réserves. On bouge un peu plus. On met en conserves, on fait des gelées, on prépare la maison, on se lance partout...

Troisième trimestre : otarie. Pourquoi otarie? C'est la façon qu'on a de se retourner dans le lit. Et on se retourne souvent. Comme le ventre (et dans mon cas, la *&&?%?%$ de poitrine) prend toute la place, on ne peut pas vraiment se retourner normalement. On doit effectuer plusieurs transferts de poids de la hanche à l'épaule. C'est mon supermec qui imite le cri de l'otarie quand je me retourne.

Allaitement : vache. Ai-je besoin de préciser? On mange constamment, on donne du lait à toute heure du jour et de la nuit, et on change les couches du veau, remplies de fumier...

Je n'entrerai dans le troisième trimestre que dans deux semaines... mais j'ai déjà commencé la phase de l'otarie... *joie*.

Je chiale, mais je n'ai pas à me plaindre, et j'ai bien hâte de voir la p'tite binette du bébé qui joue au maïs éclaté dans mon utérus!

Correction

En lisant le dernier billet de Marie-Hélène, j'ai bien rigolé, mais ensuite, je me suis posé la question. Quand doit-on reprendre ses enfants?

Je ne suis pas pédagogue. Mais je suis dans un domaine qui exige que tout soit clair, voire impeccable (et je me venge dans mon blogue, qui est loin d'être impeccable). Les participes passés mal accordés (ou écrits à l'infinitif ou à la deuxième personne du pluriel), ça m'énerve. Les "si j'aurais" aussi. Si l'animateur de l'émission radiodiffusée du matin à Radio-Canada interroge un francophone qui travaille principalement en anglais à Ottawa et que ce francophone dit qu'il faut "rencontrer des besoins" et "prendre les opportunités", je deviens agressive, et je passe au mode CD pour me calmer.

Mais je ne reprends jamais (ou presque) mes amis ou mon mec. Je ne corrige que quand on me le demande ou quand je n'en peux vraiment plus. Et encore. Il m'arrive de changer de sujet pour ne pas avoir à critiquer la forme du message, forme qui monopolise tellement mon attention que je ne peux pas saisir le fond. Pourtant, je ne parle pas très bien parce que je parle trop. Je sacre à l'occasion. J'utilise le franglais. Je suis verbomotrice, surtout lorsque j'ai passé la journée à me casser la tête sur des urgences et que je n'ai parlé à personne de 7h30 à 16h (parlez-en à mes pauvres covoitureurs : ils vous interdiront de monter en voiture avec moi un jeudi ou un vendredi à 16h...). Je sais bien que si je commence à corriger tout le monde, plus personne ne voudra me parler. Moi-même, je déteste être reprise quand je dis quelque chose qui me tient à coeur, ça m'interrompt dans ma lancée, et ça m'énerve. Alors, je ne le fais pas. Quand mes amis m'écrivent des courriels, je ne les corrige pas. Je ne parle pas des fautes. Tant que je comprends. Souvent, ils s'améliorent sans que je n'aie à dire quoi que ce soit.

Mais dans le cas des enfants? Je reprends Estéban quand ce qu'il dit n'est pas clair. Il peut très bien dire le mot "biscuit". Mais il le prononce "fruit". Alors, lorsqu'il demande un biscuit, on lui donne une pomme. Il s'énerve. Je finis par lui faire dire "BIS-CUIT", et il le dit très bien. Mais la fois suivante, il dit encore "fruit". Je suis consciente que c'est très important de bien prononcer, et que c'est mon rôle de maman de m'assurer qu'il ait tous les outils en main pour bien se faire comprendre. Mais je mets l'accent beaucoup sur ce qu'il fait bien. Sur le fait qu'il construit de belles phrases. Chaque fois que je remarque une nette amélioration (et c'est fréquent), je le lui souligne. Mais je le reprends tout de même quand ce n'est pas clair. Mais bon, à un moment donné, ne va-t-il pas cesser de me parler, de peur que je le reprenne? Ou lorsqu'il apprendra à écrire, si je lui souligne les fautes, va-t-il cesser de me montrer ce qu'il écrit? Va-t-il détester écrire? À quel point dois-je mettre de la pression ou dois-je me retenir et le laisser expérimenter? Ça ressemble au dilemme du parent qui veut laisser son enfant jouer au parc, mais qui a peur qu'il se blesse... à quel point peut-on dire qu'on "surencadre" nos petits?

lundi 17 septembre 2007

Politique familiale

En lisant cet article sur Cyberpresse, j'ai eu du mal à comprendre.

