Le blogue d'ND

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mardi 7 septembre 2010

Whoooooosh!

Je n'ai jamais été très sportive. Je me disais que je n'étais pas fait pour le sport, puisque je ne suis pas vraiment compétitive. Mes soeurs étaient sportives. Plus actives que moi. Mais moi, je préférais la musique, ou les loisirs plus calmes.

Et puis, j'ai eu 20 ans. J'étais en Europe, où tout le monde bouge, sans nécessairement y penser à deux fois. Je me suis mise à aller au gym. J'ai appris que je pouvais acquérir de l'endurance et de la force si j'étais déterminée. Je me suis ouverte à la possibilité de devenir plus sportive.

Toutefois, la compétition m'énerve. Alors, j'ai opté pour des sports qui me conviennent : l'aïkido, qui demande beaucoup d'efforts et de concentration, mais qui se pratique en collaboration avec les autres. La course à pied, qui se pratique seul et dont la seule personne à battre est soi-même. Au début, comme tout le monde, j'étais poche. Puis, petit à petit, je me suis améliorée. J'ai passé des ceintures. J'ai fait des courses...

Tout ça pour dire que dimanche, j'étais au marathon de Montréal. Non, je n'ai pas couru 42.2 kilomètres. J'étais inscrite à la course de 10 kilomètres. Estéban a couru le mini-marathon, lui, tout un kilomètre, avec son papa. Il a beaucoup aimé et a bien hâte au marathon d'Ottawa en mai prochain pour courir les deux kilomètres de la course familiale.

J'ai adoré mon expérience. Si j'avais su que les grosses courses du genre étaient si extraordinaires, j'aurais commencé bien avant. Oui, c'est difficile de commencer à courir. C'est simple, mais difficile. Il faut éteindre la télé ou l'ordinateur, chausser des espadrilles et mettre un pied devant l'autre. Même (et surtout!) s'il ne fait pas beau dehors. Simple. Mais très dur. J'ai même appris que je faisais de l'asthme cette année (je ne pouvais plus respirer pendant les entraînements, c'était pénible... maintenant, au moins, je peux traiter les symptômes et ça ne m'empêche pas d'avancer!). Au début, on a du mal à courir une minute ici et là. Puis, on s'habitue. On peut courir deux minutes. Puis cinq. Puis dix. Puis quinze. Puis, avant qu'on ne s'en rende compte, on court depuis une demi-heure et on est déçu d'être déjà revenu à notre point de départ, on veut continuer. C'est si facile de se laisser abattre à chaque difficulté, et des difficultés, il y en a beaucoup : mauvais temps, mal de tête, journée trop remplie, douleurs, maladie... Mais il faut passer au travers des premiers mois. Dès que j'ai pu courir plus d'une demi-heure à la fois, trois fois par semaine, je suis devenue complètement accro. Si, pour une raison ou pour une autre, je passe trois jours sans chausser mes espadrilles ou revêtir mon gi, c'est mon mec qui me jette dehors à grands coups de pieds au derrière : je deviens irritable, fatiguée, fatigante, je ne me supporte plus et tout m'énerve. C'est une drogue. Pire que le café. Mais meilleure que le café, en même temps.

Or, donc, dimanche, j'ai couru 10 kilomètres. C'était extraordinaire. Durant les grands événements du genre, l'atmosphère est indescriptible, mais je vais essayer :

Tout le monde se sent bien d'être là, et ça se sent. Personne ne court contre les autres, tout le monde court contre le chronomètre. Ou contre la distance. J'étais nerveuse : c'était ma deuxième grosse course depuis le 5K d'Ottawa, en mai dernier. Cette fois, j'étais seule, mais entourée de beaucoup de gens. J'étais surtout nerveuse parce que je ne suis pas certaine d'avoir déjà couru une telle distance (je ne porte pas de GPS, je m'entraîne à peu près, plus pour me sentir bien que pour les statistiques). Mais le parcours est relativement plat, et moi, je suis habituée à courir dans les pentes très accentuées. Ma tête sait que tout ira bien, mais je suis nerveuse quand même. Il fait froid, mais au départ, on est bien, entouré de chaleur humaine. Puis, c'est le départ. Whoooooosh. Je fais partie d'une grosse masse de gens. Les rues de Montréal sont désertes, ce qui leur confère une atmosphère particulière : enlevez les voitures à Montréal, et la métropole devient soudainement sereine, magnifique. À environ chaque kilomètre, un petit groupe de musique est installé sur le bord du parcours pour encourager les gens. Il y a trois points d'eau sur le parcours aussi. Au quatrième kilomètre, on voit le mat du stade olympique, la destination, surgir. J'arrête ma musique : tout ce que j'entends, c'est les milliers de pas qui m'entourent, et les personnes en bordure du parcours qui encouragent les coureurs. C'est fascinant. Au neuvième kilomètre, je me félicite. Neuf kilomètres à la course, sans ralentir, sauf pour prendre de l'eau.... Puis je sens une petite nausée... La fin est proche, et la nervosité revient... Puis c'est l'entrée au stade. Ça descend : facile de prendre de la vitesse. Tout le monde prend de la vitesse. Whooooosh. Mon fils et mon mec sont sur le bord du parcours, à la fin, mon fils portant fièrement sa médaille. Je les salue, forte de les savoir là. Puis, je passe la ligne d'arrivée...

