Ce matin, pour une très rare fois, mon mec s'est levé avant moi... ou plutôt, moi, je me suis trainée hors du lit après lui. J'avais encore les deux yeux dans le même trou, quand il est monté "Regardez par la fenêtre de la chambre!!!"

Il y avait des dindes sauvages. Toute une colonie, je dirais... Au moins quinze, sinon vingt... Elles gloussaient allègrement sous ma fenêtre, sur mon potager (nettoyé - il n'y a plus que des gousses d'ail enfouies dans le sol), un peu partout. Jusqu'à ce que le chien du voisin d'en arrière (sympathique, celui-là) vienne "faire le ménage". C'est fou comme ça court vite, une dinde sauvage! Et ça vole, aussi! C'est impressionnant!

Le poulailler commence à prendre forme, on aura des poules, peut-être des canards un jour... mais pas de dinde...

Pour passer du coq à l'âne : notre centre communautaire s'est transformé en centre de vaccination cette semaine. Hier soir, j'étais seule avec les enfants. Après le travail, je suis allée chercher Marilise chez la gardienne, puis je suis passée au centre de vaccination, avec, dans l'idée, de demander des coupons pour le lendemain. J'ai été prise par surprise. Quand je suis arrivée avec la petite dans les bras, on m'a très bien accueillie. "Vous pouvez y allez (le jeune homme me tend un billet) vous voulez vous faire vacciner aussi? (tend un autre billet)" J'ai balbutié "Euh... oui? Euh... ben... c'est que... je..." Avec toutes les histoires qu'on entend partout au sujet de la lourdeur du système et de la pénurie de vaccins... "J'suis pas dans le groupe cible?" La dame me rassure. "Ici, on vaccine les accompagnateurs aussi, tant qu'à y être." Bon, ok... mais Estéban m'attend à l'école. "Ça dure, quoi, une heure? Parce que je dois aller chercher mon fils à l'école après..." "Pourquoi vous n'allez pas le chercher tout de suite? Tenez, je vous donne un troisième billet, et ce sera fait." L'ennui, c'est que la veille, nous avons reçu des formulaires pour la vaccination à l'école... "Il y a des arrangements avec l'école..." "En fait, on demande aux écoles d'encourager les parents à venir faire vacciner leur enfant ici..." "Ok, je reviens dans une quinzaine de minutes!"

Quinze minutes plus tard, on faisait la file. J'étais fatiguée, et Marilise courait partout. Estéban voulait se faire vacciner le premier "parce que j'ai un peu peur, je préfère le faire avant, pour que ce soit fini plus vite." Une bénévole a gentiment surveillé Marilise pendant qu'Estéban se faisait vacciner sur moi, puis que moi, je me faisais vacciner. On a bien fait ça, tous les deux. Même pas pleuré. Marilise, elle, n'était pas certaine... elle ne trouvait pas drôle de se faire tenir le bras. Son grand frère lui donnait des conseils. "Ferme les yeux, ne regarde pas, et respire, Marilise! Tu vas voir, ça fait pas mal!" Elle a crié quand le liquide est entré dans son muscle. Puis elle s'est très vite consolée avec un autocollant. Il y avait un endroit où les enfants pouvaient dessiner, Marilise n'a pas bronché, elle a dessiné pendant quinze minutes, puis on est partis... en moins d'une heure, nous étions tous vaccinés.

Bien contente que notre petit coin de pays ne fasse pas partie des histoires abracadabrantes des journaux.

Mais ce matin, on a mal au bras, coco et moi... Les roulades feront mal ce soir! Ow!