Le blogue d'ND

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jeudi 18 décembre 2008

Heimweh

Nous avons quelques bouteilles de rouge qui traînent dans le fond d'une armoire depuis trop longtemps. Mon mec n'est pas très vin rouge, et moi, ben je bois rarement seule, et puis comme nous n'avons pas de cave à vin, on n'ose pas apporter les bouteilles ailleurs, de peur que le vin ait tourné.

La solution? J'en ai fait de la gelée! Mais de la gelée inspirée de mon Noël 1998. Dix ans aujourd'hui...

En décembre 1998, je me préparais à fêter Noël à sept fuseaux horaires de ma famille. À Hanovre, ou plus précisément, à Laatzen (un peu comme le Gatineau d'Ottawa... j'aurais dit le Laval de Montréal, mais Hanovre n'a rien de Montréal... C'est plus Ottawa...). Bien entendu, j'ai hâte de voir les traditions allemandes et je m'adapte relativement bien au choc culturel. Sauf qu'il reste que je me prépare à passer les Fêtes loin de mes proches. Pour moi, c'est difficile. J'avais une amie, Erica, une Ontarienne dans la même situation que moi. Nous sommes allées faire les touristes au village de Noël, au centre-ville de Hanovre.

C'était magique. Difficile à décrire, il y avait des boutiques tout droit sorties de films de Noël intemporels, de grands manèges en bois sculpté qui tournaient, des lumières qui rappelaient plus l'éclairage à la chandelle que les trucs criards et agressants qu'on retrouve maintenant partout. Pas un père Noël gonflable. En plus, il y avait une fine neige. Et il faisait froid. Moins sept, en Allemagne, c'est le pôle Nord, alors moins dix...

Dans les rues, on vendait du vin chaud épicé. Oh que ça faisait du bien! Je n'ai jamais réussi à retrouver la même recette, et comme ça fait dix ans maintenant, je doute de me rappeler du goût exact de toute façon. Mais je me souviens de la sensation. C'était chaud, et ça sentait Noël et pour un instant, j'étais dans un autre monde...

Alors cette année, au lieu de faire ma gelée de Porto comme l'an passé, j'ai décidé de déboucher une de ces bouteilles de rouge qui traîne dans l'armoire. J'y ai goûté... pas génial, je crois que ce doit être la plus ancienne. Ça n'a pas tourné au vinaigre, mais c'est assez fort. Un connaisseur n'aimerait probablement pas.

La recette dont je me suis inspirée est par ici. J'ai simplement ajouté une étape au début. J'ai versé le vin dans la casserole, et j'y ai ajouté un brouet d'épices - des bâtons de cannelle cassés et des clous de girofle, puis un peu de cardamome moulue. J'ai laissé chauffer un quart d'heure pour laisser l'alcool s'évaporer tout en prenant le goût des épices, puis j'ai retiré le brouet et j'ai suivi le reste de la recette. En tout et pour tout, nettoyage compris, ça m'a pris une heure, top chrono.

J'avoue que ça goûte plus les épices que le vin. J'en ai peut-être trop mis, mais je trouve ça vraiment bon. J'ai hâte à ce midi, on mange du steak de la région et je le badigeonnerai de cette gelée...

Les autres pots s'en vont dans les paniers de Noël!

Bon, ce n’est pas tout ça, j'ai de la marmelade à finir...

mardi 9 décembre 2008

Savourer la vie

Un billet plus zen. Question d'équilibrer les choses.

La neige tombe. J'aurais dû garder les petits à la maison. Mais je suis sortie quand même. Demain, c'est garanti, je les garde à la maison. En attendant, je sirote mon café en attendant que mon mal de tête passe et je flâne sur le Web. Puis je regarde dehors. Il neige encore. Maintenant que je n'ai plus besoin de sortir de la maison avant jeudi matin, la neige est plus chouette.