C'est tout simplement extraordinaire. Honnêtement, si votre médecin vous donne la permission de courir, faites-le. C'est très dur, mais ça en vaut vraiment la peine.

Mon temps final : 56.8 minutes. Moi qui avais peur de ne pas réussir cette distance en moins d'une heure, je suis encore plus fière de moi!

Pour ma part, je m'inscris au marathon d'Ottawa, qui aura lieu à la fin mai 2011. Dix kilomètres, encore. Si je m'y mets tout de suite, je crois pouvoir courir ça en moins de 50 minutes. J'ai hâte!!!

mercredi 7 juillet 2010

La valeur des choses

Estéban est rendu à un âge (bientôt six ans!) où il exige, très clairement, d'avoir des choses sans pour autant en connaître la valeur. Il demande à ce qu'on passe au magasin pour lui acheter de nouveaux jouets, alors qu'il n'en a que faire. Dernièrement, il parle beaucoup d'avoir une console de jeu Wii, une console portable DS et, tenez-vous bien, un iPhone!

Je n'ai pas de console de jeu. Si je commence à jouer à ça, je n'aurai plus de temps. Plus du tout. Mais tous les amis d'Estéban (et tous mes amis, je crois) en ont. Comment lui expliquer que je n'en achèterai pas? Ça coûte cher? Combien cher?

La réponse m'est venue plus naturellement, hier soir.

"Maman, j'aimerais que tu m'aides à compter combien j'ai de sous dans ma banque. Je veux m'acheter une Wii avec." "Mais, ça coûte cher, t'en auras pas encore assez..."

On a compté. Il n'en a pas assez. Mais quand même...

"Je vais en parler à papa, et s'il est d'accord, on pourrait s'organiser pour que t'aies une allocation."

"C'est quoi, ça?"

"Tu vois, tu auras des tâches à faire. Si tu ne les fais pas, c'est correct. Mais si ces tâches sont faites avant 19h30, tu auras un dollar."

"Si j'en fais plus, je peux avoir deux dollars?"

"Non. Et tu n'as rien si ce n’est pas fait à temps. Par exemple, tu dois ranger tous tes jouets et tes vêtements dans ta chambre. Avant 19h30. Si c'est fait, à cette heure-là, on te donnera un dollar. Tu pourras faire ce que tu veux avec, soit le dépenser, soit l'économiser pour ta Wii. Mais si tu le dépenses, ça va prendre plus de temps pour que t'aies assez d'argent pour une Wii. Je t'aiderai à tout calculer."

Ce soir, on rédige un contrat ensemble. Je sais, il est bien jeune, mais je pense que c'est important qu'il commence à mettre une valeur sur les objets. Qu'il comprenne les principes derrière l'économie. Qu'il se planifie un budget pour les cadeaux de Noël, même.

Surtout, qu'il arrête de me demander des bébelles!!! Chaque fois, je dis non, et chaque fois, il insiste, et ça escalade. Au moins, je pourrai dire "Paye-le de ta poche. J'espère que tu le veux vraiment, parce que ça coûte X jours d'allocation."

lundi 12 avril 2010

Prénoms

Estéban a deux amis qui s'appellent Zachary. Plusieurs Mathis, Mathieu et Thomas...

La Régie des rentes du Québec a compilé les données de 2009 pour les prénoms donnés aux enfants. Étrange comme les mêmes prénoms reviennent...

J'ai, du même coup, remarqué que le nombre de bébés portant mon prénom est en baisse...

Marilise est la seule à avoir ce prénom, dans tous les enfants enregistrés depuis 2009.

