Le blogue d'ND

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vendredi 27 février 2009

Professionnalisme

Nous sommes vraiment très occupés au bureau. Tout le monde contribue. Tout le monde est « dans le rouge » (traduit plus que la « norme » établie par l'employeur). Au début de la semaine, la conseillère à la clientèle est venue me porter trois textes, dont un petit d'un peu plus de 400 mots.

« Tu vas être correcte pour le faire, celui-là? »

« Ben oui, je n'ai rien encore pour vendredi, et il ne fait que 400 mots... »

« T'es sûre?»

« Oui, pourquoi? »

« Il n'est pas trop feng shui » (ah tiens, mes collègues qui me lisez, vous savez de qui je parle, hein?)

« Ben là, je devrais survivre... »

Comme j'ai eu beaucoup d'autres textes à faire, je l'ai placé à sa place, dans la pile, et je ne l'ai ouvert qu'hier soir. Ouache.

Pas que le texte comme tel est particulièrement difficile à traduire. C'est du jargon que je connais bien, et c'est très bien écrit — d'un point de vue strictement linguistique, il est parfait. Je comprends absolument tout, je n'ai aucune question à poser au client, tout est clair. Trop clair. Sans entrer dans les détails, il y a un paragraphe complet qui décrit comment un enfant de l'âge de mon fils a été poignardé. À plusieurs reprises. Pas feng shui? C'est carrément dégueulasse.

Mais l'enfant a survécu. Et j'ai commencé à traduire. C'est vraiment impressionnant de réaliser à quel point la traductrice a pris la place de l'humaine, le temps de transférer les horreurs d'une langue à l'autre. Comme si, en me concentrant sur les détails, je ne voyais plus l'ensemble. Le temps de faire mon travail. Mais je vais tout de même activer le système d'alarme à la maison avant d'aller me coucher, pour quelques semaines encore.

Je dois encore me relire avant de livrer le texte. Au bas mot, je n'en ai pas la moindre envie.

jeudi 26 février 2009

Gros ventre

Heureusement qu'il est mignon...

Hier, en revenant de chez la gardienne :

Estéban : "Maman, si t'avais un autre bébé, ça ferait une 'tite soeur pour Marilise!"

Moi : "... ou un p'tit frère."

Estéban : "Oui!"

Moi : "Euh... tu voudrais un autre bébé dans la maison?"

Estéban : "Oui!!! Un autre bébé, pour Marilise. Quand vous tu vas faire un autre bébé?"

Moi : "Ben, euh, c'est pas vraiment prévu..."

Estéban : "Toi, t'as encore un gros ventre, hein?"

Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon -

Moi : "Hey! J'ai pas une grosse bédaine!"

Estéban (avec un petit sourire taquin) : "Ben non... mais quand même un peu, hein?"

Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon - Heureusement qu'il est mignon

Hier soir, trois personnes différentes, dont Estéban, m'ont demandé à quand le troisième. J'espère que ce n'est pas à cause de ma bédaine, parce qu'elle ne fond pas vite-vite...

mercredi 25 février 2009

Demander la lune

Quand quelqu'un se fend en quatre pour te décrocher la lune à ta demande, la moindre des choses, c'est de ne pas se plaindre qu'il y a des trous ou de la poussière dessus...

jeudi 19 février 2009

O-Café

J'suis vraiment tannée d'entendre répéter les mêmes potins sur le président américain. Il est en ville, tout est bloqué, et ça monopolise *encore* les nouvelles.

Alors, je n’en parlerai pas. En plus, j'ai retrouvé une vieille compilation de musique que je n'avais pas écoutée depuis cinq ans — j'en profite pour me rappeler de bons souvenirs au lieu d'écouter la radio dans la voiture.

Sur ce, petite observation personnelle : je sais que j'ai VRAIMENT besoin d'un café quand je verse l'eau bouillante dans la tasse, je prends deux bonnes cuillerées de café équitable qui n'est PAS instant et que je les dépose dans la tasse, que je viens pour porter la tasse à mes lèvres... et que j'aperçois le filtre inutilisé sur la table juste à temps pour ne pas avoir à mâcher le café.

Au moins, il était moulu...

mardi 17 février 2009

En passant

Je suis toujours là, mais je suis claquée...

Marilise marche officiellement maintenant. Hop debout, deux, quatre, six, dix, vingt pas. Elle marche. À 13 mois exactement. P'tite cocotte!

Mes bébés grandissent. Estéban a un petit "booster" dans la voiture maintenant. Marilise a hérité des sièges d'Estéban.

En revenant de Bal de Neige, dimanche, Estéban parlait qu'il était plus grand que sa soeur.

Mon mec : "Toi, tu es plus vieux, ou plus jeune que Marilise?"

Estéban : "Plus vieux."

Mon mec : "Et tu es plus vieux ou plus jeune que maman?"

Estéban : "Ben là, ze suis plus jeune!"

Moi : "Ah, et maman, elle est plus jeune ou plus vieille que grand-maman Marie?"

Estéban : "... euh... ben, maman est plus vieille que moi, grand-maman Marie est vieille aussi... sont vieilles égal!"

