Le blogue d'ND

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 20 juin 2008

Célèbre

Découvert chez Moonlady et chez Chocolyane - une sympathique application qui reconnaît les visages et qui les associe à des visages de personnes célèbres. J'ai essayé avec quatre photos prises le même jour devant le miroir, et voilà ce que ça donne! Chouette, hein? Si ça vous intéresse, c'est par ici.

L'évolution, c'est dans les détails

C'est étrange comme notre vision peut se limiter à de simples détails. Hier, après l'entraînement d'aïkido, c'est un petit détail qui m'a frapée. J'étais essoufflée, comme d'habitude, mais je ne suais presque pas. J'avais quand même mal partout, et après la douche, j'ai eu le buzz d'endorphines comme d'habitude, alors je sais que j'ai travaillé aussi fort que d'habitude. Mais je me réaproprie lentement le corps qui me permettait de faire tout ce que je voulais en 2006.

Quand j'ai mis les pieds dans le dojo en janvier 2006, je pesais 125 lbs (j'étais en plein milieu de mon poids santé selon l'indice de masse corporelle - on dira ce qu'on voudra de cette échelle, mais dans mon cas, elle est un excellent point de repère), je courais une vingtaine de kilomètres par semaine, je faisais du yoga à l'occasion, bref, j'étais en excellente forme. Après deux semaines, d'aikido, on voyait bien mes triceps, mes biceps, mes quadriceps. Après un mois, je percevais presque mes muscles abdominaux sous mes vergetures (je pesais quand même 200 lbs enceinte, ça fait beaucoup de peau, même une fois le poids perdu, mais rien qui ne paraissait sous mes vêtements). Et je ne suais pas. En fait, si, je suais, mais c'était loin de paraître.

Je n'étais pas la seule nouvelle, il y avait Robert aussi. Un gars très gentil (tout lemonde est gentil au dojo, ceux qui ne le sont pas ne resteraient pas longtemps de toute façon... c'est un art martial coopératif, l'entraide est au coeur de l'entraînement), mais à côté de moi, il semblait énorme. Très grand et très costaud. Il devait mettre un bandeau sur son front pour que la sueur ne lui coule pas dans les yeux. On passe l'hiver à se projeter partout sur les tatamis, puis l'été arrive. Un été chaud, collant et humide. Là, j'ai sué - j'étais rouge et je suais, puis c'était tellement humide que la sueur ne s'évaporait pas, elle collait à la peau. À la fin de l'entraînement Robert m'a offert un de ses grands sourires habituels : "hey! C'est la première fois que je te vois avoir chaud! T'en as eu pour ton argent!"

Puis, bon, en mai 2007, j'ai dû prendre une pause. J'étais enceinte, et les chutes étaient proscrites. Surtout que j'avais déjà fait une fausse-couche en janvier, je n'avais pas envie de prendre de risques. J'aurais pu continuer, mais je n'aurais pas pu subir le tiers des techniques. Et puis j'étais fatiguée, je travaillais, je revenais à la maison avec mon "grand" garçon, et j'étais épuisée. J'avais de bonnes intentions, mais je suis devenue de moins en moins active, préférant le sommeil à la course. J'ai repris cinquante livres. Cinquante.

Quand j'ai remis les pieds au dojo en mars 2008, ma poitrine prenait toute la place dans le gi. Ma ceinture était à peine assez longue pour que je puisse l'attacher comme il le faut. Je n'avais plus de tonus musculaire, en particulier à l'abdomen. Je n'avais pas oublié comment faire des roulades, mais ces mêmes roulades étaient pénibles. J'avais du mal à me relever, du mal à tout faire. Et je suais beaucoup, même si j'y allais molo. Même s'il y avait des bancs de neige de dix pieds dehors. Je me faisais projeter trois fois de suite, puis je devais arrêter quelques secondes pour reprendre mon souffle. C'était carrément pénible. Ça, c'était il y a à peine trois mois (oui oui, y'avait des bancs de neige de dix pieds y'a trois mois!).

