Le blogue d'ND

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mercredi 31 octobre 2007

Tibannerie

Dernier billet aujourd'hui sur les mots de mon fils!

Ce matin, alors que je partais travailler, costumée en pirate asiatique comme je l'étais au dernier GN (le seul de mes costumes qui me fait encore... je sais, je sais, j'ai commis un crime, j'ai osé prendre un déguisement de GN pour l'Halloween. Mais j'ai tellement passé de temps sur le costume du petit que j'ai négligé de m'en faire un) :

"Maman, t'as un costume!"

"Ben oui, comme toi, tantôt, tu vas porter un costume, hein?"

"Oui, en mostre du film des monstres"

Petite pause.

"Es-tu encore ma maman?"

"Ben voyons, coco! C'est sûr que oui! C'est juste un costume, là!"

Et dire que j'ai fait exprès pour ne pas changer la couleur de mes yeux ou encore pour ne pas utiliser de prothèses de latex et de maquillage à l'huile pour ne pas lui faire peur... Une perruque, un chapeau et un peu de noir au tour des yeux, voilà qu'il ne me reconnaît plus!

(Bon, je dois dire à sa défense qu'un de mes collègues ne m'a reconnue tout à l'heure qu'au moment où j'ai ouvert la bouche. Pourtant, je n'ai maquillé que mes yeux... et j'aurais pu en mettre plus!)

Ce n'est plus mon ami!

J'ai vraiment figé la première fois qu'Estéban m'a dit ça!

"J..., c'est p'u' mon amie!" m'avait-il dit sur un ton boudeur, dans la voiture, en revenant de chez la gardienne.

"Ah bon? Pourquoi?"

"Paaaaar'que, elle là, elle 'est pas gentille avec moi."

"Qu'est-ce qu'elle a fait?"

"Elle a pris mon camion. Pis moi là, je 'voulais pas."

"Qu'est-ce que tu as fait?"

"J'ai dit arrête. T'es p'u mon amie."

C'était il y a quelques mois. Dernièrement, il fait des liens. Selon sa gardienne, il est très gentil avec tout le monde, mais il joue plus avec certains qu'avec d'autres. Ce qui est normal : c'est son droit. On a plus d'affinités avec certaines personnes qu'avec d'autres, mais on ne doit pas se taper dessus.

L'autre jour, il me dit que C... n'est pas son amie, parce que c'est l'amie de J... et que J... n'est pas l'amie de E... qui est son ami à lui. Il fait des associations. Si X et Y s'aiment, si Z et A s'aiment, mais si Y et Z ne peuvent pas se blairer, alors automatiquement, A et X sont incompatibles dans sa tête!

Hier, il me dit, tout bonnement dans la voiture : "Z... n'est plus mon ami."

"Pourquoi?"

"Par'que, lui là, a poussé mon camion, pis moi là, je 'voulais pas."

"Mais tu t'entends bien avec Z... d'habitude, tu aimes jouer avec lui! Ça va être encore ton ami demain?"

"Oui. Juste aujourd'hui, Z... 'est p'u' mon ami. Demain, va être encore mon ami."

Et dire que des gens se compliquent la vie...

Personnalité

Je travaille depuis hier à traduire un document d'introduction pour une formation. Dit comme ça, c'est plate... mais... j'ai sauté sur ce texte. Il s'agit d'une formation qui vient de l'Enneagram Institute, sur les types de personnalité, leurs interactions, leur façon de voir le monde... Bon, certains diront que c'est de la psycho de cuisine borderline esotérique, mais c'est vraiment intéressant à lire et à traduire. Allez y faire un tour, pour le fun. Volilà le type de personnalité qui m'a sautée aux yeux :

Type 7 : The Enthusiast

The Busy, Fun-Lonving Type : Spontaneous, Versatile, Distractible, and Scattered

Sevens are extroverted, optimistic, versatile, and spontaneous. Playful, high-spirited, and practical, they can also misapply their many talents, becoming over-extended, scattered, and undisciplined. They constantly seek new and exciting experiences, but can become distracted and exhausted by staying on the go. They typically have problems with impatience and impulsiveness. At their Best : they focus their talents on worthwile goals, becoming appreciative, joyous and satisfied.

Bon, il y a plus sur le site, ce n'est qu'un court résumé, et l'objectif n'est pas de stéréotyper les gens... mais je dois avouer que c'est pas mal plus intéressant que l'astrologie!

mardi 30 octobre 2007

Comique

"Maman!!!! Viens ici!!!!"

"Estéban, il est tard, tu devrais dormir depuis longtemps! Ferme les yeux et repose-toi."

"Mais moi, je 'trouve p'u mon pitou, pis 'peux pas me reposer..."

ARGH.

"Ok, attends deux minutes..."

"Non, tout de suite!"

"Non, dans deux minutes. Maman a du mal à sortir du sofa!"

Mon mec me regarde, un sourire en coin.

"Tu veux que je t'apporte le téléphone pour que tu puisses appeler ta patronne et lui expliquer que tu ne peux pas entrer travailler demain parce que t'es prise dans le sofa?"

"Arrêtes de me niaiser!"

"Jamais!"

Toujours là pour m'aider, quoi... que je les aime, mes mecs!

lundi 29 octobre 2007

Commerciaux

C'est fou comme certains publicitaires nous prennent pour des épais. Complètement débile.

La pub, ça m'énerve. Sauf si elle est bien faite, et encore. Mais y'a des pubs qui me prennent tellement pour une imbécile que j'ai boycotté les produits.

Hier soir, j'étais écrasée (au sens propre) sur le sofa devant la télé. Le programme était ordinaire, mais la pub m'a fait réagir.

Vous avez vu les pubs de Nutella? "fait partie d'un déjeuner nutritif" "Chaque POT contient une tasse de lait, des protéines et de l'énergie" "c'est bon de bien déjeuner... Pendant ce temps, on voit une quantité phénoménale de lait versée dans le pot, de grosses noisettes toutes belles, et le produit tartiné sur du pain... blanc. On insinue que ce truc au chocolat aide à avoir de meilleures notes en cours. Dégueulasse. Du Nutella, c'est du sucre et de l'huile. C'est bon pour le goût et pour le moral. Pas pour la santé des enfants. C'est carrément irresponsable d'associer ça à la santé.

