Le blogue d'ND

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vendredi 31 juillet 2009

Pas encore...

Je crois que je suis plus fatiguée d'entendre les gens se plaindre du mauvais temps que du mauvais temps comme tel. La pluie, c'est notre karma. Y'a RIEN qu'on peut y faire. On a beau chialer tant qu'on veut, ça n'arrêtera pas de tomber pour autant. Faut savoir apprécier les percées de soleil quand elles arrivent, et s'équiper avec des parapluies colorés. Voilà.

Mais bon, une de mes collègues (merci, France!) a quand même envoyé quelques bonnes blagues à ce sujet ce matin (pour agrémenter ce superbe vendredi).

À sa mort, un homme attend pour être jugé dans une longue file. L'attente lui permet de remarquer que certaines âmes sont autorisées à pénétrer par les grandes portes du Ciel, alors que d'autres par contre, sont dirigées vers Satan qui les jette dans un immense trou enflammé. Quelques fois, au lieu d'envoyer l'âme dans les flammes, Satan la rejette sur une pile de côté.



Ayant remarqué que Satan avait fait cela à maintes reprises, la curiosité l'incita à se diriger vers lui pour le questionner.



«Excusez-moi Prince des Ténèbres, mais j'attends en ligne pour être jugé et je ne peux m'empêcher de me questionner sur les motifs qui vous incitent à mettre ces âmes de côté au lieu de les envoyer dans les flammes éternelles comme les autres?»



«Ah, celles-ci,» bougonna Satan, «elles arrivent du Québec et elles sont trop mouillées pour brûler.»

Et de nouvelles chaussures, exclusivement pour le Québec :

Le bonheur

Je suis une personne heureuse.

Oui, parfois, je suis découragée, vidée, à plat, bougonne, chialeuse, et j'en passe. Mais je suis tout de même heureuse. Je crois qu'être heureux, ce n'est pas quelque chose de passager. C'est une capacité. Même chose pour le malheur.

Je connais des gens qui ont tout pour eux et qui sont tout de même malheureux. J'ai connu des gens qui n'avaient rien, pas même la santé, mais qui étaient tout de même heureux.

La différence, c'est dans la façon de voir et d'accepter les choses. Si on ne sait pas reconnaître le bonheur quand il passe, alors on ne peut pas le ressentir.

Hier soir, dernier cours d'aïkido avant les vacances. Sensei a invité Réjean Audet, qui a monté l'Everest, pour qu'il partage son expérience. Ce qui m'a surtout frappée, c'est de voir à quel point tout était dur, difficile, invivable là-bas. Pourtant, tout le monde semblait heureux d'y être, malgré les difficultés. Même aller aux toilettes était une épreuve. Dormir, manger, enfiler ses vêtements. Pourtant, beaucoup de photos de superbes sourires. Dans la voiture, en revenant à la maison, je me suis dit qu'après avoir embrassé sa famille à son retour, il en a sûrement fait de même avec sa toilette qui flush, sa douche chaude, son lit douillet. Toutes des choses que l'on a tendance à tenir pour acquis.

J'ai très mal dormi cette nuit. Je tousse beaucoup depuis le début de la semaine, une vilaine toux sèche qui ne sert à rien sauf à me dire que les allergies sont en retard de quelques semaines. Je dors à coups de demi-heures ou d'heures, je suis réveillée par des quintes. C'est pire que quand j'allaitais : je travaille. Mes clients se fichent pas mal du fait que j'ai un mal de tête carabiné, que j'ai du mal à voir mes coquilles (vive Antidote) et que j'ai la créativité d'un escargot parce que j'ai juste envie de retourner me coucher en braillant : ils veulent des traductions impeccables dans des délais très serrés (et je suis polie). C'est vendredi. Ici, le vendredi, c'est l'enfer. Personne ne dit TGIF ici, tant qu'il n'est pas 16h, heure à laquelle nos clients ferment boutique. Bref, je ne suis pas en forme, je suis à bout de nerfs, j'ai les piles à plat et j'suis stressée comme je ne me souviens pas avoir été stressée. J'aurais de bonnes raisons d'être malheureuse. Mais...

... Mais mes enfants sont superbes. Estéban s'amusait un peu fort ce matin, malgré mon mal de tête, je le trouvais drôle. C'est fou comme il grandit, comme il devient petit homme. Marilise a englouti tout un contenant de yogourt de soja. Toute seule. Avec la cuillère. Sans en mettre dans ses cheveux, ni sur ses vêtements. "' 'ogourt! Là! Là! 'ogourt! 'core! 'core!" Elle parle de plus en plus, et de mieux en mieux. Je crois que j'aurai deux verbomoteurs. C'est épuisant, mais c'est tellement mignon, et je suis tellement fière de tout ce que mes deux p'tits cocos accomplissent!