Hier soir, ça m'a frappée. Pas de sueur qui coule le long de ma tempe. Mes joues roses étaient restées roses, elles n'avaient pas pris cette teinte écarlate d'il y a trois mois. Je me suis fait projeter dix fois de suite et j'étais prête à fêter ça avec une dizaine de chutes plaquées. Je suis encore à dix livres de mon poids santé, donc à vingt livres de ce que j'étais en janvier 2006, mais je discerne mes triceps et mes biceps sous les réserves adipeuses. Je m'essouffle, mais moins rapidement. Ce matin, j'ai même dansé sur "I Like to Move it Move it" avec Estéban dans les bras. Estéban, qui pèse le poids que j'ai perdu depuis que j'ai accouché.

L'amélioration, on ne la voit pas venir. On ne peut remarquer qu'un ensemble de petits détails qui finissent par s'additionner. On finit par devenir meilleur, un détail à la fois.

jeudi 19 juin 2008

Le pouvoir des mots

Je viens de lire cet article dans la section "insolites" de Cyberpresse.

Je crois que la personne qui rapporte la nouvelle a dû traduire ce qui se trouvait sur le fil de presse sans connaître vraiment le contexte... Quand j'étais en Allemagne, j'ai demandé, un jour, à des copains s'ils connaissaient leur hymne national. Ils ont tous ri. "On ne connaît que la strophe qui est interdite. Les autres, aucune idée de ce qu'elles disent." Moi, qui connais par coeur l'hymne national du Canada en français et en anglais sans être fédéraliste pour autant (et sans le trouver particulièrement bon aussi), ça m'a étonnée. Ils m'ont alors expliqué que leur hymne national avait été "perverti" par les nazis. En fait, les nazis n'avaient pas leur hymne version nazie - ils mettaient hors-contexte une strophe, le fameux "Deutschland Deutschland über alles". J'ai demandé pourquoi ils avaient ça dans leur hymne (quoique nous, on a un "terre de nos aïeux" ou "our home and native land", alors qu'on est presque tous descendants d'immigrants). L'article de Cyberpresse traduit cette phrase par "l'Allemagne au-dessus de tout". C'est une interprétation possible, mais pas juste. Une traduction plus juste serait "l'Allemagne par-dessus tout." Où est la nuance? C'est un chant patriotique. C'est comme dire "mon pays est ma priorité", pas "mon pays est supérieur aux autres". Mais les nazis ont choisi d'exploiter cette deuxième signification. Donc, quand ils ont perdu, cette strophe a été interdite. Tout comme les uniformes dans les écoles (pas d'uniforme dans les écoles privées en Allemagne - à cause des nazis qui l'avait imposé pour "mouler" les gens).

En d'autres mots, ce n'est pas "la version nazie" qui a été sous-titrée... c'est l'ancienne version, non censurée.

Ça ne change pas que deux employées se sont trompées. Intéressant qu'on leur propose des cours d'histoire. Peut-être que les journalistes devraient aussi avoir une formation du genre... En fait, dans un monde idéal, nous aurions tous du temps pour recevoir dix fois plus de formation que ce qu'on a maintenant. Mais dans notre monde infoboulimique, ce n'est pas évident - tout doit être fait très vite, trop vite.

mardi 17 juin 2008

Silence

Ça y est, ma voix est presque toute partie. Elle jouait à je-pars-je-reviens depuis deux semaines, mais là, j'ai vraiment du mal à me faire entendre. Au moins, ça ne fait presque pas mal, et ça ne m'empêche pas de dormir. C'est juste difficile de répondre à toutes les questions d'Estéban (lui, il a toute sa voix), surtout qu'il me fait répéter beaucoup parce qu'il n'entend pas toutes mes réponses. Bah, ça va revenir. J'espère juste que ça reviendra avant le 27... parce que le 27, je me transforme en vampire, et que j'ai besoin de ma voix pour essayer de "survivre"... Et puis, comment expliquer qu'un vampire perde la voix? Pas évident! Tout comme j'ai du mal à expliquer comment mon personnage (que je n'ai pas joué depuis deux ou trois ans) ait pris du poids, surtout dans la poitrine! Mais bon, je devrais me trafiquer un costume potable, pour la cause...

