Le blogue d'ND

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mardi 15 décembre 2009

Elles sont arrivées

Nos poules sont arrivées hier soir! Quatre jolies poules brunes qui roucoulent tranquillement. Rien à voir avec des perruches fatigantes, ni avec les "cot cot" qu'on entend dans les dessins animés pour enfants.

Ça fait bizarre, le matin, on doit se lever pour aller nourrir les poules. Comme les fermières dans les films. Ce sont de bonnes pondeuses, et comme le poulailler est bien isolé et que mon mec y a posé une bonne lampe chauffante, il est possible qu'elles continuent de pondre durant l'hiver. Pas un oeuf par jour, mais quand même. Ma petite tribu mange environ une douzaine d'oeufs par semaine. Nature, en omelette, en crêpes, en biscuits, en muffins, en meringues, en gâteau... C'est une excellente source de protéines, surtout les soirs où toute la famille a l'estomac dans les talons, où je n'ai rien de prêt et où je n'ai plus d'énergie pour me casser la tête : on se cuisine un "gros déjeuner québécois" (oeufs, bacon, rôties, fruits, yogourt, pommes de terre) ou je ne me casse pas la tête et je fais une omelette avec des légumes congelés pour ne pas avoir à les laver et à les couper.

Un énorme merci à tous ceux qui sont venus nous aider : Édouard, Ian, Alexandre et surtout Pierre-Jean, qui a passé la moitié de tous ses weekends à travailler sur le poulailler pendant un mois et demi!

lundi 23 novembre 2009

Rapport qualité-prix-temps

Le principe est simple. On le connaît tous. Tout bon consommateur recherche trois éléments principaux lorsqu'il tient à se procurer un produit ou un service : la qualité, le prix et la rapidité. L'ennui, c'est que si on obtient les trois à la fois, c'est louche.

Si la qualité et la rapidité sont élevées, le prix sera élevé aussi.

Si la qualité est élevée et le prix est très bon, ça va prendre du temps.

Si ce n'est pas cher et que c'est fait rapidement, la qualité en souffrira.

C'est simple.

Alors, quand on entend parler de qualité de la nourriture, d'alimentation locale ou biologique, on associe ça à un prix élevé. Parce qu'on n'a pas de temps à investir. Mais au fond, la qualité n'est pas si chère que ça si on y met le temps.

Comme, par exemple, les fines herbes. Tout le monde peut en faire pousser sur le bord de la fenêtre pour quelques sous. On ne veut pas se donner le mal de les faire pousser? Un producteur local vend de (très) grosses bottes de thym, d'origan, de menthe, de sauge, entre autres, complètement bio. Deux dollars par grosse botte fraîche (quatre pour un petit sachet séché). J'ai acheté du thym et de l'origan frais et j'en ai utilisé frais dans quelques recettes, mais j'ai déshydraté le reste (quelques heures au déshydrateur à très basse température, et côté consommation d'énergie, le déshydrateur est pas mal plus efficace, lire moins cher, que le four). J'ai jeté le thym séché que j'avais acheté au magasin et je l'ai remplacé par le thym bio que j'ai fait déshydrater. Même quantité. Meilleur prix. Mais la qualité était de loin supérieure au produit-tablette. Ça ne sentait pas du tout la même chose! Le thym tablette, en fait, ne sentait presque rien. Celui que j'ai déshydraté sentait dans toute la maison. Et autre chose. Frais. Et puis je suis certaine qu'il n'y a pas de gluten à l'intérieur, pour "donner du volume".

L'ennui, c'est que faire sécher ses fines herbes, même avec un déshydrateur, ça demande au moins 15 minutes. Quelques minutes pour sortir le déshydrateur, pour y installer les grillages souples, puis d'autres minutes pour préparer les herbes et les installer sur les grillages, quelques minutes une fois de temps en temps pour surveiller et puis une bonne dizaine de minutes pour, ensuite, les ranger. Mon origan séché, je l'ai écrasé au mortier, mon thym séché, je l'ai dégagé des branches... ensuite, il faut nettoyer... Bon, quinze minutes, vingt si on ne sait pas trop ce qu'on fait, ce n'est pas la fin du monde. Mais ça s'ajoute au 10 minutes de préparation du yogourt à la yaourtière, aux 10 minutes de préparation du pain au robot-boulanger, aux heures à faire ses confitures (ce n'est pas si long que ça... si on est bien équipé et si on ne fait qu'une recette... mais qui s'arrête à une seule recette?), à la demi-heure pour préparer soigneusement les légumes et la viande qui mijoteront à la mijoteuse en attendant le souper... Si on travaille à temps plein, qu'on a deux jeunes enfants et qu'on tente d'avoir des loisirs en plus, ça donne des superparents épuisés.