Être politicien, ce n'est pas un emploi. Les politiciens n'ont pas de salaire, ils ont des "indemnités". En fait, j'ai du mal à voir la "carrière du politicien". Il me semble que pour bien faire un travail de politicien, il faut avoir vu autre chose. Il faut avoir eu une autre carrière. Je ne vois pas du tout la jeunesse comme un avantage en politique. Je ne parle pas seulement de l'âge, je parle surtout des expériences. Mais j'ai l'impression qu'on valorise un peu trop la jeunesse, symbole du renouveau. La plupart des chefs de parti sont en politique active depuis qu'ils sont sortis de l'université. Pas étonnant qu'on ait l'impression que les visages rajeunissent sur les affiches électorales et sur les sites Web de partis. Pas étonnant que ces jeunes élus demandent des congés parentaux. S'il y a un milieu où, je crois, il serait avantageux de faire sa famille AVANT de s'y lancer, c'est bien la politique. On comprend mieux ses électeurs quand on a d'abord vécu comme eux, non?

Je suis aussi consciente que les gens ont des enfants de plus en plus tard. La moyenne pour donner naissance au Québec se situe maintenant aux alentours de 30 ans. On attend d'avoir fini les études, fini de payer les prêts pour les études, d'avoir une permanence, d'avoir acheté une maison, d'avoir profité de son argent, de sa vie de couple... Comme la génération de nouveaux parents tarde à se brancher côté carrière, fait plusieurs essais de quelques années chacun, et attend la stabilité, voit les divorces se multiplier dans leur entourage... les enfants tardent. Même si on en veut. Même si on est avec le bon conjoint.

Remarquez, c'est un choix personnel, et je ne blâme pas les gens qui attendent. Surtout s'il faut attendre de rencontrer l'âme soeur, qui semble si difficile à trouver de nos jours. Mais j'ai l'impression qu'on fait peut-être un peu trop tout un plat avec la notion d'être "prêt" pour avoir des enfants, surtout quand on sait qu'on en veut, quand on sait qu'on sera un parent correct. De toute façon, t'as beau être "prêt", tu n'es jamais vraiment prêt. Devenir parent, c'est apprendre à s'adapter, peu importe l'âge ou la condition sociale. Un peu de stabilité, ça aide. Oui. Mais j'ai tendance à croire que la stabilité absolue, c'est une utopie. Un rien suffit pour qu'on tombe malade, pour que notre poste soit aboli, pour qu'un accident fauche la vie d'un proche.

Mais, tout de même... recommencer à travailler 3 jours après avoir donné naissance, c'est de la folie. Une personne qui se briserait le dos serait plus facilement excusée. Un collègue apprend qu'il doit bientôt s'absenter pour traiter un cancer? On s'arrange. Pourtant, ce genre de situation arrive souvent avec un préavis beaucoup plus serré que le préavis de quelques mois offert par la grossesse... Et se rétablir d'un accouchement, même quand tout s'est bien passé, ça prend du temps. Avoir un enfant, c'est dur, physiquement. Élever des enfants tout à fait normaux tout en travaillant, même dans les meilleures conditions, c'est beaucoup d'énergie. Et ça demande du temps. Ou, plutôt, ça demande une qualité de temps. Ça se marie mal avec les appels de citoyens enragés en pleine heure du repas. Chapeau à ceux qui peuvent le réussir. Mais, personnellement... quand j'entends des histoires à la "j'ai une carrière qui occupe 80% de mon temps et je réussis quand même à être papa/maman", je pense au stéréotype de l'homme d'affaires qui a un succès fou dans sa carrière, mais qui cumule les divorces et que les enfants-ados boudent. Remarquez, c'est un choix. Il y a pire. Mais j'sais pas... il me semble qu'on véhicule le mauvais message...

La belle vie

On dira ce qu'on voudra du lundi matin, mais j'ai bien aimé celui-ci.

J'étais bien, sous les couvertures. Il faisait frais dans la maison. J'étais au chaud. La douce voix rassurante de mon mec m'a tirée du sommeil. Il ne me parlait pas à moi. Il parlait à mon fils, qui, comme à l'habitude, était sorti du lit, couvertures, peluches et verre d'eau dans les bras. Voyez-vous, quand mon p'tit homme se lève, il amène son lit avec lui. Je suis persuadée que s'il avait les petits bras assez forts pour emporter le matelas, il le ferait. Il se tenait, debout, silencieux, au pied du lit. Interpellé dans sa lancée par son père.

"Il est encore tôt, coco! Tu devrais aller te coucher encore un peu."