Il y a eu 45 Estéban en 2004, mais en 2009, ce prénom a connu une hausse : 63 bébés Estéban n'ont pas encore un an!

Faites l'exercice, c'est intéressant!

http://www.rrq.gouv.qc.ca/Interactif/PR2I121_Prenoms/PR2I121_Prenoms/PR2SPrenoms.aspx

lundi 22 mars 2010

C'est acceptable parce qu'il est beau?

Vous avez probablement vu cette publicité à la télé.

Une superbe femme, dans son appartement, fait cuire des pâtes. Elle attend de la visite. Son voisin d'en face, un bel Italien, la regarde tendrement par la fenêtre, lui envoyant un petit sourire complice. La femme rate ses pâtes, puis ça sonne à la porte. Elle ouvre, puis découvre le paquet de pâtes « authentiques », seul, par terre. Un cadeau anonyme. Puis, elle est à table avec ses invités et tout le monde semble aimer les pâtes, puis le voisin, en face, fait mine de lire son journal, mais sourit quand même à sa voisine...

Mon mec est tombé sur cette annonce hier, alors que j'étais dans une autre pièce. Il n'a pas pu s'empêcher de s'exclamer « Woah, c'est donc ben épeurant, cette annonce-là! »

Dans cette pub, les protagonistes sont superbes. Un très bel homme qui observe une très belle femme... Maintenant, imaginez la même pub avec un homme à l'allure lugubre. Un grand maigrichon au teint gris. On supposerait presque qu'il a, quelque part, un mur rempli de photos de sa voisine. Toujours envie d'acheter les pâtes? Moi, je préfèrerais appeler la police...

Bon, il n'y a pas que la beauté des personnages qui fait qu'on pardonne à l'homme de scruter les faits et gestes de sa voisine. Il y a la musique attendrissante, le décor tout droit sorti d'un film de filles. Enlevez la musique. Coupez le son pour voir.

Reste que le gars observe la fille assez attentivement pour remarquer la marque de pâtes qu'elle met dans son chaudron! La plupart des psychopathes sont des gens charmants, à ce qu'il paraît...

jeudi 11 mars 2010

Des poules pour l'environnement? Un instant.

Cette semaine, on pouvait lire que les poules seraient utilisées comme méthode pour réduire les déchets domestiques...

Il faut faire la part des choses.

Moi, j'ai quatre poules. Qui mangent joyeusement les croûtes de pain laissées de côté par mes enfants. Mais qui boudent un peu la salade.

Quatre poules, c'est vraiment agréable à avoir. Ça reste dehors, ça ne fait pas de bruit la nuit, ça ne jappe pas le jour, c'est mignon et c'est peu d'entretien. Moulée dans la distributrice quand il n'y en a plus beaucoup, de l'eau fraîche, une lumière chauffante pour que l'eau ne gèle pas l'hiver (et un poulailler isolé, si possible... ou encore, on achète de jeunes poules au printemps et on s'en débarrasse en automne, soit en pension, soit en potage). On doit nettoyer le poulailler, un peu comme on nettoie la litière d'un chat. Tout dépend de la conception du poulailler, aussi : certains sont conçus exprès pour ceux qui vivent en ville et qui n'ont pas envie de pelleter de la merde.

Mais c'est là où le bât blesse. Des poules, ça mange les déchets, mais ça en produit aussi. Sans compter que pour les garder l'hiver, ça prend une lampe chauffante en permanence pour que l'eau ne gèle pas.

Si on ne compostait pas nos restes de table, on ne compostera pas la merde et les copeaux de bois. Retour à la case départ.

Avoir des poules chez soi, c'est vraiment intéressant. Nous, on adore ça. Et oui, dans notre cas, ça a un peu diminué la quantité de déchets. Mais on composte leurs excréments.

À Gatineau, il est interdit d'avoir des poules en terrain résidentiel. Si j'étais gatinoise, je protesterais. Je militerais pour faire changer ce règlement. Surtout qu'il y aura bientôt collecte de matières compostables sur tout le territoire. Il ne faut cependant pas s'imaginer que les poules vont régler tous les problèmes des humains.

lundi 8 mars 2010

8 mars

C'est la Journée internationale de la femme, aujourd'hui.

Et je suis toujours sidérée que les gains effectués au cours des deux dernières décennies soient maintenant « tenus pour acquis », et que plusieurs rejettent du revers de la main les nouvelles revendications...