La solution? Il n'y en a pas. Si je veux de la qualité, quelqu'un doit y mettre le temps. Si le prix ne reflète pas ce temps, alors c'est louche.

En attendant, pour les autres localivores comme moi, voici ma recette de boulettes et de sauce que j'ai faite ce weekend. La dernière fois, elle n'était pas très réussie, mais je me suis rattrapée cette fois-ci. C'est très rapide, le repas était prêt en 20-25 minutes. Mis à part le riz, l'avoine, le vin et les condiments, tout venait de l'Outaouais.

Les boulettes

Mélanger ensemble un kilo de boeuf haché très maigre, deux tasses de flocons d'avoine (bon, je n'ai pas mesuré...), deux oeufs, du thym et de l'origan (ou toute autre fine herbe, du basilic serait bon là-dedans aussi...) frais ou séché, une pincée ou deux de sel et du poivre noir. On peut aussi ajouter des sauces, comme une sauce BBQ, du sirop d'érable, du ketchup... les possibilités sont infinies. Former des boules d'environ 3 cm de diamètre, les déposer sur une plaque recouverte de papier d'aluminium et faire chauffer au four à 375 F pendant que vous préparez le riz et la sauce.

Dans une petite casserole, faire bouillir de l'eau pour préparer le riz minute selon les directives du fabricant.

Pour la sauce : mettre un peu d'huile de canola dans un poêlon, y faire sauter de l'ail écrasé, des légumes qui restent au frigo (moi, j'y ai mis des champignons seulement, mais des poivrons ou du brocoli, ça n'aurait pas été "méchant"), faire sauter jusqu'à ce que les légumes rendent de l'eau, puis ajouter une boîte de tomates en dés (maison si possible, ou juste quelques tomates coupées en dés, ça fait bien aussi) quelques cuillères de pâte de tomates, un peu de vin rouge. On peut faire épaissir à la fécule de maïs. Puis ajouter de la crème si on en a envie.

Répartir le riz dans les assiettes, y déposer les boulettes cuites, puis verser la sauce par-dessus. Voilà.

jeudi 17 septembre 2009

Local... encore...

Avez-vous essayé de manger local?

Moi, ça fait quelques années déjà... environ cinq ans, en fait. Ça s'est fait très progressivement - et encore, je ne suis pas prête à passer à une diète complètement locale.

D'abord, il faut changer sa façon de voir les choses. Pas facile. Il faut cesser de voir les saisons comme une limite à la diversité. Il faut voir les saisons comme une occasion de diversifier son alimentation. Extrait d'une conversation que j'ai déjà eue plusieurs fois avec différentes personnes :

"Qu'est-ce que tu fais pour manger des fraises fraîches en janvier?"

"Je n'en mange pas. D'abord, ça n'existe pas, une fraise fraîche, en janvier. Ensuite, si je veux vraiment des fraises, je prends celles que j'ai congelées ou mises en conserve en juillet."

"Ouais, mais tu limites tes choix?"

"Bof, mes choix, ils sont déjà limités. J'ai juste choisi différentes limites que toi. Par exemple, je parie que tu peux me nommer rapidement tous les légumes qui passent dans ton frigo en un an."

"Ben, y'en a beaucoup, là... poivrons, tomates, carottes, céleri, brocoli, chou-fleur, oignons, haricots, épinards... j'ai nommé les carottes?"

"Tu vois, il n'y en a pas tant que ça. Supposons que t'en as oublié quelques-uns, comme des champignons, des concombres et de la salade. Bon. Ben moi, j'ai tout ça, même si ce sont les autres qui mangent les carottes et le céleri, plus du kale, du chou-rave, de la tomatille, cinq ou six sortes de courges, du persil racine, du panais, du radis daïkon, de la roquette, des fleurs d'ail... Au bout du compte, mon alimentation est plus diversifiée que la tienne."

"Ouais, mais tu peux pas manger ce que tu veux quand tu veux."