"..."

J'aperçois la petite silhouette immobile et silencieuse, qui tente de décider de quel côté du lit elle se lancera.

"Tu as mouillé tes draps? Tu as fait pipi au lit?"

"Non. Mes pieds 'étaient p'u cachés"

Puis, il vient me voir.

"Maman, pousse-toi, fais-moi un peu 'place!"

Coup d'oeil aux gros chiffres rouges sur la commode près de ma tête. Il est temps que je me lève.

"Viens, coco, couche-toi à côté de papa, moi, je vais m'habiller et faire les lunchs."

"Pas coucher avec moi?"

"Je dois me lever. Et puis, t'auras plus de place comme ça."

Je roule hors du lit. Littéralement. Deuxième trimestre de grossesse dans trois semaines. J'ai pris une vingtaine de livres. Pour me retourner, j'utilise la technique de l'otarie : hanche-épaule-hanche-épaule-hanche-épaule. Pas très élégant. Et pas de tout repos. Mais j'ai très bien dormi, sous les couvertures chaudes. J'ai un peu d'énergie. Les vitamines de la veille font effet également, je sens la différence.

Estéban prend ma place.

"Peux-tu cacher mes pieds, si-te-plait?"

Chaque fois qu'il fait une phrase aussi complète, ça m'étonne. Pourtant, il en fait tout le temps, maintenant! Estéban n'aime pas dormir les pieds découverts. Et il n'aime pas porter des bas. De plus, le geste de lui cacher les pieds (et le reste du corps), c'est aussi un geste d'amour qu'on lui porte tous les jours, ça fait partie du rituel : cache les pieds, bisou, lire une histoire, autre bisou, re-cache les pieds, va aux toilettes, re-cache les pieds, réclame une ou deux choses, dodo. Le matin, ça le réconforte aussi.

Je me suis habillée, je suis descendue, j'ai préparé les lunchs, puis Estéban est venu me rejoindre. Papa était rendormi, et petit coco n'avait plus sommeil. Maman est ennuyeuse : elle prépare les lunchs et parle de s'habiller, de se changer, d'aller à la garderie... Blah. Estéban ouvre la télé et se blottit dans le grand fauteuil. Puis c'est la course, maman veut VRAIMENT qu'il s'habille... chatouilles, course pour se réfugier chez papa (qui, ce matin, malheureusement pour coco, est du bord de maman). Jeux et chatouilles jusqu'à ce que le petit soit convenablement vêtu de la tête aux pieds.

Puis, départ pour la garderie. J'embrasse mon mec, puis je sors, sacs à lunch sur l'épaule, petit dans les bras. Il y a de la glace sur ma voiture!!! L'été est vraiment terminé. Mais ça ne me dérange pas, ce matin. Il y a du brouillard. Ça a quelque chose de mystérieux. Je rêvasse. C'est long, il y a beaucoup de voitures sur la route. Estéban est silencieux... jusqu'à ce qu'il aperçoive un autobus. Puis un tracteur. Puis un gros camion. Puis, "le magasin à grand-papa", puis les rails de train. À l'occasion, il demande un pourquoi. Il s'amuse à pousser son questionnement. Je m'amuse à tenter de lui répondre du mieux que je le peux. On arrive à la garderie en même temps qu'une petite amie. Juste avant qu'on descende de la voiture, il m'affirme (car ce n'est pas une question) "maman, c'est toi 'vient me chercher tantôt!"

"Oui, mon coco, je viendrai te chercher tout à l'heure. Et on passera au magasin pour acheter d'autres bocaux à conserves, d'autre sucre pour la gelée de pommes." Il sourit de tout son visage. "Ok!" Il est heureux. Bisous, échange quelques mots avec la gardienne, puis je prends la route du bureau. Bon café, bon muffin, pommes cueillies en fin de semaine. Nettoyage du blogue (suppression de la pollution de la fin de semaine), puis traduction. J'adore mon boulot.

Un petit matin de septembre comme les autres. Pas parfait. Juste bien. La belle vie.

jeudi 13 septembre 2007

BWOF

Je viens de m'abonner à une revue de mode. "Wow", répondrez-vous d'un ton désintéressé. "Des gens meurent et toi, tu t'énerves pour une revue de mode."

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mardi 11 septembre 2007

Mon dernier GN de l'année

Claquée. C'était le seul mot que j'avais en bouche dimanche soir. Franchement, faire une fin de semaine grandeur-nature à 5 mois de grossesse, c'est... difficile. Surtout que c'était tellement un bon GN que je n'ai pas osé aller me coucher pour faire une sieste (même si j'aurais dû... comme d'habitude).