Ok, je me dis que je dois respirer par le nez. Sûrement les hormones qui me font chialer pour rien... Après tout, ce n'est que de la pub...

Mais là... y'a l'annonce d'antiacides (j'sais pas trop quelle marque). Un gros gars qui est tout content de pouvoir continuer à manger des trucs huileux et salés à profusion, pour continuer à avoir "une bonne qualité de vie" avec ses chums pour regarder le sport à la télé. On montre des exemples de malbouffe : ailes de poulet BBQ, du pseudochinois, des frites, de la pizza en format club... Et on dit "continuez à manger tout ce que vous aimez". Euh?!? Personne ne s'est dit que si le gars a mal à l'estomac, le mieux à faire, c'est de mieux manger, pas de prendre des pilules pour continuer de s'encrasser les artères? Oui, les antiacides, c'est bon pour gérer les symptômes, pas comme solution à long terme!!! Non mais, comment une entreprise (de produits pharmaceutiques, par-dessus le marché!) peut-elle fonder sa pub sur un principe qui va rendre les gens encore plus malades? Les brûlements d'estomac, ce sont des avertissements. Un genre de "réveille, si ça fait mal, c'est parce que ce n'est pas bon pour toi!". Si on prend des pilules et qu'on ignore complètement l'avertissement, il ne faut pas s'étonner que les maladies cardiaques figurent parmi les premières causes de décès non accidentels!

À ce point-là, j'ai baissé les bras. J'ai mis un DVD.

S'en mêler

"Si tu apprenais, de façon certaine, que le chum de ta meilleure amie la trompe... que ferais-tu?"

C'est la question complètement hypothétique qu'on s'est posée après avoir vu le dernier épisode de CA, la semaine dernière. Mon mec et moi n'avions pas exactement la même opinion.

D'après lui, mieux vaut s'en mêler et aller voir la "victime", soit sa copine qui se fait tromper. Selon moi, si on décide de s'en mêler (parce que ce n'est pas vraiment de nos affaires, avouons-le), c'est tellement délicat qu'on devrait aller voir d'abord le coupable, celui qui trompe sa blonde.

"Ben là, si tu me trompes, je préfère le savoir!" Me dit-il.

"D'accord, mais tu préfèrerais l'apprendre de ma propre bouche plutôt que de celle d'un de tes amis, non?"

"C'est sûr... sauf que... si le gars refuse d'aller tout avouer à sa blonde?"

"Ben là, ça dépend. Tout dépend du gars, de la conversation que t'as avec lui, de la fille, des relations entre chaque personne... imagine que tu découvres que ton meilleur ami est cocu, mais que t'as toujours détesté sa blonde et que tu ne t'es jamais caché pour le lui faire savoir. Si tu vas voir ton copain, ta crédibilité est vraiment poche, tu deviens le méchant et tu t'enlignes vers un désastre, sur tous les plans. Et même si ton copain te fait confiance, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir du déni..."

"Oui, mais quand même, tu ne peux pas laisser passer quelque chose comme ça!"

"Ben, ce n'est pas ton rôle d'aller foutre le bordel dans la vie de tes amis. Le rôle d'un ami, c'est c'est d'être là dans les moments durs... mais pas d'aller se mêler de la vie de couple des autres contre leur gré, sous prétexte qu'on veut les aider. À moins que le comportement du "coupable" soit dangereux pour la santé ou la sécurité de l'autre, mais dans ce cas là, c'est des cas de police ou de DPJ... C'est pour ça que la première personne à aller voir, si on veut vraiment faire quelque chose, c'est le coupable. Il faut le convaincre de régler ça. On peut offrir son appui à ses amis, mais imposer son aide, ça, c'est autre chose."

"N'empêche, on ne peut pas laisser une situation comme ça se passer sans rien faire. Y'a les MTS, y'a les risques liés à la sexualité, y'a aussi le bien-être émotionnel de nos amis..."

"Alors, tu fais ton job d'ami, t'as une conversation avec le coupable, ensuite, tu décides si ça vaut vraiment la peine de t'en mêler... mais je persiste à dire que la première personne à aller voir, ce n'est pas la victime. Comme première approche, c'est mauvais, et ça part mal la discussion."

"Si tout le monde est coupable?"

"Dans ce cas-là, où est le problème? Ça te donne quoi de t'en mêler?"

Je rappelle qu'on spéculait et qu'il y avait beaucoup de "si" dans notre conversation. On n'avait aucun exemple concret à citer, puisque ni lui, ni moi, n'avons été confronté à cette situation.

Votre avis? Purement hypothétique, on s'entend.

jeudi 25 octobre 2007

Commentaires

L'une des joies du troisième trimestre de grossesse, c'est qu'on a l'air enceinte. Maigre compensation pour l'inconfort continuel (changer de position change le mal de place, mais ne l'élimine que très temporairement), mais ça en vaut la peine.

Seulement... seulement, on dirait que beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu'une femme enceinte, c'est d'abord une femme. On se permet plein de commentaires qu'on ne dirait pas à un être humain dans toute autre circonstance... Pot-pourri de ce qu'on ma dit depuis les QUATRE derniers jours :

"Wow, t'es donc ben rendue belle!" (comme si je ne l'étais pas avant, pfeuh!)

"En téka, toi, tu ne manqueras pas de lait..." (inutile de préciser que la taille n'a rien à voir avec la production... plus c'est gros, plus ça fatigue la maman et plus bébé a de la difficulté à s'adapter, c'est tout)

"T'as donc ben grossi en quelques jours!" (ben oui, c'est ça... rappelle-moi de te dire la même chose après le temps des fêtes...)

"T'es donc ben pas grosse pour six mois!" (j'ai pris presque 30 lbs, et je suis sûre que y'en a au moins 10 dans les seins, et je dois ROULER hors du lit le matin, et il me reste un peu moins de trois mois à faire comme ça... faudrait que j'aie PLUS de bédaine?!?)

"T'as tout pris en avant, ça ne paraît même pas d'en arrière..." (merci de "tchèquer" mon cul, ça change le mal de place!)