"Ah, ça, c'est relatif. C'est vrai que l'hiver, c'est plus difficile. Et que j'achète pas mal de légumes à moitié frais au supermarché. Mais on peut s'en sortir pas pire si on se met en mode fourmi l'été. Prends l'exemple des fraises. Ben, en juillet, on va en cueillir pour l'année. On congèle, on sèche ou on met en conserve ce dont on aura besoin. Même chose pour les betteraves, que je mets en conserve dans une bonne marinade. On peut congeler le brocoli, ou faire des litres de sauce tomate pour l'année. Seulement, bon, ça prend pas mal d'efforts."

"Ouais, c'est beaucoup de temps à investir..."

"Sur le coup, oui. Mais penses-y. Moi, en février-mars, quand c'est l'enfer au bureau et que les enfants mangent les coins des tables parce qu'ils ont faim après leur longue journée à la garderie ou à l'école, je n'ai pas à laver, couper, préparer mes légumes. Ils sont déjà prêts. J'ouvre un sac de mélange congelé et je met ça dans la mijoteuse avec de la viande locale, disponible toute l'année, avant de partir au boulot. Ou encore, j'ouvre un pot de ratatouille en conserve. Ou je fais un spaghetti avec de la sauce dont tous les ingrédients sont locaux... moi, je mets ma sauce en conserve pour que ce soit prêt en même temps que les pâtes, pas besoin de penser à dégeler... Dans le fond, l'investissement de temps est colossal pendant deux ou trois mois, mais je me la coule presque douce le reste de l'année!"

Bon, vous avez saisi le concept. En gros, pour manger local, il faut changer sa façon de faire la bouffe, et ça ne se fait pas en un jour. Ni en un an. C'est un processus à long terme. Au début, j'ai commencé avec juste les fraises. Puis, tranquillement, les confitures. La congélation de légumes. La lecture des étiquettes. Les marinades. Les conserves. Ensuite, les paniers bio chapeautés par Équiterre. Puis le Marché régional de la solidarité de L'Outaouais. Une étape à la fois...

Je ne nie pas que ça prend beaucoup de détermination et d'énergie. Beaucoup de différentes connaissances aussi. Le Web est un fabuleux outil (paradoxal, non? On va chercher de l'information qui vient de l'autre bout du monde pour savoir comment acheter chez nous...). Il faut aussi cuisiner — ce qui ne vient pas toujours naturellement... Il faut s'armer de patience.

Mais ça en vaut la peine!

  • AJOUT* Je viens de découvrir une toute nouvelle bonne raison de se mettre en mode fourmi pour manger local : le contrôle des ingrédients. Si vous êtes allergique à quoi que ce soit, vous avez déjà compris qu'il vaut mieux cuisiner soi-même pour être bien certain que l'allergène ne se trouve pas sur la fourchette. Et ça tombe bien, la plupart des grands allergènes (lait, oeufs, blé) ne se mettent pas vraiment bien en conserve. Vous avez déjà tenté de trouver une bonne sauce spaghetti sans carottes ni céleri, vous? Moi, oui. Mais ce n'est pas facile. Alors que faire ma propre sauce sans avoir peur que la langue me pique, c'est plus pratique.

Maintenant, je m'éclipse pour quelques jours... c'est le temps des pommes ici. Je veux de la compote pour l'année, du beurre de pommes, de la confiture pomme et érable, des tranches de pommes en sirop pour les tartes et croustades, du ketchup aux pommes et des tranches de pommes séchées, plus de la pectine avec les coeurs. Vous comprendrez que l'ordinateur sera éteint jusqu'à ce qu'on sera venus à bout de la montagne de pommes!

mardi 18 août 2009

Local, bio, équitable, santé, diversité et réalité?

C'est la pagaille.

Bon, mon corps est composé de cellules. Ces cellules sont construites grâce à un système élaboré et planifié dès la naissance, soit les gènes. Mais elles ont besoin de matériaux bien précis pour se développer adéquatement, et ça, on l'obtient dans la nourriture. Si on pousse un peu, on est ce qu'on mange, au fond. Juste réorganisé selon un plan bien précis qui est déterminé dès notre conception.

Jusque-là, ça va. On comprend que peu importe ce qu'on met dans notre bouche, on pourra être affecté par des virus, des bactéries, puis des maladies génétiques. Mais ce qu'on mange, logiquement, beaucoup d'impact sur le développement des cellules. Pour recycler l'idée du plan, on a beau avoir les meilleurs plans conçus par les meilleurs architectes, si les matériaux sont pourris, ce qu'on bâtit sera pourri. Et l'inverse est possible aussi, on a beau avoir les meilleurs matériaux au monde, si l'architecte a mal planifié son affaire, ou si les fondations sont mal coulées, ça va coûter cher à réparer.

