Le blogue d'ND

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jeudi 26 mars 2009

Rival

Nous avons un hachoir à viande électrique. Le genre de truc qui hache la viande, mais qui permet aussi de faire les saucisses maison, des pâtés, etc. C'est normal : on a déjà un robot-boulanger, une machine pour faire le yogourt, une sorbetière, deux robots culinaires (trois si on compte le mini hachoir), un autoclave, une "machine" à main pour faire les pâtes alimentaires, une étuveuse électrique, une énorme mijoteuse, deux mini mijoteuses, un mini grill à panini... et on utilise tout ça très souvent. Disons qu'on ne mange pas beaucoup au resto.

Bref, nous avons un hachoir à viande électrique qui, lui, dort dans l'armoire depuis quatre ans. Pas qu'on ne veut pas l'utiliser. Mais l'anneau qui tient tout en place est brisé. Par notre faute. Comme la garantie n'est plus valide, il faut commander une nouvelle pièce (c'est un petit bidule à 5$). En novembre, je me suis finalement décidée à appeler. Depuis ce temps, j'appelle toutes les deux semaines. Parce qu'ils n'ont pas la pièce en stock. Hier, la dame (très gentille) m'a dit qu'ils reçoivent beaucoup d'appels pour des pièces de hachoirs à viande, mais qu'ils n'en ont plus. Plus du tout. Et que la compagnie n'en commande pas d'autre. Moins d'une heure plus tôt, elle avait reçu un autre appel à ce sujet. Il y a deux semaines, le préposé m'avait dit la même chose.

"La seule chose qu'on peut vous offrir, c'est un rabais de 25 % sur les hachoirs à viande qu'on a...."

"Ouais, mais on parle de combien?"

"80 $, avec le rabais, ça donne 60 $..."

"Mais tout ce que je veux, c'est l'anneau... ma machine marche parfaitement bien!"

"Je sais, mais c'est tout ce que nous sommes autorisés à offrir..."

"Ok, mais si j'achète un nouveau hachoir, et que l'anneau brise encore... je fais quoi?"

"Il y a une garantie d'un an..."

"Ok, mais s'il brise dans un an et trois jours? J'achète ENCORE un hachoir?"

"C'est vrai que ce n'est pas la situation idéale."

"Pas idéale? C'est complètement ridicule, pas question que j'achète un nouveau hachoir de votre compagnie si elle ne fournit pas les pièces!"

"Je suis vraiment désolée, madame... j'entre tout ça dans le système, et il y a un sondage automatisé, c'est une autre façon de faire savoir à la compagnie ce que vous pensez..."

J'ai répondu au sondage. Moi qui me lève la nuit pour détester les sondages. J'ai même enregistré un message à la fin, en anglais (parce que la compagnie n'offre pas le service en français... ils offrent les services d'un traducteur, mais bon, moi, je sais ce que ça vaut...). Mais mon message devait être trop long, j'ai été coupée après une minute...

Argh.

En attendant, c'est impossible de trouver un endroit qui vend les hachoirs à viande de Rival dans ma région. Au Canada, on ne peut vendre un appareil si on ne peut pas garantir que les pièces seront disponibles pendant un délai raisonnable...

Misère.

Je fais quoi, là, je vais chez la concurrence? Déjà que je suis en quête d'un wok électrique sans enduit antiadhésif (parce que le mien, il fonctionne bien, mais l'antiadhésif décolle et se retrouve dans la nourriture... vraiment dégueu...)

jeudi 19 mars 2009

Pessimisme et négativisme ne sont pas synonymes

Il y a quelques semaines, au dojo, un nouveau m'a dit "moi, j'suis pas bon" avant même le salut qui précède tous les exercices. J'ai froncé les sourcils. "Ne vous dépréciez pas." La semaine suivante, même chose. Encore une fois, j'ai secoué la tête. Hier soir, en le regardant pratiquer, j'ai souri. Il a continué de se déprécier un peu, mais beaucoup moins. Et tout ce qu'il n'arrivait pas à faire il y a trois semaines? Il le faisait bien.