Je crois que je vais laisser les images parler à ma place cette semaine, sur mon blogue comme dans ma maison. Question de me reposer les cordes vocales et de terminer des projets, comme une garderobe d'été pour mon fils et pour moi.... Nous avons le même problème : nos vêtements de l'an dernier sont trop petits... Si j'y pense, je mettrai des photos dès que j'en aurai.

Sur ce, bonne semaine!

jeudi 12 juin 2008

Briser le cycle

Depuis quelques jours (je ne sais plus au juste combien), je suis dans un cycle de grosse. C'est quoi un cycle de grosse? C'est simple. C'est quand on se trouve moche, mais qu'on fait tout pour continuer à se trouver moche, jusqu'à ce qu'on soit à se point écoeurée de se trouver moche qu'on se donne un coup de pied au derrière et qu'on brise le cycle. Le coup de pied au cul, ben c'est aujourd'hui que je me le suis donné. Et ça fait du bien.

C'est que la semaine dernière, je me suis fait poser un Mirena. Je ne me souvenais pas avoir subi des effets secondaires la dernière fois... mais là, ça m'est revenu. Je n'ai pas été SPM depuis très longtemps, et on oublie vite comment on est dans ces cas-là : ballonnée, dégueu, et une envie folle de saboter tous mes efforts pour bien manger. Je sais très bien que ça va passer, le temps que mon corps s'habitue. Mais bon, en attendant, vive l'ibuprofen.

Sauf que l'ibuprofen, c'est bon pour les crampes et les maux de tête, mais ça ne fait absolument rien pour le cycle de grosse. J'ai juste envie de m'empifrer de chocolat sucré (beark, c'est à peine s'il y a du chocolat là-dedans), ou de tartinades de noisettes au chocolat sur du gros pain blanc pas bon. Bouger? Ça me ferait du bien. Beaucoup de bien. Mais je n'en ai pas envie. Parce que je me sens moche, et l'ennui quand on se sent moche, c'est qu'on n'a pas envie de faire autre chose que de se trouver moche. Et là, ce n'est pas une question de poids. C'est sûr qu'il m'en reste encore à perdre, mais le cycle de grosse, je l'ai eu à tous les poids, même quand j'avais le corps dont je rêvais, bien installée dans mon poids santé. Et puis, j'ai réussi à briser le cycle à tous les poids aussi, même quand je pesais plus de 50 lbs. au dessus de mon poids santé.

Or, donc, aujourd'hui, je me suis rendue au point d'écoeurantite. Tellement dégoûtée de me sentir patapouf, même si c'est juste dans ma tête, que j'ai chaussé mes espadrilles, j'ai mis Marilise dans la stéboumobile (une poussette exprès pour faire de la course sur pas mal tous les types de terrain) et je suis sortie de chez moi. C'est tout ce que ça me prenait. J'ai marché jusqu'au coin du chemin privé, puis j'ai couru jusqu'au stop. Je suis revenue à la course aussi, puis j'ai marché. Une fois chez moi, je me suis étirée et j'ai fait quelques redressement-assis. Et voilà, le cycle est brisé. Je me sens encore un peu moche, mais le sentiment va s'estomper parce que je suis sortie de mon sofa. Parce que j'ai profité du soleil. Parce qu'en revenant, j'avais envie d'eau et de fruits. Je n'ai pas touché au chocolat. Plus envie.