Je ne suis pas encore revenue sur le GNH de Pirates du 29 novembre. C'était génial. Ben, pas le GN, le GN comme tel, il était bien, c'était une première expérience dans ces conditions-là et je crois qu'on s'en est bien sortis. Malgré le fait qu'on a dû monter tout le stock à la main (le propriétaire du terrain n'était pas à la maison pour nous aider avec son tracteur), j'ai vraiment adoré. Il y avait un beau soleil, et la forêt, l'hiver, c'est magique. Tout était tellement calme sans le bruissement des feuilles dans le vent ni les cris des grillons dans les bois. Un désert blanc meublé d'arbres. Ce ne sera pas nécessaire de me convaincre, la prochaine fois, je serai la première à m'inscrire. C'était étrange, quand je marchais, les bras chargés ou non, j'avais "Le repos du guerrier" de Mes Aieux dans la tête. Cette pièce, que je trouvais déjà très belle, s'accordait harmonieusement avec l'atmosphère.

Le lendemain, passage de grade pour ma ceinture jaune. Oui, c'est la deuxième fois. Comme j'ai manqué près d'un an, j'ai dû tout recommencer à zéro. Je m'étais couchée à une heure raisonnable, mais le téléphone a sonné vers 3 h du matin - le système d'alarme de la Maison de Jeunes dont s'occupe mon mec s'était déclenché. Mon mec dormait à 40 kilomètres de chez nous, alors je n'ai rien pu faire. Puis, à 4, c'est Marilise qui voulait son biberon. Disons que j'étais fatiguée au dojo. Mais je crois que je m'en suis sortie assez bien.

Lundi, le 1er décembre, on a monté le sapin. C'est Estéban qui a posé l'étoile. Marilise s'en fout un peu, heureusement...

Puis, après avoir récupéré un peu, donc jeudi, mon mec et moi avons emmené Estéban et Marilise au Musée des Enfants, situé dans le Musée des Civilisations. Des heures de plaisir. Nous y retournerons (surtout que j'ai gagné un membership familial pour un an, tout est gratuit pour nous dans le musée des enfants).

Ce weekend, c'était mon party de bureau. Ça m'a fait beaucoup de bien de revoir tout le monde, et de rencontrer quelques nouvelles têtes. Comme je l'ai expliqué à tous ceux qui se demandaient si j'avais peur de revenir au boulot : j'ai hâte de recommencer à travailler. J'adore traduire. Le sentiment d'accomplissement que j'ai quand je réussis à bien tourner un texte difficile est incomparable. J'ai hâte de revoir des adultes tous les jours. Mais je n'ai pas hâte de manquer de temps. De courir pour éviter le trafic. De me lever à 5 h 30, moi qui suis un incorrigible oiseau de nuit.

Chaque chose en son temps. Pour l'instant, je suis en paix avec l'idée de retourner au travail, et je ne regrette pas du tout mon choix de carrière, au contraire.

Dimanche, c'était le Noël en Familles à Val-des-Monts. Estéban a pu voir le Père-Noël et lui poser la question qui lui brûlait les lèvres : "Pourquoi, vous-tu restes au Pôle Nord?" (Je me disais - pauvre Père-Noël... j'espère qu'il est préparé) et le vieux bonhomme a répondu "C'est pour aller plus vite dans les maisons!" Avec un geste de la main comme pour imiter un laser "pfiou, pfiou"! Estéban était aux anges.

Hier, c'était la course. J'ai porté Estéban chez sa gardienne, puis je suis allée voter avec Marilise. Ensuite, direction la clinique de vaccination contre la grippe pour mon bébé. Elle a très bien fait ça, comme d'habitude. Puis, elle a passé presque le reste de la journée à dormir. Même quand je l'ai emmenée chez WeightWatchers, elle n'a même pas bronché. Tout le long de la rencontre, de l'explication du nouveau programme (parce que WW a mis son programme à jour, et honnêtement, même si je n'ai pas encore tout lu, les changements sont pour le mieux), des courses pour acheter des pots Mason d'un litre... Elle s'est réveillée juste à temps pour qu'on mange ensemble, qu'elle se promène un peu, qu'elle me conte des blagues (dans sa langue que je ne cerne pas encore), puis qu'on retourne chercher son frère. Après le souper, de retour sur le tatami au dojo. Journée bien remplie, quoi.