Je suis de nature plutôt positive. Tout en étant habituellement réaliste, j'ai confiance en mes moyens. La pluprat du temps. Sur fond de crise économique, c'est difficile de ne pas être pessimiste. J'en conviens. Mais ce n'est pas une raison pour être négatif.

Le négativisme, ce n'est pas la même chose que le pessimisme. Le pessimiste peut croire que les choses ne s'amélioreront pas d'elles-mêmes, mais tout de même prendre une attitude positive, c'est-à-dire se concentrer sur les solutions, sur ce qu'on peut ou doit faire pour que ce soit mieux. Pas parfait. Mieux. La personne négative, quant à elle, ne fera rien. Ou, plutôt, sera tellement concentrée sur tout ce qui va mal qu'elle aura de la difficulté à voir passer les occasions de se relever.

Je déteste quand les gens se déprécient pour réduire les attentes à leur sujet. Les gens, ça m'inclut là-dedans - je suis loin d'être parfaite. Quand on fait cela, on ne fait pas que réduire les attentes des autres : on mine nos propres efforts par la même occasion. Quand on est occupé à se dire qu'on est mauvais, on n'est pas occupé à se concentrer sur ce qu'on doit faire pour s'améliorer. Et on tombe immanquablement à côté de la traque. Le positivisme et le négativisme sont une question de processus, pas d'objectif ni de résultat.

Un petit exemple banal. J'aime plus ou moins l'analogie du verre à moitié vide ou à moitié plein, alors comme je suis caféïnomane, j'y vais avec la tasse de café. Prenez une tasse, versez-y beaucoup de café bouillant, puis déplacez-la du comptoir à la table. Processus négatif : je me concentre sur NE PAS renverser le café. Processus positif : je me concentre sur DÉPOSER la tasse, avec tout son contenu. L'objectif est sensiblement le même, mais la façon de l'aborder fait en sorte qu'on risque moins de renverser le café si on est concentré sur la tasse que sur le liquide même. Pourquoi? Parce qu'en se concentrant sur l'action de déposer la tasse, on regarde ce qu'on fait. Pas ce qu'on ne veut pas faire. On voit mieux les obstacles et on trouve automatiquement des solutions de rechange (quelques centimètres vers la gauche pour éviter de déposer la tasse sur la cuillère...). Comme on se concentre sur les mouvements à faire, et non ceux à ne pas faire, c'est plus facile d'y aller doucement. On est moins surpris et on adapte mieux nos gestes à la situation que si tout ce qu'on voit, c'est le liquide qui risque de tomber à tout moment.

On a tous besoin, à un moment ou à un autre, de prendre du recul par rapport à une situation, parce qu'on est pris dans une spirale négative. Je déteste quand on me dit, d'emblée "ouain, ben moi, j'suis pas ben bon." Ouain pis? On devient bon à ce qu'on pratique. Si on s'exerce à dire qu'on est poche, on devient immanquablement très bon à dire qu'on est poche, mais on n'est pas plus avancé sur les plans constructifs. La confiance en soi, ce n'est pas une question d'être bon ou pas dans quelque chose. C'est avoir conscience de ce qu'on peut devenir.

vendredi 13 mars 2009

Je me retrouve

La semaine a été dure, même si, encore une fois, j'ai l'impression qu'on a escamoté mardi...

Les petits ont été malades. Fièvre, nez qui coule, et maintenant, c'est la toux. Dans la nuit de lundi à mardi, ils ont passé leur temps à se réveiller à tour de rôle, alors mardi, disons que je n'étais pas en top shape. La fièvre m'a aussi atteinte, dans une moindre mesure, et j'ai pris de l'ibuprofen avant de dormir... il paraît qu'Estéban s'est réveillé plusieurs fois cette nuit-là... J'étais tellement sonnée que je n'ai rien entendu! Ce matin encore, c'était la chorale de toux vingt minutes avant que je doive me lever.

Estéban : "Maman, la nuit, si vous tu avez pas le temps d'aller voir Marilise, faut me le dire, et moi, je vais aller la voir."

Il est chou, hein?

Moi : "Merci, mon petit coco d'amour, tu es très gentil, mais la nuit, tu dois te reposer et dormir!"