Donc, si on suit cette logique, on peut, théoriquement, réduire les risques de tomber malade si on s'alimente bien, mais les risques seront toujours là. Toujours si on suit la logique, c'est mieux d'éviter les produits qui sont mauvais pour nous, et de manger plein de choses qui sont bonnes pour nous. Pour être bien certain d'avoir tout ce dont on a besoin, il faut varier son alimentation tout en évitant de prendre des aliments néfastes. Simple? Non. On ne fait que commencer. Parce qu'on est entouré d'aliments dits indésirables que l'on aime et qui sont si facilement accessibles. On ne lit pas les étiquettes, non plus. Ou très peu. Dès que je me suis mise à lire les étiquettes, j'ai eu peur, et j'ai arrêté d'acheter du tout-fait, ou du moins, j'ai essayé d'arrêter. Les longues listes de produits utilisés comme agent de conservation, les gras trans, les « saveurs artificielles » et les ingrédients qui ont des numéros au lieu de noms... Les produits tellement raffinés qu'ils ne contiennent plus de nutriments valables, le sucre et le sel ajoutés à outrance. Et si on ne modifie pas nos habitudes de consommation et qu'on passe au bio, bonjour le porte-monnaie. Si on ne modifie pas son alimentation, le bio n'est pas du tout abordable. Alors emmenez-en, des pesticides. Alors, il faut modifier les habitudes de consommation pour avoir une alimentation complète et variée sans se ruiner. La solution : cuisiner et planifier, comme nos grand-mères et nos arrière-grands-mères. Substituer aussi.

Vous croyez qu'on a fini? Non. Parce qu'il n'y a pas que ce que l'on mange qui est important. Il y a ce que l'on boit, ce que l'on respire et même ce que l'on touche. On parle donc aussi de la qualité de l'air et de la qualité de l'eau, d'écologie, de contamination de l'air et de l'eau par des produits (naturels ou non) que nous rejetons dans la nature. À plus vaste échelle, si on veut maximiser nos chances d'être en santé, il faut minimiser notre impact sur l'environnement EN PLUS de faire de bons choix sur le plan nutritionnel. Ici, ça devient un peu plus compliqué, parce que pour réduire notre impact sur l'environnement, il faut réduire la quantité de déchets que l'on rejette dans nos ressources de base : l'air et l'eau. Pour ça, ben il faut diminuer la distance que parcourent nos aliments (à cause des gaz à effet de serre), et surveiller nos déchets (pour qu'ils ne soient pas enfouis dans une nappe phréatique), et veiller à ce que nos excréments ne soient pas déversés dans l'eau potable... Et là, je ne parle que du minimum personnel : ensuite, on doit décourager les entreprises à déverser leur poison dans nos rivières et encourager les « pratiques exemplaires ». Ce qui veut dire que quand on achète de la nourriture, on doit savoir d'où elle provient et dans quelles conditions elle a été produite. Pas évident, parce que personne ne s'entend sur l'étiquetage de la provenance. Le meilleur moyen? Acheter uniquement de producteurs locaux. Possible? Si on vit dans un grand centre, peut-être. Mais il faut faire attention, encore, le café que j'achète est torréfié dans ma région, mais il est produit ailleurs... Vraiment pas simple.

Parlant de café, ce qu'on mange a aussi une charge éthique. Vous ne trouvez pas louche qu'en pleine saison des asperges, on retrouve surtout des asperges du Pérou en supermarché, et puis elles sont moins chères que celles qui sont produites au Québec? Pourquoi est-ce que les tomates de serre du Mexique coûtent moins cher que les tomates de serre produites dans ma propre ville, à trois coins de rue de chez moi? Ce n'est sûrement pas parce que le producteur local veut me flouer. C'est peut-être le supermarché qui floue les producteurs du Pérou et du Mexique? Et si ça continue comme ça... ben les producteurs locaux, à qui ils vont les vendre, leurs produits? Et les producteurs étrangers, comment vont-ils faire pour se tenir à flot? Bon, je comprends que certains produits, comme le chocolat, le café, les bananes, les ananas, ne peuvent pas pousser chez moi. Que je dois les importer. Mais des TOMATES? de l'AIL? L'ail, ça pousse presque comme de la mauvaise herbe ici, comment se fait-il qu'il n'y ait que de l'ail importé de Chine dans les grandes surfaces? Que je doive le commander chez mon agriculteur préféré si je n'en ai pas fait pousser dans mon jardin? Oui, oui, c'est la crise économique. Faut se serrer la ceinture. Mais quand on paye le prix de la merde, on risque de recevoir de la merde... ou de faire manger de la merde à ceux qui nous ont pratiquement donné leurs produits, transportés dans de gros paquebots et de gros camions...

