Le blogue d'ND

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mardi 18 août 2009

Local, bio, équitable, santé, diversité et réalité?

C'est la pagaille.

Bon, mon corps est composé de cellules. Ces cellules sont construites grâce à un système élaboré et planifié dès la naissance, soit les gènes. Mais elles ont besoin de matériaux bien précis pour se développer adéquatement, et ça, on l'obtient dans la nourriture. Si on pousse un peu, on est ce qu'on mange, au fond. Juste réorganisé selon un plan bien précis qui est déterminé dès notre conception.

Jusque-là, ça va. On comprend que peu importe ce qu'on met dans notre bouche, on pourra être affecté par des virus, des bactéries, puis des maladies génétiques. Mais ce qu'on mange, logiquement, beaucoup d'impact sur le développement des cellules. Pour recycler l'idée du plan, on a beau avoir les meilleurs plans conçus par les meilleurs architectes, si les matériaux sont pourris, ce qu'on bâtit sera pourri. Et l'inverse est possible aussi, on a beau avoir les meilleurs matériaux au monde, si l'architecte a mal planifié son affaire, ou si les fondations sont mal coulées, ça va coûter cher à réparer.

Donc, si on suit cette logique, on peut, théoriquement, réduire les risques de tomber malade si on s'alimente bien, mais les risques seront toujours là. Toujours si on suit la logique, c'est mieux d'éviter les produits qui sont mauvais pour nous, et de manger plein de choses qui sont bonnes pour nous. Pour être bien certain d'avoir tout ce dont on a besoin, il faut varier son alimentation tout en évitant de prendre des aliments néfastes. Simple? Non. On ne fait que commencer. Parce qu'on est entouré d'aliments dits indésirables que l'on aime et qui sont si facilement accessibles. On ne lit pas les étiquettes, non plus. Ou très peu. Dès que je me suis mise à lire les étiquettes, j'ai eu peur, et j'ai arrêté d'acheter du tout-fait, ou du moins, j'ai essayé d'arrêter. Les longues listes de produits utilisés comme agent de conservation, les gras trans, les « saveurs artificielles » et les ingrédients qui ont des numéros au lieu de noms... Les produits tellement raffinés qu'ils ne contiennent plus de nutriments valables, le sucre et le sel ajoutés à outrance. Et si on ne modifie pas nos habitudes de consommation et qu'on passe au bio, bonjour le porte-monnaie. Si on ne modifie pas son alimentation, le bio n'est pas du tout abordable. Alors emmenez-en, des pesticides. Alors, il faut modifier les habitudes de consommation pour avoir une alimentation complète et variée sans se ruiner. La solution : cuisiner et planifier, comme nos grand-mères et nos arrière-grands-mères. Substituer aussi.

Vous croyez qu'on a fini? Non. Parce qu'il n'y a pas que ce que l'on mange qui est important. Il y a ce que l'on boit, ce que l'on respire et même ce que l'on touche. On parle donc aussi de la qualité de l'air et de la qualité de l'eau, d'écologie, de contamination de l'air et de l'eau par des produits (naturels ou non) que nous rejetons dans la nature. À plus vaste échelle, si on veut maximiser nos chances d'être en santé, il faut minimiser notre impact sur l'environnement EN PLUS de faire de bons choix sur le plan nutritionnel. Ici, ça devient un peu plus compliqué, parce que pour réduire notre impact sur l'environnement, il faut réduire la quantité de déchets que l'on rejette dans nos ressources de base : l'air et l'eau. Pour ça, ben il faut diminuer la distance que parcourent nos aliments (à cause des gaz à effet de serre), et surveiller nos déchets (pour qu'ils ne soient pas enfouis dans une nappe phréatique), et veiller à ce que nos excréments ne soient pas déversés dans l'eau potable... Et là, je ne parle que du minimum personnel : ensuite, on doit décourager les entreprises à déverser leur poison dans nos rivières et encourager les « pratiques exemplaires ». Ce qui veut dire que quand on achète de la nourriture, on doit savoir d'où elle provient et dans quelles conditions elle a été produite. Pas évident, parce que personne ne s'entend sur l'étiquetage de la provenance. Le meilleur moyen? Acheter uniquement de producteurs locaux. Possible? Si on vit dans un grand centre, peut-être. Mais il faut faire attention, encore, le café que j'achète est torréfié dans ma région, mais il est produit ailleurs... Vraiment pas simple.

Parlant de café, ce qu'on mange a aussi une charge éthique. Vous ne trouvez pas louche qu'en pleine saison des asperges, on retrouve surtout des asperges du Pérou en supermarché, et puis elles sont moins chères que celles qui sont produites au Québec? Pourquoi est-ce que les tomates de serre du Mexique coûtent moins cher que les tomates de serre produites dans ma propre ville, à trois coins de rue de chez moi? Ce n'est sûrement pas parce que le producteur local veut me flouer. C'est peut-être le supermarché qui floue les producteurs du Pérou et du Mexique? Et si ça continue comme ça... ben les producteurs locaux, à qui ils vont les vendre, leurs produits? Et les producteurs étrangers, comment vont-ils faire pour se tenir à flot? Bon, je comprends que certains produits, comme le chocolat, le café, les bananes, les ananas, ne peuvent pas pousser chez moi. Que je dois les importer. Mais des TOMATES? de l'AIL? L'ail, ça pousse presque comme de la mauvaise herbe ici, comment se fait-il qu'il n'y ait que de l'ail importé de Chine dans les grandes surfaces? Que je doive le commander chez mon agriculteur préféré si je n'en ai pas fait pousser dans mon jardin? Oui, oui, c'est la crise économique. Faut se serrer la ceinture. Mais quand on paye le prix de la merde, on risque de recevoir de la merde... ou de faire manger de la merde à ceux qui nous ont pratiquement donné leurs produits, transportés dans de gros paquebots et de gros camions...