Je ne fais pas pitié. Loin de là. Même que le fait d'être fatiguée me donne une certaine forme d'énergie et a des effets... bizarres. Par exemple. Au travail. La plupart des applications réseau que nous utilisons requièrent un mot de passe. Quand je suis revenue de congé de maternité, j'avais oublié pas mal tous mes mots de passe. J'ai dû en réinitialiser un, en particulier, qui a été vraiment un paquet de trouble... Sauf que je n'avais pas le choix, je ne l'avais noté nulle part (ou si je l'avais fait, je ne sais pas où!) et j'avais vraiment besoin d'utiliser l'application. Bâtard, cette semaine, au lieu d'entrer mon nouveau mot de passe, j'entre l'ancien... qui m'est revenu tout seul. Comme ça. Après deux mois et demi!

Bon, ce n’est pas tout ça, j'ai du travail. Mais avant : c'est officiel, je peux porter ma ceinture jaune à nouveau! Il ne reste que quelques kilos à perdre, et je serai celle que j'étais avant ma dernière grossesse... bon, ok, pas exactement la même. Mais j'ai tout de même l'impression que les choses se replacent dans ma tête, que mes hormones reviennent complètement à la normale, que je suis un peu plus moi...

J'ai d'autres choses à dire au sujet de la ceinture jaune, mais je voulais pondre un billet avant de travailler, et là, j'ai une pile de textes urgents à traduire... donc, à suivre!

dimanche 8 mars 2009

Écart

C'était la journée de la femme, hier. J'ai voulu rédiger un billet là-dessus, mais j'étais beaucoup trop occupée à relaxer! Disons qu'une pause cervicale, ça fait du bien.

De tout bord, tout côté, on entend toutes sortes d'opinions sur le sujet. Mysoginie, misandrie, féminisme, humanité, amenez-en, des concepts.

Mais la réalité... la réalité, c'est plus qu'un ensemble de concepts. Plus que des statistiques. Plus que des lois. Plus que des individus. C'est un ensemble aux facteurs à ce point multiples qu'il est impossible de bien résumer sans perdre l'essentiel.

Oui, au Québec, la situation des femmes fait des envieux. On peut faire le métier qu'on veut. Il y a des femmes qui sont policières ou médecins. Alors, c'est facile de crier victoire. Mais il reste que même si les femmes peuvent, ici, aspirer au même traitement que les hommes dans les établissements scolaires, par exemple, elles sont tout de même plus nombreuses à vivre dans des conditions précaires, plus nombreuses à être dépendantes, soit d'une personne, soit de l'État. Et aucune bataille n'est complètement gagnée, il faut continuer de se battre pour ne pas perdre ce qui a été obtenu.

En écoutant différents experts discuter de la question à la radio, la semaine dernière, je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle avec un concept enseigné dans la plupart des arts martiaux : réduire l'écart entre le côté gauche et le côté droit.

Nous avons tous, ou presque tous, un côté plus adroit que l'autre. Un côté plus fort que l'autre. Un côté plus rapide que l'autre. Mais il est très difficile de vivre sans les deux côtés. Même si je suis droitière, j'ai besoin de ma main gauche. Au dojo, je roule plus facilement sur l'épaule gauche que sur la droite. Certaines techniques me viennent beaucoup plus naturellement d'un côté que de l'autre. Mais je dois travailler à réduire cet écart. Pour ce faire, je ne dois pas affaiblir mon côté « fort ». Je dois renforcer mon côté « faible » pour qu'un jour, si j'ai à combattre, la personne devant moi ne sache pas si je suis droitière ou gauchère. Si je suis blessée au bras droit, le bras gauche doit pouvoir prendre la relève.