Mais avec tout ça, comment s'y retrouver?

Ça prend du temps. De la volonté. De la planification. Surtout, ça prend des connaissances. Ça prend la faculté de se poser des questions essentielles. D'où ça vient? Comment c'est fait? Avec quoi? En ai-je vraiment besoin? Est-ce bon pour moi?

Pas simple. Pas simple du tout.

mercredi 1 juillet 2009

Gugusses

Je viens de voir ça. En anglais seulement (désolée).

Ce n'est pas la première fois que je vois quelque chose du genre. Mais ça aide, parfois, de se remettre en contexte.

Aujourd'hui, c'est le premier juillet. Presque tout le monde a congé. Les supermarchés sont ouverts, contrairement au 24 juin où, là, tout était fermé. Nous n'avions plus de lait. J'ai fait un mini-marché avec les petits, sachant que demain, je vais chercher ma commande de produits locaux du marché de la solidarité, comme tous les deux jeudis.

Pour me rendre au supermarché, j'ai passé devant deux magasins à grande surface. À chacun, des gens essayaient d'ouvrir les portes et semblaient fâchés de les voir fermées. Personne à l'intérieur. Congé. Triste. Tout le monde a congé. Pourquoi ne pas en profiter et passer du temps avec ce monde-là? Je m'ennuie du temps où tout était fermé le dimanche.

"Oui, mais tu fais quoi, si t'as besoin de quelque chose le dimanche?"

"Ben, tu l'achètes le samedi."

"Mais si t'as pas le temps le samedi? Ou si t'oublies?"

"T'en mourras pas, pis la semaine suivante, t'auras appris et tu l'achètera le samedi."

Sérieux, ici, tout est fermé à compter de 17 ou 21h. 22h pour certains supermarchés. Les gens de Montréal et de Québec n'en reviennent pas. C'est quand même la région de la capitale nationale. Moi, je me demande qui a absolument besoin d'aller faire son marché à trois heures du matin.

Deuxième chose qui m'a frappée : Estéban. Il aura cinq ans bientôt. Et il ne pense qu'à une chose : avoir de nouveaux jouets. Il en a plein, des jouets. Partout. Dans chaque pièce de la maison. Mais il suffit qu'il sache que je vais au supermarché pour qu'il insiste pour avoir un jouet. Il a droit à une gâterie, habituellement. Avant, il prenait un bonbon, ou un gâteau. Là, il veut des jouets. Il n'est même pas encore dans la voiture qu'il me casse les oreilles avec le Dollarama. Et il a le culot d'argumenter, en plus. "Oui mais..." Je sais que je suis à blâmer pour ça. Après tout, c'est moi qui lui a permis d'acheter une gâterie qui ne se mangeait pas, un jour. Et j'ai beau lui expliquer les conséquences de la surconsommation... il aura cinq ans dans trois semaines. Les conséquences, si elles ne sont pas visibles et immédiates, elles n'existent pas dans son monde. Pas encore.

Mais bon, la culture de la consommation, on en a tous entendu parler. Tout ça, ce n'est rien de nouveau. Mais ça aide de se résoudre à en faire un peu plus. De s'arrêter et de profiter de la vie au lieu de profiter des magasins...

mardi 13 novembre 2007

Mode de vie

Bon.

La plupart des gens se disent qu'être écolo, ça coûte plus cher que ne pas être écolo. Ce à quoi je réponds toujours que ce n'est pas vrai. Alors, on rétorque "une pomme bio, c'est plus cher qu'une pomme pas bio". C'est alors que j'essaie d'expliquer qu'il ne faut pas s'arrêter à l'unité. Il faut voir le budget écolo dans son ensemble, et le comparer au budget pas écolo, lui aussi dans son ensemble.

Être "écolo", c'est un mode de vie. Ce n'est que quand on adopte le mode de vie au complet qu'on se rend compte que ce n'est pas cher.