Il y a quelques années, dans une de mes premières rencontres WeightWatchers, une dame a dit, en parlant de l'exercice : "On regrette toujours de ne pas l'avoir fait, mais on ne regrette jamais de l'avoir fait, et ce, même s'il fait un temps de chien dehors." Il faisait très beau dehors, un bon vent éloignait les moustiques et me rafraîchissait. Et Marilise se laissait porter, une main dans la bouche, regardant tranquilement le paysage. Très agréable. Et je me sens mieux. Il suffit que je continue à me botter le derrière encore demain, et après-demain, et le jour suivant. Et j'aurai oublié le cycle de grosse. Jusqu'à la prochaine fois.

mercredi 11 juin 2008

Conserves (retour)

Même s'il fait chaud, j'avais envie de cuisiner... hier, j'ai fait une montagne de chili. Oui, une montagne. Il y en avait tellement que j'ai dû ajouter les haricots à part... Et puis j'ai tout mis ça en conserves maison avec mon autoclave (qui se fait aller pas mal... les fèves au lard, le ragoût, puis maintenant, le chili à la viande).

Voici une partie (je dis bien une partie) du résultat :


Ça, ce sont 18 pots de 500 mL de chili à la viande. Au moment où j'écris ces lignes, il y a 3 autres pots de 1 L en cours de stérilisation dans l'autoclave.


Et puis il y a deux autres litres au frigo, pour les repas de la semaine. En tout, ça m'a coûté un peu moins de 40$ d'ingrédients pour un peu plus de 14 litres de chili, ou 56 portions d'une tasse, soit environ 0,70$ par portion. Les pots font augmenter le prix, mais ils sont réutilisables, alors je ne les calcule pas dans l'équation...

Ça a été long. Environ 4 heures en tout. Mais il y a beaucoup de temps d'attente, ça permet de nettoyer et de préparer d'autres repas en même temps. Pendant la première stérilisation, j'ai fini de préprare mes truites, je les ai fait cuire et je les ai congelées cuites en portions individuelles, avec du citron, du paprika et des amandes, puis j'ai commencé à travailler l'écorce de citrons et d'oranges pour une marmelade. Et j'ai fait une bonne partie de la vaisselle. Comme j'ai manqué de savon à vaisselle, il me reste encore ça :

Mais à la place, je préfère blograstiner... je ferai la vaisselle tantôt. Toujours est-il que quatre heures, pour 56 repas, ça fait un peu plus de 4 minutes par repas (par la suite, on n'a qu'à refaire chauffer au micro-ondes et servir). En plus, on va pouvoir en apporter en GN sans problème.
Les produits locaux commencent à arriver. Les marchés ouvrent un à un. J'aurai mon prmier panier bio de l'année à la St-Jean, pour une 3e année consécutive. On a planté plein de plans de tomates aussi. Je crois que l'achat de mon autoclave est un 130$ bien investi.

Bon, ce n'est pas tout... j'ai encore de la vaisselle à laver.

mardi 10 juin 2008

Petite gêne

Hier, c'était chaud et humide. Pour ne pas dire dégueux et collant. L'idéal pour faire le marché...

Alors je me rends à mon supermarché avec ma liste pour faire l'épicerie. À la caisse, il y a une cliente qui finit de décharger son panier semble épuisée. Elle mentionne à la caissière qu'elle a eu du mal à dormir à cause de la chaleur. La caissière répond : "Moi, je n'ai pas ce problème, j'ai l'air climatisé et je dors en bobettes!" La cliente l'a ignorée et l'emballeur a changé un peu de sujet. La caissière a répété : "moi, je préfère dormir en bobettes à l'air climatisé". Et puis une troisième fois.

Aïe. Tu manipules ma bouffe. J'veux pas savoir si tu dors les fesses à l'air ou pas! Y'a des fois où il y a lieu de se garder une petite gêne, hein?

dimanche 8 juin 2008

Gamine

Samedi, ça a été une superbe journée en famille à la pisciculture avec mon mec, nos deux petits, mes parents et mon beau-frère pour pêcher de la truite arc-en-ciel.