L'an dernier, le gouvernement fédéral a fait passer, en catimini, dans la Loi d'exécution du budget, une mesure faisant en sorte que les fonctionnaires fédéraux n'ont plus le droit de faire de revendiquer une augmentation salariale pour cause d'iniquité. Vous ne le saviez pas? Ah, c'est vrai, le gel des augmentations à 1,5 % par année avait pris toute la place, et aucun parti politique n'avait osé publiciser cette mesure qui qui, malgré des articles comme celui-ci, ou celui-là, n'a pas fait l'objet de débats publics. Il y a pourtant eu des poursuites... pourquoi n'en a-t-on rien dit aux téléjournaux?

Les Québécois diront que, bof, c'est au Canada, ça. Et les fonctionnaires sont tous des pousseux de crayons surpayés de toute façon. Au Québec, on est pas mal plus avancé... On a des garderies subventionnées, on a le meilleur régime d'assurance parentale au monde... Ah oui? Jetez un coup d'oeil à cette série d'articles, ici, , et cette chronique aussi.

Irréel? Cas isolés? Les femmes chialent pour rien, parce qu'ailleurs, c'est pire? Un de mes amis vient d'avoir un bébé. Oui, c'est un homme. Et il a été renvoyé la veille du début de son congé parental. Pour de fausses raisons. « Ça ne clique pas », lui a-t-on dit. J'espère que ça leur reviendra dans les dents. La réalité des jeunes parents, ce n'est plus seulement la discrimination envers les femmes, les hommes sont touchés aussi. Imaginez s'il avait été une femme, il aurait été renvoyé dès l'annonce de sa grossesse... Comme une autre de mes amies, qui a été renvoyée à quatre mois de grossesse parce que sa productivité (en tant que réceptionniste?) n'était pas adéquate et qu'ils devaient éliminer des postes (des postes? Pourtant, elle a été la seule renvoyée...). Ça se passe chez nous. Sous notre nez. Et c'est le problème de tout le monde, maintenant, parce que tant que les hommes n'étaient pas atteints, ils ne se sentaient pas concernés, et ne se sont pas battus aux côtés des femmes. C'est tout le monde qui est touché. Tout le monde.

Oui, avoir des employés qui ont des enfants, c'est dur pour un employeur. Les employés refusent de rallonger leurs heures de travail. Ils doivent s'absenter pour prendre soin de leurs enfants lorsque ceux-ci sont malades. Moi, je dois partir tôt : horaire de garderie oblige. Mais c'est ça, la réalité. On ne peut pas engager QUE des célibataires endurcis, les renvoyer lorsqu'ils ont des enfants, puis les ré-engager lorsque leurs enfants sont au secondaire. Et on ne doit pas demander aux gens de sacrifier la prochaine génération au nom du travail. Ça n'a aucun sens.

Les gains réalisés jusqu'à maintenant sont plus fragiles que jamais.

vendredi 19 février 2010

Les meilleurs biscuits aux brisures de chocolat

Et sans gluten, en plus!

J'avais envie de biscuits aux brisures de chocolta. Les biscuits sans gluten que j'avais mangés m'avaient déçue. Ils étaient bon, mais la texture laissait à désirer ou ressemblait plus à une texture de muffin que de biscuit.

Mais cette recette-là, c'est l'extase. Du vrai biscuit aux brisures de chocolat. Si on les fait plus petits, ils deviennent croquants et parfaits pour tremper dans un verre de lait. Si on les fait plus gros, ils sont juste assez croquants à l'extérieur, et moelleux à souhait à l'intérieur.

Mais bon, l'extase a un prix... beaucoup de calories! C'est donc à partager! (Ou à congeler et à dégeler un à la fois).

La recette est en anglais ici. L'auteure est végétalienne, ce qui n'est pas mon cas, alors je traduis la recette, en ajoutant mes modifications.

Préchauffer le four à 350 degrés F.

Dans un bol, mélanger les ingrédients secs :

1 tasse de farine de sarrasin

1 tasse de farine de sorgho

1/2 tasse de fécule de tapioca

1 1/2 c. à café de gomme de xanthan

1 1/2 c. à café de de bicarbonate de soude

1 c. à café de sel

Dans un autre bol, mélanger ensemble :

1 tasse de saindoux

1 1/2 tasse de cassonnade pâle tassée

Une fois bien mélangés, ajouter 1 c. à soupe de vanille, 1 c. à soupe de miel et 2 oeufs. Bien mélanger.