Vous voyez le parallèle? Je ne veux pas dire qu'un sexe est plus fort ou plus faible que l'autre, parce que c'est faux. Simplement, selon le contexte culturel, en général, un sexe l'a plus facile que l'autre dans certaines situations, et dans d'autres situations, c'est l'autre côté qui a moins de mal. L'un doit travailler plus que l'autre pour atteindre le même résultat, mais les deux peuvent finir par l'atteindre, ce résultat. Et les deux côtés ont besoin l'un de l'autre. Pour qu'un organisme, pour qu'une société soit bien équilibrée et bien forte, elle a besoin de réduire cet écart entre les deux côtés. Si on ne développe qu'un des deux côtés et qu'on ne se sert de l'autre côté que pour appuyer le côté « fort », alors on ne peut plus s'adapter aux situations difficiles. On perd de la souplesse. Et il ne suffit ensuite que d'un coup porté à la bonne place pour que tout s'effondre.

Ce n'est pas parce qu'on entraîne davantage le côté qui a le plus de difficulté qu'on détériore le côté pour lequel c'est un peu plus facile. Il faut s'entraîner des deux côtés à la fois, et porter une attention particulière à tout ce qui est difficile, afin d'être efficace partout.

La main gauche ne sera jamais identique à la droite. Les doigts sont inversés, par exemple. On pourrait dire que chaque main a ses caractéristiques « personnelles », et a ses besoins « particuliers ». On ne transformera pas les femmes en hommes et les hommes en femmes, en fait, il ne faut pas transformer l'un en l'autre. Mais il faut s'inspirer des forces de l'un pour renforcer, appuyer, adapter les capacités de l'autre...

vendredi 6 mars 2009

Déjà

C'est déjà vendredi... Waaaaaah.......

J'ai la ferme impression d'avoir sauté une journée cette semaine. Mardi? Oui, c'est ça. J'ai perdu mardi. Mercredi, j'avais l'impression d'être mardi, jeudi, je me croyais mercredi. Aujourd'hui, c'est pareil, on ne dirait pas que c'est vendredi. Pourtant, au bureau, j'ai travaillé sans relâche lundi mardi, mercredi et jeudi, et ce qui s'annonce aujourd'hui, ben c'est pire. Et puis, ça fait cinq matins de file que j'ai des notes en arrivant. Je travaille tôt, ma conseillère à la clientèle finit tard. Alors, quand j'arrive, vers 7h30, il y a des papiers sur un de mes écrans. C'est drôle, cette semaine, ils sont de plus en plus gros : lundi, c'était un petit Post-It : "Viens voir Lout". Aujourd'hui, j'avais deux feuilles de format légal. Donc je sais logiquement que c'est vendredi. Mais j'ai toujours l'impression d'être jeudi.

Je dis que ma journée d'aujourd'hui s'annonce pire que les autres, mais ça reste du travail. De la stimulation. J'aime bien les délais serrés : quand j'ai trop de temps, je m'éternise sur une même tâche que je n'ai pas vraiment envie de faire. Et puis, peu importe la tâche à faire au travail, je ne la ramène pas à la maison. Je vis dans deux mondes parallèles : au travail, je suis dans ma vie de professionnelle, et hors du travail, je suis dans le reste de ma vie. Sauf que, bon, hier soir, lors de la méditation au dojo, je pensais au travail au lieu de faire le vide. Même chose la nuit, il m'arrive de rêver que je traduis. Ou que je manque un délai. Ou qu'un texte coriace revient modifié (il faut être dans le milieu pour savoir à quel point c'est chiant quand ça arrive vraiment). On a beau séparer le boulot du reste, parfois, il y a des débordements. C'est normal. C'est humain.

Toujours est-il que je compte bien me relaxer le cerveau ce weekend. Ménage, lavage, couture. Peut-être des jeux si quelqu'un veut refaire une partie de Battlestar Galactica, mais j'ai peur que même ça, ce soit trop cérébral...

lundi 2 mars 2009

Cinq minutes

Je me suis écrasée au salon cinq minutes, pendant que les petits jouaient dans la salle à manger.

Ils étaient tranquilles.

Et puis, Marilise n'était plus dans la salle à manger.

Elle était à la cuisine.

Note à moi-même : faire la patate sur le divan, c'est fini...

Mais bon, le temps que je trouve l'appareil photo, elle avait changé de position, quand je l'ai trouvée, elle était assise en plein milieu des céréales, une poignée dans une main, une autre dans la bouche, et elle riait aux éclats de s'être fait prendre.

Et mon appareil photo est fini. J'en magasine un autre...