Et là? Là, je procrastine devant l'ordinateur parce que je n'ai pas envie de faire la vaisselle. Et je regarde la neige tomber dehors, et j'ai vraiment envie de m'enfuir dans le Parc de la Gatineau en raquettes. Je me fais la promesse d'y aller d'ici mon retour au travail. J'ai une tonne de projets en attente, mais là, maintenant, en ce moment, je suis zen. La télé est éteinte. La radio aussi. Et je savoure la vie. Ah, tiens, ma tête ne fait plus mal...

Le droit de chialer

Je ne comprends pas. Et puis j'ai mal à la tête.

Le taux de participation aux élections d'hier est catastrophique. Il y a quelque chose que je ne pige pas. Pourtant, on avait six jours pour voter. Six jours en tout et pour tout.

Bon bon. Certains jetteront le blâme sur le froid. Mais on sait tous que la température n'a rien à voir. Surtout quand malgré le froid, le soleil est au rendez-vous. Hier, c'était une superbe journée pour une randonnée en raquettes dans mon coin. Je n'ai même pas eu à attendre en ligne pour voter, mais j'ai attendu près d'une heure pour faire vacciner Marilise contre la grippe. Juste à côté de l'école où je suis allée voter.

D'autres diront qu'ils étaient juste trop écoeurés de la politique pour se faire une idée. Fichtre. Je comprends qu'il n'y a pas que le gouvernement. Il faut savoir s'aider un peu. Mais on vit dans un pays qui a décidé d'élire des représentants pour régner. Il y a des milliers de gens qui meurent juste pour avoir la possibilité de faire un X en paix, une fois de temps en temps, sur un bulletin de vote. Depuis des centaines d'années, l'humanité a vécu d'innombrables bains de sang parce qu'une autorité politique a décrété qu'un peuple, une caste, un sexe n'avait pas le droit de parole. Pas le droit de vivre. Pas de droit tout court. Ça me fait royalement chier que LA MOITIÉ de la province n'ait pas plus de respect que ça pour son histoire, pour ses acquis.

Parfois, je me dis qu'on devrait vivre un calvaire avec un dictateur belliqueux, juste pour qu'on comprenne à quel point le droit de vote, c'est loin d'être un machin gratuit et acquis. J'espère presque que le gouvernement en place fera tout pour faire chier les non-électeurs. Peut-être qu'on se réveillera. Ou qu'on coulera. Peut-être qu'on mérite de couler.

J'entends des gens partout dire "ouais, mais j'savais pas pour qui voter, y'a pas une option qui m'intéressait plus que l'autre..." On est à l'ère des télécommunications. Trente minutes sur Google, et puis on sait tout sur les partis. Même pas besoin de tout lire, tous les partis sont assez gentils pour faire des résumés de leurs idées, ou de leur plan.

On a le gouvernement qu'on mérite. Mais si on ne vote pas, j'sais pas si on mérite un gouvernement...

mardi 2 décembre 2008

Ça brasse!

C'est le bordel à Ottawa! Honnêtement, je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai été autant emballée par ce qui se passe sur la colline.

Les partis d'opposition sont en train de servir une monumentale claque au visage des conservateurs. Parce que les conservateurs n'ont pas été élus par les Canadiens. 143 députés conservateurs ont été élus. Nuance. Pour dire que les Canadiens veulent un gouvernement conservateur, il aurait fallu que les Canadiens en élisent plus. En fait, la majorité des Canadiens n'ont pas voté pour les conservateurs. C'est rare que la majorité vote pour le même parti, de toute façon. Surtout quand le taux de participation est sous la barre des 70 %, en partant.