... Mais mon mec est génial. Un vrai pilier pour moi. Je l'aime comme ça s'peut pas!

... Mais mes collègues sont géniales. J'arrive au bureau, et ma voisine annonce qu'elle a apporté des gâteries pour passer au travers du vendredi : un super bon gâteau au citron et aux graines de pavot, des fraises, du chocolat, et elle m'offre un café aux noisettes. Merci, Kate!!! Une autre collègue part en vacances la semaine prochaine, et a fait un gâteau à l'orange pour célébrer l'occasion : merci beaucoup France!!!

... Ma production quantitative n'a jamais été aussi élevée. Et je n'ai pas le temps de m'ennuyer. J'aimerai bien avoir plus de temps pour faire un meilleur travail, mais au moins, je travaille, dans un domaine que j'aime, avec des collègues que j'aime et je sais que je ne fais pas tout ça pour rien.

... Je peux aller aux toilettes dans des cuvettes de céramique dont la chasse fonctionne à merveille, et ensuite, je peux me laver les mains et les essuyer. Si j'ai froid, j'ai le châle que ma maman m'a tricoté. Et ce soir, je vais pouvoir me coucher (à défaut de m'endormir, à cause de la toux) dans un lit douillet, avec mon mec que j'aime, sachant que mes enfants sont en sécurité dans leur lit douillet à eux.

C'est ça qui fait que je suis heureuse. Parce que je suis reconnaissante pour tous ces petits détails.

mardi 28 juillet 2009

Dermatologie

Je souffre d'eczéma grave depuis que je suis toute petite, bébé ou enfant. J'ai passé de très mauvaises nuits à ne pas pouvoir tolérer mes couvertures et mes vêtements de nuit tellement j'étais sensible. J'ai pleuré, j'ai crié, j'ai eu très mal. J'ai vu des médecins, qui m'ont prescrit des crèmes. Les crèmes aidaient au début, puis je devenais tolérante. Parfois, ça marchait, ça allait jusqu'à la prochaine poussée de stress ou jusqu'au prochain changement hormonal (lire ici - grossesse et allaitement). J'ai essayé les remèdes « naturels », la plupart ont empiré les choses, ou n'ont rien fait du tout.

Je n'allaite plus depuis un an. J'ai essayé une autre crème prescrite par mon médecin. Mais pendant que je tape ces lignes, j'ai les dix doigts ouverts. Ça fait mal. Je ne me m'endure plus.

Mais ce n'est pas grave. Je sais que ça va finir par passer. Je vais me remettre à la course, au yoga, je vais me détendre, et je vais changer de crème, puis ça devrait passer... pour l'instant. Je ne me plains pas vraiment, dans ma tête, y'a rien là, ça a l'air pire que ce que c'est, même si j'ai du mal à faire certaines manipulations de base parce que le bout de mes doigts saigne et que ça fait mal sur le coup.

Mais Marilise... elle a à peine 18 mois, et le pouce qu'elle se met dans la bouche quand elle est fatiguée est très abîmé. L'intérieur de ses coudes et de ses genoux est irrité aussi. Pauvre cocotte. Elle ne s'en plaint pas, mais moi, je sais que ce n'est qu'une question de temps si je ne fais rien. Déjà, j'hydrate, ça aide. Mais ce n'est pas suffisant. C'est plus dur de la voir souffrir que de souffrir moi-même. Je préférerais en avoir partout sur le corps que de la voir en avoir, ne serait-ce qu'un peu sur le pied.

J'ai lu toutes sortes de choses. Des témoignages contradictoires. Des remèdes qui améliorent les choses pour certains, qui les empirent pour d'autres. Je test sur moi, pas sur ma fille. Mais qui sait si les déclencheurs sont les mêmes pour elle que pour moi?

Depuis quelques jours, je ne prends plus de produits laitiers. On m'a dit que ce sont souvent les premiers coupables. Soit ce n'est pas mon cas, soit je n'ai pas coupé depuis assez longtemps. Mais mes mains, elles sont plus douloureuses qu'il y a trois jours. Je continue, au cas. Je tiens aussi à faire attention avec les restrictions alimentaires, déjà que je ne tolère pas les carottes, ni le céleri, ni quelques sortes de noix (c'est récent - quelques années) j'hésite à restreindre mon alimentation - la diversité, c'est important. Entre les problèmes d'estomac et de peau, qui ont des causes distinctes, si je suis à la lettre tout ce qu'on recommande d'éviter sur Internet, je deviendrais une végétalienne qui n'a pas le droit de manger de légumes... autrement dit, faudrait me nourrir par intraveineuse. C'est complètement débile.

