Le blogue d'ND

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mercredi 27 mai 2009

Merci Jean

"Estéban, on a une mauvaise nouvelle à t'annoncer. Tu sais, grand-papa était très malade hier? Il était à l'hôpital? Ben... il était trop malade, les médecins n'ont pas réussi à le guérir."

"Il est mort?"

"Oui, mon amour. Il est décédé."

Les faits, parce que les faits sont plus faciles à conter que les sentiments, c'est que Jean, le père de mon mec, souffrait de sclérose en plaques depuis longtemps. Il ne pouvait plus se déplacer, il ne pouvait plus manger seul, et les mots prenaient du temps à se former dans sa bouche. Mais il avait toute sa tête. Il a signé un papier indiquant qu'il désirait qu'on évite toute mesure de réanimation qui ferait en sorte que son état soit pire qu'avant. Pas d'intubation permanente. Pas de coma artificiel.

Au début du mois, il a obtenu une place en résidence. Il avait besoin d'aide en tout temps, pour se replacer dans le lit, pour manger, pour boire, pour faire sa toilette. Bien que les préposés en or du CLSC venaient à domicile au moins quatre fois par jour, c'était insuffisant. Il avait une plaie de lit au dos. Les préposés l'aimaient bien, par contre — Jean a toujours eu le sens de l'humour et la capacité de tout prendre avec un grain de sel.

À peine était-il entré en résidence qu'on le transférait d'urgence à l'hôpital. Infection urinaire. Antibiotiques. Résistance aux antibiotiques. Ajustement du médicament. Après trois semaines, vendredi dernier, il était assez bien pour revenir "chez lui". Samedi, on est passés le voir avec les enfants, et le frère aîné de mon mec nous a rejoints. On a mangé du St-Hubert. Tous ensemble. C'était une superbe journée. Dimanche, une autre superbe journée, cette fois, c'est le frère et la belle-soeur de mon mec qui ont passé du temps avec lui. Lundi, il a commencé à faire de la fièvre. Assez solide. À cause de sa maladie, la fièvre l'affaiblit beaucoup. Re-transfert à l'hôpital. Re-médication. Mon mec a passé toute la soirée auprès de son père, à le replacer. Il n'allait pas bien. L'infection avait repris et semblait s'être propagée dans le sang. Mais lorsque mon mec est reparti, vers 20h30, il allait un peu mieux.

Hier matin, mardi, mon mec est allé porter les petits chez la gardienne, puis est retourné voir son père. Il était mal en point. Il pouvait à peine parler par hochements de tête. Le médecin lui a mis plus de soluté, et il a tout de suite repris du mieux. Il pouvait parler, poser des questions : il allait mieux. Mon mec est reparti à la maison pour régler des trucs du travail — envoyer des courriels. Son frère l'a appelé, ils ont jasé. Se sont donné des nouvelles. Tout semblait bien aller. Puis, les urgences ont appelé mon beau-frère, qui a rappelé mon mec. Ça n'allait pas bien. L'état de leur père s'était détérioré, pire que le matin.

Quand mon mec est arrivé à l'hôpital, 20 minutes plus tard... c'était fini. Jean avait eu du mal à respirer, le personnel a fait tout ce qu'il pouvait pour le réanimer, mais comme Jean ne voulait pas être intubé ou comateux de façon permanente, ils n'ont pas pu le sauver. Il est décédé un peu avant midi. Comme ça.

C'est fou comme il n'y a rien à dire d'intelligent quand quelqu'un décède. Mon mec et moi n'avons presque pas parlé. Une fois les faits établis, les larmes sont les seules à pouvoir exprimer ce qu'on ressent. Les mots sont cons. Certains y trouvent du réconfort. Mais il est impossible d'exprimer la complexité des sentiments avec de petites phrases. Tous les bons mots sont bienvenus, bien entendu. Mais au-delà des sympathies et des condoléances... que reste-t-il à ajouter?

Ben, il reste à dire merci. Merci à Jean. Merci pour tes trois superbes fils, qui sont devenus, grâce à toi, de bonnes personnes. Merci de leur avoir donné la capacité d'aimer. Merci de leur avoir transmis de bonnes valeurs solides qui leur permettent maintenant de s'épanouir dans leur travail, dans leur couple, dans leur famille.

Merci d'être le grand-papa Zean de mes enfants. Merci de les avoir aimés.

Merci de m'avoir montré que, malgré tout, on peut garder le sens de l'humour. On peut garder le moral. Qu'il y a toujours du bon dans tout.

Merci, Jean.

Tu me manques.

lundi 18 mai 2009

Recentrage

La semaine dernière j'ai eu "la switch à bitch" au travail. Trop de travail, trop de collègues brûlées, et quelques autres facteurs dont je n'ai vraiment pas envie de parler.

Vendredi soir, après avoir laissé mes deux petits trésors chez mes parents, j'ai pris la direction de St-André Avellin avec mon mec, et je me suis transformée en une autre personne jusqu'à dimanche midi. Pas de travail. Pas d'enfants. Pas de moi. Juste la forêt, et plein de personnages qui n'existent pas.