Ajouter lentement les ingrédients secs en mélangeant bien. Quand tout est mélangé, ajouter un sac de pépites de chocolat (on pourrait mettre moitié noix)

Fasçonner en biscuits sur un papier parchemin.

Cuire 10 à 20 minutes, selon la taille des biscuits et la consistance voulue.

Bon appétit!

jeudi 11 février 2010

Matin type

Sur Cyberpresse, on disait dernièrement que le moment où les mamans sont le plus stressées, c'est vers 8 h 30 le matin. Prises dans le trafic entre la maison, la garderie, l'école et le boulot.

Je n'ai pas de mal à le croire. Cette semaine, j'ai révisé une « journée type » dans la vie d'une conseillère juridique qui a deux jeunes enfants. Chez moi, c'est presque pareil. Prenez ce matin, par exemple.

Ce matin, je me lève (exceptionnellement) à l'heure. Je descends fouiller dans les paniers de vêtements pêle-mêle, mais propres, au salon pour trouver des chaussettes à peu près pareilles, deux T-shirts qui couvrent le nombril des enfants et des pantalons qui couvrent leurs chevilles. Pendant ce temps, Estéban grimpe dans le lit de Marilise et joue avec elle. Je les laisse placoter pendant que je m'habille, puis je viens les rejoindre dans la chambre de mini-moi. Estéban fait semblant d'être Kat, un des lévriers de mes parents. Marilise répète tout ce qu'il dit, et en rajoute. J'aide Estéban -Kat à enfiler ses chaussettes, puis je lui refile ses vêtements pour qu'il s'habille, attend que Marilise ait fini de compter (dans le désordre) jusqu'à huit et qu'elle arrête de courir dans tous les sens. J'essaie de l'habiller, mais elle n'aime pas le chandail que je lui ai choisi. Je lui donne le choix entre deux autres chandails, elle en choisit un (heureusement, il recouvre son nombril aussi, celui-là...). Je l'habille malgré qu'elle préfère jouer, puis je change sa couche, enfile le pantalon, et hop! À la cuisine!

Marilise veut du gruau. Estéban veut des biscuits. Tout en préparant le gruau de Marilise, j'argumente avec Estéban. « Des biscuits, c'est pour dessert, pas pour déjeuner. Choisis autre chose. » Je sers le gruau de Marilise et souffle dessus à sa demande. « Maman, c'est chaud! Peux-tu souffler? Souffle, maman, souffle! » Finalement, Estéban décide de prendre un oeuf à la coque, une patate ashbrown et du bacon, avec un jus d'orange.

Mon mec descend pendant que je prépare le déjeuner d'Estéban. Marilise a déjà terminé d'engloutir son gruau. « Maman, encore gruau! » Je prépare d'autre gruau, mais elle n'y touchera pas, à celui-là. Épluche l'oeuf. Remet le déjeuner à Estéban, qui est devant la télé. Toc Toc Toc commence. Ah, yé, je suis en retard.

Mon mec argumente avec Marilise pour qu'elle le laisse lui mettre son habit de neige pendant que je me verse un café dans une tasse thermos pour la route, que j'enfile mon manteau et mes bottes. Papa mènera Estéban jusqu'à l'autobus plus tard. Moi, je prends Marilise (qui insiste pour se rendre toute seule jusqu'à la voiture). Une fois toutes les ceintures bouclées, je rentre à nouveau dans la maison. Oublé une mitaine. Elle n'est pas dans la maison. Dans le doute, je vérifie dans la voiture de mon mec : elle y est. Fiou.

Fais démarrer la voiture. À peine sommes-nous parties que Marilise demande du jus d'orange. Puis de l'eau. « T'en auras quand on sera rendues! »

Arrivée chez la gardienne. Je discute un peu avec elle, question de prendre des nouvelles et de confirmer que tout va bien avec Marilise. L'une des petites filles m'apporte un dessin. « Tiens, pour toi! » « Ah, merci! C'est gentil! » Rembarque dans la voiture avec le dessin en main. Bois ma première gorgée de café dans ma tasse thermos. Je passe de la radio à la fin de mon livre audio (et je prends mentalement note d'aller m'en procurer d'autres, c'était le dernier, et ça m'aide beaucoup à survivre aux heures de pointe, et à me motiver à faire la vaisselle!).

Arrivée au travail, 45 minutes plus tard que je ne l'aurais souhaité. Oh well. Ah, tiens, message sur ma boîte vocale.