Vraiment génial comme activité familiale. Rien à voir avec la vraie pêche. Les bassins sont tellement remplis qu'on n'a qu'à effleurer l'eau avec l'appât pour qu'une truite s'y accroche. Ça prend quand même une touche spéciale pour que la truite morde bien dans l'hameçon.

Toujours est-il que j'ai constaté quelque chose. Je suis une fille. Une vraie de vrai. Dans le sens stéréotypé de "fille". En principe, je crois à l'équité, au fait que les hommes et les femmes ne viennent pas de planètes différentes. Je crois qu'une femme peut mettre des culottes.

Sauf qu'en pratique, j'ai mes faiblesses. J'ai attrapé un poisson. Un gros là. Mais il est resté accroché. Alors il fallait bien l'empoigner (lire ici : le toucher) pour retirer le p'tit crochet. Pas capable. J'ai gelé là. Avec mon mec qui riait de moi et ma mère qui me prenait en photo pendant que je poussais un petit cri de fillette quand, pour l'énième fois, je me suis approchée du poisson que je croyais calme et que celui-ci s'est sournoisement débattu. Oui, sournoisement. Une truite, c'est sournois. Ça ne mord pas, ça ne pique pas, ça ne frappe pas, mais c'est sournois, bon. Pis ça bouge quand ça capote. En fait, non, ça ne bouge pas toujours... ça arrête, puis au moment où tu t'en attends le moins, ça se débât comme le diable dans l'air béni. Erk. Même mon fils (qui est loin d'être téméraire), en a fait mois de cas que moi. le pire, c'est que je voulais y aller. Sauf que je ne pouvais pas. Une vraie gamine.

C'est comme l'autre jour. J'ai rentré les sacs d'épicerie (des sacs réutilisables très colorés), mais j'ai dû allaiter la petite avant de tout ranger. Pendant ce temps, une énorme guêpe a été attirée par la couleur vive. Elle s'est promenée sur les sacs, puis a élu domicile entre deux d'entre eux. Argh. Une fois la petite repue, je l'ai posée dans sa balançoire, puis, à l'instar des vrais petites princesses de Walt Disney, j'ai... appelé mon mec. Au travail. À vingt kilomètres de la maison. Kessé tu veux qu'il fasse? Pourquoi je l'ai appelé, tout en sachant bien qu'il allait rire de moi pendant une bonne semaine? J'sais pas, j'avais besoin de courage, je pense. J'avais besoin qu'il me dise que tout irait bien, que j'étais capable. Oui, je sais, c'est bête de ma part. J'ose me prétendre adulte, émancipée et tout... mais non. À la base, je suis encore une petite fille qui a peur de sacrer une volée à une guêpe et qui a besoin d'un mec pour lui dire de ne pas capoter, de prendre un journal, de le rouler et de frapper fort. Et ce, même si je prends ma douche avec une araignée sans problème...

Mais bon, la truite était très bonne! Je n'ai eu aucun problème à lui trancher la tête et la queue pour la mettre dans le bouillon... une fois morte et vidée. Il en reste encore trois à manger : celle de mon fils et celles de mon mec. Mmmmm, les bons oméga 3 MORTS...

jeudi 5 juin 2008

Conciliation

Aimer ses enfants ou aimer son travail? Pourquoi ne peut-on pas aimer les deux?!?

Je tombe des nues chaque fois que j'entends les discours polarisés. Les mamans qui regardent de haut les autres mamans qui choisissent de travailler, et les mamans qui regardent de haut les autres mamans qui choisissent de ne pas travailler. La condescendence qu'il y a dans les deux camps me pue au nez. Moi, je suis une maman qui choisit de travailler. Il faut dire que mon salaire est près du double de celui de mon mec, ce qui fait que si l'un de nous devait rester à la maison, ce ne serait probablement pas moi. Mais il faut dire aussi que j'adore mon métier.