Pensez-y deux minutes... diriez-vous ça à une femme pas enceinte? Pourquoi, alors, c'est "correct" de le dire à une femme enceinte? Je sais, je sais, ce n'est pas méchant. C'est même dit gentiment. Mais bon, il y a des trucs qu'on peut garder pour soi, hein... si vous tenez vraiment à faire de la conversation d'ascenseur à une femme visiblement enceinte, vous pouvez parler du bébé, de ses autres enfants ou du congé de maternité à venir, pas obligé de commenter sur son anatomie...

mardi 23 octobre 2007

Des excuses? Quelles excuses?

Suis-je la seule à penser que des excuses, ça ne se demande pas? Ça ne se réclamme pas, ça ne s'exige pas. Exiger des excuses équivaut à un caprice, à mon sens.

Des excuses, ça se présente. Ça ne s'exige pas. C'est tout. Ces mesdames et messieurs politiciens ont tort de réclammer haut et fort des excuses pour tout et pour rien. Voilà. Les seules personnes qui peuvent exiger des excuses, ce sont les parents et les profs, parce qu'eux, ils doivent éduquer les enfants, ils doivent leur montrer les règles du savoir-vivre, les règles de politesse. Et encore, ils doivent aussi donner l'exemple en s'excusant d'eux-même lorsqu'ils commettent des erreurs.

Chaque semaine, on entend parler d'une nouvelle demande d'excuses de la part d'un ministre ou d'un député. Des excuses présentées sous la menace, ce ne sont pas de vraies excuses. C'est juste une façon de faire taire les gens qui braillent. D'apaiser la maman qui est tannée d'entendre ti-frère se plaindre que t'as pris son jouet. Une excuse forcée ne peut être sincère, ce n'est donc pas une excuse.

Les gens qui se font avoir par des entreprises cherchent à obtenir un remboursement ou un dédommagement, pas des excuses. Les gens à qui un employé du supermarché manque de respect n'exigent pas d'excuses. Ils formulent des plaintes aux superviseurs. Voilà. Si l'employé ou l'entreprise s'excuse spontanément, tant mieux. C'est signe que c'est un être évolué. Mais il faut faire très attention de ne pas confoncre excuse et dédommagement.

On porte plainte, on exige un remboursement, mais on ne demande pas des excuses. C'est simple, non?

D'un autre côté, c'est une bonne habitude à prendre que de reconnaître ses torts et de présenter des excuses spontanément, quand on a fait ou dit quelque chose qu'on regrette, ou qui a blessé quelqu'un. Ce n'est pas facile, mais ce n'est pas très compliqué. Ça se fait en trois étapes :

1- énoncer le tort causé 2- exprimer ses regrets 3- offrir réparation, si possible

Pour être vraie, l'excuse doit être sincère, offerte. Pas réclamée ou forcée. Elle ne doit pas servir à obtenir un avantage. Ni à faire fermer la trappe à qui que ce soit.

Alors, mesdames et messieurs les politiciens, quand quelqu'un vous insulte, portez plainte s'il le faut. Mais arrêtez de nous casser les oreilles avec les enfantillages d'excuses et de mise de mots à l'index. Vous ne faites que vous embourber et perdre le peu de crédibilité qui vous reste.

jeudi 18 octobre 2007

Mais où est donc sa colonne?!?

Bien entendu, je parle de Monsieur Dion.

Je comprends qu'il ne veuille pas déclencher des élections. Je comprends que mieux vaut, pour lui, voter contre des projets de loi transformés en vote de confiance pour déclencher des élections que de voter contre un énoncé de principes avec lequel il n'est pas d'accord.

Mais pourquoi, ô pourquoi, doit-il blâmer le peuple pour ça?

"Les Canadiens ne veulent pas aller en élection pour une troisième fois en 3 ans et demi."

Ouain, pis??? Depuis quand les politiciens tiennent-ils compte de ce que veulent les poussinots et les poussinettes... euh... les Canadiens et les Canadiennes, pour déclencher ou non des élections? Les politiciens s'arrangent pour aller en élections quand ça les arrange, et là, des élections, ça ne plaît pas aux Libéraux. Voilà.

Monsieur Alakazou... euh... Dion, j'aimerais vous rappeler que les pouss... Canadiens ont élu un gouvernement minoritaire et qu'ils savent TRÈS BIEN que c'est un tour de force que de maintenir en poste un tel gouvernement. Le "peuple" s'attend à des élections depuis le lendemain des dernières élections. Avouez-le franchement : les sondages sont contre vous, et vous avez eu la chienne, ou vos députés ont eu peur de perdre leur siège.

J'aurais aimé que le chef de l'opposition se comporte en vrai chef et utilise sa colonne vertébrale au lieu de son colon. Qu'il se tienne debout et qu'il s'assume. Au lieu de dire "on va donner au peuple ce qu'il veut", quand il n'a AUCUNE idée de ce que le "peuple" veut, il aurait dû dire "si nous avons décidé de ne pas défaire le gouvernement sur un énoncé de principes général, c'est que nous préférons le faire pour des raisons précises, notamment, des abus législatifs que nous ne pouvons tolérer".

Être à l'écoute des citoyens, ça ne veut pas dire se borner à lire les sondages et les journaux. Ça veut dire réfléchir et lire entre les lignes. Messieurs Harper, Duceppe et Layton ont compris ça depuis longtemps. Ils ne blâment pas l'opinion des Canadiens pour justifier leurs actions ou leurs inactions.

En attendant, là, Harper se prépare à présenter un projet de loi complètement dément sur la justice. Juste les grandes lignes qui ont coulé à la radio me donnent des frissons : les films d'horreur me feront faire moins de cauchemars que le danger de ce prochain projet de loi sur la "justice". Pas étonnant que les brûlements d'estomac ont repris de plus belle depuis une semaine...

Si l'opposition ne défait pas ce gouvernement conservateur sur ces points, alors là, il mérite de se retrouver comme le PPC post-Mulroney : de passer à deux sièges seulement, d'avoir un chef même pas réélu dans sa propre circonscription, d'être forcé de se fusionner à un autre parti et de, finalement, ne conserver qu'une partie de son nom en souvenir du bon vieux temps.

mercredi 17 octobre 2007

Des légumes par les oreilles

Si je n'étais pas enceinte, je perdrais du poids... Sans blague.

