vendredi 27 novembre 2009
Une chose à la fois
Par Andreanne, vendredi 27 novembre 2009 à 11:06 :: General
Je me sens un peu (beaucoup) dépassée, là.
Journée de dingue hier. Complètement dingue. Je me suis sentie décalée toute la journée. Mes textes étaient bizarres. Dans le sens de... je ne sais pas. Certains semblaient codés, d'autres étaient juste remplis de trous à remplir... c'était une journée comme ça.
Puis j'ai eu une évaluation de mon rendement des six derniers mois. Je me débrouille bien. Peut-être trop bien. Je suis traductrice-urgentologue, je ne fais pratiquement que des textes urgents et, au fil des mois, j'ai appris à maximiser le temps que je passe devant mes écrans. C'est un travail intense, qui ne me laisse pas beaucoup de place pour respirer, mais que je peux tout de même gérer avant 15 h 30 la plupart des jours. Il paraît que je tape vite aussi, j'ai même dû prendre un clavier (un peu) plus silencieux, par respect pour mes voisines!
Mais voilà, très bientôt, des réviseurs partiront en vacances. Nous manquons encore plus de ressources. On voit tout de même venir l'orage depuis quelques mois, et on s'y prépare comme on le peut. Je ne suis pas dupe, je sais très bien que ce sera difficile, et que tout le monde mettra l'épaule à la roue, comme toujours. "Je viens de parler à K. et à F., et j'aimerais que tu y penses aussi... on aura besoin de monde pour réviser la pige pendant l'absence de I et de A. Sauf que dans ton cas, j'ai peur de perdre l'urgentologue..." À suivre. Mais je ne suis pas contre un petit changement de décor d'un mois, en janvier... on verra bien.
Après tout ça, je suis arrivée en retard chez la gardienne, puis je n'étais pas passé encore chercher ma commande au marché régional... Hull-Gatineau-Val-des-Monts-Hull-Val-des-Monts, puis dojo... mais avec tout ça, je ne trouvais plus le haut de mon judogi. Argh. Fouille partout. Finalement, je l'avais oublié au dojo lundi. Yé. Un autre décalage. J'appelle pour dire que je serai en retard (un conseil, quand on croit être en retard quelque part, mieux vaut appeler pour prévenir : le degré de stress descend beaucoup, en particulier lorsqu'on prend le volant et qu'on risque de se fâcher contre les feux de circulation qui rougissent plus longtemps quand on est pressé). J'arrive pour la fin du réchauffement. Quelques exercices de base, puis... Paf. Une autre "surprise." Je suis sélectionnée pour la ceinture orange... le test est dimanche. "Wait, what?!?"
Voyez-vous, ma famille passe avant les ceintures. Et ma famille voulait finir le poulailler dimanche. Et ma famille fait en sorte que le mercredi soir, je ne peux pas suivre le cours avancé d'aïkido, si bien que j'essaie de compenser un peu avec le cours des débutants du jeudi, mais que je suis quand même juste la moitié des cours avancés que les autres ceintures jaunes suivent. Et puis, j'ai manqué tout le mois d'octobre pour tenir le fort, tant bien que mal, à la maison, pendant la campagne électorale de mon mec. Alors quand j'ai été nommée, mettons que j'étais plus qu'un peu surprise. Oui, ok, je connais très bien la base. Et oui, je sais me débrouiller si je vois quelqu'un d'autre faire la technique. Alors oui, je peux passer le test sans avoir l'air trop déboussolée. Et puis, je crois que ça fait partie de l'examen, aussi, de voir comment je réagis sous la pression de la nouveauté. Sortir de la zone de confort, hein? Là, c'est brutal.
Mais une fois le choc passé, je me dis la même chose que je me suis dite quand j'ai réfléchi à passer à la révision pour un mois. La vie est beaucoup trop courte pour s'empêcher de faire des choses de peur qu'elles soient trop difficiles.
J'avais peur d'aller en Allemagne parce que je savais que ce serait difficile. J'y suis quand même allée et je ne l'ai jamais regretté.
J'avais peur de faire toutes les démarches difficiles pour être admise à l'université. Je les ai quand même faites et j'ai terminé mon baccalauréat avec honneur. Je ne l'ai jamais regretté.
J'avais peur de m'engager dans une relation à long terme avec mon coloc. J'ai quand même acheté une maison avec lui, et je lui ai fait deux superbes enfants, et je ne l'ai jamais regretté.
Je n'ai plus peur maintenant. Si c'est ce que je veux, c'est ce que je fais. Sans perdre les conséquences de vue, quand même!
Merci, maman, d'avoir accepté de garder Marilise à la toute dernière minute, dimanche!!!