Oui, la facture d'épicerie de l'écolo sera plus élevée que celle du non-écolo. Mais les frais de resto, d'électricité et de déplacements seront moins élevés. Au bout du compte, ça revient au même.

Oui, l'écolo privilégiera les produits locaux, qui sont souvent plus chers que les produits faits dans des pays où les gens sont moins bien payés. Mais l'écolo réduit également sa consommation, il réutilise, et surtout, lorsque quelque chose brise, il le fait réparer. L'écolo mise sur la qualité plutôt que sur la quantité, ce qui, en fin de compte, revient au même : acheter une nouvelle cafetière à 20$ aux deux ans, ou une cafetière à 80$ qui durera 15 ans?

Le vrai écolo s'informe. Il n'achète rien sans savoir d'où ça vient. L'écolo est un consommateur averti. Il choisit, consciemment, d'acheter ou de ne pas acheter. Il prend des décisions en fonction des prix, de son budget, mais aussi de ses principes et de ce qu'il sait.

Un peu comme une disciple de WeightWatchers qui est toujours consciente de la valeur nutritive des aliments qu'elle ingurgite. Sans se priver, elle choisit. Parfois, elle juge que la gâterie en vaut la peine. D'autres fois, elle évalue qu'elle n'en a pas vraiment besoin et choisit de manger quelque chose de plus sain.

C'est ça, le mode de vie écolo. C'est un choix de vie. Un choix difficile à faire, mais qui, au bout du compte, ne coûte pas plus cher que l'alternative.

mardi 21 août 2007

Recyclage de vêtements, bis

Après un long séjour en Europe, mon bébé soeur s'en va étudier à Québec. Samedi, elle triait ses vêtements : ce que je garde, ce que je jette, ce que je donne. De la pile de vêtements, elle a tiré un T-shirt XL que le Tim Horton's lui a donné, du temps où elle travaillait là, pendant la "campagne des biscuits". Il s'agit d'un T-shirt noir, et en avant, il y a un biscuit qui sourit et des inscriptions tout au tour qui dit quelque chose comme "les bons biscuits frais pour une bonne cause", et à l'arrière, une phrase qui dit "merci de votre appui". Bien entendu, la marque de commerce de l'établissement est inscrite clairement en blanc sur noir.

"Papa, tu le veux?"

"Bof..."

"C'est ce que je me disais... si tu ne le prends pas, je le donne... mais j'sais pas qui prendrait ça, avec la marque dessus et tout..."

Moi, je saute sur l'occasion.

"Hé, tu sais que tu peux recycler ça? Le biscuit ferait joli sur une petite culotte, par exemple."

"Oui, c'est vrai que ce serait chouette! Tu me ferais cette culotte?"

"Pas de problème. Tu comptais jeter une vieille culotte propre, mais usée? Je l'utiliserais comme patron au lieu de prendre toutes tes mesures..."

"Pas de problème... Dis, y'a ce chandail-là aussi que j'aime beaucoup, mais il est devenu trop petit..."

"Tu veux RIRE? Ça fait à Estéban ça! Moyen pour fille? Fait au Canada?!? Tu l'as lavé comment?!?" (Nota : Estéban porte du 3 ans d'enfant... Et c'est souvent un peu large à la taille, il doit porter une ceinture, mais en longueur, c'est plus du 3 ans et demi ou du 4 ans que ça prendrait...)

"Y'aurait ça aussi, qui est chouette, mais j'aime pas la manche, alors je ne le porte pas..."

Et je suis revenue avec une petite pile de chandails à recycler. Certains pour Estéban, d'autres pour Aurélie.

Arrivée à la maison, devant un épisode de la première saison de Nip Tuck sur DVD (merci, Isabelle!), j'ai enlevé les trois élastiques de la culotte, puis j'ai étendu les morceaux sur un papier à décaler les patrons. J'ai retracé un patron de culotte, puis j'ai bien étudié le chandail, à savoir comment placer les pièces du patron. Finalement, j'ai découpé le chandail. Je n'ai pas encore terminé la culotte (je n'ai pas l'élastique nécessaire, je dois passer en acheter cette semaine), alors les photos viendront plus tard...

Il restait encore beaucoup de tissu sur le t-shirt. J'ai pris un autre patron : un T-shirt 3 ans (patron simple tiré de la revue Fait Main de mai dernier) pour Estéban. J'ai épinglé ce patron sur le reste du t-shirt, j'ai découpé et... il en restait encore!!! Mais bon, pas assez pour faire un vêtement complet, alors ce qui restait a été transformé en torchons. Estéban a maintenant un nouveau T-shirt recyclé! (Un peu court, par contre, c'était un nouveau patron... la prochaine fois, j'ajouterai 2-3 pouces en longueur...)