Oui, on peut aimer ses enfants et passer du temps de qualité avec eux. Et oui, on peut aussi aimer son travail, surtout quand on a passé la moitié de sa vie sur les bancs d'école pour avoir la possiblité de faire ce travail convoité. Il faut faire des concessions, certes, mais on devrait pouvoir envoyer nos enfants chez la gardienne 40 heures par semaine sans se faire traiter de bourreau de travail sans coeur, et on devrait pouvoir rester avec ses enfants à la maison sans se faire traiter de pauvre illettrée.

Ce n'est pas parce que mon fils passe beaucoup de temps chez quelqu'un d'autre que moi, je ne l'élève pas. Je ne fais pas élever mon fils par une autre - les valeurs de mes enfants ne viennent pas d'étrangers, elles viennent de leurs parents. Les autres enfants de la garderie font beaucoup de temps en "réflexion" après avoir fait des bêtises. Pas le mien. C'est dû en grande partie à son caractère, mais aussi un peu au fait qu'il est bien élevé. Ce n'est pas un enfant parfait, tout comme je ne suis pas une mère parfaite. Mais c'est un enfant tout à fait normal qui ne manque pas d'amour.

Ben oui, y'a des stéréotypes à l'origine de la règle. Je connais plein d'éducateurs et d'éducatrices qui en ont des vertes et des pas mûres à raconter. Sauf que j'ose ne pas croire aux cas d'espèce. J'ose croire que je ne suis pas l'exception. Et j'ai plein d'exemple de parents qui sont justement excellents et au travail, et avec leurs enfants.

Mes collègues sont de bonnes mères (les collègues masculins de mon équipe sont en minorité, et n'ont pas d'enfant encore), qui élèvent de superbes enfants tout en aimant traduire. Ça arrive à tout le monde d'avoir de mauvaises journées (pour ne pas dire, de mauvais mois... j'ai toujours l'impression que, deux fois par année, on se ramasse avec les textes les plus difficiles et ennuyants pendant quelques semaines, puis tout revient à la normale). Mais en général, mes collègues aiment ce qu'ils font. Les parents font moins d'heures supplémentaires. Certaines ont choisi de télétravailler quand elles en avaient encore l'occasion. Certaines ont choisi de faire un peu moins d'heures pour être plus avec leur famille. La plupart sont dans ma situation : elles font plus d'argent que leur conjoint, alors c'est le conjoint qui coupe ses heures.

Mes parents. Je suis fille de profs. J'en ai vu assez pour savoir que j'aimerais enseigner, mais pas assez pour le faire toute ma vie. Comme tous les enfants de parents qui travaillent, je me suis fait garder. Les congés de maternité n'étaient pas ce qu'ils sont : mon père n'a pas travaillé pendant ma première année de vie, c'est ma mère qui allait au boulot pendant que mon père restait à la maison. Mais ensuite, ça a été la garderie, puis la maternelle-garderie, puis chez ma tante au lunch et après l'école, puis chez une voisine après l'école. Tous les jours au retour du travail, mon père s'endormait sur le sofa (il vous dira qu'il ne ronfle pas, mais bon, si je ronfle, j'ai de qui tenir!), épuisé. Mes soeurs et moi, on jouait dehors, ou dans nos chambres, ou on regardait la télé... Mon père se réveillait pour faire le souper, ou encore ma mère arrivait avec le souper (je me souviens surtout des poulets cuits pris à l'épicerie). Mes parents étaient fatigués. Mais on mangeait tous ensemble. Pas de télé. L'heure du souper, c'était le temps où on se contait nos journées. Où on échangeait sur les livres en cours. Où on disait tous, à tour de rôle et à répétition, à mon bébé-soeur d'arrêter de gigoter et de rester sur sa chaise. Après le souper, la moitié du monde s'éclipsait pour ne pas faire la vaisselle, et très souvent, ma maman attaquait ses piles interminables de bulletins à remplir. Elle remplissait soigneusement chaque page, à la main, avec des commentaires personnalisés pour chacun de ses élèves de cinq ans, à l'intention des parents. Quand j'étais encore plus petite et que mon bébé-soeur n'était pas encore née, ma mère se rendait même dans les rangs, creux, pour parler aux parents de ses élèves. Je me souviens même qu'une fois (je devais avoir 16 ou 17 ans), j'étais avec ma mère et un gars de mon âge a abordé ma mère : "Tu te souviens de moi?" Temps d'arrêt. "Oui! Mon Dieu, t'avais quatre ans quand je t'ai enseigné! Tu vivais très très loin sur le rang Y... comment va ta petite soeur?". Je n'ai pas manqué d'attention. Et si, aujourd'hui, je suis capable d'aimer mon mec et mes enfants tout en obtenant un sentiment d'accomplissement au travail, c'est grâce à eux.