Mais avec tout ça, comment s'y retrouver?

Ça prend du temps. De la volonté. De la planification. Surtout, ça prend des connaissances. Ça prend la faculté de se poser des questions essentielles. D'où ça vient? Comment c'est fait? Avec quoi? En ai-je vraiment besoin? Est-ce bon pour moi?

Pas simple. Pas simple du tout.

vendredi 14 août 2009

Vulgariser la pauvreté

Estéban criait depuis déjà cinq bonnes minutes. Cinq pénibles minutes. Si on ne mange pas de la bouffe du clown orange, ou des sandwichs au fromage, on a droit à une crise à l'heure du souper. C'est l'âge. Aujourd'hui, la sauce n'était pas à la bonne place sur le spaghetti, l'assiette était ronde et non carrée, et je ne sais plus trop quoi. Dernièrement, je l'envoie dans sa chambre : "Tu redescendras quand tu voudras manger ce que je t'ai préparé." Mais il devient évident qu'il ne comprend pas pourquoi je ne le nourris pas exclusivement à la cochonnerie quand c'est si bon et si facile...

Ce soir, donc, j'étais exaspérée. Encore. Il y a certains décibels que je peux ignorer, mais il a le don de se tenir dans le registre qui m'irrite.

"Compte-toi chanceux, Estéban, toi, au moins, tu PEUX manger. Il y a des petits enfants qui ne peuvent même pas manger."

Arrêt sec.

"Hein? Pourquoi?"

"Ben, parce qu'ils n'ont pas d'argent."

"Qu'est-ce qu'ils mangent?"

"Ils ne peuvent pas manger. Ils mangent de la boue pour mettre quelque chose dans leur estomac. Par exemple."

"Hein?" Il s'est assis à sa place et a commencé à manger son spaghetti. Celui qui, il y a quelques minutes, était si horrible. "Ça ne se peut pas pour vrai, hein?"

Mon mec : "En fait, c'est les deux tiers de la population du monde entier qui ne peut pas manger à sa faim. Deux personnes sur trois!"

"Mais, pas nous, hein?"

"Non, nous, on est très chanceux."

"On va jamais manquer de nourriture, hein?"

"Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est qu'on vit dans un pays qui est très chanceux. Ceux qui, comme nous, ont de l'argent, en donnent une partie au gouvernement. Lui, il utilise cet argent pour donner de l'argent à ceux qui n'en ont pas pour qu'ils mangent. Pour contstruire des écoles pour que les enfants apprennent des choses qui leur permettront d'avoir un bon travail plus tard. Pour donner des subventions, de l'argent, à des personnes qui construisent des maisons pour ceux qui ne peuvent pas se payer de maison."

"Toi, tu en connais des gens qui mangent de la boue?"

"Personnellement? Non. Mais j'en connais qui ont de la misère à acheter de la bonne nourriture, bonne pour la santé. Et je sais qu'il y a des pays où les gens se battent parce qu'ils ont faim."

"Hein? Pourquoi?»

"Parce que quand tu as faim, tu es de mauvaise humeur, hein? Alors, imagine quand c'est comme ça tout le temps, tous les jours. Quand tu as peur de mourir parce que tu as trop faim. Les gens comme ça, ils ont peur, ils ont faim, et ils deviennent méchants. Ils font des crimes, ils volent, même qu'ils sont prêts à tuer. Pour avoir de la nourriture, ou encore pour que leurs enfants aient de la nourriture. Les prisons sont pleines de gens qui ont eu faim. Tu vois, comme toi tu es chanceux qu'on te fait de bons repas? Tous les jours? Plusieurs fois par jour?"

"Maman, il est bon, le spaghetti..."

J'avoue que j'ai adapté à un auditeur de cinq ans... n'empêche, je trouve ça dur, la réalité...

mercredi 12 août 2009

Dans le jus

Lui : "Excuse-moi de ne pas avoir pu te répondre aujourd'hui, j'ai été dans le jus au bureau toute la journée."

Moi : "Oh, ce n'est pas grave, ce n'était vraiment pas urgent, et c'était particulièrement juteux ici aussi."

Parfois, mon esprit tordu me décourage...

lundi 3 août 2009

Direction sud

Chéri, pourquoi on ne se marierait pas en Bolivie?

Si on en croit les journaux, ça en vaut la peine!!! Mais je ne sais pas s'ils paient les taxes, après... J'sais pas non plus si ça marche pour ceux qui ne sont pas Boliviens, ni si on peut décider de l'emplacement de la maison, ni si on peut faire le coup de se marier plusieurs fois pour avoir plusieurs maisons... Hmmm...