C'était notre 18e panier de légumes cette semaine. L'an prochain, on en prendra un plus petit (mais on aura probablement un potager aussi... ce qu'on n'a pas fait cette année). Vous voulez une idée? Cette semaine, on a eu 2 lbs. de betteraves, 5 lbs. de carottes (que j'ai échangé contre du kale... il nous reste encore en masse de carottes, et je ne peux pas en manger moi-même), 5 lbs. de pommes de terre, un brocoli, une laitue, un chou rouge, une courge delicata, trois poivrons rouges, et 500 ml de relish aux courgettes. La semaine dernière, j'ai eu peu de temps et d'énergie pour cuisiner, alors il nous restait encore des radis, de la laitue, du boc choy, de la roquette (découverte de l'année pour moi!), une courgette, une petite citrouille, une courge poivrée, du céleri, un peu de panais, des oignons, de l'ail...

Comment faire pour tout préparer ça en une semaine?!? Il faut que je prépare mes légumes dès que je les reçois... sinon, j'en perds.

Donc, hier soir, corvée de légumes.

Les betteraves sont tout de suite allées dans le chaudron. La courge a été coupée en deux, évidée puis est passée au four. Pendant que le tout cuisait, j'ai fait de la compote de prunes (qui commençaient à ramollir...), puis pendant que la compote mijotait, j'ai lavé les laitues, coupé des radis, un poivron, un peu de chou rouge, j'ai mélangé puis séparé le tout en portions individuelles de salade. Hop au frigo. Ensuite, j'ai mis les betteraves dans de l'eau froide pour pouvoir les manipuler, j'ai vidé la compote dans des pots, j'ai pelé les betteraves, je les ai coupées en petites rondelles. Hop au frigo.

Les pommes de terre sont allées directement dans l'armoire. Je n'ai pas peur pour le brocoli et les poivrons, si on ne les dévore pas d'ici quelques jours, ils iront au congélateur, lavés et coupés, pour les sautés cet hiver.

Ce soir, ça continue. Le boc choy ira dans une soupe au miso et au tofu (vous l'avez deviné, je fais congeler ça dans des portions individuelles pour moi...). Je ferai sauter le kale, le reste de chou rouge et la roquette (oui oui! c'est bon sauté!) avec de l'ail et un peu de feta. Après souper, j'ai promis à Estéban qu'on ferait des muffins ensemble, alors la courgette va y passer. La citrouille et la courge poivrée seront encore bonnes en fin de semaine, si j'ai un peu de temps, je pense convertir la citrouille en purée pour potages, muffins, etc., et la courge en dessert au sirop d'érable.

Après tout ça, faut que je me garde de la place pour un peu de protéines! En fin de semaine, la courge delicata sera mélangée à de la purée de pommes de terre pour une version modifiée du pâté chinois... Boeuf haché (cuit avec avec des oignons et de l'ail), betteraves et courge/patates. Ne riez pas, c'est super bon!!!

mardi 16 octobre 2007

J'ai boudé le BAD

On dira ce qu'on voudra. Je n'ai pas participé au Blog Action Day. Pourquoi? Je pourrais dire que c'est parce que j'étais prise au boulot (ce qui est vrai). Mais j'avais déjà décidé bien avant que je ne posterais rien pour le BAD. Parce que je ne blogue pas pour ça.

Le concept était pourtant intéressant. Une masse de blogueurs qui, un même jour, parlent d'un même sujet d'intérêt public, dans l'espoir de faire bouger les gens. Cette fois : l'environnement. Noble.

Seulement, l'environnement, j'en parle beaucoup. Pas besoin d'un jour spécial pour en parler, je le fais quand je me sens inspirée. Pas besoin d'en remettre quand j'ai l'impression de devoir forcer la main à l'inspiration.

Aussi, à force de se faire casser les oreilles, on s'endurcit. Les médias parlent de la même nouvelle ad nauseam? On ferme le robinet des larmes après un boutte, et on se plaint que ce sont toujours les mêmes nouvelles qui reviennent. Pourquoi ce serait différent pour la blogosphère?

Si je blogue, ce n'est pas pour être "in". Ce n'est pas pour suivre un courant quelconque. C'est parce que je suis exhibitionniste. C'est parce que j'aime m'exprimer. C'est parce que personne n'est forcé de me lire, mais parce que j'ai tout de même ma liberté d'expression. Bloguer pour faire comme tout le monde, ce n'est pas moi. C'est peut-être pour ça que mon blogue soufflera sa troisième chandelle. J'suis comme ça, je fais les choses pour être bien dans ma peau, pas dans celle des autres. Ok, je m'auto-censure un peu. Mon papa m'a en RSS, et rien ne garantit qu'un jour, mes patrons ne tomberont pas ici par hasard. J'ai quand même un certain devoir de réserve sur la place publique.

Mon blogue n'est pas activiste. Il n'est pas partisan. C'est moi, et c'est tout. Je l'utilise pour livrer mes états d'âme, pour me vanter de ce dont je suis fière, pour chialer contre ce qui m'énerve, pour donner de mes nouvelles à ma grand-maman dont je m'ennuie depuis qu'elle a déménagé à Montréal et que je n'ai pas le temps d'aller visiter comme je le voudrais, pour ne pas oublier les trucs mignons que mon fils dit ou fait, pour inviter des amis à la prochaine soirée de jeux, pour partager des trucs ou simplement pour lire les commentaires de gens qui pensent comme moi (ou pas - qui suis-je pour juger?). Parfois, j'écris des billets de sensibilisation, des billets un peu plus activistes. D'autres fois, j'essaie d'expliquer certains trucs dans lesquels je m'y connais un peu. Mais en fait, ces billets de sensibilisation ou d'explication ne sont que le reflet de ce que je ressens, c'est tout. Je suis pour certaines choses, contre certaines choses, et j'exprime tout ça ici au gré de l'inspiration. Et je n'étais pas inspirée par le BAD. Désolée.