C'est vraiment drôle (et pas dans le bon sens) de voir le retournement des derniers jours. Je ne sais pas ailleurs au Québec, mais en Outaouais, ça éclipse la campagne provinciale. D'aplomb. Bon, je n'ai pas tout suivi, mais voici ma perception des choses : les conservateurs ont annoncé toutes sortes de mesures inacceptables, croyant que les partis d'opposition laisseraient ça passer de peur de retourner en élection. Les partis d'opposition ont fait tout le contraire, ils ont décidé de mettre de côté leurs différences et de faire ce qu'ils martelaient tout au long de la campagne : front commun contre les conservateurs. Et maintenant, Harper et son équipe tentent de rattraper le coup. Mais trop tard - l'opposition tient bon. Alors, la campagne de salissage arrive. « Les méchants séparatistes veulent bousiller la démocratie ». « Les Libéraux n'ont pas été élus, Dion a été rejeté par les Canadiens. » Et la meilleure : « On a enregistré une conversation PRIVÉE entre Layton et son équipe qui prouve un complot ».

Plus ils parlent, plus je lève les yeux. Il paraît que je fais ça souvent : lever les yeux quand quelqu'un dit quelque chose que je juge tout à fait épais.

Une chose à la fois, ok?

Les méchants séparatistes veulent bousiller la démocratie. Ben voilà. Pourtant, tous les députés du Bloc ont été élus tout à fait démocratiquement. Si les conservateurs veulent contester la légitimité de cette élection, il faut d'abord qu'ils avouent avoir eux-mêmes voulu défier la loi en déclenchant des élections avant la date prévue par la loi qu'ils ont eux-mêmes mise en place sur les élections à date fixe, non? Si une personne est choisie par une circonscription pour la représenter, ben c'est tout à fait démocratique pour cette personne de faire tout ce qu'elle peut pour représenter cette circonscription. Et si cette personne a le sentiment que, pour représenter sa circonscription, elle doit faire front commun avec d'autres partis, qu'est-ce qui est antidémocratique là-dedans? Newsflash : il y a des souverainistes à l'Assemblée. Depuis longtemps. Ils ont même déjà formé l'opposition officielle. Et puis, pour que le gouvernement de coalition fonctionne, les « méchants séparatistes » ne peuvent pas réclamer la séparation. Parce que ça voudra dire de nouvelles élections, et ils se feront clencher royalement par tous les fédéralistes qui auront peur de la grosse méchante séparation. Argument creux juste pour faire peur aux gens qui écoutent le bulletin de nouvelles entre deux corvées.

« Les Libéraux n'ont pas été élus et Dion a été rejeté par les Canadiens ». À ce que je sache, Stéphane Dion a été élu. Démocratiquement. Il est officiellement député. Il est encore chef de l'opposition officielle. Des Canadiens ont voté pour lui. Point. Les Canadiens ne veulent pas de lui? Ben ils n'avaient qu'à ne pas voter pour lui. Est-ce que j'ai dit qu'il a été élu?

Le meilleur pour la fin : « On a enregistré une conversation PRIVÉE entre Layton et son équipe qui prouve un complot ». J'hésite à commenter. Non mais, qui complote contre qui, encore? En fait, c'est légal d'enregistrer les conversations téléphoniques des gens? Ah oui, c'est vrai, c'est légal. Mais il faut soit en informer la personne qui est enregistrée, soit faire partie de la conversation. Et puis, en aucun cas, l'enregistrement ne peut être utilisé pour causer préjudice aux personnes enregistrées. Surtout qu'un seul extrait, pris hors contexte, est servi comme argument. On peut même citer la bible hors contexte pour faire l'éloge de la prostitution ou le viol ou même le meurtre... hors contexte, on peut faire dire ce qu'on veut à n'importe quoi.

J'espère sincèrement que la gouverneure générale va donner une chance au gouvernement de coalition. Que d'émotions en perspective!