Bien entendu, il faut faire des sacrifices. Quand on devient parent, on n'est plus la personne la plus importante pour soi. On ne peut pas cummuler les heures supplémentaires sans conséquences. On doit faire des choix. Mais on n'est pas obligé de voir la garderie comme un endroit où on jette les petits entre la nounou et la gardienne! Je jase avec ma gardienne, chaque fois que je vais lui porter Estéban (qui s'ennuie de ses amis quand il reste longtemps à la maison : ses amis n'ont pas de vaisselle à faire, ils jouent plus que ses parents!), chaque fois que je vais le chercher. Je demande comment ça a été. Je ne me fous pas de ce qu'il fait quand je travaille. C'est sûr que si je n'aimais pas mon travail, je n'hésiterais pas à être maman à la maison, même si c'est plus dur et moins payant.

mercredi 4 juin 2008

Ah, c'était là!

Nous, on avait trois pièces fourretout. Maintenant, on n'en a plus qu'une, qui devrait perdre aussi cette vocation dans deux semaines...

D'abord, on avait la chambre d'amis. Bébé oblige, elle a été convertie en chambre d'enfant. Le sol est jonché de boîtes et de sacs de vêtements d'enfant pas encore rangés parce que ce n'est pas encore la bonne taille... mais bon, il n'y a plus trois tonnes de boîtes de trucs qu'on n'avait pas le courage de classer, de ranger, de donner ou de jeter.

Puis, ce weekend, on s'est attaqués à la salle de couture/bureau. On ne l'a jamais utilisée comme un bureau. On ne faisait qu'y entasser des boîtes contenant des papiers, un ordinateur désuet, des fils et des boîtes de photos et de documents... Trois bureaux sur lesquels on n'a pas vraiment travaillé. Le coin couture a servi beaucoup plus, mais dernièrement, il ne servait plus : je sortais mes machines dans la salle à manger pour être plus près des enfants, et mes piles de tissu s'entassaient sur le plancher parce que je j'avais plus de place pour les stocker (c'est fou tout ce que je peux amasser...). J'avais même un meuble avec une machine à coudre encastrée, machine que je n'utilisais plus parce qu'il fallait la faire ajuster chaque semaine. J'exagère à peine. Ça, c'est sans compter la pile de projets pas finis que je me disais que je finirais un de ces quatres, de la pile de vêtements à recycler, des rubans, etc.

Donc, mégaprojet. On a transformé la salle de couture inefficace/bureau inutile en salle de couture efficace/salle de jeux pour les enfants. Comme ça, plus besoin de squatter la table de la salle à manger. La transformation n'est pas encore complète (il reste encore à déplacer deux meubles plus lourds et à entrer les jouets pour les enfants), mais ça promet. Le coin couture est mieux structuré, et on a acheté une grande armoire pour ranger des jouets, quelques articles informatiques qu'on veut garder, et des centaines de mètres de tissu. Mais bon, il reste encore à classer tous les papiers... On ne peut malheureusement pas tout envoyer au recyclage, même si on n'y a pas touché en quatre ans... Non, il faut passer au travers de toutes les boîtes. Des heures de travail. Je m'en veux de ne pas m'y être attaquée plus tôt, mais bon, on est comme on est!