Je me sauve : j'ai mon panier bio-local à aller chercher ce soir...

lundi 15 octobre 2007

Pénurie

Quand je suis entrée au baccalauréat en traduction à l'Université d'Ottawa, en 2000, j'ai eu droit à un discours impressionnant : taux de placement des diplômés s'approchant du 100 %, principalement en raison de la qualité de l'enseignement et d'une pénurie des professionnels de la langue au Canada. Pas difficile d'obtenir un stage où on le voulait. J'avais le beau jeu à titre d'étudiante coop. Tout au long de mes études, j'ai eu droit au même discours. Les grosses boîtes de pige et le Bureau de la traduction courtisaient beaucoup les étudiants.

Même une fois en poste, on reçoit le même message : il y a beaucoup de travail et peu de travailleurs, et ça risque d'empirer... beaucoup. Personnellement, je ne connais aucun traducteur qualifié qui manque de travail. Hier soir, j'ai soupé avec des copains avec qui j'ai fait le bac. L'un d'eux est traducteur-réviseur-terminologue aux Territoires du Nord-Ouest. D'après lui, on aurait besoin d'au moins le triple de personnes là-bas... mais qui veut travailler là-bas? Et les pigistes qui travaillent d'ailleurs? Ça va pour la moitié des textes à traduire. Mais pour l'autre moitié, ça prend une connaissance de la situation, il faut être sur place pour comprendre de quoi il en retourne vraiment. S'il y a une pénurie de traducteurs qualifiés, de réviseurs qualifiés et de profs de français ou d'anglais qualifiés à Ottawa et à Toronto, imaginez à quoi ça ressemble à Yellowknife...

Ce n'est pas seulement dans le domaine de la langue. C'est comme ça partout. On manque de personnel qualifié dans presque tout. Ça prend des études pour être sacré professionnel de la langue. Des études qui sont, disons-le franchement, insuffisantes une fois sur le marché du travail (enfin, dans le cas des traducteurs...) Pour être fonctionnel, fiable, efficace, ça prend aussi de l'expérience. Idéalement, un « vieux de la vieille » doit nous prendre sous son aile.

Mais dans l'industrie de la langue, c'est plus payant de travailler que de former. La majorité des traducteurs sont pigistes, à leur compte. Une personne à son compte prendra-t-elle le risque ou le temps de former un jeune bachelier? Certains le font. Mais c'est rare. Il faut être dans une bonne boîte pour bénéficier d'une telle formation. Autrement, on connaît des débuts difficiles. Et même avec une formation, les premières années sont dures.

C'est aussi un métier qui n'est pas facile. Ça demande beaucoup de rigueur. Les clients demandent de la qualité pour hier, et c'est normal : ils ne comprennent pas notre travail. Beaucoup nous perçoivent comme des machines. Il n'est pas rare de se promener dans les ministères et d'entendre, à 16h le vendredi : « Voilà le rapport de 20 pages sur lequel on travaille d'arrache-pied depuis deux mois, il doit être traduit pour 8 h lundi matin, parce que la présentation est prévue pour 9 h. » (Il y a fort à parier que ce rapport est important. Et que deux ou trois traducteurs/réviseurs devront s'y casser la tête pendant toute la fin de semaine, sans pouvoir poser de question aux auteurs qui sont en train de se reposer avec leur famille). Si on n'est pas agréé ou si on ne fait pas partie d'une grosse boîte, on peut se faire avoir par des gens qui ne paient pas. On vend un service professionnel à l'unité, au mot, car c'est la seule unité universelle. Pourtant, un texte, c'est bien plus que des mots et une langue, c'est bien plus qu'un ensemble de signes et de règles. Plusieurs croient, à tort, qu'il suffit d'être bilingue pour traduire. Qu'il suffit de bien connaître une langue pour l'enseigner. Et ensuite, on s'étonne de trouver de mauvaises traductions, soit faites par des ordinateurs, soit faites par des gens à peu près bilingues un peu partout...

C'est une belle profession, qui gagne à être connue. Mais la beauté et la facilité ne sont pas compatibles ici. Je comprends que l'emploi puisse être peu attirant. Moi, je trouve que c'est un travail formidable, malgré tout.

Vous me direz que c'est bien beau de vouloir devenir un professionnel de la langue, mais qu'encore faut-il être bon en français. C'est vrai. Mais le français, c'est comme toute chose, ça s'apprend si on y met l'effort. Je connais de bons traducteurs qui sont dyslexiques : si eux peuvent faire un bon travail en y mettant l'effort, n'importe qui le peut. Certains apprennent moins difficilement ou plus rapidement que d'autres, c'est tout. Au final, c'est la satisfaction personnelle qui compte.

Vous me direz que c'est parce que la qualité de la langue se dégrade, que les jeunes sont plus paresseux qu'avant, etc. Je ne crois pas à ça. Je crois, au contraire, que les jeunes écrivent de mieux en mieux parce que de plus en plus. On connaît tous des adultes paresseux et des adultes allumés. C'est la même chose chez les ados. Ce qui est différent maintenant d'il y a dix ou vingt ans, c'est que les gens écrivent plus et qu'on a plus accès à ce qu'ils écrivent. Les tribunes pour s'exprimer se multiplient : blogues, forums de discussion, wikis... Même à l'oral, les tribunes téléphoniques et les vox-pop sont des plateformes très récentes : elles n'existaient pratiquement pas il y a vingt ans. On n'entendait et on ne lisait que des professionnels. Les textes bourrés de fautes ne se retrouvaient nulle part, alors pas la peine de les écrire. Les gens peaufinaient leurs textes pour qu'ils soient lus. Maintenant, ce n'est plus nécessaire. Aucune maison d'édition ne veut publier mon opinion? Je me crée gratuitement un blogue. Les jeunes communiquent plus au moyen du clavardage que du téléphone! Vous me direz qu'ils écrivent mal quand ils clavardent. Ouain pis? Au moins, ils écrivent. Et ils lisent (même si ce n'est pas de la grande littérature, ils font tout de même une certaine gymnastique mentale). Et ce que je remarque, c'est que, naturellement, ils soignent leur écriture en fonction du destinataire. Parce qu'ils comprennent vite que pour qu'on écoute ce qu'ils ont à dire, ils doivent s'exprimer avec clarté. Non, la langue, au pays, ne se dégrade pas. C'est notre exposition qui change et qui fausse notre perception, c'est tout. On s'y adaptera. La langue, c'est comme la politique ou la cuisine. Ça fait partie de notre vie, qu'on le veuille ou non, qu'on aime s'y plonger ou non, qu'on sache comment s'y prendre ou non. Ça prend des gens qui s'y intéressent, ça prend des gens motivés à apprendre. Seulement, il y a moins de gens.