Réduire, réutiliser, recycler : réduire sa consommation de vêtements, mais pas le nombre de vêtements dans son placard en réutilisant ce qu'on a déjà et en recyclant ce qui ne nous fait plus.

Bien entendu, on ne peut pas tout recycler aussi facilement qu'un T-shirt XL. Ce que je ne peux pas recycler, je répare et je donne. Ce que je ne peux pas faire, j'achète. Mais je suis fière de mes créations, qu'elles soient recyclées ou non! Et puis, en achetant moins, je peux payer un peu plus cher pour obtenir des trucs de qualité qui sont faits dans de bonnes conditions de travail...

vendredi 10 août 2007

Papier ou plastique?

On en parle partout, ce matin. Cette proposition écologiste d'imposer une taxe sur les sacs de plastique. Voir cet article sur Cyberpresse.

À mon avis, c'est la seule chose qui va vraiment fonctionner. Lorsque j'étais à Laatzen, près de Hanovre, en Allemagne, il fallait payer quelques sous pour les sacs. Résultat? Personne n'en prenait, à moins d'être vraiment mal pris. Tout le monde allait faire ses emplettes avec ses propres sacs. Et la plupart des gens chialaient contre les sacs de plastique lorsqu'ils étaient pris pour en acheter. Parce qu'ils étaient habitués à leurs sacs solides et qu'ils trouvaient que les sacs de plastique déchiraient tout le temps, n'étaient bons que pour la poubelle!

Bon, l'Allemagne était déjà plus écologique que nous, en 1998. Tous les gens recyclaient, dans les rues, les poubelles étaient divisées en quatre, une pour le verre et le métal, une pour le plastique, une pour le papier et une pour le reste. Il y avait aussi des services de compostage (nous, on compostait... en ville!). De retour ici, j'avais trouvé qu'on était une belle bande d'irresponsables. Les Allemands de quatre ans étaient plus conscientisés que nous.

Tout ça pour dire que si les gens ne paient pas plus cher, ils ne changent pas leurs habitudes. Ou très peu. Si on leur demande de payer, hop, soudainement, on prend de nouvelles habitudes. Magie. On est une belle bande d'irresponsables manipulables à souhait. C'est donc une bonne chose que l'on impose des frais d'utilisation de sacs de plastique sous forme de taxe.

Autre fait intéressant, dans l'article, on dit que le gouvernement avait déjà songé à l'idée, mais ne l'avait pas trouvée RENTABLE. Depuis quand une loi sur l'écologie est censée être RENTABLE? C'est une taxe dissuasive, pas une taxe pour faire de l'argent! Voyons donc!!! Un petit sondage sur la question, peut-être?!?

Autre truc intéressant, on parle de sacs compostables (comique, Antidote ne reconnaît pas ce mot!). Bravo. Personne ne semble parler de ces trucs-là. Moi, j'en ai acheté, et je les utilise pour composter. C'est pratique. Mais attention, si on oblige les commerçants à remplacer les sacs par ça... va falloir en faire de plus épais... parce que ça se composte vite une fois mouillé. En d'autres mots, une fois humides, ces sacs commencent à percer. Pas génial pour marcher sous la pluie. Mieux vaut un bon sac de toile.

Les gens pensent avec leur portefeuille. Normal, on consomme avec notre portefeuille. C'est le portefeuille qui décide si on achète ceci ou cela, pas le besoin. Des mesures pour encourager les gens à utiliser des sacs de tissu? 20% des gens embarquent. des mesures pour dissuader les gens d'utiliser des sacs de plastique? 90% des gens embarquent. Le calcul n'est pas dur à faire...

Malheureusement, les portefeuilles les plus lourds mènent souvent les décideurs... espérons que cette fois, ce ne sera pas le cas. Espérons que messieurs gros sous ne verront pas de problème à utiliser des sacs de tissu (en coton bio-équitable, si possible... ok, on peut toujours rêver...).

mardi 7 août 2007

Écologie

Je lisais le dernier billet du blogue Cyberpresse de Patrick Lagacé, qui traite de la difficulté d'être écolo, ou vert. Il se questionne, comme la plupart des gens, à savoir si tous les efforts requis en valent vraiment la peine. Oui, la Terre se réchauffe. Mais si des milliards de Chinois ne le font pas, en quoi quelques millions de petits gestes amélioreraient-ils les choses?