« Salut, c'est ton mec... Tu viens de partir de la maison, ton cellulaire est mort, et ton portefeuille est sur le sofa... »

Flashback de Marilise qui a passé la soirée à jouer avec les sous de mon porte-monnaie sur le sofa hier soir...

Ouvre ma boîte de courriels du bureau, écris à une copine avec qui je devais aller diner ce midi, réponds à des pigistes, prends un deuxième café...

Bien entendu, chaque matin, je me jure de me lever plus tôt le lendemain, après m'être mieux organisée la veille... Mais peine perdue. Peut-être que ce sera différent demain... Yeah, right!

mardi 19 janvier 2010

Stress

Attention : billet pessimiste. Ça va finir par passer... mais pour le moment, j'ai juste besoin de me défouler.

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vendredi 15 janvier 2010

Bribes

À pareille heure, en 2008, mes contractions s'intensifiaient. Marilise a 2 ans aujourd'hui. Mon petit bout de bonne femme allumée, souriante et aventureuse grandit rapidement... Bonne fête, ma grande!

Je suis crevée. Pas encore certaine d'aimer la révision. Je ne ressens pas le sentiment d'accomplissement que je ressens après avoir traduit un texte. Pas du tout.

Je suis en manque de pâtisserie. Je boufferais des brioches au sirop d'érable sans même les mâcher.

Dans la même veine : j'ai atteint mon poids santé la semaine dernière. Parce que je fais attention. Mais je le maintiens parce que les pâtisseries sont hors limite. Je boufferais des tonnes de brioches au sirop d'érable.

Encore au bureau quand je devrais être à la maison... J'éteins l'ordinateur et je cours cuisiner des brioches au sirop d'érable sans gluten pour le brunch de demain en l'honneur de ma cocotte...

mercredi 6 janvier 2010

Bonne année!

Un peu en retard, je sais... mais disons que j'étais occupée à me reposer, puis là, je suis occupée à rusher...

J'ai accepté de jouer au TR-03 pendant deux mois au boulot. Ça veut dire, en gros, que je commence l'année avec quelque chose de complètement différent : au lieu de traduire et d'avoir à gérer ma charge de travail à moi, je révise tous les textes qui sont envoyés à une grosse boîte de pige... Assez spécial. Je ne sais pas encore si j'aime ça. Mais ça commence assez bien... pour une fille qui a l'impression de débarquer sur Mars!

Et pour fêter ça, on n'a plus de sauce spaghetti. Résultat, mon mec et moi avons passé la soirée d'hier, quatre heures, à faire une vingtaine de litres de sauce. C'est au frigo, et je stériliserai tout ça à l'autoclave ce soir. On part en grand ou on ne part pas du tout, chez moi!

En janvier 2007, j'ai commencé l'année avec une fausse-couche. En janvier 2008, j'ai eu Marilise. En janvier 2009, retour au travail relativement brutal avec un projet démesuré. Janvier 2010, changement temporaire de tâches au boulot. Ouaip, ça part toujours en grand par chez nous!

Côté résolutions, bof. J'essaie de maintenir mon niveau d'énergie. Je suis retournée aux rencontres de WeightWatchers. J'ai besoin de cette motivation hebdomadaire pour maintenir mes saines habitudes... qui s'étaient pas mal déteriorées depuis 2007. Disons que je suis contente d'avoir de bons gènes, parce qu'avec tout ce que je peux ingurgiter en une journée, c'est étonnant que je ne sois qu'à 3 misérables kilos de mon poids santé. Le frein au gluten aide pas mal, je dois dire...

Ah, oui, le gluten. Après en avoir discuté avec le médecin, j'attends les résultats d'une prise de sang, à savoir si je dois vivre en tant que « coeliaque ». Mais même si les résultats sont négatifs (ce que j'espère de tout coeur!) je dois tout de même éviter complètement le gluten : le lien entre la consommation de gluten et mon eczéma est frappant, il ne fait aucun doute qu'il y a un lien. 2010 sans gluten. On verra ce que ça donnera!

Sur ce, bonne année à tous!

jeudi 17 décembre 2009

Touchée

Noël bientôt. La fête de la générosité. De l'altruisme.

Oui, je sais, la majorité des gens ne voient pas ça comme ça. Moi, oui.

Mais ça veut aussi dire que, chaque année, en décembre, les récits sur la générosité sortent à la pelletée. Et moi, chaque fois, je suis touchée. La bonté me touche. Voilà. C'est plus fort que moi, les larmes me montent aux yeux en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Des histoires de gens qui donnent anonymement à des inconnus.