Et les machines? Ben oui, les ordinateurs sont de plus en plus performants, pourquoi pas programmer quelque chose? Parce que les machines ne pensent pas. Ce sont des automates. Les ordinateurs ne comprennent pas les gens. Ils exécutent. La machine aide beaucoup l'humain à aller plus vite, à recycler, à vérifier... mais elles ne rédigent pas, elles n'enseignent pas. On peut programmer des règles, des probabilités, des paramètres culturels dans une machine. Mais on ne peut pas lui demander de comprendre un texte ou un élève. Pour cette raison, on ne peut pas se fier uniquement à des programmes : ça prend des humains. Des humains qui sont prêts à chercher dans des dictionnaires informatisés ultraperfectionnés (rédigés, mis à jour et programmés par des humains).

Tout ça pour dire que l'industrie de la langue vit une crise qui ne sera pas réglée demain matin. On en parle dans les journaux. On en parle beaucoup dans le milieu. Ne vous y dirigez pas en pensant pouvoir faire facilement de l'argent. Mais si vous pensez à vous réorienter, n'écartez pas d'emblée les professions langagières. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous pourriez quand même aimer ça.

vendredi 12 octobre 2007

Femme, travail, égalité...

Je viens de lire cet article. Honnêtement, je crois que c'est une mauvaise idée.

Oui, je suis féministe. Oui, je crois que sur la plupart des plans, les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes. Mais faire payer moins d'impôts aux femmes pour les inciter à travailler? Voyons donc! Si je payais moins d'impôt, je travaillerais moins! Je travaillerais un jour de moins, ce qui me rendrait plus productive les autres jours... et qui me permettrait de mieux concilier famille et heures supplémentaires...

Si l'objectif est de faire travailler celles qui choisissent de rester à la maison... c'est raté. La plupart des femmes qui décident de rester à la maison occuperaient, de toute façon, un emploi où la rémunération n'entraîne que très peu d'impôt. Ou encore, celles qui ont passé par une longue formation pour avoir accès à un salaire fortement imposé, mais qui décident de rester à la maison, décideraient de rester à la maison de toute façon : le gros job ne les intéresse tout simplement pas autant que leur vie de femme au foyer. Et c'est bien comme ça. Si je n'aimais pas mon travail, je travaillerais à faire autre chose, comme m'occuper de ma maison et de mes enfants, ou encore suivre une formation dans quelque chose de plus sain. Rester à la maison, contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas de tout repos.

Ce n'est pas parce que la situation des femmes est injuste qu'il faut créer une injustice inverse pour la rétablir. L'égalité des sexes, c'est dans la Charte. Et on y tient.

Si on veut que les femmes travaillent plus, il faut que les hommes aient accès au même traitement qu'elles. J'ai fait un petit calcul rapide. Si j'avais décidé de ne pas avoir d'enfant, ou de retarder la maternité, je ferais au moins 5000 $ de plus par année que maintenant. Ça, c'est le minimum. Probablement que l'écart s'approcherait plus de 10 000 $. Mais j'ai pris un an de congé en pleine formation, ce qui a retardé la formation, retardé la promotion, retardé les augmentations de salaire. Un de mes copains de l'université, qui a obtenu son bac en même temps que moi, est déjà gestionnaire. Une de mes collègues qui a mon âge, qui a commencé à travailler ici en même temps que moi, mais qui n'a pas eu d'enfant, forme des recrues depuis un an. Ceux qui forment et qui gèrent font pas mal plus d'argent que moi. Avoir des enfants, c'est un choix qui a des répercussions sur notre salaire, sur nos promotions. Je ne parle pas de payer la garderie, là. L'homme peut aussi bien payer la garderie que la femme. Mais l'homme a droit à moins de congés. Si l'homme prend tous ses congés, la femme a droit à moins de congés payés. Un petit est malade? Dans la majorité des cas, c'est la femme qui quitte le bureau. Moi, je suis chanceuse, j'ai des congés payés pour ça... mais ce n'est pas le cas des gens qui ne travaillent pas dans la Fonction publique. Si on veut que les hommes et les femmes aient accès à un même traitement, il faut que le fait d'avoir des enfants influence les deux sexes de la même façon. Ce qui serait difficilement le cas... puisque seulement un des deux a la capacité de porter l'enfant.

On veut que les femmes aient accès à de meilleurs postes? Hmmm... Une piste : mettre fin aux milieux compétitifs pour favoriser un milieu collaboratif. Mais bon. On peut toujours rêver. Il y aura toujours des gens qui croiront que pour être bon, il faut être meilleur que tout le monde. Que pour être au top, il faut sacrifier tout le reste. Tant que ce sera comme ça, les femmes qui décident d'avoir des enfants n'auront accès que très difficilement à ce top. Et le taux de divorce ne diminuera pas.

mardi 9 octobre 2007

Apprendre à jouer

Bonjour, je m'appelle Andréanne et je suis joueuse non compulsive.

Je ne parle pas de jeux de hasard où l'on perd/gagne de l'argent. Je parle de jouer. En fait, je me fous de gagner ou de perdre (quoique...). Ce que j'aime surtout, c'est jouer.