Alors avant de laisser tomber la viande, les oeufs, les fruits, les légumineuses, les légumes, les céréales, les noix, je vais demander à mon médecin qu'il me réfère à un dermatologue... parce qu'ici, l'attente pour un dermatologue est de trois ans. Ouaip. Trois ans. Et ne pensez pas aller au privé : là, pas d'attente, mais on ne fait que du laser et du botox. Plus payant. On vit dans un monde de fous...

Zombies et autres faits de la vie

J'ai l'imagination très fertile. Ce n'est nouveau pour personne. Le soir, en allant chercher mes poubelles au chemin (mon entrée fait quarante-trois mètres), j'ai peur de me faire attaquer par une horde de zombies. Sans blague. Oui, je sais que les zombies, ça n'existe que dans les films et dans les vieilles légendes. Oui, je sais que c'est impossible. Mais n'empêche, c'est plus fort que moi. Comme quand j'avais peur du fantôme dans mon placard quand j'étais enfant (et même ado).

Quand j'ai lu cette nouvelle, entre deux urgences au bureau, j'ai d'abord souri. C'est impossible que ça m'arrive : je ne vis pas seule. Mais...

En congé de maternité, j'avais une peur bleue de me blesser, voire de glisser dans les escaliers et de me frapper la tête contre la céramique en bas, au début de la journée, alors que j'étais seule avec bébé-Marilise, sans espoir d'être secourue avant que mon mec revienne du boulot, parfois tard le soir, ou alerté par la gardienne qui ne me voyait pas revenir chercher Estéban. Ou encore, de m'étouffer en mangeant. Je n'avais pas tant peur pour moi que pour le pauvre bébé qui serait tout seul, sans que personne ne lui change la couche ou ne l'allaite...

Là, c'est réaliste. Maintenant, imaginez ce qui se passe dans ma tête après que j'aie vu un film postapocalyptique où 95 % de la population humaine est décimée par une maladie de type grippe H1N1 mutée. L'enfer. Et si mon mec et moi sommes foudroyés pendant la nuit, et que mes enfants sont pris pour s'organiser tout seuls? Penseraient-ils à aller voir les voisins? Réussiraient-ils à appeler quelqu'un pour les aider?

Oui, je sais, c'est comme les zombies. C'est tellement improbable que c'est impossible.

J'ai dit que j'ai une imagination fertile? Y'a des pilules contre ça?

lundi 27 juillet 2009

Relaxer

« Pis, finalement, ton weekend? »

« Vraiment, relaxe. J'ai fait le ménage de ma salle de couture/du bureau de bricolage d'Estéban, ensuite, j'ai réparé cinq pantalons de mon mec, j'ai fait deux t-shirts pour Estéban, j'ai continué son costume de dragon et j'ai fait des décorations pour Napankor. Ah, et j'ai dormi! »

« Euh... t'appelles ça relaxer? »

« Oui m'sieu, pour moi, ça, c'est relaxer. J'aurais pu faire des tonnes d'autres choses. Mais non. Juste moi, mes machines, mon tissu, mon mec qui relaxe et mes enfants qui jouent. Le paradis, j'te dis! »

jeudi 2 juillet 2009

23 heures

Si j'étais supersticieuse, je dirais que ma maison est hantée de 22h30 à 23h30.

Jusqu'à environ trois ans, Estéban a pleuré à 23 heures. Plus ou moins 30 minutes. Il ne se réveillait pas. Il ne faisait que pleurer, ou plutôt, chialer. Parfois, juste parler ou faire "ayayaya-ayayaya". Une minute ou deux. Qu'on aille le voir ou pas, il arrêtait de lui-même sans s'être éveillé.

Depuis quelques mois, c'est le tour de Marilise. Elle fait la même chose. Une minute ou deux, entre 22h30 et 23h30. Dernièrement, ça la réveille un peu. Quand on va la voir, on la rassure, puis elle pointe son lit. "Là là!" On la recouche. "Oui, ma belle, fais dodo. Il est tard." Elle suce son pouce, se retourne et se rendort, comme si rien ne s'était passé.

Je ne crois pas aux fantômes. J'aimerais y croire. J'ai l'impression que les injustices paraîtraient moins injustes. Mais non. Il doit y avoir une explication beaucoup plus logique (et beaucoup moins intéressante) que l'option « esprit réveilleur de bébé qui dort aka emmerdeur de parents qui aimeraient dormir ». Pourquoi toujours à la même heure? Probablement que ça a un lien avec l'heure du repas. Ou un truc banal du même genre.

Tu sais que t'as besoin de vacances quand...

... Quand tu penses aux vacances, tu penses au nombre de mots qu'il te reste à traduire et tu capotes parce qu'il ne reste plus que X jours avant l'échéance.

J'ai recommencé à traduire dans mon sommeil. J'ai besoin d'une pause mentale. Non mais, tsé, j'suis pas payée quand je dors!