Voilà donc les photos de moi en costume (merci beaucoup, MJ, pour les photos!!!). Notez que, surtout dans le cas de l'Asiatique, j'ai tout fait : de la conception à l'exécution au maquillage... J'ai même pris le temps d'arranger deux perruques pour ne pas avoir à le faire sur le terrain (et pour avoir les cheveux qui viennent avec les persos!)

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Ces nouvelles qui font du bien...

J'ai juste envie de dire que, parfois, c'est donc bien fait...

Allez lire ce tout petit article.

Maintenant, j'aimerais avoir la photo de l'expression des policiers une fois arrivés sur place...

jeudi 6 septembre 2007

Pu capable!

Fallait que je l'écrive :

DORA et DIEGO, chu PU CAPABLE.

J'ai toujours la même toune dans la tête depuis deux jours, et ça me rend complètement folle. Je n'ai jamais aimé Dora, mais Estéban est tellement mignon quand il regarde ça... sauf que, bon, moi, les p'tites voix fatiguantes, les p'tites chansons répétitives, les clics de souris à la télé, l'animation japonaise "cheap", le mélange du français et de l'anglais, même à des fins dites "éducatives", ça m'écoeure. Au moins, les personnages n'ont pas une morale douteuse du type méchant-contre-bons, et puis l'épisode de Diego sur les dinosaures n'est pas créationniste. C'est déjà ça...

mercredi 5 septembre 2007

La fin et les moyens

Sur le plan théorique, la fin ne devrait pas justifier les moyens. En pratique, c'est autre chose. Parlez-en à toute personne qui a déjà reçu une contravention pour stationnement en zone illégale.

Mais si le geste est bon, doit-on se préoccuper de sa motivation?

Dernièrement, j'ai été confrontée à plusieurs reprises et en plusieurs endroits à un discours qui ressemble à cela :

"Le changement de cap environnementaliste des entreprises est uniquement motivé par le profit, et non par des critères éthiques ou moraux. Pour cette raison, j'hésite à changer mes habitudes de consommation : ce changement servirait uniquement à faire gonfler les poches des dirigeants d'entreprises."

Ce qui me vient en tête, c'est ce qu'un copain m'a dit, il y a quelques années, en parlant d'un autre copain : "Il ne t'aide pas pour t'aider, il t'aide parce qu'il a quelque chose derrière la tête, il te demandera un service un jour." Ma réponse? "Oui, mais il m'aide. C'est gentil de sa part de me consacrer du temps, peu importe pourquoi il le fait. De toute façon, même s'il n'était pas venu m'aider, s'il me demande de l'aide j'irais l'aider. C'est ce que les amis font."

Mon supermarché offre de la farine québécoise bio à un prix très proche de la fairne américaine pas-bio (en plus, il y a plus de choix de farine bio que pas bio...). C'est pour faire de l'argent, bien entendu, pas pour aider les producteurs locaux. Mais au fond, est-ce bien important? Dans le sens que personne ne nous ment. La farine est bel et bien certifiée bio par un organisme reconnu. Le prix est très comparable aux produits étrangers culitivé avec des pesticides chimiques. Le produit est réellement local : moins de transport, moins de gaz polluants. Et, de toute façon, j'ai besoin de farine, et le supermarché fera un profit sur la vente de la farine que je prenne celle qui vient de loin et qui n'est pas bio ou que je prenne celle qui vient de proche et qui est bio.

Il faut cesser de se raconter des histoires. Les entreprises sont peut-être des "personnes morales", mais ce ne sont pas des gens. Tout ce qui les motive, c'est le profit. Pas de profit, pas d'entreprise. Une mesure n'est pas avantageuse sur le plan financier? On ne la prend pas. Pour que les entreprises prennent un virage vert, il faut qu'elles y trouvent leur compte. C'est aussi simple que ça.

L'exploitation des humains continuera tant que nous accepterons de payer de la marchandise produite dans des conditions inhumaines. Nous refusons d'acheter ces produits? Les entreprises verront un profit à offrir des produits équitables. Quand les produits non équitable coûteront trop cher d'espace-tablette, ils seront relayés à l'arrière-boutique, puis ils disparaîtront. Et des gens viveront mieux, à cause de l'argent.

Si l'entreprise est motivée par le profit, alors le consommateur a le devoir de ne lui faire faire de profit que si elle respecte ses valeurs. Au final, l'entreprise sera donc motivée par le respect des valeurs du consommateur, ne serait-ce que pour que celui-ci consomme chez elle.