Je suis rôliste. Pourquoi? Parce que j'aime jouer, mais que j'aime bien réussir (et non gagner). Le jeu de rôles, c'est du jeu à l'état pur. Ce n'est pas pour tout le monde. On est joueur ou on ne l'est pas. On fait confiance à son imagination ou on n'y fait pas confiance. Ce qui est pour tout le monde, c'est plutôt le jeu de table. Tout le monde aime au moins un jeu, que ce soit un jeu de cartes, de dés, ou de société. Les enfants apprennent en jouant. Les adultes font des jeux pour former d'autres adultes. On joue pour passer le temps, on joue pour rester alertes, on joue pour se détendre, on joue parce qu'il y a une panne de courrant, on joue parce qu'on est en groupe, on joue parce qu'on est seul. Quand j'étais petite, j'avais un grand-papa cartes. Mon arrière-grand-père. Je l'appelais grand-papa ca'tes parce qu'il jouait toujours aux cartes. Chez mes grands-parents maternels, il y avait des jouets pour les enfants, mais il y avait aussi des jeux comme Quelques arpens de piège, ou Scrabble. Je me souviens m'être assise sur les genoux des adultes pour les regarder jouer. Qu'ils gagnaient ou qu'ils perdaient, ils étaient souriants : ils étaient ensemble. Je n'ai que de bons souvenirs de ces moments.

Chez moi, je n'ai pas de console de jeu. Et ça ne me manque pas du tout. Par contre, j'ai des jeux de société...

En 1998, lorsque je suis arrivée en Allemagne, j'ai tout de suite trouvé un groupe de rôlistes pour jouer. Il se trouve que ces rôlistes étaient aussi des "gamers". Ils m'ont montré Siedler von Katan (les Colons de Catane), un "nouveau" jeu là-bas. Un jeu de société qui a changé ma vie. Quand on dit "jeu de société", les gens pensent tout de suite à Monopoly. Mais le Monopoly, c'est plate (enfin, moi, qui aime jouer, je n'aime pas ce jeu-là... je le trouve... comment dire... humiliant? C'est trop long, et c'est un jeu où on ne peut que perdre... quand tout le monde a perdu, le dernier qui reste gagne... C'est contre ma non-religion...). Alors quand on m'a montré les Colons, j'ai capoté. Je n'ai jamais gagné avec les Allemands. Mais on passait des journées et des soirées à s'amuser. J'ai rapporté le jeu à mes parents. J'ai traduit les quelques cartes et j'ai expliqué les règles. On a passé quelques soirées au tour de la table à jouer, à rire, à jaser.

Les Colons de Catane venaient de me faire découvrir le vrai jeu de société. Le vrai jeu de table. Honnêtement, si vous n'y avez jamais joué, il manque quelque chose à votre vie... Vous pouvez ne pas aimer, mais vous devez l'essayer.

En fin de semaine, c'était l'ouverture officielle de Jeux Triboulet, une superbe boutique de jeux à Gatineau. Je n'ose pas trop donner de détails, parce que les propriétaires n'en ont pas encore parlé sur leur propre blogue... Mais si vous êtes dans le coin de Gréber, entre LaVérendrye et Maloney, je ne peux que vous encourager à y aller... c'est vraiment, mais vraiment bien. L'un des propriétaires a d'ailleurs découvert les jeux de table grâce au jeu des Colons de Catane que j'ai rapporté d'Europe, la même boîte.

Estéban nous voit jouer depuis longtemps. La semaine dernière, à la boutique, une charmante jeune femme lui a montré le jeu de "la petite vache", un jeu pour les enfants de 4 ans et plus. En simplifiant les règles, Estéban qui n'a que trois ans, peut y jouer. Il aime beaucoup y jouer avec des adultes... En fin de semaine, il l'a essayé avec Eléanor, sa copine de 4 ans. Elle a gagné. Elle était très fière de gagner. Et de le répéter. Estéban, lui, a pleuré, parce que ça voulait dire qu'il avait perdu. La défaite était amère. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il ne gagnait pas. C'était la première fois qu'il se sentait comme un perdant. J'ai essayé de lui expliquer que le plaisir, c'était de jouer avec sa copine, pas l'issue. Mais il n'a pas voulu réessayer. Je ne l'ai pas poussé. Les petits sont passés à d'autres jeux, des jeux de rôle : princesse, chevalier et dragons, ou encore reproduction de scènes familiales en cuisine (la petite a demandé au petit : "chéri, peux-tu faire le souper, s'il vous plaît?"). Le lendemain, il a voulu rejouer à la petite vache avec son oncle. Ce matin, il m'a demandé s'il pourrait rejouer. Bientôt, il apprendra à perdre et à gagner avec grâce. Il est encore petit. Pour le moment, ce qui importe, c'est qu'il aime jouer.

Le jeu de table, ou de société, ça rapproche. Rien ne nous force à parler de soi si on n'en a pas envie. Mais si on en a envie, c'est une bonne occasion de le faire. C'est une bonne entrée en matière. Tout ce qu'il faut faire, c'est suivre les règles, rouler les dés, déplacer des pièces ou placer des cartes, et avoir du plaisir à le faire. En même temps, si on a eu une mauvaise journée, on peut penser à autre chose, ou encore en discuter tout en se donnant la possibilité de changer de sujet.

Ils

Je déteste les films où il y a du sang pour rien (et les films où il n'y a pas de sang quand il devrait, logiquement, y en avoir). Les trucs dégueu juste pour être dégueu, le "gore", ça m'écoeure, je n'aime pas. Mais le suspens, ça, j'aime. Cependant... parfois... j'suis pas capable.

Nous sommes abonnés à Super Écran. Il y a quelques semaines, on a commencé à y montrer un film français dont je n'avais jamais entendu parler : Ils.

On a comparé ce film à BlairWitch Project, mais à mon sens, ça n'a rien à voir. Ça me faisait plus penser à du Hitchcock... avec plus de suspense et des plans de vue complètement différents. Pensez à "The Birds", avec moins de dialogue.

J'ai commencé à le voir il y a quelques semaines. Mais j'étais incapable de tout le regarder, j'avais trop peur, j'étais trop stressée. Quand j'ai commencé à le regarder, j'ai dû activer le système d'alarme de la maison, même si j'y étais... juste au cas... Hier, j'ai finalement été capable de voir la fin. Je me disais que ce film ne pouvait pas finir autrement (sinon, ça aurait été un échec). Vraiment, si vous aimez être rivé à votre fauteuil, si vous aimez être dans l'attente (parce que tout est dans l'attente, dans les gros plans, dans l'inconnu), regardez ce film. Mais si vous êtes comme moi, munissez-vous d'abord d'un système d'alarme à la maison pour être capable de dormir la nuit...

vendredi 5 octobre 2007

Tough on drugs

Pourquoi est-ce que "peine minimale d'emprisonnement pour les infractions graves liées à la drogue" dans la bouche de notre cher premier ministre est synonyme de "ALERTE ROUGE"?