En ce moment, je suis au bureau. Et j'ai un de ces textes à traduire.

Mon clavier est humide.

vendredi 11 décembre 2009

Des fêtes écolo-éthiques

Selon certaines sources, il paraît que je fais partie du groupe très marginal sélect des granos. Pourtant, je pourrais être "bien pire" que ça. Je suis une grano-confortable qui mange de la viande. J'avoue toutefois candidement que je fais partie de ces écolos-éthiques. Je ne suis pas végétarienne (si je l'étais, ce serait par conviction écologique et non par respect pour les droits des animaux, ni par conviction religieuse), mais ma viande provient en grande partie de producteurs très locaux. Bien que l'écologie soit à la mode en ce moment, les vrais granos sont perçus comme des bêtes de foire gens bizarres.

Mais voilà, je vais vous révéler un secret : à l'instar d'un certain village Gaulois en 50 avant Jésus-Christ, les vrais granos (ou les écolos-éthiques), n'ont peur que d'une chose : que le ciel leur tombe sur la tête. Ils n'ont pas peur du ridicule, ils se dressent fièrement devant les géants envahisseurs qui ont troqué le nom de César pour celui des grandes marques. Mais ils ont fichtrement peur que les ressources naturelles ne soient bousillées à jamais.

Et ça, ben c'est une source de stress intense. Comme pour les gens au régime : c'est pire pendant le temps des fêtes.

Voyez-vous, l'écolo-anxieux craint le Made-in-China. Il crie comme une fillette dans un film d'horreur devant la montagne de papier-cadeau jeté à la poubelle. Et que dire de la nourriture servie à la table? Des pesticides, des aliments provenant de l'autre bout du monde transportés dans de gros véhicules polluants réfrigérés chimiquement.

Du stress, je vous dis. Et beaucoup de culpabilité.

Et puis, comme je l'ai mentionné plus haut, même si l'écologie est à la mode, ceux qui posent des gestes concrets sont quand même marginalisés. C'est un temps de réjouissances, mais ceux qui ne sont pas éco-anxieux ne comprennent pas pourquoi on refuse de poser certains gestes. Un peu comme ceux qui ne sont pas allergiques qui oublient qu'une ou deux personnes ont peur de leur succulente tarte aux pacanes. C'est facile de se sentir seul à table. Et ça, c'est sans compter les commentaires. Ceux qui essaient de me convaincre que personne n'a les moyens d'être écolo. Que personne n'a le temps. Qu'il faut être naïf pour penser qu'un geste peut faire une différence. Ouais, ben je préfère être naïve qu'inconsciente... mais c'est juste moi, et je me garde bien de servir cette réplique.

Alors, comment fait-on, quand on a peur que le ciel nous tombe sur la tête, pour garder son sang froid?

On fait ce qu'on peut. Et on se concentre sur l'essentiel. Parce que l'amour, c'est bien plus fort que la peur.

Encore faut-il avoir le sentiment qu'on a fait ce qu'on peut.

Comment ferai-je pour survivre cette année, moi qui suis terrifiée par le poids de la stratosphère?

D'abord, je respire. Je fais du yoga. C'est bon pour éliminer les toxines et pour gérer le stress. J'essaie de jouer dehors aussi. Ça fait du bien.

Ensuite, ça fait longtemps que ma famille et mes amis me connaissent. Et je parle beaucoup (ce n'est nouveau pour personne). Je les ai assommés d'informations et de convictions, sans toutefois les imposer (ben, je crois)... Je prêche un peu, mais j'en convertis peu. Je n'ai pas envie d'imposer aux autres la pression que je m'impose, même si, secrètement, j'aimerais que plus de gens soient aussi barjos que moi.

Et puis, je redouble de vigilance. On emballe boîtes dans du papier, mais tout ce qui n'est pas en forme de boîte, ça va dans des sacs personnalisés Made-in-my-Sewing-Room qui peuvent être réutilisés comme sacs d'épicerie... On y met beaucoup de temps! Et puis il y a les cadeaux gourmands qu'on cuisine nous-mêmes avec des produits locaux (autant que possible), les vêtements qu'on fait soi-même (mais pas en coton bio, malheureusement...). Par exemple. Dans le fond, on offre surtout du temps, plus que des bébelles. Du temps de confection. On offre aussi des bébelles, mais on essaie d'acheter chez les petits commerçants d'ici, des produits d'ici, et quand on a le choix, on choisit l'option la "moins pire". Pafois, on offre des billets de spectacle dans une carte faite à la main ou achetée dans une campagne de financement caritative, ou une séance de chouchoutage. Par exemple.