Oh, il a fait froid. Mais ma cape était chaude, je n'en ai pas souffert. Il a plu, mais j'ai pu rester au sec à l'auberge.

J'ai mangé du mechoui de cochon. J'ai prêché pour ma paroisse. J'ai écouté et conseillé des personnages qui n'existent pas qui ont des problèmes qui n'existent pas. Je me suis même ennuyée d'un autre personnage. J'ai assisté à un mariage fictif. À un procès fictif. J'ai traité des problèmes tout à fait fictifs. J'ai même fait de la politique fictive.

Et vous savez quoi? Maintenant, ma tête est libre. Complètement. Je repense au travail, et aux problèmes de la semaine dernière, et je me dis que demain, quand je rentrerai au bureau, je serai contente d'allumer mon ordinateur et de traduire la montagne de textes urgents qui m'attend. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai été aussi zen.

C'est fou comme ça fait du bien de décrocher!

lundi 11 mai 2009

Priorités

J'essaie de réorganiser mes priorités. Je n'ai pas le choix, je n'ai plus d'énergie pour tout faire. Ou plutôt, oui, j'ai l'énergie pour tout faire, mais je finis par tout faire tout croche. Alors, je dois recaler certaines activités.

Mais voilà, quand j'en recale une, ce n’est pas juste l'activité que je laisse tomber. Ce sont des gens.

Si je refuse de faire des heures supplémentaires, c'est un autre collègue qui devra se les taper. Si je ne réponds pas au courriel du gars qui cherche tel accessoire de GN, il ne le trouvera pas. Si je ne répare pas le pantalon de mon mec, ou si je ne fais pas la brassée de lavage, on n'a pas de vêtements. Si j'oublie de prendre 3 minutes pour faire le pain le soir, il n'y en a pas le lendemain matin. Si je manque un entraînement d'aïkido, c'est ma santé (physique ET mentale) qui en prend un coup... et si j'suis malade, j'suis pas plus efficace.

Faire participer plus mon fils et mon mec au ménage? Je n’ai pas l'énergie pour ça. C'est plus fatigant de demander que de le faire moi-même. J'suis tannée. Et puis, mon mec, il est encore plus fatigué que moi. Et on a pas mal d'obligations familiales, dernièrement.

Bref, j'ai beau réorganiser mes priorités, celles qui sont au top entrent déjà en conflit l'une avec l'autre... La famille, le travail, la santé, la maison... Tout ça prend déjà toute la place, parce qu'il y a beaucoup de choses à faire, juste dans tout ça. Si, en plus, je veux rester saine d'esprit, j'ai besoin d'activités.. qui prennent aussi du temps. Couper dans le sommeil? Peux pas.

Je crois que c'est le surplus de travail qui commence à me taxer...

Vivement vendredi, mon premier GN de l'année... mais j'suis pas dedans... on dirait que je vois juste ce qu'il y a à faire, pas ce que ça donne de le faire. Ça va me faire du bien de prendre un break mental de ma vie, de décrocher pendant 40 heures...

dimanche 10 mai 2009

Bonne fête des mères!

C'est la fête des mères, alors à toutes les mamans : profitez-en!

Pour ma part, j'ai travaillé hier (ouaip, un samedi... et je n'étais pas seule au bureau, on était quatre). L'été s'annonce pénible pour notre équipe... Alors que les TCA manquent de boulot, nous, on en a trop... Jamais contents, vous dites?

Alors, donc, j'ai travaillé hier, un bon 6 heures. Avant ça, j'ai travaillé dans mes plates-bandes, je me suis battue avec 8 kilos de carcasses de poulet congelées pour les faire dégeler et les transformer en bouillon et puis, juste pour être certaine de ne pas m'ennuyer, j'ai fait un peu de ménage. Toute seule avec mon bébé, parce que mes hommes travaillaient chez mon beau-père... On n'a pas veillé ben tard hier soir, mettons.

Ensuite, ce matin, mes hommes sont retournés aider mon beau-frère à déménager. On est restées entre filles. Encore du ménage, j'ai empoté le bouillon de poulet, j'ai fait des pommes de terre au citron en conserves, aussi, et puis là, il est 14h, et j'suis vidée... Mais je voudrais faire de la couture, mais mes fesses restent bien collées sur la chaise devant l'ordinateur. Mon cerveau ne roule plus.

"Marilise, tu veux aller faire un petit dodo?"

Et Marilise de répondre avec un grand sourire réveillé "Tiens!" En me tendant son chapeau, son manteau et ses souliers... Awwwwww... Ok, on va aller jouer dehors...

lundi 4 mai 2009

Photos

C'est fou comme ma fille me ressemble... Mais ce n'est que quand je vois les photos que ça me frappe!

Étrange comme le miroir ne me renvoit pas la même image que les photos...