Je ne voulais pas commenter la nouvelle, mais je suis tellement d'accord avec cette chronique de Marie-Claude Lortie que j'ai voulu ajouter mon grain de sel...

Hier, à la radio, un spécialiste disait que les enfants ne bougent pas assez. Qu'ils auraient besoin de 90 minutes d'exercice par jour. Que c'est la faute de tout le monde. De la société.

Mais bon, tout le monde s'en fout. Tout le monde blâme les parents et les écoles. Et moi, comme la plupart des autres parents, j'en ai marre que des inconnus de la radio qui n'ont aucune idée de tout ce que je fais pour ma famille insinuent que je suis une mauvaise mère.

Oui, les enfants doivent bouger. Mais quand?!? Le matin, c'est le branlebas de combat, pas le temps de jouer, on doit se préparer à aller à l'école et à la garderie, et les parents, on doit aussi se préparer pour aller travailler. Ensuite, les enfants ne sont plus sous notre contrôle. Oui, s'il fait beau, la gardienne de Marilise va dehors. Marilise joue beaucoup dehors. Quand il n'y a pas de neige. Parfois, elle habille les six petits pour aller jouer dehors l'hiver, mais c'est beaucoup moins fréquent. Et je ne la blâme pas. Estéban, lui, doit aller à l'école. Je ne sais pas trop quel programme il a, mis à part qu'il a des cours d'éducation physique le jour 2.

Ensuite, retour à la maison. S'il fait beau, les petits jouent dehors pendant qu'on prépare le souper. Mais encore là, c'est s'ils ne se chamaillent pas. Et s'il fait beau. Sinon, ils tournent en rond dans la maison, entre la télé et nos pattes, demandant du jus, ou insistant pour avoir un dessert avant même qu'on ait fini de préparer le repas. Après avoir fermement refusé, on a droit à des cris pendant qu'on termine de préparer le repas. Qu'ils ne touchent pas. Ou peu. Bien entendu... Autre confrontation. Alors l'exercice et le jeu dehors, ça prend le bord.

Et là, mes petits n'ont pas de devoirs encore! Après le souper, nous, on est épuisés. Comment puis-je demander à mes enfants de jouer si je n'ai même pas l'énergie de le faire moi-même? Puis, c'est la routine d'avant dodo, et ils sont au lit.

90 minutes tous les jours, la semaine?!? QUAND?

Le samedi matin, Estéban a des cours de judo. Habituellement, j'y vais avec lui (et j'en fais, moi aussi... même si je préfère de loin l'aïkido...). Une heure sur les tatamis. Il trouve ça difficile, sur plusieurs plans. Il aime ça, mais c'est dur. Soixiante minutes à se concentrer, à faire des exercices qu'il ne maîtrise pas encore, à manquer son coup, à travailler avec des enfants qu'il ne connaît pas trop et à devoir recommencer différents mouvements, c'est dur sur un petit garçon timide qui n'a pas encore six ans. Ensuite, il court et joue avec les autres enfants (du coup, le cours suivant, il les trouve moins intimidants.) Après 45 minutes, il commence à vouloir rester couché par terre. Je dis ça, mais il a fait beaucoup de progrès en peu de temps : pas tant sur le plan physique que sur le plan psychologique : le dojo l'apprivoise, tranquillement. Et il se fait un peu plus confiance. En fait, le judo est un exercice physique, mais pour lui, c'est très psychologique. Et ça lui fait du bien, je trouve.

Oui, la fin de semaine, s'il fait beau, les petits jouent dehors. Mais parfois, moi, je n'ai pas le temps d'aller les surveiller. Ménage. Lavage. Cuisine. Courses (dans le sens d'acheter des trucs, pas de courir). Oui, on fait des activités familiales. Mais on est crevés aussi. On fait ce qu'on peut.

Au lieu de responsabiliser, pour ne pas dire culpabiliser les parents, faudrait peut-être penser à leur donner des solutions concrètes. Parce que, franchement, moi, je suis à court.