Mon opinion? Ça, c'est regarder les choses sous le mauvais angle. Premièrement, il y a la mentalité du "tout ou rien" (si je ne sauve pas la planète pour vrai, d'la marde, aussi bien empirer les choses). Mais ce n'est pas tout. Le noeud du problème, c'est plutôt les motifs pour lesquels on est "vert".

J'ai déjà été verte parce que c'était la mode. Puis, pour que mon fils puisse respirer un peu plus longtemps. Maintenant, je le suis par respect. Par respect pour quelque chose qui est plus grand que moi. Par respect pour un monde qui m'a donné la chance extraordinaire d'exister. Ce n'est pas rien. Je vis. J'aime. Parfois, j'ai mal. Mais j'apprends. Et je continue de vivre, du moins, pour un certain temps, pour une période qui est infime comparativement à l'âge de l'univers, mais je m'en balance, parce que ce temps, il m'est précieux, car pendant ma vie, j'existe. Et j'en profite. C'est une raison suffisante pour faire preuve de respect envers ce qui m'entoure, envers ce qui me permet d'exister. Tout ne m'est pas dû, et c'est important pour moi d'en être pleinement consciente, et de retransmettre ce que je reçois.

Qu'importe si on n'y peut rien au réchauffement climatique? On peut quand même faire quelque chose pour d'autres problèmes. À commencer par les déchets, par exemple. En réduisant la quantité d'emballage des produits qu'on achète. En écrivant aux compagnies pour leur demander de réduire leur quantité d'emballage. En modifiant nos habitudes de consommation pour que les entreprises voient un PROFIT à modifier leurs emballages. En apportant nos sacs réutilisables au lieu de prendre des sacs de plastique. Mais bon, on n'a pas le choix d'acheter de l'emballage... alors, on peut quand même réutiliser les plats de plastique, les boîtes de carton pour les bricolages avec les enfants... Et en dernier lieu, on peut recycler. Juste comme ça, on réduit de beaucoup la quantité de déchets qui seront enfouis dans un dépotoir près de chez vous. Ça ne changera rien aux gaz à effet de serre. Mais y'a pas que ça dans la vie. Y'a d'autres problèmes.

Bio versus local? Il y a moyen de faire la part des choses. On choisit une cause. Et on y tient. Personnellement, je préfère le local au bio. Mais si je peux avoir local ET bio à la fois, comme pour mes paniers que je reçois chaque semaine l'été, tant mieux.

De minuscules gestes peuvent sauver votre lac au chalet. Comme utiliser des produits nettoyants biodégradables. Chers, vous me direz? Ben voyons! C'est beaucoup MOINS cher que les produits chimiques, et ça nettoie aussi bien! Vinaigre et bicarbonate de soude. Avec ça, on nettoie la cuvette, les planchers, les comptoirs, l'évier, les murs... Et on économise assez pour acheter du savon à vaisselle biodégradable (si on n'a pas le temps d'en faire). Pas de phosphates supplémentaire dans votre lac. Pas d'algues bleues si les riverains contribuent. Chez nous, il y a une fosse septique. Le fait de nettoyer au bicarbonate de soude aide au PH, et réduit l'entretien qu'on doit y faire. De plus, je n'ai pas peur que mes produits chimiques viennent polluer le cours d'eau qui passe sous mon terrain et qui alimente le puits artésien d'où nous tirons notre eau.

Même principe pour l'équitable : c'est important de respecter les gens qui fournissent les biens dont nous avons besoin. Je bois du café équitable, par respect pour le producteur du café. Je me fais mes vêtements, ou je m'assure qu'ils ont été faits dans des pays où les lois applicables à l'industrie du vêtement sont plus susceptibles d'être suivies (si je ne peux pas voir de certification équitable, au moins, je réduis les risques que les employés du producteur soient mal traités). Pas pour changer le monde. Pas pour l'effet de serre. Mais par respect pour les gens qui, au final, travaillent pour moi.

Ça ne changera pas le monde. Pas du tout. Mais ce n'est pas ça, le but. Le but, c'est de respecter le monde, chaque fois qu'on pose un geste. Parce qu'on existe par miracle, et que si on pense à soi, à sa petite personne, on ne peut faire abstraction de tout le reste : on fait partie du reste.