Ah... une chance qu'il est mignon!

:o)

En attendant, la vieille maman va aller se coucher... mes semaines sont remplies à craquer! Et j'ai trouvé le temps de faire des fèves au lard (à la mélasse et d'autres au sirop d'érable) ce weekend... j'ai encore de la vaisselle à faire... ah ben, je choisis mes batailles, et pour le moment, c'est le lit qui gagne!

vendredi 6 février 2009

Inspiration

Aïkido hier soir.

Chaque soir, c'est différent, mais là, c'était très différent. Très instructif. Un par un, nous avons fait les roulades. Devant tout le monde.

J'étais à l'aise. Quand je sais ce que je fais, je peux le faire devant tout le monde. Mais ce qui est vraiment impressionnant, c'est de voir comment les gens s'améliorent rapidement quand tout le monde regarde.

Aujourd'hui, je discutais avec une collègue qui a recommencé à suivre WeightWatcher's. Après ma première grossesse, j'avais perdu 52 livres. J'étais minuscule. Ok, pas vraiment minuscule, mais quand même. J'entrais sans problème dans des pantalons taille 5. Maintenant, je suis à quelques livres de mon poids santé. Depuis... quatre mois. Ça stagne. Je ne suis pas grosse, mais je m'ennuie de mes pantalons taille 5 qui dorment dans mon placard depuis près de deux ans. Pourtant, conserver ma taille n'avait pas été difficile... jusqu'à la grossesse. Mais là, Marilise a un an sonné. Il est temps de laisser le gras de bébé à mon bébé et de me réapproprier mon corps.

Alors, je ferai comme si tout le monde me regardait. C'est déjà le cas - je suis quand même passée d'énorme bedaine à poids santé. Ce n'est pas une quinzaine de livres qui vont faire la différence pour mes amis et mes collègues, puis mon mec m'aime comme ça aussi (il faut dire qu'il ne se plaint jamais de ma poitrine!). C'est pour moi, la différence. J'avais inspiré ma collègue. Et c'est à son tour de m'inspirer.

Voilà. En attendant, je trouve que la vie de maman qui travaille, c'est rapide. Déjà vendredi...

lundi 2 février 2009

Déformation professionnelle

Parfois, je me demande à quel point je suis « professionnellement déformée ».

Au travail, je suis habituée à fournir un certain niveau de qualité. Si ma traduction n’est pas claire, concise, agréable à lire, si elle ressemble à une traduction et non à un texte rédigé en français, je ne suis pas satisfaite. Mais c’est moi qui suis responsable de mon texte. Si une réviseure a la gentillesse de revoir mon texte et de me suggérer des améliorations, je m'empresse d'en prendre note et de les incorporer dans mon texte. Si elle m'indique des erreurs, je les corrige tout de suite. Si je sens qu'elle a tort, alors je faire les vérifications nécessaires et j’en discute avec elle avant de rejeter ses suggestions. C'est ce qu'on appelle une collaboration.

Il y a quelques semaines, une collègue me contait qu'elle était déçue. Sa soeur lui avait demandé de relire un petit texte, et ma collègue avait planché une bonne heure dessus pour l'améliorer, et surtout, pour corriger les fautes. Pourtant, au final, sa soeur avait rejeté, sans explication, la moitié des corrections, et la majorité des améliorations. Comme ma collègue est réviseure de puis très longtemps, et qu'elle est habituée que les gens qu'elle révise s'empressent, comme moi, de mettre à profit ses précieux conseils, elle a été un peu dépitée par l'attitude de sa soeur.

Et voilà que vendredi soir, mon mec m'a demandé de lire un communiqué destiné aux gens de mon coin. En bref, une carrière non loin de chez nous veut s'élargir, et mon mec s'est proposé pour aider les voisins à défendre leur point de vue auprès de la municipalité. C'est un autre membre du comité qui a rédigé l'ébauche de communiqué.

"Chérie, viendrais-tu relire ça?"

Une demi-page. Pas grand-chose. Mais c'était difficile à comprendre. Il y avait des anglicismes, des non-sens, et j'avais du mal à associer les sujets aux verbes. Bref, c'était mauvais. J'ai commencé par tenter de corriger, mais j'ai fini par tout réécrire, en posant fréquemment des questions à mon mec, question que je dise bien ce que le gars voulait dire. Finalement, le communiqué est passé d’un ramassis de mots à un texte qui se comprend en une seule lecture.

Hier, j’ai reçu ce communiqué par courriel, puisque je suis dans la liste de diffusion. L'auteur n'a gardé que deux phrases à moi. Le reste : bousillé. Oh, il a ajouté des renseignements qui n’étaient pas là au début. Quand même, c'est plein de fautes que j'avais éliminées. Je suis vraiment déçue. Je suis habituée à bien mieux.

En fait, c’est très frustrant. J’ai l’impression de ne pas être prise au sérieux. Je sais bien que ça n’a rien de personnel. L'auteur ne m'a jamais vue, et c'est mon mec, et non l'auteur, qui m'a demandé d'y jeter un oeil. Mais quand même. Je trouve ça ordinaire.