J'ai retrouvé : mon passeport (expiré depuis 2003), de vieilles photos, un montage photo de la tête de mon mec sur des corps de culturistes (homme et femme)... et même deux de mes bulletins du primaire. Intéressant, y'a juste des lettres dessus. Pas de chiffres, et pas de moyenne! J'ai aussi trouvé des relevés de notes du Cégep, du secondaire... Il y a aussi les évaluations de mes stages d'emploi étudiant, coop ou autre, en traduction... c'est fou comme ça fait du bien au moral de revoir tout ça...

Je n'ai pas fini la moitié des boîtes encore que j'ai dû dire une centaine de fois "Ah, tiens, c'était là!"

Dans deux semaines : mission salle de lavage/atelier. Plus de salle fourretout... Je me demande comment on va faire...

mardi 3 juin 2008

Nouvelles

Ça me rend dingue.

L'une des trois chaînes généralistes du Québec ne fait plus de bulletin de nouvelles. Tout le monde semble s'en être indigné. Je comprends mal pourquoi on s'énerve pour si peu. Je crois que l'argument de tout le monde : la diversité des sources est menacée. Bravo. Commence à être temps que quelqu'un s'en rende compte...

L'actualité, c'est un sujet qui se traite mal dans un bulletin de nouvelles télévisé quotidien. On ne peut rien traiter en profondeur, alors tout est dit très rapidement. Par contre, tout est dit tellement rapidement qu'on doit faire du remplissage... Et les gens qui traitent des sujets sont, pour la plupart, des journalistes généralistes. Ce qui fait qu'ils ne connaissent pas non plus tous les concepts dont ils doivent parler à la télé. Pas mal quand ils doivent s'adresser à des gens qui n'y comprennent rien non plus. Mais parfois, y'a des gens qui s'y connaissent, et qui disent "euh... ce n'est pas tout à fait ça."

Je n'écoutais pas les nouvelles du mouton noir. En fait, je n'écoute pas les nouvelles en général, ça me frustre trop. Quand j'en écoute, c'est généralement à la radio publique. Parce que ça joue dans la voiture. Parce que je suis curieuse de connaître les sujets du jour. Parce que c'est important de s'intéresser à ce qui se passe. Et parce que je me pratique à exercer mon jugement critique. La plupart du temps, je suis néophyte, comme tout le monde. Je ne connais pas les sujets traités, pas en profondeur. Alors je me laisse bercer. Jusqu'à ce qu'on parle de sujets que je connais. Comme ce qui concerne le système pénal/carcéral. Et je soupire d'agacement chaque fois qu'un journaliste se trompe. Ça arrive très souvent qu'un journaliste confonde les différents types de mise en liberté, par exemple. Ça m'énerve surtout quand le journaliste invente des mots pour décrire un type de mise en liberté sous condition. Je peux pas m'empêcher de me demander quels autres concepts sont confondus. Et l'impact que ça a sur l'opinion publique... Et je ne parle pas de chaînes qui sont réputées pour manquer de rigueur, là, je parle de Radio-Canada.

Veut veut pas, le titre de journaliste confère une certaine crédibilité aux gens. On s'attend à de la rigueur de la part d'un journaliste. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est la pression que les journalistes subissent pour sortir leur topo au plus vite et pour nourrir les cotes d'écoute. Difficile de réussir sans couper les coins ronds. Du coup, c'est difficile de faire confiance à ce qu'on entend à la télé ou à la radio.

Diversité des sources d'information? Bof. Ça n'existe pas vraiment. Pour vraiment savoir ce qui se passe, il faut non seulement écouter, il faut participer. Poser des questions, à soi et aux autres. Réfléchir. Mûrir. Bloguer. Il faut faire des efforts, il ne faut pas se limiter à l'écoute passive. Parce que quand on se borne à écouter passivement, on se fait mener par des gens qui n'ont rien à cirer de nous.