En plus, ce matin, à la radio, un intervenant (je ne sais pas qui, j'ai manqué le début de l'entrevue) parlait de la fermeture des fermes pénitentiaires... Je me suis encore fâchée. Et j'ai pensé au travail. Argh. J'en ai vu, des textes, là-dessus. Parfois, j'aimerais pouvoir ne pas savoir ce qui se passe.

Comme le personnage dans Matrix (le premier, là, le vrai film, le bon film) qui trahit tout le monde parce qu'il préfère vivre dans un monde illusoire pendant qu'une machine se nourrit de son énergie plutôt que de vivre libre, mais conscient de toutes les imperfections, de tous les problèmes du monde. Il veut pouvoir goûter un steak sans penser à ce qu'il y a derrière le steak — la configuration du steak. Moi, parfois, en février, j'aimerais pouvoir acheter des raisins « frais » du Chili et les déguster sans penser aux conséquences environnementales et sociales. Parfois, j'aimerais pouvoir juste traduire des mots sans penser que ces mots-là, ce sont des décisions officielles qui auront des conséquences sur la société. J'aimerais être innocente.

Bien sûr, c'est passager. Je préfère, et de loin, avoir les outils nécessaires pour faire des choix éclairés. Sauf que parfois, la petite fille en moi, celle qui jouait avec des pouliches en plastique made in Taiwan et peut-être contaminées au plomb, elle, elle me boude...

Et puis, pendant que je me fâchais dans ma tête au volant en écoutant la radio, mes enfants, sur le siège arrière, mangeaient les sandwichs maison : pain que j'ai fait hier, beurre d'arachides bio, confiture de fraises cueillies samedi et transformées dimanche. Ils étaient habillés de beaux vêtements usagés ou faits par maman. Ils rigolaient, se faisaient des blagues.

J'ai vraiment besoin de vacances. Avec ma famille.

mercredi 1 juillet 2009

Gugusses

Je viens de voir ça. En anglais seulement (désolée).

Ce n'est pas la première fois que je vois quelque chose du genre. Mais ça aide, parfois, de se remettre en contexte.

Aujourd'hui, c'est le premier juillet. Presque tout le monde a congé. Les supermarchés sont ouverts, contrairement au 24 juin où, là, tout était fermé. Nous n'avions plus de lait. J'ai fait un mini-marché avec les petits, sachant que demain, je vais chercher ma commande de produits locaux du marché de la solidarité, comme tous les deux jeudis.

Pour me rendre au supermarché, j'ai passé devant deux magasins à grande surface. À chacun, des gens essayaient d'ouvrir les portes et semblaient fâchés de les voir fermées. Personne à l'intérieur. Congé. Triste. Tout le monde a congé. Pourquoi ne pas en profiter et passer du temps avec ce monde-là? Je m'ennuie du temps où tout était fermé le dimanche.

"Oui, mais tu fais quoi, si t'as besoin de quelque chose le dimanche?"

"Ben, tu l'achètes le samedi."

"Mais si t'as pas le temps le samedi? Ou si t'oublies?"

"T'en mourras pas, pis la semaine suivante, t'auras appris et tu l'achètera le samedi."

Sérieux, ici, tout est fermé à compter de 17 ou 21h. 22h pour certains supermarchés. Les gens de Montréal et de Québec n'en reviennent pas. C'est quand même la région de la capitale nationale. Moi, je me demande qui a absolument besoin d'aller faire son marché à trois heures du matin.

Deuxième chose qui m'a frappée : Estéban. Il aura cinq ans bientôt. Et il ne pense qu'à une chose : avoir de nouveaux jouets. Il en a plein, des jouets. Partout. Dans chaque pièce de la maison. Mais il suffit qu'il sache que je vais au supermarché pour qu'il insiste pour avoir un jouet. Il a droit à une gâterie, habituellement. Avant, il prenait un bonbon, ou un gâteau. Là, il veut des jouets. Il n'est même pas encore dans la voiture qu'il me casse les oreilles avec le Dollarama. Et il a le culot d'argumenter, en plus. "Oui mais..." Je sais que je suis à blâmer pour ça. Après tout, c'est moi qui lui a permis d'acheter une gâterie qui ne se mangeait pas, un jour. Et j'ai beau lui expliquer les conséquences de la surconsommation... il aura cinq ans dans trois semaines. Les conséquences, si elles ne sont pas visibles et immédiates, elles n'existent pas dans son monde. Pas encore.

Mais bon, la culture de la consommation, on en a tous entendu parler. Tout ça, ce n'est rien de nouveau. Mais ça aide de se résoudre à en faire un peu plus. De s'arrêter et de profiter de la vie au lieu de profiter des magasins...