Marathon
Par Andreanne, lundi 31 mai 2010 à 11:51 :: Bouffe et poids :: #751 :: rss
Tous les coureurs ont leurs raisons.
Mes raisons de courir, à moi, ont changé au fil du temps. Au début, j'avais trop peur pour courir. Je n'osais pas. J'avais entendu trop d'histoires d'horreur, de gens qui s'étaient usé les genoux. Et puis, courir, c'est difficile. Quand on n'y est pas habitué, c'est carrément pénible. Pourtant, il s'agit de mettre un pied devant l'autre, puis d'accélérer. Beaucoup moins difficile à apprendre que les roulades que je fais en aïkido. Mais c'est dur de maintenir un rythme. On a l'impression que les poumons sont sur le point d'exploser après une seule petite minute, à moitié marché à moitié couru!
Alors, j'allais au gym. Je faisais de l'elliptique. Je regardais les gens courir sur les tapis roulants, et je les admirais. "Sont tellement chanceux d'être capables de courir..." Et puis, j'ai fini par me dire ce n'était pas de la chance. S'ils pouvaient courir maintenant, c'était qu'ils avaient commencé quelque part.
Je ne me souviens plus trop comment j'ai fait la transition. Mais c'était au gym. Sur des tapis roulants. Il y a, quoi, 7 ans? J'ai trouvé un plan d'entraînement pour débutant quelque part, et je l'ai suivi.
L'ennui, avec les plans d'entraînement, c'est qu'ils sont précis. Pour les suivre, ça prend des gadgets. Le tapis roulant du gym est idéal : on peut programmer la vitesse, la distance, on a le rythme cardiaque et tout, sur un beau tableau de bord. Mais c'est plaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaate! Sauf que, bon, n'osant pas la course à l'extérieur, je ne savais pas à quel point c'était pénible, à l'intérieur.
Je vivais près d'une belle piste cyclable. Je ne sais pas ce qui m'a pris un jour, mais j'ai commencé à courir à l'extérieur. Au début, je n'aimais pas trop. Pas de gadget. Je ne savais pas si j'étais allée à la bonne vitesse pour suivre mon plan. J'étais déboussolée. Et puis, dehors, c'est plus difficile : les pentes dont l'angle change tout le temps, les conditions météorologiques, les insectes, la chaussée glissante, les cyclistes... J'ai couru le 5Km du Marathon d'Ottawa en 2003, je crois. Ensuite, j'ai continué au gym, mais j'ai arrêté mon abonnement, ainsi que la course sur les pistes cyclables, lors de ma première grossesse : trop fatiguée.
Puis, mes parents m'ont offert une poussette Chariot. Une Cadillac des poussettes de course, qui se transforme aussi en remorque à vélo. Pas question de courir avec ça au gym! Estéban est né, est à quelques semaines, il était confortablement couché dans sa "Steboumobile" et se reposait pendant que je marchais/courais derrière. J'étais énorme. Et pas en forme du tout. J'en avais beaucoup à pousser. J'ai commencé WeightWatchers, et j'ai recommencé à courir avec mon fils, dans la poussette. Lui, il dormait. Moi, je relaxais.
Puis, retour au travail. Il y avait un gym près du bureau, je m'y étais abonnée. Mais la piste cyclable me manquait. À l'intérieur, c'est contrôlé, mais c'est ennuyeux. Et on est surstimulé, mentalement. Dehors, c'est plus calme... Je ne courais plus simplement pour la forme physique. Je courais pour me vider l'esprit. Pour organiser ma tête. Pour ma santé mentale.
J'ai commencé à faire de l'aïkido, et j'ai délaissé le gym. Autre grossesse, fausse-couche, nouvelle grossesse, plus rien.
Le temps me manquait pour courir. J'ai recommencé à faire de l'aïkido sept semaines après la naissance de Marilise, mais je n'ai pas recommencé à courir. Pas le temps...
Puis, je n'en pouvais plus. J'avais besoin de bouger plus. Je me suis botté le derrière et j'ai recommencé à l'heure du midi. Il y a des douches au travail, pourquoi ne pas en profiter?
C'est là que je me suis rendu compte que je suis maintenant très asthmatique. J'avais du mal à respirer durant la course. Et après. J'en ai parlé à mon médecin, qui s'est étonné que je n'avais pas déjà de pompes, puisque je fais de l'eczéma depuis toujours, et que c'est généralement lié.
Maintenant, je cours trois fois par semaine. Environ. Et ce n'est pas assez. Mes raisons de courir ont changé. Au départ, c'était pour mon poids. Par admiration pour les autres. Ensuite, c'était pour calmer un petit bébé tout en profitant de la nature pour relaxer. Puis, ça a été pour évacuer le stress. Maintenant, c'est parce que j'en ai besoin. Ça me fait un bien fou. Et quand j'arrête trop longtemps, ça me manque. Quand je vois que j'approche de mon édifice à la fin d'une course, je suis déçue. "Pas déjà? Ah non!"
Et maintenant, j'ai une nouvelle raison de courir.
Samedi, ma soeur et moi faisions partie des quelque 8000 coureurs qui ont participé au 5K du marathon d'Ottawa. C'était indescriptible.
Il y avait du monde partout! Je faisais partie d'une masse humaine. Tout au long du parcours, des gens encourageaient les coureurs. Nous encourageaient.
Il fallait naviguer au travers de cette foule, ce qui était parfois frustrant (si la personne devant toi ralentit, ce n'est pas évident de la contourner à temps!) Mais ça permettait de changer le mal de place!
On s'était donné pour objectif de terminer la course en moins de 30 minutes. On l'a fait en moins de 29 minutes. J'suis pas mal fière de moi!
C'était électrisant.
L'an prochain, je fais le 2K familial avec ma famille. C'était tellement mignon de voir des petits bouts de 3-4 ans courir jusqu'à la ligne d'arrivée, après être débarqués de la poussette! Estéban a été très marqué : après la course, il m'a emprunté mon "bib" (le morceau de papier avec mon numéro) et a couru. Il tient à s'entraîner déjà pour l'année prochaine!
Ensuite, je ferai le 10K. À l'origine, c'est ce qu'on voulait faire, mais c'était complet, déjà 2 mois avant l'activité! On s'y prendra d'avance l'année prochaine!
Commentaires
1. Le mardi 1 juin 2010 à 03:23, par Ma Mie
2. Le mardi 1 juin 2010 à 14:57, par Marie-Hélène
3. Le mardi 1 juin 2010 à 16:00, par Andreanne
4. Le mardi 1 juin 2010 à 20:23, par Andreanne
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