Ça sent l'élection à plein nez. On fait plaisir aux chialeux qui votent sans savoir de quoi il en retourne vraiment.

Investissement de 64 millions CAD (qui a surpassé l'USD) dans des programmes de prévention (mais SURTOUT pas dans des programmes de traitement à la méthadone et dans des programmes d'échange de seringues, ou de pratiques sécuritaires de tatouage en prison) ET un projet de loi modifiant le Code criminel... Pour imposer des peines d'emprisonnement obligatoires aux revendeurs... Vous savez ce que je pense des peines minimales pour des trucs du genre...

Les gens prennent vraiment les juges pour des tatas. Ils s'imaginent qu'en durcissant les lois pour tous, ça va régler les choses. NEWSFLASH : les situations ne sont pas noires ou blanches. Ça prend de la place, le gris. Quand on uniformise, ça donne des histoires d'horreur.

En ce moment, selon le Code criminel du Canada, les infractions liées à la drogue sont passibles d'un minimum d'une amende, et d'un maximum d'un emprisonnement à vie. Quoi, y'avait pas assez de jeu? Vous croyez VRAIMENT qu'un juge condamnerait un revendeur récidiviste à 100 $ d'amende? COME ON! Les infractions graves reçoivent DÉJÀ des peines sévères d'emprisonnement dans notre système. C'est juste que, des fois, certains facteurs remettent l'infraction en perspective. À quand la peine minimale d'emprisonnement de TRENTE ans de prison, comme nos voisins du sud? Ah, j'ai dit que notre taux de criminalité est VRAIMENT plus bas que le leur? Je sais, ce n'est pas un outil de mesure fiable... mais quand même... Pourquoi copier un système qui ne fonctionne pas?!?

J'suis fâchée là... Je n'aurais pas dû traduire les résumés de reportage ce matin...

mardi 2 octobre 2007

Ces parents GO

Enfant, à la maison, je ne coloriais pas dans les livres. Ma mère rapportait de grandes feuilles de papier qu'elle collait au réfrigérateur, et c'est là-dessus que je dessinais. Sur de grandes feuilles blanches. Le coloriage, c'était pour la garderie et l'école.

J'ai de très vagues souvenirs de mon enfance. Je sais que j'étais heureuse. Je jouais, et mes parents lisaient en écoutant de la musique. Bien entendu, je sais que ce n'était pas toujours comme ça, mais c'est de ça que je me souviens. Je me souviens des heures de bricolage, d'avoir appris à manier des fils de couleur pour broder ou pour faire du petit point.

Mes parents n'étaient pas des GO (gentils organisateurs). C'étaient des parents. De bons parents. Ils s'intéressaient à ce que je faisais, suggéraient certaines activités, me demandaient de les aider à nettoyer ou à faire telle ou telle activité. Ils m'ont montré à lire une portée, à trouver un do, d'abord sur une flûte à bec, ensuite sur un piano. Mes parents sont patients. Ils ne faisaient rien à ma place. Ils me donnaient leur avis, des conseils, mais me laissaient faire des erreurs. C'est dur, de laisser son enfant faire des erreurs. Bon, je dois dire que je n'étais pas l'enfant la plus difficile.

Où est-ce que je veux en venir? À cette tendance GO chez les parents. Je n'ai pas vraiment connu ça personnellement. Je n'ai pas ce réflexe de surstimuler mon enfant pour me rattraper des heures où je ne le vois pas. Je laisse le coloriage pour la garderie. Chez nous, il se retrouve devant des pages blanches, des bouts de carton, des crayons, des ciseaux et un bâton de colle. Samedi, au parc, je me suis assise sur l'herbe pour le regarder jouer. Il est capable de grimper sans moi, maintenant. Il est capable de choisir entre la glissoire et le tunnel. Souvent, il me lance des "regarde-moi, maman!" ou "peux-tu m'aider, 'plaît?". Parfois, je me lève. Pour le pousser sur la balançoire, par exemple. Il est encore petit, ce n'est pas évident pour lui. D'autres fois, je l'encourage à essayer de nouveau, par lui-même... faut dire que la bedaine qui pousse pas mal m'aide à rester assise!

Mais samedi, au parc, j'étais la seule maman à m'assoir dans l'herbe pour regarder mon enfant jouer. Il y avait pas mal d'enfants, et je dirais que le plus petit avait deux ans, soit un de moins que mon fils. Les mamans se jetaient partout. Soulevaient leur enfant avant même qu'ils n'en fassent la demande. Guidaient leurs enfants. Faisaient des grimaces, des singeries. À un moment, j'ai vu le plus petit qui avait de la difficulté à grimper la petite échelle. J'ai aussi vu qu'Estéban l'avait vu (il fait très attention aux autres enfants, il semble beaucoup plus conscient de ce qui l'entoure que moi...) Estéban a observé le petit garçon très sérieusement, puis, après quelques instants, il lui a donné des conseils. " Faut tu mettes ta main là, en haut. Pis ton pied là." (ce qu'il parle bien!!!) Le petit a soulevé son bras pour faire ce qu'Estéban avait dit, mais sa mère est arrivée, l'a pris et l'a soulevé pour qu'il puisse se rendre en haut. Estéban a haussé les épaules et est retourné jouer avec des cailloux. "Regarde, maman, lui, ça brille!". Il est venu me montrer son caillou avant de l'enfouir dans sa poche.

Je ne crois pas que les enfants ont besoin qu'on fasse tout pour eux, qu'on organise leurs jeux. Ils ont besoin d'aide pour faire certains trucs, c'est sûr... mais ils ont surtout besoin qu'on les aide à pouvoir le faire eux-mêmes. Je ne sais pas si la page blanche est liée à l'imagination. Chose certaine, Estéban et moi avons ça en commun : une capacité d'imagination importante, et des parents qui nous mettaient devant des pages blanches...

lundi 1 octobre 2007

Jamais contentes (2)

Avertissement : chialage personnel et sujet sensible. Vous aurez été prévenus.

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