À la table, j'apporte aussi ma contribution. Je propose de commander le chapon chez un sympathique producteur que je connais bien. J'apporte les marinades de légumes bios locaux que j'ai préparées en septembre. Des confitures, des marmelades, des terrines, des cretons maison.

C'est sûr qu'il y aura du Made-in-China. Des appareils électroniques difficilement recyclables. Il ne faut pas virer fou, César est partout, on fait avec!

Le ciel nous tombera peut-être sur la tête. Peut-être pas. Sans pouvoir dire que je dors toujours la conscience tranquille, je sais que j'en fais un peu plus chaque année pour y arriver. Et que ça ne ruine pas mon temps des fêtes.

jeudi 10 décembre 2009

Un message du Père Noël

Une collègue m'a fait parvenir ce lien l'an dernier. Estéban avait été vraiment très impressionné!

Alors, pour ceux et celles qui connaissent un p'tit bout'chou qui aimerait recevoir un message vidéo personnalisé (et gratuit) du Père Noël, c'est par ici! http://perenoel.sympatico.ca/accueil/

mardi 8 décembre 2009

Amour et motricité fine

Estéban doit pratiquer sa motricité fine. Il a besoin d'encadrement aussi. Si on l'encadre bien comme il le faut, si on lui explique en détail ce qu'il doit faire et qu'on décompose le tout par étapes, pas de problème. Il produit les plus belles oeuvres de sa classe. Mais si on lui donne des directives « simples », il s'embrouille. Il ne sait pas quoi faire. Il veut aller jouer avec les petits camions ou avec son ensemble-jouet de médecin. Il fait ce qu'il a à faire le plus vite possible pour passer à autre chose.

Or, il devra bien un jour apprendre à écrire. Et pour ne pas trop se fatiguer et se décourager en pratiquant à former les lettres, il doit adopter crayons et ciseaux.

Mais mon petit coco d'amour, il a une tête de cochon. Dans le sens où il veut bien faire, alors il fait des efforts pour travailler dur pour que son prof, ou ses parents, soient fiers de lui. Ça me rappelle quelqu'un...

Donc, moi, je n'ai aucune envie de lui imposer des devoirs. Et puis, je n'ai pas le temps — Noël s'en vient, et on a plein de choses à faire : cadeaux, cartes, décorations, biscuits... Hey... En route vers la maison, après avoir rencontré l'enseignante d'Estéban, j'ai mis au point un de mes plans machiavéliques.

« Estéban? Madame A. m'a dit que tu dois pratiquer plus à dessiner et à découper, parce que tu es bon, mais que tu manques de pratique. On fait des cartes de Noël? »

« OUI!!!!! Des cartes de Noël! »

Voilà, c'est parti. Bricolage presque tous les soirs. Cartes, emballages, décorations... Ce soir, on passe aux biscuits de pain d'épice. On fera les biscuits ce soir, pendant que papa surveille Marilise. On les laissera refroidir pour les décorer demain, quand papa travaillera. Si l'attente est trop longue, on fera d'autres guirlandes pour le sapin ce soir. Et demain, quand les biscuits seront décorés, on les accrochera au sapin, les enfants et papa auront droit à un biscuit par jour jusqu'à Noël (faute de calendrier de l'avent). Chouette, non? S'il en reste, on en donnera dans les paniers gourmands de ceux qui auront été très très très sages.

Marilise aime beaucoup quand on fait du bricolage : elle n'est pas toute seule à en faire! Parfois, elle peut passer des heures assise à dessiner.

Dernièrement, toujours à courir entre le travail, la gardienne, l'école, le ménage et les repas, sans compter la pose de pneus d'hiver, le dojo, les partys de bureau, le poulailler pas encore fini, je trouve que mes responsabilités de parent pèsent lourd. Mais je suis bien contente d'avoir aussi des responsabilités parentales qui me permettent d'agréables moments en famille.

L'hiver, on a moins d'heures de clarté et il fait plus froid. C'est pour nous rappeler qu'on doit profiter de la chaleur des uns et des autres pendant que le ragoût mijote lentement sur le feu, qu'on doit profiter de la vie ensemble. Pour qu'on n'oublie pas que le reste, c'est secondaire.